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Commissions scolaires: la CSQ menace de partir en guerre contre Québec

La Presse canadienne   21 octobre 2011 15h35  Éducation
Pour le président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Réjean Parent, les politiciens sont «tous devenus fous» à vouloir «déconstruire» un système d’éducation certes perfectible, mais qui a fait ses preuves.
Photo : Annik MH De Carufel - Le Devoir
Pour le président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Réjean Parent, les politiciens sont «tous devenus fous» à vouloir «déconstruire» un système d’éducation certes perfectible, mais qui a fait ses preuves.
Québec — Les syndicats de l’enseignement menacent de partir en guerre contre le gouvernement si jamais il s’avise de sabrer dans le budget des commissions scolaires. Pour le président de la Centrale des syndicats du Québec, Réjean Parent, les politiciens sont «tous devenus fous» à vouloir «déconstruire» un système d’éducation certes perfectible mais qui a fait ses preuves.

Réunies à Montréal, les instances de la CSQ n’ont exclu aucun moyen aujourd'hui, y compris le recours à la grève, pour empêcher le gouvernement de couper de moitié les vivres aux 69 commissions scolaires déployées sur le territoire québécois.

«Les 300 délégués qui étaient là ce matin sont montés au plafond! Pour la centrale, c’est une déclaration de guerre. Je peux vous dire qu’il y a des gens dans la salle qui n’excluaient aucun moyen, aucun moyen, parce que là, ça suffit. Va falloir revenir au bon sens», a lancé M. Parent, en point de presse.

«On ne laissera pas les destructeurs poursuivre leur oeuvre sans qu’ils nous trouvent sur leur chemin», a-t-il poursuivi.

La ministre de l’Éducation, Line Beauchamp, a annoncé hier son intention d’amputer de près de 300 millions le budget administratif des commissions scolaires sur une période de trois ans. L’objectif visé par la ministre est d’accorder plus de pouvoirs et d’autonomie aux directions d’école.

Mais la CSQ prévient qu’elle ne laissera pas le gouvernement sabrer 300 millions dans le système d’éducation alors que le réseau, selon elle, manque cruellement de ressources.

De fait, l’argent économisé grâce à la réforme proposée par Mme Beauchamp ne serait pas redistribué en totalité aux écoles. Des fonds seraient cependant transférés aux établissements en échange d’une reddition de compte et en vertu de critères de réussite.

De l’avis de la CSQ, ce mécanisme ne fera qu’encourager «la tricherie» et le «gonflement des résultats» dans les établissements à la recherche d’un meilleur financement.

«Ça nous éloigne de la mission éducative, ça n’améliorera pas la situation des élèves. Au contraire, les élèves qui ont le plus de difficultés seront laissés pour compte», a prédit M. Parent.

Le chef syndical a aussi exprimé son ras-le-bol d’entendre les leaders d’opinion, qu’ils soient à l’Assemblée nationale ou dans les coulisses comme François Legault de la Coalition pour l’avenir du Québec (CAQ), prendre les commissions scolaires pour cible. «Ils sont tous devenus fous [...] ça n’a pas de sens ce qui est en train de se passer dans la politique québécoise, de vouloir déconstruire un système d’éducation qui somme toute a produit des effets importants pour la société», a-t-il pesté.

La CSQ pourra compter sur l’opposition péquiste dans sa lutte pour «sauver» les commissions scolaires.

Ces dernières jouent un rôle essentiel pour assurer une distribution équitable des ressources sur l’ensemble du territoire, a fait valoir le porte-parole de l’opposition officielle en matière d’éducation, Sylvain Gaudreault.

«La grande vertu des commissions scolaires, c’est l’équité sur le territoire. Je veux bien donner plus de pouvoirs aux écoles, mais il faut s’assurer d’une équité dans les ressources», a-t-il dit.

Le député de Jonquière soupçonne le gouvernement de vouloir «sans le dire» faire payer aux commissions scolaires le prix de sa lutte au déficit.

Si la ministre Beauchamp veut réellement alléger la bureaucratie trop lourde, elle n’a qu’à abolir les Directions régionales du ministère de l’Éducation, a soutenu M. Gaudreault.

«C’est là que se trouve la bureaucratie», a-t-il évoqué.

Quant à elle, la chef péquiste Pauline Marois a dit prendre la sortie de Mme Beauchamp «avec un grain de sel».

Alors que s’amorce le congrès du Parti libéral du Québec (PLQ), le gouvernement tente manifestement de retenir dans le giron du PLQ des militants intéressés par les idées de M. Legault, a analysé Mme Marois.

