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Commissions scolaires - Les faux-fuyants

Marie-Andrée Chouinard   25 octobre 2011  Éducation
Lorsque la machine politique s'affole, il est bon de cueillir un peu de sagesse ailleurs que sur les parquets des congrès politiques. Aller fureter dans la tête de Paul Gérin-Lajoie, tiens, premier ministre de l'Éducation du Québec, celui qui en 1964 procéda à la mise au monde du réseau d'écoles tel qu'on le côtoie. Savoir ce que lui dit le débat entourant le rôle des commissions scolaires, celles que François Legault veut effacer, et que la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, rêve de métamorphoser en coopératives.

«Il faut se méfier de ces débats de structures qui m'apparaissent assez clairement des faux-fuyants alors qu'on devrait se préoccuper des débats de fond.» Voilà l'avis de M. Gérin-Lajoie, que la Fédération des commissions scolaires du Québec a raison de mettre en valeur sur son site — mais qui l'a vu? Ce grand sage n'est pas le dernier venu. Les résolutions de grand chambardement assorties de promesse d'un monde scolaire meilleur — et d'économies!!! — ne l'émeuvent pas. C'est à raison qu'il se méfie des ensorceleurs, ceux qui croient qu'en démolissant une structure on soignera tous les maux de l'école.

Suivant les voeux d'abolition de M. Legault, la ministre Line Beauchamp a tenté la semaine dernière une sortie de piste fort mal reçue par la base militante libérale, les anglophones y pesant de tout leur poids. Son idée de transformer les commissions scolaires en coopératives de services et de faire des directeurs les maîtres d'oeuvre de l'école a causé un certain émoi. La communauté anglophone a frémi devant cette menace, associée à l'effacement d'un de ses derniers remparts institutionnels.

Il est un peu aisé de dire que c'est la popularité galopante de la Coalition pour l'avenir du Québec dans les sondages qui a forcé la ministre Beauchamp à faire cette sortie impromptue et mal calculée. Il se peut aussi que tout cela soit motivé par d'irrépressibles envies de réduire les dépenses. Avec des compressions de 110 millions annoncées au printemps dernier, puis un ajout de 60 millions tout récemment, et la promesse de réductions d'au moins 100 millions l'an prochain, les commissions scolaires «coupent dans le gras». Le plan de réduction des budgets présenté cette fin de semaine prévoyait le retranchement à terme de 300 millions de plus. Tout cela, sans couper dans les services «directs» aux élèves? Balivernes! Une école mal déneigée, sans transport scolaire, ni toiture réparée, avec des professionnels en moins, l'accès restreint à des formations de personnel, offre bel et bien moins de services à ses élèves.

Les commissions scolaires et le ministère de l'Éducation s'entendent pourtant pour dire que le statu quo n'est plus possible. Les écoles seraient ravies de goûter à davantage de marge de manoeuvre. Mais il est utopique de croire qu'elles pourraient naviguer sans structure intermédiaire, et relever directement du ministère de l'Éducation. Cela risquerait de mener tout droit à un système plus centralisateur, exactement le contraire de ce que l'on nous vante en brandissant le marteau-pilon!

***

machouinard@ledevoir.com
 
 
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  • Claude Girard - Abonné
    25 octobre 2011 05 h 12
    "Coopérative de service", quelle trouvaille!
    En mars 2007, Serge Morin, président de la Fédération québécoise des directeurs d'établissement, soulignait que les directeurs n'ont pas l'intention de faire les chèques de paie, gérer les bâtisses ou organiser le transport scolaire, mais qu’ils voudraient avoir plus de latitude dans la gestion de leurs écoles et pouvoir compter sur des "coopératives de services" dirigées par un conseil d'administration et des fonctionnaires plutôt que des élus. En 2011, la ministre Beauchamp récidive. Disons que ce n’est pas la trouvaille du siècle.

    Quant à la façon de réduire les dépenses dans les commissions scolaires, ce n’est pas non plus la trouvaille du siècle. Par exemple, lorsqu’on considère les coûts des activités administratives, près de la moitié de commissions scolaires (dont la grande majorité de 10 000 élèves et plus) se situe sous le coût moyen par élève c’est-à-dire moins de 6 % de ce qu’il en coûte pour chaque élève en moyenne. Les petites commissions scolaires en nombre d’élèves, mais grandes en étendue doivent consacrer plus de ressources financières; c’est le coût de l’équité. Le ministère connaît ces chiffres puisqu’il reçoit toutes ces données qui ont été attestées par un vérificateur externe de la commission scolaire. Son approche? On réduit également pour tout le monde déclarant qu’on coupe dans le gras, ce qui n’est pas évident. Il y a une limite à réduire des frais d’administration sans écorcher les services aux élèves.
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  • Darwin666 - Inscrit
    25 octobre 2011 06 h 48
    Irrépressibles envies ?
    «Il se peut aussi que tout cela soit motivé par d'irrépressibles envies de réduire les dépenses.»

