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Lettres - Pourquoi une hausse des droits de scolarité?

Mathieu Vaugeois - Montréal, le 13 novembre 2011  15 novembre 2011  Éducation
L'un des arguments accompagnant ces jours-ci le débat entourant la hausse des droits de scolarité est bien souvent celui que la hausse est nécessaire afin que nos universités puissent demeurer compétitives au niveau international, tout en offrant un enseignement de qualité et un cadre propice à la recherche.

Ainsi, en consultant les classements internationaux d'universités, comme celui du Times Higher Education, il appert qu'aucune université québécoise francophone ne figure cette année dans les cent premières. Seule l'Université McGill réussit à avoir une place enviable.

Pour certains, deux facteurs vont expliquer cette situation. Le premier étant le fait que ce classement favorise davantage les universités anglo-saxonnes. Le second est que les étudiants québécois ne payent pas suffisamment pour avoir accès aux études universitaires, ce qui a comme conséquence que nos universités ne réussissent aussi bien qu'elles le devraient.

Or, en regardant plus attentivement ce classement, on constate également que trois universités suédoises se classent parmi les cent premières. Pourtant dans ce pays ayant, doit-on le rappeler, une population semblable à celle du Québec, l'université est gratuite pour tous les étudiants. Si ce classement ne favorise pas les établissements où la langue d'enseignement est le français, il ne doit également pas favoriser ceux où la principale langue est le suédois.

Par conséquent, l'argument selon lequel une hausse des droits de scolarité est nécessaire pour améliorer la performance et la compétitivité au niveau international de nos universités ne tient pas la route.

Bien entendu, les classements internationaux sont à prendre avec précautions, cependant il n'en demeure pas moins qu'ils existent, qu'ils sont consultés et qu'ils font souvent office d'autorité. [...]

***

Mathieu Vaugeois - Montréal, le 13 novembre 2011
 
 
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  • Sylvain Auclair - Abonné
    15 novembre 2011 02 h 07
    En Suède
    Je ne suis pas sûr que l'enseignement des sciences se fasse encore en suédois. De toute manière, leur langue est bien plus proche de l'anglais que le français.
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  • Yvan Dutil - Inscrit
    15 novembre 2011 07 h 07
    Oui mais ...
    À la différence du Québec, un diplôme a de la valeur en Suède (où les frais de scolarité sont quasi-inexistants en passant) Nos étudiants sont aussi bien formés que les leur, c'est juste qu'une fois sortie de l'université, la société ne sait pas quoi faire avec eux.
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  • François Ricard - Abonné
    15 novembre 2011 07 h 11
    M. Legault avait la solution
    "La seule façon de faire de l’éducation une grande priorité nationale tout en mettant fin au sous-financement en santé, c’est de rapatrier nos impôts et de faire nos propres choix. Bref, c’est de devenir souverain"
    Mais comme il a renoncé à ce moyen, il nous faudra assumer nous-mêmes tous les coûts tout en continuant de contribuer aux mirobolants projets du va-t-en guerre Harper.
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  • celljack - Inscrit
    15 novembre 2011 08 h 05
    Chercher le financement
    Le but est de voir combien d'argent est injecté dans les universités.

    Le fait que cet argent provienne des poches des étudiants, des taxes de tout le monde, de dons de charité ou du chapeau d'un chimpanzé en tutu ne change absolument rien pour l'université.

    Ainsi, on peut déduire que les soit les universités suédoises bénéficient d'un énorme financement de l'État, soit ils bénéficient d'autres sources de financement.

    La dernière possibilité, ce serait que les universités suédoises seraient simplement plus performantes qu'ici, avec le même budget, et on pourrait par conséquent déduire que c'est parce qu'elles sont mieux gérées. Ainsi, la piètre performance de nos universités au Québec serait uniquement lié à notre mauvaise gestion.

