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Histoire - Le soi-disant déclin de l'histoire nationale au Québec

Denyse Baillargeon - Professeure au Département d'histoire de l'Université de Montréal  14 octobre 2011  Éducation
Le projet politique souverainiste est tout à fait légitime. Qu’il cherche à embrigader l’histoire à son service ne serait pas une première, affirme l’historienne Denyse Baillargeon, qui demande aux souverainistes d’avoir l’honnêteté intellectuelle de le reconnaître.<br />
Photo : Agence Reuters Mathieu Bélanger
Le projet politique souverainiste est tout à fait légitime. Qu’il cherche à embrigader l’histoire à son service ne serait pas une première, affirme l’historienne Denyse Baillargeon, qui demande aux souverainistes d’avoir l’honnêteté intellectuelle de le reconnaître.
Dans son rapport intitulé «Enseignement et recherche universitaires au Québec: l'histoire nationale négligée», rédigé en collaboration avec Myriam D'Arcy, Éric Bédard déplore amèrement que l'histoire nationale ne soit plus enseignée et ne fasse plus l'objet de recherche dans les universités québécoises.

Ce constat alarmiste, auquel les médias et le Parti québécois ont fait écho, repose sur une étude en apparence tout à fait objective qui a consisté à répertorier les intitulés de cours et de projets de recherche menés par les professeurs dans les différents départements d'histoire des universités québécoises, de même que les sujets de thèses et de mémoires de leurs étudiants, et à classer le tout à l'intérieur de deux catégories étanches: ceux appartenant à l'histoire sociale (majoritaires) d'un côté, et ceux appartenant à l'histoire nationale (minoritaires) de l'autre. La méthode a pour avantage d'être simple et de démontrer ce qu'elle devait prouver: que l'histoire nationale est en déclin, que l'heure est gravissime et qu'un sérieux coup de barre s'impose.

Classification difficile

Est-ce vraiment aussi simple? En réalité, l'histoire sociale, l'histoire nationale et l'histoire politique se sont très nettement rapprochées au cours des dernières décennies, au point où il est maintenant devenu très difficile de classifier, avec la belle assurance dont fait preuve ce rapport, la recherche qui se fait et s'écrit uniquement à partir d'un titre. S'il est vrai que durant un temps, l'histoire sociale ne s'est guère préoccupée des questions politiques ou nationales, tout comme l'histoire politique et nationale avaient, avant elle, fait fi du social, on assiste présentement à une imbrication de ces différents champs de l'histoire qui, loin d'appauvrir les connaissances comme le sous-entend Bédard, vient au contraire les enrichir et permettre de mieux comprendre le passé.

Ainsi, selon le rapport, je fais partie de ces historiennes du social que la dimension politique et nationale n'intéresserait guère. Il est vrai que si on se base uniquement sur le titre de mon ouvrage sur l'histoire de la médicalisation de la maternité (Un Québec en mal d'enfants. La médicalisation de la maternité au Québec, 1910-1970, éditions du Remue-ménage, 2004) on peut facilement me classifier dans cette catégorie. Mais un titre ne dit pas tout. De fait, ce livre consacre au moins un chapitre à comparer le discours des médecins au sujet de la mortalité infantile et les discours nationalistes qui ont traversé une bonne partie du XXe siècle en mettant en évidence leur corrélation (chapitre 2: «Une mortalité infantile bien nationale»). Au moins deux autres chapitres (sur six) s'attardent aux multiples facettes de l'intervention de l'État et de groupes nationalistes et féministes (qui étaient souvent nationalistes) dans la mise en place d'infrastructures de santé publique pour endiguer ce qui était alors qualifié de «véritable fléau».

Trois chapitres sur six, donc, abordent la médicalisation de la maternité sous l'angle de la question nationale et de l'action des pouvoirs publics. Mais dans l'esprit d'Éric Bédard, je demeure une historienne des femmes, donc une spécialiste de l'histoire sociale qui, forcément, néglige le politique et le national.

La question nationale au coeur des enjeux

Il est vrai que je m'identifie comme une spécialiste de l'histoire des femmes, du genre, de la famille, de la santé, de l'enfance et depuis peu, de la consommation. Dans mon esprit, cependant, cela ne veut surtout pas dire que je néglige l'histoire nationale ou politique, bien au contraire, car j'estime que le nationalisme a très profondément imprégné tous les enjeux auxquels le Québec a dû faire face depuis la Conquête, y compris, par exemple, la mortalité infantile.