    Ou de sous-traiter davantage...
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  • François Ricard - Abonné
    25 octobre 2011 07 h 31
    Réduire les dépenses, c'est bien
    On ne peut qu'approuver un gouvernement qui veut couper les dépenses. C'est bien. Mais ce qui serait mieux, c'est aussi, en même temps, un gouvernement qui augmente ses revenus. Par des redevances plus justes dans l'exploitation de ses richesses naturelles; par un recouvrement d'impôt des plus riches qui placent leur argent dans des paradis fiscaux; par un contrôle plus serré de l'activité commerciale au noir. Bien sûr, tout cela demande beaucoup plus de courage car ilmet en cause le bien-être et la richesse des amis du régime.
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  • Alain Grenier - Abonné
    25 octobre 2011 14 h 23
    Bien administrer, c'est le faire avec les gens et avoir de la vision
    M. Gérin-Lajoie a toujours cette vision d'un Québec qui se développe par l'esprit. Parce que l'éducation,c'est d'abord cette entreprise de réussite personnelle et collective. La folie de gouverner pour être réélu, de vouloir plaire à des bien-pensants pour qui l'argent consacré à une bonne gestion est de l'argent mal placé, que de tout décentraliser est la seule voie, que le bien commun et le progrès ne sont servis que par des unités locales indépendantes, sans réseau, sans support, sans partage, sans entraide. La voie Legault nous détruirait s'il faisait un jour ce qu'il annonce pour conquérir une opinion publique en mal de changement. Cette voie nie les succès et les réussites actuelles. La brève vidéo où l'on entend les propos de M. Gérin-Lajoie mérite d'être vue et comprise. La fédération des commisions scolaires devrait investir pour la diffuser à la télé, même si cela fera en sorte qu'elle sera accusée alors de gaspiller l'argent public. Chez-nous, on s'engage à faire l'exercice de simplifeier l'adminsitration scolaire avec le personnel des écoles, à commencer par les directions d'établissement, pour trouver les meilleur chemin d'un juste partage des ressources, d'une gestion rapide, efficace, branchée sur les jeunes et les adultes en formation. Aucune peur des remises en question. Au grand jour. Nous méritons d'exister à ce prix, qui n'est finalement que celui d'un engagement à travailler pour que les gens de chez-nous aient accès à leur propre liberté, à la culture, à la connaissance, à la compétence. C'est près des gens que l'action est valorisante, Pas dans les patentes qui démotivent et blessent nos propres idéaux. Le bon sens devra prévaloir. Alain Grenier, président de la Commision scolaire de la Côte-du-Sud
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  • Chris G. Eustace - Abonné
    25 octobre 2011 18 h 45
    Commissions scolaires anglophones - $$$$$
    25 octobre 2011


    " Suivant les voeux d'abolition de M. Legault, la ministre Line Beauchamp a tenté la semaine dernière une sortie de piste fort mal reçue par la base militante libérale, les anglophones y pesant de tout leur poids. Son idée de transformer les commissions scolaires en coopératives de services et de faire des directeurs les maîtres d'oeuvre de l'école a causé un certain émoi. La communauté anglophone a frémi devant cette menace, associée à l'effacement d'un de ses derniers remparts institutionnels "

    Vraiment ?


    More info:

    http://www.ledevoir.com/societe/education/334434/p


    Chris Eustace

    (retired English teacher)
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  • Linda Hart - Inscrite
    25 octobre 2011 20 h 03
    Politiciens vs politicailleurs
    Les politiciens de la génération de Gérin-Lajoie étaient des hommes de principes et de vision. Ils avaient le sens de l'État et celui des valeurs.

    Ceux qui leur ont succédé, n'ont qu'un principe, se remplir les poches et qu'une vision, celle de leur nombril. Le sens de l'État et celui des valeurs ont été abandonnés au vestiaire, ce ne sont plus que de vieilles hardes démodées dont personne ne veut.
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