    Donc avant de tirer des conclusions, il faudrait comparer nos universités avec ces universités suédoises sur les 3 points, voir quel financement elles obtiennent au total, de quelles sources elles l'obtiennent et comment elles sont gérées.
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  • michel lebel - Inscrit
    15 novembre 2011 09 h 05
    Un choix de société
    Les administrations universitaires réclament depuis des lunes un meilleur financement du réseau universitaire. Études, rapports, abondent en ce sens. Bref il manque de sous pour assurer la qualité de l'enseignement universitaire. Et comme l'État n'en aurait plus pour ce financement, il faut bien prendre l'argent quelque part. La question est donc: qui doit casquer?

    On peut ergoter sans fin sur le sujet, mais au Canada, en Amérique, le tradition veut que l'étudiant fasse sa juste part. C'est une tradition, une façon de faire. Ça se conserve comme ca peut se changer, une tradition! Nous sommes ici devant débat de société qui dépasse largement la question des frais de scolarité.
    Au Québec, on a longtemps voulu ménager la chèvre et le choux, limitant ou gelant ces frais. Mais il semble qu'on ne peut plus agir ainsi. C'est un choix de société, comme en Suède et ailleurs.


    Michel Lebel
    Ancien professeur d'université
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  • tohi1938 - Inscrit
    15 novembre 2011 10 h 47
    Formation de qualité, ou... papiers commerciaux?
    Tant et aussi longtemps que l'on n'aura pas défini sérieusement le pourquoi et le comment de ce qui devrait s'y faire pour mériter autre chose que l'illusion du diplôme dans les universités, la situation ne fera qu'empirer.
    Ce qui "ruine" les universités c'est le nombre inflationniste de programmes qui ne visent qu'une seule chose: accroître le nombre d'étudiants pour tenter de financer les programmes dits fondamentaux, ou les marottes de certains recteurs, puisque les universités sont financées au nombre de têtes de pipes, et non en fonction de l'excellence du corps professoral ou des diplômés.
    Dans la mesure où dans une université dite périphérique, les cours sont donnés par une large majorité de chargés de cours (jusqu'à 70 % en Outaouais...) il est évident que la formation qui y est donnée n'a qu'un lointain rapport avec le concept de "formation universitaire".
    Par ailleurs, bien des secteurs et leurs syndicats (nursing entre autres) réclament une formation à l'université de 4 à 6 fois plus coûteuse que la formation collégiale, sans pour autant y contribuer financièrement. Le résultat est donc déprimant puisque ce sont les futures infirmières qui paient plus de droits de scolarité et qui s'appauvrissent avec des études plus longues.
    François Legault, alors Ministre de l'Éducation souhaitait des contrats de performance avec les universités.
    Prions pour qu'il les remette dans son programme politique puisque, ne nous berçons pas d'illusion, les universités du Québec sont mal, très très mal gérées!
    Quand bien même on augmenterait les frais de scolarité, l'incidence sur les universités sera nulle, voire négative, puisque cela précipitera la fuite en avant.
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  • Sylvain Auclair - Abonné
    15 novembre 2011 11 h 00
    À monsieur Lebel
    L'étudiant doit faire sa part, dites-vous? Alors, et les bourses que donnent certaines fondations américaines aux étudiants pauvres mais prometteurs?

    Et pourquoi faudrait-il toujours se limiter à l'Amérique du Nord? Ne sommes-nous pas des Occidentaux, voire des citoyens du monde?
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  • mep - Inscrit
    15 novembre 2011 16 h 42
    à monsieur Lebel
    C'est quoi une "juste part" comment la définissez-vous? Sur quels facteurs vous appuyez-vous pour déterminer ce qui est "juste"?

    Ces derniers temps il y a plusieurs personnes qui s'appuient sur les termes "juste part" pour affirmer que les étudiants doivent payer plus, Mme Line Beauchamp la première. Malheureusement, personne ne semble être en mesure de déterminer ce sur quoi on peut se fonder pour déterminer ce qui est non "juste".