En fait, je considère que mes travaux, comme ceux d'un très grand nombre de mes collègues associés à l'histoire sociale et culturelle, contribuent à élargir le champ de l'histoire politique et nationale en les ouvrant à d'autres préoccupations. Loin de faire disparaître l'histoire nationale et politique, l'histoire sociale et culturelle qui se fait depuis plus d'une quinzaine d'années tend plutôt à montrer que la question nationale a été au coeur de nombreux débats sociaux, parfois sur des sujets les plus inattendus comme le choix d'un bon tabac.

Plutôt que de rapetisser l'histoire nationale et politique en les réduisant au rôle joué par certains membres de l'élite masculine lors de certains épisodes du passé (la Conquête, les Rébellions, la Confédération, etc.), ces recherches cherchent à comprendre comment ces événements ont eu des répercussions sur tout le tissu social, comment ils ont façonné non seulement le jeu politique, mais aussi la vie quotidienne, ce qui permet de prendre en compte l'ensemble de la population (du peuple, si on veut).

Honnêteté intellectuelle

Mais ce métissage ne plaît pas à tous, car lorsque les historiens du social intègrent l'histoire politique et nationale à leurs recherches, leur éclairage déstabilise très souvent un récit que l'on souhaiterait exempt de tensions ou de conflits (du moins, à l'intérieur même de la nation). Ou alors, ces recherches font apparaître des acteurs historiques (notamment les femmes, les immigrants, les autochtones, les exclus) ou des phénomènes (comme les taux catastrophiques de mortalité infantile qui sévissaient dans la population canadienne-française au début du XXe siècle) qui donnent moins de raisons de se réjouir et de poser le passé en exemple.

Car, à mon avis, c'est bien de cela qu'il s'agit: revaloriser l'histoire politique et nationale afin de redynamiser l'appui populaire à la cause souverainiste. De mon point de vue, ce n'est pas tant l'histoire du Québec «qui s'en va à vau-l'eau», comme le prétendait l'éditorial du Devoir le 6 octobre dernier, mais les nationalistes qui arrivent plus difficilement à convaincre et qui s'activent à trouver une solution à ce qu'ils voient comme un problème. Le projet politique souverainiste est tout à fait légitime. Qu'il cherche à embrigader l'histoire à son service ne serait pas une première. Qu'il ait au moins l'honnêteté intellectuelle de le reconnaître clairement me semble un minimum.

***

Denyse Baillargeon - Professeure au Département d'histoire de l'Université de Montréal
 
 
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  • Yves Capuano
    Inscrit
    vendredi 14 octobre 2011 02h00
    Vous comprenez mal le problème...

    Madame Baillargeon,

    Personne n'insinue que vos recherches sont inutiles sur le plan académique. Tous conviendront que que la diversité des approches de recherche ne peuvent être que positives dans la compréhension de l'histoire.

    Le problème, que vous semblez nier, c'est que les élèves de secondaire maîtrisent mal l'histoire de base. Quand on est québécois et que l'on ne sait pas qui est Maisonneuve ou Champlain , on est un imbécile heureux, quelle que soit la note que l'on a sur son bulletin. J'ai eu un professeur d'histoire qui a passé la moitié du seul cours d'histoire générale donné au secondaire sur l'histoire de la monnaie. C'est ce que l'on appelle mal faire son travail. Au lieu d'enseigner l'histoire de l'Égypte, de la Grèce antique et de l'empire romain, Monsieur parlait de l'histoire de la monnaie...en philosophie au cégep on a eu un prof qui parlait d'un livre de sémiologie de Roland Barthes. Vous voyez le genre, enfin si vous ne saisissez pas, laissez faire...

  • Marie Mance Vallée
    Inscrite
    vendredi 14 octobre 2011 07h13
    La perte de l'identité...
    Il ne s'agit pas de démoniser vos travaux, chère madame, ou encore de favoriser quelque parti politique que ce soit, mais bien de rappeler que l'Histoire nationale des Québécois et des Canadies français est essentielle au maintien de notre identité, de notre langue et de notre culture.

    Hélas ! depuis la révolution tranquille, le MÉQ s'est acharné lentement mais sûrement à dénationaliser nos enfants et qui sait sans doute pour en faire des consommateurs bien dociles et bien dévoués aux oligarques. Tout se tient. Nous sommes progressistes... au point d'avoir voulu faire une nation civique qui occulte toutes références historiques.

