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Enseigner au Nunavik: tout un contrat!

Victor-Lévy Beaulieu   16 novembre 2011  Éducation
Quand Carole Cadoret est arrivée au Nunavik, tous les manuels d’enseignement étaient soit en français, soit en anglais, m’apprend Carole Cadoret. Aucun ne tenait compte de la culture des Inuits.<br />
Photo : - Archives Le Devoir
Quand Carole Cadoret est arrivée au Nunavik, tous les manuels d’enseignement étaient soit en français, soit en anglais, m’apprend Carole Cadoret. Aucun ne tenait compte de la culture des Inuits.

À retenir

    Né à Saint-Paul-de-la-Croix en 1945
    Devenu écrivain par choix à 14 ans, Victor-Lévy Beaulieu est aussi dramaturge, éditeur et polémiste. Ce «monument» littéraire québécois vient tout juste de recevoir le prix Gilles-Corbeil, qui vient couronner un projet d’écriture de plus de 75 ouvrages. (photo Pedro Ruiz)
    Dernier livre paru: Antiterre (Trois-Pistoles, 2011)

Elle me téléphone parce qu'elle veut adopter deux des chatons que j'héberge. Elle habite à Saint-Éloi, la porte d'à côté quand on vit aux Trois-Pistoles. Elle prend rendez-vous, arrive et choisit rapidement les minouses. Comme je fais toujours avec les nouveaux parents de mes chatons, je lui demande qui elle est et ce qu'elle fait dans la vie. «Je m'appelle Carole Cadoret et j'arrive du Nunavik. J'ai passé six ans là-bas à enseigner.»

Le Nunavik? Où ça, le Nunavik? «À Kangigsualujjuaq, à 1800 kilomètres de Montréal, et à Kangirsuk, encore plus au nord, presqu'au bout de la baie d'Ungava. Deux villages, l'un de 900 habitants et l'autre de 300.»

— Qu'est-ce qui vous a amenée à aller aussi loin?

Née au Lac-Saint-Jean, Carole Cadoret y a été institutrice; mais elle n'aimait pas le corset que lui imposait le ministère de l'Éducation. Elle avait aussi l'esprit d'aventure, le goût d'aller voir ailleurs si elle y serait. C'était en 1981. Elle se souvient comme si c'était hier de ce premier voyage en avion, fort long: «Que du blanc, dit-elle, à perte de vue. De la neige, des glaces, encore de la neige et encore des glaces!» En 1981, la piste d'atterrissage est en gravier et il n'y a pas de bâtiments pour accueillir les voyageurs. Un Inuit doit venir la chercher, car ne sachant trop à quoi s'attendre, Carole Cadoret a apporté avec elle assez de victuailles pour passer au travers de son premier hiver de force. Mais l'Inuit ne s'est jamais présenté à la piste et Carole Cadoret a dû se rendre au village sans son précieux butin. Le temps d'un aller-retour, il ne restait plus rien de ses victuailles: les chiens avaient tout mangé!

La gendarmerie

Les chiens! Sans leurs nombreux chiens, les Inuits sont dépossédés d'une grande part d'eux-mêmes. S'ils ne sont pas tout à fait réconciliés avec les Blancs que nous sommes, c'est pour une bonne part à cause de leurs chiens: au début des années 1950, des policiers du gouvernement fédéral ont envahi les villages inuits pour y poser des affiches en langue anglaise: «Attachez vos chiens!», qu'elles disaient. Les Inuits ne comprenant pas la langue du gouvernement fédéral, ils ne se préoccupèrent pas des affiches. Quelques semaines plus tard, les policiers de la Gendarmerie royale du Canada repassaient dans les villages et abattaient tous les chiens.

Les années qui suivirent furent désastreuses pour le peuple inuit privé de ses chiens si utiles quand il chasse et parcourt de longues distances en traîneau.

«Ce massacre, dit Carole Cadoret, même la jeune génération ne l'a pas oublié. Si de grands pans de son histoire lui échappent maintenant, celui-là est inscrit à jamais dans sa mémoire.» De quoi comprendre la relation amour-haine (un mot qui n'existe pourtant pas dans aucune langue amérindienne) que les Inuits entretiennent par-devers les Blancs. L'enseignement auquel on les oblige joue d'ailleurs un grand rôle dans cette relation.

