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    Droits de scolarité - Une manif nécessaire

    Josée Boileau
    11 novembre 2011 |Josée Boileau | Éducation | Éditoriaux
    Ce n'était pas la manifestation historique de 2005, celle qui avait réuni plus de 80 000 jeunes pour protester contre la transformation des bourses étudiantes en prêts. Mais les 20 000 personnes qui ont fait part hier de leur mécontentement devant la hausse brutale des droits de scolarité prévue par le gouvernement libéral ont montré que le mouvement étudiant avait encore du ressort.

    Le gouvernement Charest a besoin d'entendre clairement qu'il va trop loin, trop vite et trop brusquement. Pour certains étudiants, cela les mène tout droit vers un mur. Pour la société québécoise, c'est un mauvais message que l'on tente de lui faire avaler avec des arguments fallacieux.

    Obliger les étudiants à subir une hausse de 75 % sur cinq ans de leurs droits de scolarité en faisant valoir que cela n'est pas grave puisque leurs études leur vaudront plus tard de gros salaires, c'est taire le fait que c'est d'abord la société toute entière qui s'enrichit quand elle compte un grand nombre de diplômés. Cela accepté, c'est ensuite qu'on doit poser la question: qui doit payer pour y arriver? Qui doit donner le coup de pouce supplémentaire qu'on dit aujourd'hui indispensable pour financer les universités? Le gouvernement ne demande rien aux entreprises et le recours à l'impôt a été démonisé dans nos sociétés séduites par les solutions de droite. Il ne reste donc que les étudiants comme vaches à lait.

    Le gouvernement a décidé de se donner 1968, année de fondation du réseau de l'Université du Québec, comme repère pour déterminer la hausse à appliquer. Il ne dit pas toutefois qu'à l'époque, les frais afférents n'existaient pas, alors qu'aujourd'hui, ils ajoutent des centaines et des centaines de dollars à la facture annuelle «officielle» de 2415 $ que coûte présentement au Québec une année universitaire. De cela, il ne parle jamais.

    Il n'insiste pas trop non plus sur la mauvaise gestion qui draine des centaines de millions de dollars dans les universités et qui est parfaitement symbolisée par l'îlot Voyageur, aventure immobilière de l'Université du Québec à Montréal maintenant abandonnée aux quatre vents. Le gouvernement dit que la surveillance sera désormais plus serrée. Mais ce tour de vis est plus léger que celui imposé aux étudiants.

    Car le problème, ce n'est pas l'augmentation en soi: à 100 $ de plus par année, comme cela se pratiquait depuis cinq ans, il y avait là une progression encore acceptable. En décidant de courir trois fois plus vite, sans s'assurer qu'il n'y aura pas d'impact sur l'accessibilité aux études, sans ajuster son programme de prêts et bourses (auxquelles 80 % des étudiants n'ont pas accès puisque dès que papa et maman font, à deux!, 60 000 $ par année, un jeune n'y a plus droit), le gouvernement a opté pour la précipitation plutôt que le geste mesuré.

    Il y a de l'injustice dans cette façon de faire. Et bien de la condescendance de la camoufler derrière une supposée équité intergénérationnelle.












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