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    Hausse des droits de scolarité - Indignation fourre-tout

    Les étudiants ont promis un raz-de-marée dans les rues cette semaine, pour ébranler ce gouvernement promoteur de la hausse des droits de scolarité. Mais que pèse leur cause dans la balance de l'indignation quand le monde entier crie son exaspération?

    Il s'agit presque d'un murmure dans cette grande fanfare de l'indignation. La cause de «nos» étudiants en rogne contre la hausse des droits de scolarité fait carré beige pâle alors qu'on aurait voulu revoir le symbole rouge vif qui a déjà fait leur succès. Ils essaient de vociférer leur message, mais on les entend à peine.

    Les syndicats membres de l'Alliance sociale ont promis de leur prêter main-forte, et de pousser le cri à leurs côtés cette semaine. «Ça devrait tous nous indigner qu'on vienne chercher l'argent aux étudiants et dans la classe moyenne pour le donner à ceux qui n'en ont pas vraiment besoin», a affirmé Lucie Martineau, du Syndicat de la fonction publique du Québec, en guise d'allusion aux indignés qui campent dans les quartiers d'affaires de plusieurs grandes villes d'Amérique.

    La syndicaliste a raison. La cause des étudiants du Québec est la représentation parfaite de ce que dénonce le mouvement des indignés, de Wall Street à Oakland, en passant par le Québec de Régis Labeaume. Déséquilibre entre les riches et les moins nantis. Les 99 % qui rugissent, ce sont eux, ces étudiants qui craignent qu'une hausse «galopante» des droits, telle que le gouvernement de Jean Charest en a décidé, ne vienne contrecarrer leur droit à une éducation supérieure accessible. Au Québec, c'est le poids du 1 % qui a anéanti la voix des 99 %. La classe affaires, les dirigeants d'université ont brandi le tableau des données du sous-

    financement; l'équation qui jadis ne «passait» pas, ni chez les dirigeants ni non plus dans la population, a tout naturellement pris le chemin du décret gouvernemental. Le gel des droits, il est vrai, n'était plus tenable. Mais une indexation raisonnable plutôt qu'un rattrapage condensé des années perdues aurait mieux passé la rampe. Cette fois, on a ouvert les valves. Et au diable les effets sur l'accessibilité!

    Perdues dans un concert de protestations, les voix étudiantes s'étouffent, exaspèrent. Elles ont pourtant tellement à dire: ne vient-on pas de constater à quel point cette couche de la population est lourdement endettée, le tiers des étudiants du Canada terminant leurs études avec une dette de 20 000 $? Au Québec, 65 % des bacheliers ont 14 000 $ de dettes — «le passif le plus profitable de toute ma vie!», serineront ministres, recteurs et autres membres de la Chambre de commerce pour dire à quel point, de là où ils se trouvent, cette dette vaut son pesant d'or.

    Cet automne, une étude-choc produite par le Comité consultatif sur l'accessibilité financière aux études a même évalué que 2,5 % de l'effectif étudiant pourrait être dissuadé de mettre le pied à l'université par l'augmentation de 1625 $ sur cinq ans des droits. Mais la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, y a vu l'occasion de redire sur tous les tons jusqu'à quel point étudier est un bon «investissement».

    Les indignés du monde ont choisi de n'adhérer à aucun groupe, à aucune cause, espérant grossir leurs rangs et mieux faire porter leur message. Louable intention. Mais dans le fourre-tout de l'indignation, quelques cris percutants se noient, alors qu'ils portent un message essentiel. Écoutons les étudiants.












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