Un feu rouge

«Quand je suis arrivée au Nunavik en 1981, tous les manuels d'enseignement étaient soit en français, soit en anglais, m'apprend Carole Cadoret. Aucun ne tenait compte de la culture des Inuits. Aujourd'hui, les Inuits qui vont à la maternelle et à l'école primaire ont des manuels faits en grande partie pour eux. Mais dès qu'ils se présentent à l'école secondaire, les manuels scolaires sont les mêmes qu'on trouve partout au Québec. Quand tu lis aux élèves une phrase du genre de "Marie et Jean arrivent au feu rouge", laissez-moi vous dire que c'est loin de les fasciner!»

Les Inuits auxquels Carole Cadoret a enseigné sont sous la juridiction de la commission scolaire de Ville Saint-Laurent. Inutile d'ajouter que, vue d'aussi loin, la réalité inuite ne veut pas dire grand-chose. Il y a des années que les Inuits réclament du ministère de l'Éducation d'avoir, plutôt que le nôtre, un calendrier scolaire qui corresponde à leur mode de vie. «Il y a un mois d'été au Nunavik, un court printemps et un automne aussi court. Les Inuits pêchent et chassent pendant ces périodes-là. Les élèves ne viennent plus en classe: on a besoin d'eux dans leurs familles. De même, les journées scolaires telles que nous les organisons ne conviennent ni à leur mentalité ni à leurs habitudes. Les Inuits mangent quand ils ont faim, dorment quand ils ont sommeil, s'amusent ou travaillent quand ils en ont le désir. Leur faire la classe tout un avant-midi et leur donner une heure pour le dîner, ça ne correspond à rien de ce qu'ils vivent. Résultat: ils mangent du junk food, s'endorment sur leurs sièges ou bien se livrent par groupes de deux ou trois à la conversation en inuktitut. Leur culture étant basée sur le dialogue entre un petit nombre d'individus, l'enseignement magistral leur est tout à fait étranger. Pourtant, c'est encore ce qu'on leur impose, aussi bien en anglais qu'en français.

«Car l'Inuit, à défaut d'être enseigné dans sa langue (les professeurs québécois ne la parlant pas), a le choix d'être "éduqué" en anglais ou en français. En 1981, 25 % des Inuits choisissaient l'anglais. Aujourd'hui, 50 % d'entre eux vont à l'école française. Est-ce un réel progrès? Je suis loin d'en être certaine. On leur apprend peut-être à baragouiner l'anglais et le français, mais un fait demeure: les Inuits ont conscience qu'une des premières conséquences de notre enseignement est de leur faire perdre leur culture, leurs traditions et même leur langue: la jeune génération comprend de moins en moins le langage de ses grands-parents. Leur vocabulaire leur échappe.»

— Cette acculturation est-elle irréversible?

— Pour que ça ne soit pas le cas, il faudrait que le ministère de l'Éducation ne soit plus déconnecté de la réalité inuite. Il faudrait que nous, les Blancs, cessions de les considérer comme des gens que nous devons coloniser. Et ça, ça ne semble pas être pour demain!

— Désespérant?

— Ça le serait s'il n'y avait pas ces quelques Inuits qui comprennent ce qui se passe et essaient, par eux-mêmes, de changer les choses, comme cet homme dans l'un des villages où j'ai enseigné qui a ouvert sa modeste maison aux jeunes Inuits pour leur apprendre leur histoire, leur faire connaître leur culture: il les initie à l'art de fabriquer les kayaks et les igloos, à servir de guides, à apprendre les légendes et les chants de gorge, à délaisser le junk food au profit des mets traditionnels, comme ces morceaux de caribou cru qu'on trempe, en guise de sauce, dans l'huile de morse fermenté.

— Une petite leçon de choses pour terminer?

— On dit souvent que le Québec est le coeur du monde. Les Inuits, si solidaires, si amoureux de leurs enfants, si tolérants, si généreux, si francs et si pragmatiques, sont, eux, le coeur du coeur du monde! Voilà.
 