    À mon sens cette supposée "juste part" constitue des paroles vides et un argument sans fondement puisqu'on ne connaît pas les critères servant à la définir.
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  • michel lebel - Inscrit
    15 novembre 2011 17 h 45
    La "juste part"...
    Je sais bien que le terme "juste part" est cul-cul. Comme l'est le "juste salaire"! Chaque pays a son modèle quant à la question de l'accès aux universités et des frais encourus par l'étudiant, sans oublier les bourses souvent prévues. Chaque modèle est un choix de société. Un choix historique, plus ou moins juste, je serais porté à croire. Il y aura toujours des Mozart ou des Einstein qui n'iront pas à l'université, mais ils sont fort rares, je pense, de nos jours. Dans l'ensemble, la solution québécoise me semble bonne, mais sans doute améliorable

    Michel Lebel
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  • Michel Simard - Abonné
    15 novembre 2011 18 h 04
    Pourquoi pas une réduction de coût ?
    Les universités québécoises se complaisent à chialer pour avoir plus de financement, que ce soit de l'État ou des entreprises ? Pourquoi ne font-elles pas le ménage dans leur cour et n'éliminent-elles pas les faux services qui ne donnent aucune valeur ajoutée, et pourquoi n'obligent-elles pas les professeurs, dont plusieurs radotent les mêmes raisonnements circulaires depuis des décennies, à produire davantage en matière d'enseignement et de recherche ? Ces professeurs ne valent en aucun cas leur salaire et plusieurs semblent avoir des diplômes sortis d'une boîte de Kracker Jack. En Angleterre, les salaires des profs sont largement inférieurs à ceux de nos "professeurs" et pourtant la qualité des universités est de beaucoup supérieure à nos maisons de complaisance.
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  • Diane GELINAS - Abonné
    15 novembre 2011 23 h 33
    La «démocratisation» de l'accès à l'université
    L'autre jour, je commentais que l'augmentation des frais de scolarité était une façon habilement déguisée pour «écrémer» les cohortes à l'entrée.

    En effet, la classe «supérieure à la moyenne» n'a jamais accepté que ses privilèges d'antan -- soit l'éducation de ses seuls rejetons, mâles en majorité
    -- soient dilués avec le monde ordinaire car ça limite leur pouvoir en démocra-tisant la connaissance et en grugeant dans leur contrôle de l'information.

    Or, mal leur en prit car les étudiants universitaires d'aujourd'hui proviennent de la classe moyenne, «inférieure» à la leur... En outre, au grand dam de ces manipulateurs aux commandes depuis des décennies, elles sont en majorité des ÉTUDIANTES !!!

    L'exemple de la Suède mentionnée ci-dessus parle par lui-même. On peut donc en conclure que l'augmentation des frais de scolarité vise subtilement à éliminer tous ceux et celles qui pourraient se servir éventuellement de leurs connaissances pour démasquer les manigances plus ou moins subtiles des détenteurs des pouvoirs politique et économique.

    On n'a qu'à lire les chroniques de personnes bien intentionnées qui dénoncent la qualité du français à tous le niveaux de l'Éducation... La langue populaire y est méprisée en citant en exemple l'enseignement de la langue française «PERLÉE» dans les Collèges Classiques... alors que seulement 10% de la population -- une poignée de privilégiés et de fils-à-papa -- avait accès au Saint des Saints !!!

    Avant d'augmenter les frais de scolarité des étudiants actuels, on devrait rétroagir ces coûts à tous ceux et toutes celles qui ont obtenu un diplôme «à rabais» afin qu'ils défraient la différence entre ce qu'ils ont payé à l'époque et les tarifs d'aujour'hui, au premier chef, les politiciens et tous ceux qui sont devenus prospères grâce à ces diplômes universitaires... PENSEZ-Y !
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