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Fédération des associations de musiciens éducateurs du Québec - Le réseau scolaire est le lieu de plus d'un couac!

La FAMEQ déposera les conclusions de son analyse le printemps prochain

12 novembre 2011 | Martine Letarte | Éducation
L’Orchestre symphonique régional Abitibi-Témiscamingue et son chef, Jacques Marchand<br />
Photo : © cyclopes L’Orchestre symphonique régional Abitibi-Témiscamingue et son chef, Jacques Marchand
La Fédération des associations de musiciens éducateurs du Québec (FAMEQ) est en discussion avec le ministère de l'Éducation pour améliorer la situation de l'enseignement des arts dans les écoles primaires et secondaires.

L'an dernier, un enseignant de musique et une autre qui venait de démissionner ont confié au Devoir que leur travail était rendu difficile, voire menacé. Le ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) a décidé de les écouter.

«Nous avons fait des recommandations au MELS et obtenu une rencontre au cabinet de la ministre, Line Beauchamp, à la fin mai. Une table de travail a été créée pour analyser les recommandations et développer un avis, que nous déposerons auprès de la ministre probablement le printemps prochain», indique Hélène Laliberté, présidente de la FAMEQ.

Les quatre associations d'enseignants en arts, soit musique, théâtre, danse et arts plastiques, défendent des points communs auprès du ministère.

La continuité disciplinaire

D'abord, des recommandations touchent à la continuité disciplinaire. «Il doit y avoir moins d'occasions de changer de forme d'art pour avoir un enseignement plus signifiant. Nous voudrions qu'il y ait seulement des changements en 1re et en 3e secondaires. Au primaire, nous souhaiterions qu'on enseigne un art en continuité», indique Hélène Laliberté.

La FAMEQ remarque que cette non-continuité disciplinaire crée bien des problèmes. «Lorsque, en 4e secondaire, des élèves qui n'ont jamais fait de musique se joignent à un groupe avec des élèves qui en font depuis le début du secondaire, ça brise le rythme. Les enfants sont mal servis et c'est très difficile pour l'enseignant», affirme Jean-Sébastien Gascon, coordonnateur au développement à la FAMEQ. «On ne ferait pas ça dans d'autres matières», ajoute Mme Laliberté.

M. Gascon croit que cette réalité met même en péril la relève et la vie musicales au Québec. «Au Festival des harmonies et orchestres symphoniques du Québec, on le voit. La participation a chuté de 15 %. Dans le rapport annuel, on dit que c'est directement lié à la diminution des heures de cours en musique et à l'écroulement des ensembles de musique dans les écoles secondaires. La discipline est rendue trop difficile pour les élèves», indique M. Gascon.

Il remarque que des harmonies et des chorales locales manquent aussi de relève. «Les chefs me l'ont dit à Montréal-Nord et à Saint-Léonard, précise-t-il. Le manque de relève bien formée se fera aussi sentir pour la formation postsecondaire.»

Les heures de cours

Les associations d'enseignants en arts recommandent aussi que les élèves aient un temps d'enseignement qui permette un apprentissage signifiant. Au primaire, elles demandent que le régime pédagogique précise que le temps d'enseignement des arts soit d'au moins 60 minutes par semaine.

«En ce moment, ce qu'on retrouve dans les écoles n'est pas uniforme, précise Mme Laliberté. Le programme est conçu pour que ce soit un enseignement de 60 minutes par semaine, mais ce n'est pas écrit dans le régime pédagogique.»

Pour les écoles secondaires, les associations demandent aussi des modifications. Au deuxième cycle, un cours d'art de 50 heures est obligatoire. Or le cours d'art optionnel de 100 heures n'est pas reconnu pour l'obtention du diplôme. Plusieurs écoles choisissent donc d'abandonner le cours de 100 heures pour en donner un de 50 heures.

«Cinquante heures en un an, c'est insuffisant pour enseigner la musique d'ensemble. Ça fait même dégringoler l'intérêt des jeunes pour la musique, parce qu'ils ne développent pas les habiletés nécessaires pour être capables de jouer. Ainsi, ils n'ont pas une véritable expérience musicale», déplore Mme Laliberté, une ex-enseignante de musique au primaire.

Des pansements avant de véritables changements

Pendant que la FAMEQ et les autres associations d'enseignants en arts tentent de faire bouger le MELS, un certain travail se poursuit sur le terrain. «Nous sentons que certaines commissions scolaires prennent le problème très au sérieux. Par exemple, l'an dernier, nous trouvions la situation difficile à la Commission scolaire du Montréal, mais, depuis, les choses se sont améliorées. La Commission scolaire des Affluents, la Commission scolaire de la Vallée-des-Tisserands et la Commission scolaire des Hautes-Rivières prennent aussi la chose au sérieux», précise Jean-Sébastien Gascon.

La FAMEQ rencontre plusieurs dirigeants des commissions scolaires pour instaurer le dialogue et tenter d'améliorer les choses.

«Parce que, souvent, ces gens s'aperçoivent que la situation se détériore, précise Mme Laliberté, mais ils sont souvent très occupés et pas tout à fait conscients des causes. Plusieurs vont penser, par exemple, que si la musique ne se porte pas bien dans les écoles, c'est parce que les enseignants ne sont pas bons. Lorsqu'on leur explique l'état des choses, ils prennent des mesures pour améliorer la situation, en envoyant par exemple des recommandations aux écoles.»

Les avancées ne signifient pas, aux yeux d'Hélène Laliberté, que le MELS n'a pas besoin d'agir. «Notre travail avec les commissions scolaires, c'est comme un pansement que nous mettons sur les problèmes en attendant des mesures plus solides», précise-t-elle.

La FAMEQ souhaite donc que le MELS intervienne le plus rapidement possible auprès des commissions scolaires pour que de nouvelles directives soient données aux écoles.

«Nous souhaitons que ce soit fait d'ici janvier. Sinon, ce sera encore une année de perdue, puisque c'est en janvier qu'on planifie l'année suivante. Ensuite, il faudra faire des changements au régime pédagogique», affirme M. Gascon.

«Nous sommes très heureux de l'ouverture du MELS, qui a accepté de nous écouter, affirme Mme Laliberté. Nous espérons maintenant que ça portera fruit puisqu'il y a urgence en la demeure. Les enfants ont le goût de faire de la musique. Il y a aussi le principe d'accessibilité qui est précieux dans la société québécoise. Si on permet aux enfants de faire de la musique seulement de façon superficielle, ce n'est pas une accessibilité réelle.»

***

Collaboratrice du Devoir
L’Orchestre symphonique régional Abitibi-Témiscamingue et son chef, Jacques Marchand<br />
Hélène Laliberté, présidente de la FAMEQ<br />
 
 
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