Au-delà des considérations partisanes, la leader péquiste a invité le gouvernement à réinvestir dans les services éducatifs avant de s’attaquer aux structures.

«Avant de vouloir revoir les structures, il y a nécessité de réinvestir davantage auprès des professionnels et des jeunes», a-t-elle soulevé.
 
 
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  • Roland Berger - Abonné
    21 octobre 2011 14 h 46
    Contre l'abolition...
    Le PlQ est officiellement contre l'abolition des commissions scolaires. La coupure annoncée est-elle un moyen détourné pour les faire disparaître ? Reste à voir si la Ministre prendra les moyens de restreindre la réduction de fonds à l'administration des commissions scolaires ? Pas facile à faire.
    Roland Berger
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  • Bernard Gervais - Abonné
    21 octobre 2011 15 h 29
    Entre dire et faire
    Pas de doute : Jean Charest cherche à imiter François Legault qui a lui-même probablement emprunté l'idée d'abolir les commissions scolaires à Mario Dumont.

    Cependant, pensez-vous que ces organismes vont se laisser faire, si on tente de réduire leurs subventions ou de les abolir ? Avec leurs alliés, ils feront tout pour s'y opposer.

    Quand j'entends M. Legault déclarer, comme il l'a fait lors de l'assemblée de sa CAQ hier à Québec, que, si la population le voulait, il réussirait à rouvrir les différentes conventions collectives du milieu de la santé ! Plus facile à dire qu'à faire !
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  • André Michaud - Inscrit
    21 octobre 2011 15 h 31
    Statu quo ?
    Les apôtres du statu quo n'ont pas grands résultats à nous offrir... eux qui prétendent que la bureaucratie actuelle est essentielle...!!

    Heureusement les citoyens semblent derrière M.Legault pour débureaucratiser l'éduction et la santé, et le parti Libéral l'a compris. Évidemment les bureaucrates patronaux et syndicaux feront tout pour aller contre cette volonté populaire et protéger leur job..

    Les citoyens devront eux-aussi se mobiliser pour appuyer M.Legault, sinon il aura la partie difficile devant les millions des syndicats et la machine syndicale... Souhaitons que la volonté populaire soit respectée par les employés qui peuvent avoir des avantages à la débureaucratisation, comme ce fut le cas en Europe du nord.
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  • Marie-Michelle Poisson - Inscrite
    21 octobre 2011 15 h 41
    Mais beaucoup d'argent pour des gadgets...
    Comment se fait-il que ce gourvernement a trouvé l'argent pour des gadgets comme ces tableaux électroniques interractifs qui sont sensés contrer le décrochage scolaire (sic) en rendant plus attrayants les apprentissages? Tableaux high-tech qui laissent perplexes la plupart des profs d'expérience qui savent très bien, qu'une fois tombés en panne il faudra bien revenir aux bonnes vieilles méthodes ( un tableau noir, une craie blanche et quelques feuilles et des crayons pour compléter les exercices...) qui ne coûtent à peu près rien.
    Il y a des choix bugétaires qui devraient être mis en perspective.
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  • François Ricard - Abonné
    21 octobre 2011 16 h 50
    Abolition quand tu nous tiens...
    je veux bien qu'on abolisse les commissions scolaires. Mais il ne faudrait pas oublier d'abolir les taxes scolaires aussi. Cela va de soi.
    N'est-ce pas là une autre ré-ingénierie de l'état qui nous a conduit au régime de collusion et de corruption dans le domaine de la construction?
    Pourquoi s'en prendre toujours aux structures plutôt qu'au fonctionnement? S'il y a des rats dans un édifice, ce n'est pas parce qu'il est carré, ou bien rond. ou bien en hauteur qu'il y a des rats. Et si je le jette par terre, les rats iront ailleurs.
    Des simplicités à la Dumont, à la Legault....
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  • Gilles Roy - Abonné
    21 octobre 2011 16 h 51
    Faire gaffe...
    @ Mme Poisson : Il y a des limites à user et à abuser de l'image de l'enseignant techno-plouk. Pas que je sois un défenseur tous azimuts des technologies de l'information et de la communication, c'est juste que vouloir en même temps reconnaître le professionnalisme de l'enseignant et le dépeindre comme seul porteur de vieilles méthodes, ça finit aussi par choquer. En simple : il y a des enseignantes à la fois techno et habiles, et je suis de ceux qui apprécient qu'on reconnaisse, appuie et valorise la qualité de leur contribution...
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  • Kima Dawson - Inscrit
    21 octobre 2011 17 h 16
    Démagogies et politicailleries (@M. Michaud)
    "La volonté populaire" Monsieur Michaud ? Qu'en savez-vous, de la "volonté populaire" ? Et depuis quand la "volonté populaire" implique-t-elle nécessairement ce qu'il y a de mieux pour la société ?
    "Les apôtres du statu quo n'ont pas grands résultats à nous offrir..." Ainsi, dès qu'un problème pointe, la solution est simple : démolir les infrastructures en place et en improviser d'autres. Répéter au besoin.