 
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  • Pierre Schneider - Abonné
    16 novembre 2011 07 h 05
    Encore la GRC
    Celle qu'on appelait quand j'étais jeune la "police montée", celle qui capture toujours son homme ( ce qui est évidemment faux à voir le nombre de bandits à cols blancs qui foulent nos rues) m'a toujours indisposé, pour ne pas blasphémer et demeurer dans les normes bienséantes du Devoir.
    Mais ce massacre de chiens, les animaux que j'aime le plus au monde, me fait mal au coeur. Non contents de s'attaquer aux indépendantistes, ces tuniques rouges d'allégeance monarchiste retournent leur hargne sur le meilleur ami de l'homme.
    J'aime cette édition du Devoir des Écrivains. Elle nous éclaire sous un angle nouveau sur les beautés et laideurs de ce monde...
    Un monde qu'il va falloir changer.
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  • Notsag - Abonné
    16 novembre 2011 10 h 14
    Forcer la sédentarisation
    Apparemment, le massacre des chiens de traîneaux était pour forcer les Inuits à se sédentériser. Leur nomadisme n'entrait tout simplement pas dans le moule du colonisateur.
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  • Pierre Rousseau - Inscrit
    16 novembre 2011 11 h 22
    Nuances oubliées...
    Il n'y a pas que les agents de la GRC qui ont abattu les chiens au Nunavik mais les policiers provinciaux ont aussi été très actifs à cet égard, se basant sur la Loi sur les abus préjudiciables à l'agriculture du Québec (!) pour abattre les chiens. C'est ce qui ressort du rapport du juge à la retraite Croteau qui a mené une enquête sur l'abattage des chiens dans les collectivités inuites du Nunavik. D'ailleurs la police provinciale a remplacé la GRC en 1960 au Nunavik. Le Québec n'a pas traité mieux les Inuit vivant dans la province que le fédéral dans les territoires fédéraux et que ce soit en français ou en anglais, ce sont deux langues coloniales pour les Inuit.

    D'autre part, l'éducation au Nunavik est la responsabilité de la Commission scolaire Kativik qui est un organisme créé par la Convention de la Baie-James et du Nord Québécois et si la CSK a son siège à Saint-Laurent, son conseil est composé de représentants de chaque village nordique et le curriculum a été adapté autant que possible aux Inuit. C'est loin d'être parfait mais la raison d'un programme aligné sur les programmes provinciaux c'est de donner la chance aux Inuit d'accéder à l'enseignement supérieur qui n'est pas disponible au nord (pas de CEGEP ou d'université).

    Le Nunavut a aussi un programme scolaire axé sur le « sud » pour les mêmes raisons et le juge Berger qui a analysé les problèmes avec ce type de système scolaire a recommandé de s'éloigner de ce type de programmes et de fournir une éducation beaucoup plus basée sur la langue et la culture des Inuit. En passant, la langue des Inuit ce n'est pas l'inuit mais bien l'inuktitut au Nunavik.
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  • Lukas Lafond-Rivard - Abonné
    16 novembre 2011 11 h 31
    Mot amérindien
    Je suis un peu surpris de la catégorisation des Inuits dans l'amérindianité. Le texte est convaincant, mais je me suis arrêté pour commenter. Les Inuits ne sont pas des Amérindiens: ils partagent une langue semblable à tous les peuples du Nord, du Groenland à la Sibérie. Retour à la lecture.
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  • ANDRE ROY - Inscrit
    16 novembre 2011 12 h 05
    Trouver l'espoir là où il se cache
    Lorsqu'on travaille ou qu'on offre des services dans le Nord, la ligne est bien mince pour ne pas être considéré comme un colonisateur ou un simple opportuniste de passage. Disons que ça prend beaucoup de tact pour éviter l'étiquette créée par nos prédécesseurs. Même avec toute la finesse et la volonté du monde, on n’y arrive que très rarement.

    Dans votre texte, vous parlez aussi des chiens. Ces splendides chiens nordiques qui encore aujourd'hui sont victime de tueries cachées, de violence extrême et de négligence. Paradoxalement, les tueries d’aujourd’hui sont financées par les autorités locales. Je suis bénévole pour une organisation sans but lucratif. Celle-ci propose des solutions alternatives aux tueries de chiens errants du Nunavik. La tâche est énorme. L’investissement en temps et en ressources l’est tout autant.

