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Concordia - L'École des affaires publiques et communautaires s'affiche bilingue

29 octobre 2011 | Etienne Plamondon Emond | Éducation
Un des pavillons de l’Université Concordia, au centre-ville de Montréal<br />
Photo : Jacques Grenier - Le Devoir Un des pavillons de l’Université Concordia, au centre-ville de Montréal
Unique, le diplôme de deuxième cycle en développement économique communautaire de l'Université Concordia l'est à tel point que l'École des affaires publiques et communautaires (ÉAPC) a décidé de rendre ce programme bilingue. Le but de cette particularité consiste à rejoindre à la fois les milieux francophone et anglophone de Montréal, qui en ont besoin tous les deux.

Une année en anglais, la suivante en français, et on alterne. Le diplôme de deuxième cycle en développement économique communautaire se veut bilingue, en quelque sorte, mais pas bilingue simultanément. Comme il suffit d'un an pour le réussir, soit 30 crédits, l'École des affaires publiques et communautaires (ÉAPC) change de langue d'une année à l'autre. Les cours de la session d'automne 2011 se donnent présentement en français, comme ceux qui se dérouleront à la session d'hiver 2012. L'automne prochain, les séances recommenceront dans la langue de Shakespeare.

«Quand le programme a été développé et fondé, il n'y avait aucun autre programme pour les praticiens, et on a aussi voulu avoir une présence dans le milieu francophone pour aider les praticiens à développer leur capacité de leadership, leur analyse, leur réflexion», raconte Eric Shragge, de l'ÉAPC.

Ces praticiens en question, ce sont essentiellement des gens qui travaillent déjà au sein d'organisations communautaires, d'organisations non gouvernementales (ONG) et d'entreprises d'économie sociale. «La plupart de ces personnes ont déjà un baccalauréat ou beaucoup d'expérience professionnelle, explique M. Shragge, à propos de ce programme qui vise surtout à donner du recul aux personnes déjà engagées dans le milieu communautaire, pour leur donner la chance de mieux analyser leur pratique.

Les questionnements éthiques et les stratégies d'intervention économique, propres au milieu, y occupent une place centrale. Mais l'expérience des étudiants est intégrée au processus d'apprentissage. Dans les cours, ils sont encouragés à partager ce qu'ils ont accompli dans la pratique. Comme les groupes se limitent généralement à environ 25 étudiants, la dynamique permet de travailler en petits groupes et de mettre à profit les témoignages des participants.

En parallèle, «tout le monde doit avoir un projet sur le terrain, lié à l'organisation dans laquelle il travaille ou à une autre, ajoute M. Shragge. Et ce projet dure de janvier jusqu'à la fin juin ou au début juillet.»

Le programme doit être suivi à temps plein, mais il a été adapté pour les gens qui travaillent. Les cours sont donnés de manière intensive une fin de semaine par mois. «Plusieurs font les autres diplômes par la suite, la maîtrise ou le doctorat, dans des disciplines liées à ça. Mais la plupart [des étudiants] sont ici pour développer leur capacité comme praticien», résume-t-il.

Domaines de spécialisation

Selon les années, le diplôme en développement communautaire se déploie autour de domaines de spécialisation. Ceux-ci varient d'une cohorte à l'autre. Eric Shragge note par contre que le développement international demeure un domaine de spécialisation qui revient chaque année. «On a beaucoup d'étudiants qui sont relativement jeunes, qui ont fait leur baccalauréat et puis qui ont travaillé à l'extérieur du Canada dans une ONG. Avec [cette expérience], ils sont intéressés de continuer dans ce type de pratique.»

Les autres domaines de spécialisation, quant à eux, sont différents d'une année à l'autre. Une spécialisation dans le milieu autochtone se donne d'ailleurs plus particulièrement lors des sessions durant lesquelles les cours se déroulent en anglais. Les «personnes autochtones, dans nos cours, viennent d'un milieu anglophone. Je ne sais pas exactement pourquoi, mais c'est la réalité. On essaie de donner ce cours pour eux», justifie M. Shragge. Certains cours conduisant à un crédit, qui se développent souvent sous la forme d'un atelier, se concentrent aussi sur des sujets ou des milieux spécifiques. L'ÉAPC demeure flexible sur l'angle adopté par ces cours selon les étudiants de la cohorte, sauf en ce qui concerne le cours portant sur les démarches féministes en développement économique communautaire, obligatoire pour tous.

Émergence de l'économie sociale

Lors de la fondation du programme, le diplôme a été créé dans une optique de développement économique communautaire. Mais le concept d'économie sociale, qui constitue en quelque sorte son jeune frère dans la pratique, a pris énormément d'ampleur dans la dernière décennie. «Le développement économique communautaire a une vision d'intégrer un processus plus large dans le local, c'est-à-dire intégrer le développement économique avec les autres [aspects] communautaires. Maintenant, avec l'économie sociale, c'est plus un entrepreneuriat, mais avec des conséquences sociales. C'est un peu différent», précise Eric Shragge.

Le programme de développement économique communautaire de l'ÉAPC s'est mis au goût du jour et joue sur les deux tableaux, tout en persistant à aborder «les choses fondamentales pour développer une organisation communautaire plus large, c'est-à-dire les processus d'empowerment collectif dans le milieu, et essayer de préparer les praticiens à entrer dans le milieu en les aidant à organiser les collectivités pour qu'ils puissent s'exprimer et développer les capacités d'action».
 
 
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