    C'est cette même pensée magique qui est à l'origine de notre dernière réforme scolaire absolument bâclée qui a sacrifié je ne sais combien de nos jeunes au nom du "on pourrait peut-être essayer ça pour voir ; on sait jamais...".
    Le problème du décrochage scolaire et des faibles résultats de nos enfants n'a pas une cause unique, n'en déplaise aux gestionnaires électoralistes à courte vue qui nous "gouvernent", et à leurs chantres dont clairement vous faites partie. C'est un problème de société, qui demande des réponses à l'échelle de la société : la valeur accordée à l'éducation, l'encadrement collectif de nos jeunes, les inégalités socioéconomiques, alouette...
    Mais commencer à se poser ces questions demandrait un travail de bien trop longue haleine, n'est-ce pas. C'est tellement plus facile de se désigner un bouc émissaire (i.e. les commissions scolaires) et des messies (i.e. François Legault).
    Et avec cette manie des simplifications ridicules et des solutions instantanées, on se demande pourquoi nos jeunes n'ont pas une éthique de travail leur permettant de bien réussir à l'école.
    Regardez-vous un peu avant de décocher des flèches faciles.
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  • André Michaud - Inscrit
    21 octobre 2011 18 h 03
    @ kima Dawson
    Vous avez tout à fait raison de dire que les problèmes en éducation ne sont pas seulement dû aux bureaucrates, et que l'implication des parents est centrale..il faut donner plus de pouvoir et d'autonomie aux profs avec évaluation du travail et des résultats selon les contraintes, diminuer le nombre d'élèves par classe...

    Mais reste que à mon avis, après avoir travaillé 35 ans au MELS, est qu'il se perd beaucoup d'argent et d'énergie dans la bureaucratie actuelle. Les "penseux" du ministère ont imposé des réformes farfelues avec les résultats que l'on connait. J'estime qu'il est triste que les bons profs ne soient pas plus appréciés que les médiocres, car les deux existent les profs n'étant pas plus parfait que les plombiers ou autres métiers ou profession..
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  • Marie-Michelle Poisson - Inscrite
    21 octobre 2011 18 h 13
    @ Gilles Roy
    Lisez bien; ce ne sont pas les profs qui tombent en panne mais les technologies... nuance importante. Ne me faites pas dire ce que je n'ai jamais dit. J'enseigne depuis 25 ans et je sais d'expérience que toute technologie utilisée en classe risque de nous trahir même si nous savons parfaitement nous en servir. Il faut toujours prévoir un plan B. Certains appareils peuvent être réparés facilement mais le problème avec les technologies complexes c'est que nous ne sommes pas tous des techniciens en informatique et que ce genre d'appareil nécessite un réel support technique. Faute de support technique adéquat, nous préférons souvent travailler avec les bonnes vieilles méthodes.
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  • Gilles Roy - Abonné
    21 octobre 2011 18 h 49
    @ Mme Poisson
    Votre réponse est habile et me sied tout à fait. J'ai peut-être mal lu la première fois. Mais puisque je me reprends cette fois ci...
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  • Bibiane Beauregard - Abonnée
    21 octobre 2011 19 h 54
    Où ira le personnel des C.S. une fois congédié?
    ...Je partage le fait qu'il soit préférable de ne pas compter d' une manière absolue sur les technologies en classe.

    Le personnel des C.S. est en partie constitué d'ex-enseignants-es. Quel sort leur sera alors réservé dans l'éventualité de l'abolition des C.S?
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  • Personne - Inscrit
    21 octobre 2011 20 h 38
    un grand ménage à faire...
    seulement pou la région du Grand-Montréal, combien y a-t-il de commissions scolaires??? C'est ridicule!
    Ça prend tout un ménage!
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  • Marie Mance Vallée - Inscrite
    21 octobre 2011 21 h 19
    Désintégration
    C'est la poursuite de la désintégration du Québec et des Québécois. N'est-ce pas pour cette raison que Charest a été envoyé en mission au Québec par le fédéral ?
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