    Mais il y a bien plus que la problématique du chien nordique errant. Il y a à peine quelques mois, un chef de bande s’est précipité au comptoir d’Air Inuit pour consulter la facture de cargo d’un transfert de six chiots vers Montréal. Ce dernier était très en colère qu’une Blanche ait pris l’initiative de «voler des chiens errants de sa réserve». Le personnel au comptoir du cargo a eu droit à une crise bruyante. Quelques semaines plus tôt, ce même chef de bande ne s’était pas manifesté lorsque cette même travailleuse sociale avait retiré deux jeunes enfants de la réserve pour négligence et impossibilité de placement dans la communauté.

    S'il est vrai que beaucoup d'autochtones repoussent aveuglément tout ce qui vient du Blancs, il est aussi vrai qu'il y a actuellement un nombre grandissant d'entre-eux qui se mobilisent afin d'améliorer le sort de leur communauté. Ces leaders positifs s'activent et relève de très grands défis en acceptant de travailler en équipe ...même avec des Blancs.

    André Roy
    http://chiotsnordiques.com
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  • ANDRE ROY - Inscrit
    16 novembre 2011 12 h 15
    Un livre à lire
    Hush ! Hush !
    Michel Noël,
    ISBN 978-2-89428-927-3

    «1958, Ojipik, un jeune Algonquin de quatorze ans, aime la vie qu'il mène sur les rives du lac Cabonga, avec sa famille et sa chienne, La Louve. Il rêve de vivre de chasse et de pêche et de devenir un maître de traîneau accompli. Malheureusement, l'exploitation forestière croissante bouleverse les traditions et le mode de vie de sa communauté. Révoltée et humiliée par les décisions du gouvernement, et surtout par la tuerie des chiens de traîneau, celle-ci doit pourtant s'adapter. Le père d'Ojipik, convaincu que la défense des droits passe par l'instruction, invite son fils à aller étudier à l'école des Blancs. "Tu te lèveras pour prendre la parole", lui a-t-il dit, et c'est bien ce qu'il compte faire...»
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  • David Benoit - Abonné
    16 novembre 2011 13 h 03
    De la difficulté d'écrire sur le Nunavik en 1115 mots
    Cette article est remplis d'erreurs, d'inexactitudes, de liens de cause à effet discutables, de manque de contextualisation, etc.
    En fait, je ne doute pas de la bonne volonté de VLB et encore moins de Carole que j'ai connue personnellement à Kangiqsujuaq, je crois seulement qu'il est impossible et non souhaitable de traiter un sujet complexe, l'enseignement au Nunavik, en 1115 mots.
    L'éducation au Nunavik devrait être l'objet d'un grand chantier: aux Inuit d'en exiger la tenu en fonction de leurs besoins et de leurs aspirations.
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  • André/Andrés 71 - Inscrit
    16 novembre 2011 15 h 19
    Ouvert sur le monde ???
    Et le Québec se dit "ouvert sur le monde" en oubliant consciemment ou non les Premières Nations... On n'est pas sorti de la Ville de Montréal alias Hochelaga ! ...ni de Québec alias Stadakoné
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  • Claude Mathieu - Abonné
    16 novembre 2011 16 h 43
    nunavik
    Je partage l'avis de David Benoît,
    Et je pourrais en rajouter,j'ai vécu 8 ans au Nunavik....(deux périodes de quatre ans entre 1968 et 1978) et déjà à cette époque la réalité au Nouveau-Québec (appellation à cette époque )n'était pas celle décrite par l'article de monsieur Beaulieu.
    Je ne comprends pas que VLB ait signé un tel article en 2011... il y a trente ans entre l'expérience de madame Cadoret et la réalité actuelle.Et je comprends encore moins que le Devoir,Mon journal, ait publié un tel article sans le placer dans un contexte historique.
    J'espère que la Commission scolaire Kativik qui est dirigée par un conseil de commissaires composé majoritairement d'Inuits réagira.
    Claude Mathieu
    P.S. Monsieur Beaulieu, je vous admire pour vos écrits et votre plume,mais ce texte est tellement déconnecté de la réalité que je
    me question sur votre perception des autres réalités québécoises.
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  • Pierre Langlois - Inscrit
    16 novembre 2011 19 h 32
    Tellement faux que ça sonne bien
    Il est fort aisé d'écrire un texte qui, sans nuance, critique chaque parcelle de la société. Il est encore plus aisé de le faire lorsqu'on parle d'une société si peu connue du grand public québécois, si loin, si exotique. Et que je te beurre épais à coup de généralisations et de sophismes, et que je te la lance dans les yeux, ma poudre à belles images.

