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    Nouvelle recherche sur la probité intellectuelle - Peut-on éradiquer la tricherie chez les étudiants ?

    24 octobre 2011 |Catherine Bolton, Mebs Kanji et Soheyla Salari | Éducation
    Tricher... ou ne pas tricher? Voilà une question qui mobilise l'attention des chercheurs depuis plusieurs générations. Pour la majorité des étudiants, tricher est hors de question, car la réussite ne s'obtient à leurs yeux qu'au prix d'un travail honnête et acharné. C'est ce qu'on appelle la probité intellectuelle.

    Pourtant, il existe bel et bien une minorité d'étudiants qui enfreint les chartes universitaires et triche. C'est ce qu'on appelle une fraude.

    Selon l'Association des universités et collèges du Canada (AUCC), 1,2 million d'étudiants sont inscrits à temps plein ou à temps partiel dans 95 établissements d'enseignement supérieur au pays. Le nombre d'entre eux qui trichent pour décrocher leur diplôme n'est toutefois pas clair.

    Nous faisons néanmoins des progrès pour répondre à cette question essentielle. À la Faculté des arts et des sciences de l'Université Concordia, nous avons en effet commencé à examiner systématiquement les moyens de favoriser la probité intellectuelle et d'éradiquer la fraude.

    Nouvelle recherche

    Nous avons aussi entrepris une nouvelle étude sur le sujet et présenté nos résultats préliminaires lors de l'International Conference on Academic Integrity, qui a eu lieu à Toronto du 14 au 16 octobre 2011.

    Jusqu'à présent, les données que nous avons recueillies sont plutôt encourageantes. La vaste majorité des étudiants obtiennent leur diplôme sans jamais être accusés de tricher — la plupart ne trichent pas, car ils souhaitent apprendre, travailler fort et réussir. Nous avons aussi constaté que l'Université Concordia applique les normes les plus rigoureuses en matière de probité intellectuelle.

    Aussi préliminaires soient-elles, nos données révèlent cependant des tendances dont la constance justifie une attention particulière. Nous avons en effet constaté que la majorité des cas de fraude rapportés concernent des étudiants inscrits à des programmes de sciences sociales. Qui plus est, nos données laissent penser que ces fraudes surviennent habituellement dans le cadre de cours de première année.

    Les fraudes ne sont par ailleurs rapportées que par un contingent relativement restreint de professeurs rattachés à quelques départements seulement. Se pourrait-il que les professeurs ne déclarent pas toutes les affaires de fraude? Le cas échéant, les universités vont devoir trouver un autre plan d'attaque. Nous devons mettre en place des mécanismes pour vérifier si des tricheurs parviennent bel et bien à passer entre les mailles du filet.

    Infractions évitables

    D'autres éléments donnent par ailleurs à penser que la majeure partie des cas de fraude n'est pas liée aux examens. Cela prouve que les universités se sont donné une culture d'examen solide que la majorité des étudiants prennent au sérieux.

    Mais alors, quelle forme la triche revêt-elle? Le plus souvent, la fraude correspond au plagiat et à l'exploitation du travail d'autrui sans mentionner la source. Le plagiat persiste malgré des mises en garde constantes — dans les plans de cours et les notes adressées aux nouveaux étudiants —, qui précisent en toutes lettres que l'appropriation du travail d'autrui ne sera pas tolérée.

    Même si les raisons invoquées par les étudiants accusés de plagiat sont variables, la plupart de ces infractions sont totalement évitables. Pour réduire sensiblement ce problème, les universités devraient proposer des formations en gestion du temps aux étudiants, définir clairement les règles bibliographiques à suivre pour mentionner la source des citations et fournir des instructions très précises sur ce qu'elles attendent des travaux des étudiants.

    Sanctions disciplinaires

    Quels que soient les efforts déployés pour promouvoir la probité intellectuelle et le nombre de recherches menées sur le sujet, la tricherie ne sera jamais complètement éradiquée. Il importe donc que les universités mettent en place des mesures efficaces pour recenser et corriger les cas de fraude.

    D'après nos données, les sanctions disciplinaires peuvent avoir un effet réhabilitateur. Lorsqu'ils se font prendre, les tricheurs présumés sont habituellement accusés et sanctionnés. Aussi étonnant que cela puisse paraître, peu d'étudiants contestent les accusations portées contre eux. Et si on leur donne une seconde chance, la plupart choisissent de poursuivre leurs études et peu récidivent.

    Il est essentiel que les universités rappellent systématiquement aux étudiants que tricher est contraire à l'éthique, répréhensible et préjudiciable pour l'ensemble de la société. Après tout, en insistant sur l'importance de la probité intellectuelle dans l'enseignement supérieur, nous contribuons à former les penseurs d'aujourd'hui... et les leaders de demain.

    ***

    Catherine Bolton - Doyenne associée au soutien pédagogique aux étudiants à l'Université Concordia

    Mebs Kanji et Soheyla Salari - Respectivement professeure agrégée et attachée de recherche au Département de science politique de l'Université de Concordia












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