L'accès à l'éducation, la priorité nationale
La réduction des inégalités sociales et de santé, tout comme le développement socio-économique et socio-culturel d'un peuple, passe par sa scolarisation. Il est en effet largement démontré dans la littérature scientifique que l'éducation est un déterminant majeur en matière de lutte contre la pauvreté et d'amélioration de l'état de santé et de bien-être des individus et des collectivités.
En ce sens, je considère que l'accès à l'éducation postsecondaire, comme celui aux services sociaux et de santé, devrait être reconnu comme une priorité nationale et être soutenu par un régime collectif plutôt que de reposer de plus en plus sur la capacité individuelle de payer qui, il faut le reconnaître, varie d'un individu à l'autre. Une hausse des droits de scolarité équivaudrait en quelque sorte à imposer une forme de «ticket modérateur» à l'éducation postsecondaire qui n'aura comme effet que d'en réduire l'accès aux plus démunis.
Dans le domaine de la santé, cette option a été rejetée, car elle remettait en question le principe même d'accessibilité universelle. Pourquoi financer à grands frais un système de soins et de services sociaux et de santé et refuser de faire de même en matière d'éducation alors que notre bien-être et notre santé collective en dépendent largement? Pourquoi en faire une question de capacité individuelle de payer et pénaliser encore une fois les plus démunis? Doit-on rappeler que nos voisins du Sud s'opposent à la réforme de santé mise de l'avant par le président Obama au nom de ce même principe de responsabilité individuelle plutôt que collective, donnant ainsi préséance à la logique économique plutôt que sociale.
Quant à l'argument du nécessaire «rattrapage» en matière de droits de scolarité payés par les étudiants québécois, nettement inférieurs à ceux des autres provinces canadiennes, il est fallacieux. Loin d'être un problème, cet écart est plutôt révélateur de notre différence en matière de choix sociaux qui s'observe autant en santé, en éducation qu'en justice, si l'on se réfère à la Loi sur les jeunes contrevenants ou à notre position sur le maintien du registre des armes à feu. Loin de nous situer derrière les autres provinces, cet écart nous place plutôt à l'avant-garde et fait de nous des chefs de file dans une perspective d'accès à l'éducation postsecondaire.
Les politiques sociales du Québec sont d'ailleurs reconnues comme avant-gardistes par plusieurs instances internationales, dont l'OCDE. En ce sens, ce sont les autres provinces qui devraient s'inspirer du Québec et non l'inverse. Nous devrions en faire une question d'identité et de fierté nationales et affirmer haut et fort notre choix de minimiser (et de geler) les droits de scolarité, lequel s'inscrit dans une logique de développement humain plutôt que strictement économique.
À titre de parents, de citoyens québécois, de retraités et futurs retraités, il est de notre devoir et de notre responsabilité de faire de l'éducation un droit et d'en assurer l'accès universel. L'éducation, comme la santé, devrait être soutenue par un régime public et reposer sur la capacité collective plutôt qu'individuelle de payer. J'en fais une question de solidarité sociale et intergénérationnelle (les étudiants actuels ne sont-ils pas les travailleurs de demain qui soutiendront nos régimes de retraite?).
J'en fais aussi une question de richesse collective dont bénéficie amplement l'industrie privée, toujours en quête de ressources spécialisées, qui devrait être davantage mise à contribution via une taxe particulière à l'éducation, ou simplement par la réduction des échappatoires fiscales.
Enfin, il me semblerait légitime que les instances régionales et provinciales de santé publique s'impliquent davantage dans ce débat, dans la mesure où la lutte contre la pauvreté et la réduction des inégalités sociales et de santé passent par l'accès à l'éducation, comme le reconnaissent plusieurs experts, dont ceux de l'Organisation mondiale de la santé. L'éducation est une valeur ajoutée qui n'a pas de prix.
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Andrée Laberge - Écrivaine et retraitée de la santé publique
En ce sens, je considère que l'accès à l'éducation postsecondaire, comme celui aux services sociaux et de santé, devrait être reconnu comme une priorité nationale et être soutenu par un régime collectif plutôt que de reposer de plus en plus sur la capacité individuelle de payer qui, il faut le reconnaître, varie d'un individu à l'autre. Une hausse des droits de scolarité équivaudrait en quelque sorte à imposer une forme de «ticket modérateur» à l'éducation postsecondaire qui n'aura comme effet que d'en réduire l'accès aux plus démunis.
Dans le domaine de la santé, cette option a été rejetée, car elle remettait en question le principe même d'accessibilité universelle. Pourquoi financer à grands frais un système de soins et de services sociaux et de santé et refuser de faire de même en matière d'éducation alors que notre bien-être et notre santé collective en dépendent largement? Pourquoi en faire une question de capacité individuelle de payer et pénaliser encore une fois les plus démunis? Doit-on rappeler que nos voisins du Sud s'opposent à la réforme de santé mise de l'avant par le président Obama au nom de ce même principe de responsabilité individuelle plutôt que collective, donnant ainsi préséance à la logique économique plutôt que sociale.
Quant à l'argument du nécessaire «rattrapage» en matière de droits de scolarité payés par les étudiants québécois, nettement inférieurs à ceux des autres provinces canadiennes, il est fallacieux. Loin d'être un problème, cet écart est plutôt révélateur de notre différence en matière de choix sociaux qui s'observe autant en santé, en éducation qu'en justice, si l'on se réfère à la Loi sur les jeunes contrevenants ou à notre position sur le maintien du registre des armes à feu. Loin de nous situer derrière les autres provinces, cet écart nous place plutôt à l'avant-garde et fait de nous des chefs de file dans une perspective d'accès à l'éducation postsecondaire.
Les politiques sociales du Québec sont d'ailleurs reconnues comme avant-gardistes par plusieurs instances internationales, dont l'OCDE. En ce sens, ce sont les autres provinces qui devraient s'inspirer du Québec et non l'inverse. Nous devrions en faire une question d'identité et de fierté nationales et affirmer haut et fort notre choix de minimiser (et de geler) les droits de scolarité, lequel s'inscrit dans une logique de développement humain plutôt que strictement économique.
À titre de parents, de citoyens québécois, de retraités et futurs retraités, il est de notre devoir et de notre responsabilité de faire de l'éducation un droit et d'en assurer l'accès universel. L'éducation, comme la santé, devrait être soutenue par un régime public et reposer sur la capacité collective plutôt qu'individuelle de payer. J'en fais une question de solidarité sociale et intergénérationnelle (les étudiants actuels ne sont-ils pas les travailleurs de demain qui soutiendront nos régimes de retraite?).
J'en fais aussi une question de richesse collective dont bénéficie amplement l'industrie privée, toujours en quête de ressources spécialisées, qui devrait être davantage mise à contribution via une taxe particulière à l'éducation, ou simplement par la réduction des échappatoires fiscales.
Enfin, il me semblerait légitime que les instances régionales et provinciales de santé publique s'impliquent davantage dans ce débat, dans la mesure où la lutte contre la pauvreté et la réduction des inégalités sociales et de santé passent par l'accès à l'éducation, comme le reconnaissent plusieurs experts, dont ceux de l'Organisation mondiale de la santé. L'éducation est une valeur ajoutée qui n'a pas de prix.
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Andrée Laberge - Écrivaine et retraitée de la santé publique
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