    Le fait est que le Nunavik, je le connais, probablement, non, assurément, de façon si sûre qu'un citron même en serait surpris, mieux que VLB. (On ne se connaît pas vraiment, mais je me permets cette douce et amicale appellation). Le fait est aussi que j'y enseigne, au Nunavik, ici et maintenant. Voyez, les Internets ont fait leur chemin à travers la toundra jusqu'ici. Les aéroports sont asphaltés, on a deux magasins dans le village et un système de santé qu'envierait le futur CHUM.

    De un, les chiens. Trauma intemporel, dit-on. Plaie béante qui ne cicatrisera jamais. Moi, ce que je vois, ce sont des chiens qui se font lancer des pierres, qui se font donner des coups de pied, qui se font tuer à qui mieux mieux (et pas par des Qallunat (des blancs)), qui se font transformer en mitaines et qu'on jette au dépotoir. Oui oui, au dépotoir. Et je les ai vus, les petits chiots, entassés en une montagne de Cruella, des petits chiots tout mignons à vous faire pleurer Harper. Morts. Exit la pitié pour le massacre des chiens.

    Deuzio, l'éducation. Pour l'horaire, je l'accorde. Pour le programme, pantoute. On est en fait plus choyés au Nunavik qu'on ne l'est dans St-Henri. Matériel scolaire fourni, gratuit, manuels développés ET imprimés par la commission scolaire, juste pour toi, jeunot. En français, en anglais, en sciences, en mathématiques et univers sociale. Tout ça c'est pour toi, dans le bec.
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  • Pierre Langlois - Inscrit
    16 novembre 2011 19 h 39
    Tellement faux que ça sonne bien (j'ai pas fini)
    De trois, la commission scolaire. Katicik, qu'elle s'appelle, en grosses lettres sur mon talon de paye. Dont les services éducatifs sont basés à Kuujuaaq et non à Ville St-Laurent, qui n'est le berceau que du service de paye, de transport, de matériel, d'impression et de ressources humaines. Toutes disciplines qui, vous en conviendrez, peuvent se pratiquer à distance (je vous l'ai dit, internet se rend jusqu'ici). Commission scolaire dont les conseillers pédagogiques sont les meilleurs que j'aie vu de ma brève mais non négligeable carrière.

    De quatre, et de finalement, la culture. À l'horaire, il y a un cours qui s'appelle, justement, culture. 1h30 par semaine. Vous en connaissez beaucoup, des jeunes du sud, qui s'adonnent à 1h30 par semaine de culture québécoise? Moi pas. Et la langue, l'inuktitut, elle aussi à l'horaire. 3h15 par semaine. C'est ti pas beau, ça? Les inuits perdent leur langue, dites-vous? Tout autour de moi n'est qu'inuktitut, jusqu'aux arrêts de stop. Tout le monde écoute la radio, en inuktitut. Tout le monde joue au bingo, en inuktitut.

    Si j'étais malpoli, je terminerais par un dans tes dents bien senti. Mias ma mère m'a bien élevé. Je termine donc par ceci: en plaignant constamment le peuple inuit, en l'accablant de notre pitié mal placée, on finit par lui faire croire qu'il est à plaindre.
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  • Lucie Levesque - Inscrit
    16 novembre 2011 20 h 25
    Attention aux clichés sur le Nord et ses gens...
    J'enseigne au Nunavik depuis huit ans. L'article de VLB m'a un peu surprise et laissée bouche bée. Il y a certaines erreurs dans cet article. Le Nord est très difficile à résumer sans choquer les uns ou les autres, sans idéaliser les uns ou les autres, rien n'est blanc ou noir. Certaines conversations de salon devraient en rester là! J'aime la mise au point de David Benoît.
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  • Matulu Tremblay - Abonné
    16 novembre 2011 20 h 27
    Votre propos, Monsieur Beaulieu,
    aura le mérite d'avoir provoqué des réactions éclairantes. "Du choc des idées...."

    Le propos, n'eut été sous votre plume, aurait rejoint moins de lecteurs(trices).

    C'est quand même rassurant de savoir que nos Innus ont aussi franchi le 3 ième millénaire.
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