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    Coalition des organismes communautaires pour le développement de la main-d'oeuvre - Il y a 800 groupes qui travaillent pour l'intégration et le maintien en emploi

    «Pour chaque dollar investi dans notre action, le retour envers la communauté québécoise se chiffre à 3,7 fois sa valeur»

    19 novembre 2011 |Réginald Harvey | Éducation
    En matière de formation de la main-d’œuvre, le milieu communautaire s’occupe d’abord des gens sans emploi depuis plus de deux ans, des personnes handicapées, des immigrants nouvellement arrivés, des jeunes décrocheurs et d’autres encore.<br />
    Photo: Agence Reuters Lacar Jackson En matière de formation de la main-d’œuvre, le milieu communautaire s’occupe d’abord des gens sans emploi depuis plus de deux ans, des personnes handicapées, des immigrants nouvellement arrivés, des jeunes décrocheurs et d’autres encore.
    La Coalition des organismes communautaires pour le développement de la main-d'œuvre (COCDMO) fonde son action sur la pleine reconnaissance de l'accès à la formation et du droit au travail, pour tout un chacun. Il y a des milliers de personnes qui gagnent le marché du travail chaque année avec l'appui des quelque 800 groupes qui sont membres de cette association.

    «La Coalition, c'est en fait un réseau de regroupements d'organisations tournées vers le développement de la main-d'oeuvre au Québec. Dans nos quatre volets d'action se retrouvent l'insertion et l'intégration en emploi, la défense des droits des clientèles éloignées du marché du travail, la formation et l'éducation; on s'occupe aussi du développement local parce que nos organisations sont ancrées dans leurs communautés et, de ce fait même, travaillent à l'essor de leur environnement»: tel est le portrait de la COCDMO qu'esquisse en bref sa directrice, Mylène Leduc.

    Elle signale que, dans le but de parler de la formation comme telle, il importe de se tourner vers les quelque 800 membres ou organismes en employabilité qui s'en chargent: «Ceux-ci couvrent tout le territoire québécois et veillent au développement des programmes qui sont adaptés aux personnes qui ont des difficultés d'insertion en emploi.»

    Elle ouvre cette parenthèse: «Quand il est question de formation au Québec, on parle de celle en milieu de travail ou qui se donne dans le réseau de l'éducation, mais on traite peu de celle qui est offerte dans le milieu communautaire aux personnes qui sont éloignées du marché de l'emploi.» Il y a les gens sans emploi depuis plus de deux ans, ceux qui éprouvent des problèmes de comportement ou un historique de travail à taux précaires, il y a les personnes handicapées, les immigrants nouvellement arrivés, les jeunes décrocheurs et d'autres encore, qui font tous partie de cette très large palette d'une clientèle diversifiée dont les attentes varient.

    Programmes et maillage avec les employeurs

    Il revient à chacune des organisations de préparer des formations adéquates qui correspondent aux besoins des gens, mais aussi à ceux des entreprises. Pour illustrer cette façon de procéder, la directrice donne cet exemple: «Le service d'entretien et d'insertion Pro-Prêt situé dans Rosemont-La-Petite-Patrie a formé des personnes immigrantes de deuxième génération qui n'ont pas de qualifications en tant que telles; on a donc créé pour celles-ci un programme adapté de préposées à titre de femmes de chambre dans les grands hôtels montréalais, en privilégiant une approche globale de formation.»

    Elle laisse voir l'autre facette de cette démarche pédagogique: «On s'est assuré que ce programme-là réponde aux attentes du marché du travail, en l'occurrence le milieu hôtelier, qui a de la difficulté à recruter des femmes de chambre. À ce moment, on a réussi un bon mariage entre un besoin de ce marché et une clientèle qui n'aurait peut-être pas eu accès à de la formation appropriée dans le secteur formel de l'éducation. On regarde dans le milieu de travail quelles sont les compétences requises et on s'arrime avec cette réalité pour donner une formation qui lui correspond».

    Partenariats

    Dans certains cas, il y a des partenaires qui sont appelés en renfort pour offrir le programme requis: «Mais les organismes sont souvent en mesure de le faire eux-mêmes et ils possèdent des formateurs à l'interne. Dans le cas d'une entreprise d'insertion dans la restauration, on a des experts du métier à l'intérieur de celle-ci qui sont tout à fait capables de former la clientèle pour répondre aux exigences de l'emploi en matière de compétences requises par l'employeur.»

    Dans la très grande majorité des cas, les entreprises collaborent avec les quelque 800 groupes en cause, comme le rapporte Mylène Leduc: «Ceux-ci sont ancrés dans leur environnement et ils travaillent en partenariat avec les employeurs qu'ils vont rencontrer. Ils apportent un soutien et un accompagnement non seulement aux individus, mais également à ceux qui peuvent parfois rencontrer des difficultés faciles à contourner avec certains types de clientèles; il suffit de leur donner un petit coup de pouce pour abattre les obstacles.» Encore là, elle y va d'un exemple: «Quand un employeur embauche une personne immigrante et que se pose une problématique de code culturel sans qu'il sache comment la gérer, il est plus facile de se tourner vers un organisme d'expérience qui connaît la solution.»

    Fonctionnement et attentes

    Emploi-Québec fournit aux organismes les subventions nécessaires à la bonne marche des activités et la Coalition travaille en étroit partenariat avec cette ressource gouvernementale: «On intervient en complémentarité et on ne donne pas les mêmes services, puisque, de notre côté, on s'affaire avec des clientèles qui sont vraiment plus éloignées du secteur de l'emploi, qui se trouvent plus en marge et en situation d'exclusion.»

    Les organisations seraient en mesure d'en faire encore davantage si elles disposaient de plus d'argent, ce dont est consciente Mylène Leduc, qui pose quand même ce regard plutôt satisfait sur ce qui s'accomplit à l'heure actuelle: «Présentement, on connaît le contexte de réduction des dépenses publiques et cela nous touche également, mais nos membres obtiennent tout de même des taux de placement qui sont en moyenne de 75 %, ce qui montre que ça fonctionne très bien.»

    Elle cite une autre donnée plutôt révélatrice des succès connus: «On évalue que, pour chaque dollar investi dans notre action, le retour envers la communauté québécoise se chiffre à 3,7 fois sa valeur. C'est donc un investissement pour le gouvernement de verser de l'argent aux organismes en employabilité et aux personnes sans emploi; une fois qu'elles sont sorties de l'aide sociale et qu'elles se mettent à contribuer à l'économie québécoise, on voit que c'est finalement payant pour cette dernière.»

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    Collaborateur du Devoir












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