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Université du Québec à Montréal - Et docteur ce sera... en sexologie

Il ne manque que l'aval de la ministre

29 octobre 2011 | Catherine Lalonde | Éducation
La sexologie est entrée dans les universités québécoises par le biais de la toute nouvelle Université du Québec à Montréal (UQAM) en 1969. Année érotique? Année de changements, surtout, de révolte et de libération des savoirs, où la neuve UQAM voulait jouer un rôle actif dans tous, tous, tous les aspects de la modernisation de la société québécoise. Malgré cette lancée, il aura fallu plus de quarante ans pour créer un programme d'études avancées en sexologie. Zoom sur un nouveau doctorat.

Le tout nouveau programme d'études de 3e cycle en sexologie devrait, sous réserve de l'approbation de la ministre de l'Éducation, accueillir ses premiers étudiants dès 2012. Ce doctorat serait à ce jour sans concurrence dans le grand catalogue des études possibles. «On a regardé dans les différentes universités, autant en Amérique qu'en Europe. On trouve l'étude des genres (gender studies), mais pas de doctorat en sexologie», explique le directeur des études de 2e cycle en sexologie, Michel Goulet, qui participe également à la mise sur pied des études de 3e cycle.

Depuis ses débuts, le programme de premier cycle en sexologie a permis à plus de 1500 étudiants d'acquérir une expertise dans les domaines de l'éducation et de la prévention en matière de sexualité. «Le département compte 550 étudiants diplômés en maîtrise, précise Michel Goulet, dont plusieurs ont dû faire un doctorat dans une autre discipline.»

Pour pallier ce manque, le département s'est basé sur le doctorat en santé et société, poursuit M. Goulet. «On a conçu le programme tant pour la recherche fondamentale que pour interroger un aspect de la sexualité ou de la sexologie ancré dans le social, le communautaire, le médical, etc. En santé publique, on manque de chercheurs en sexualité qui intègrent une vision interdisciplinaire.»

Vision large

Cette vision large sera nécessaire. «Si on regarde la composition de notre corps professoral, on voit que les enseignants viennent de plusieurs champs. Ils ont dû faire l'effort de développer une vision interdisciplinaire, poursuit Michel Goulet, qui a lui-même été des premières cohortes d'étudiants en sexologie de l'UQAM. On veut encourager et développer ça dès le début des études. Sans quoi, on se retrouverait avec une étude de la sexualité humaine qui ne serait que médicale ou psychologique, alors que c'est vraiment en mouvance.»

Exemple? Le département est fier d'avoir intégré à son corps professoral une spécialiste en histoire de l'art. Julie Lavigne, en effet, est fascinée par la représentation de la sexualité. Ses recherches portent sur la question de l'éthique et de la sexualité dans l'art contemporain et s'attardent à y penser une relation éthique à l'autre dans le contexte précis de la sexualité.

Pour obtenir son grade de philosophiae doctor, ce Ph. D., le doctorant devra réussir trois cours obligatoires et deux cours au choix sur une sélection de quatre, avant de se lancer dans son projet de thèse. «Il y a des programmes équivalents qui offrent moins de scolarité, mais, comme on veut développer cette interdisciplinarité, on a décidé d'en donner plus», précise M. Goulet.

La rigueur méthodologique, quand on étudie la sexualité humaine, se doit d'être surlignée. «C'est pour ça qu'on demande à la fois à nos étudiants de connaître les méthodologies quantitative et qualitative [deux des cours obligatoires], car même si, en recherche, ils n'en choisiront qu'une, en sexologie, les données qualitatives sont souvent prises en compte pour enrichir le discours.»

Ce nouveau doctorat sera, selon Michel Goulet, «un pas important pour le développement de la sexologie. L'impact que ça peut apporter à la société est aussi majeur. La santé publique, par exemple, est un domaine où on manque de chercheurs en sexualité, de chercheurs qui intègrent cette interdisciplinarité.»

Concrètement? Un spécialiste en sexologie peut étudier les comportements violents, chercher les clés d'intervention à déployer auprès des personnes abusées — et comment mieux réagir face à une victime quand elle est un enfant, une femme immigrante, un homme? — comme des abuseurs. D'autres font des recherches sur les répercussions des nouvelles thérapies sur les conduites sociosexuelles des homosexuelles, ou encore sur l'impact des médicaments sur la santé sexuelle.

Encore? On étudie en sexologie l'homophobie, ou les caractéristiques des parents homosexuels; la violence dans le couple; la prévention des grossesses précoces; la rééducation sexuelle pour les paraplégiques. Entre autres. Des besoins concrets, un ancrage réel, sur l'intime et la société, du lit à l'autre.
 
 
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