    Quand Champlain est devenu un pont, Maisonneuve une rue et qu'on demandera à nos enfants quelle est leur nationalité, ils répondront de la nationalité civique.

    Et j'en passe...

    Vivement l'enseignement systématique de notre Hisoire.

  • Michele
    Inscrit
    vendredi 14 octobre 2011 07h40
    Endoctrinement versus enseignement de l'histoire
    Qu'est-ce qu'on veut dire par histoire nationale? Est-ce, cette histoire qui sélectionne de manière arbitraire des dates et événements mettant en valeur une vision des choses et un groupe ethnique particulier? Ce type d'histoire qui se résume à apprendre des dates. jugées importantes autrefois, et lire des extraits de documents biaisés?

    C'est pas cela l'histoire.

    Pour enseigner l'histoire, la vraie, celle qui s'appuie sur une méthode rigoureuse et permettant à l'élève de réfléchir, il faut toutefois des spécialistes. Des gens formés pour le faire. Dans le moment, c'est pas toujours le cas. Pourquoi ne pas obliger les écoles secondaires à engager que des spécialistes et ce dans toutes les matières?

  • Charles Dubois
    Inscrit
    vendredi 14 octobre 2011 09h16
    Les multiculturalistes de la mouvance Bouchard-Taylor tiennent le haut du pavé
    Un professeur du Cégep Dawson, Frédéric Bastien , nous éclairait récemment sur la mainmise des multiculturalistes sur les subventions dans le milieu académique:

    «Ce n'est pas un hasard si aucun d'entre eux n'écrit de biographie politique, lesquelles sont désormais rédigées surtout par des journalistes. Même s'ils ont fait dans l'ensemble un bon travail, ces derniers n'ont pas de subvention de recherche, manquent souvent de temps pour mener à bien leur projet d'écriture et n'ont pas une formation de chercheur en histoire.

    Quand un historien décide tout de même de faire de la nation le sujet de son travail, il est pratiquement certain de ne pas obtenir de subvention. C'est ainsi qu'un historien de l'université Bishop's, l'un des deux seuls qui travaillent sur les rébellions de 1837-1838, a vu ses demandes de subvention systématiquement rejetées année après année pour la rédaction d'un livre sur le sujet.

    Pendant ce temps-là nos organismes subventionnaires donnent 128 000$ de fonds publics à un groupe de trois historiens de l'université de Sherbrooke et Montréal pour qu'ils étudient «la construction de la masculinité à travers l'observation des normes et déviances masculines dans les collèges classiques au Québec» entre 1800 et 1960.

    Malgré l'étroitesse de tels sujets, les tenants de l'histoire sociale se targuent d'écrire une histoire qui n'est pas celle des élites, souvent des hommes blancs, et affirment donner la parole aux ouvriers, aux minorités, aux femmes ou aux couches populaires.»



    http://www.cyberpresse.ca/place-publique/opinions/

  • Jacques Saint-Cyr
    Inscrit
    vendredi 14 octobre 2011 09h16
    Encradrement mental
    Il est certain que plusieurs voudraient qu'une histoire nationale téléologique soit enseignée, qui passerait par la Conquête, les Patriotes, Durham, l'Union, la Révolution tranquille puis... l'Indépendance inéluctable). L'histoire intégrée du Québec, telle que vous l'évoquez (sociale, politique, culturelle) est pourtant celle qui devrait nous être enseignée, en laissant notamment une place plus honnête au Canada anglais. Mais il s'agit bien dans ce cas d'une intégration vulgarisée pour les profanes comme moi, avec tous les raccourcis que cela implique. C'est le choix des sujets abordés qui devient alors important. À qui devrions-nous confier cette Histoire? On a évoqué une histoire nationale pan-canadienne qui imposerait une certaine objectivité des deux bords, par nécessité, mais aussi peut-être, beaucoup trop de silences. Aux souverainistes? Mais où serait alors la science?
    Nous avons au minimum besoin d'un Marcel Trudel, d'un Guy Frégault, d'un Mason Wade qui sauraient faire la synthèse des travaux énormes des dernières années. Où sont-ils? Je vous avoue que j'ai renouvelé ma vision de l'histoire nationale durant les deux dernières décennies à partir surtout d'auteurs nord-américains (je n'oublie pas toutefois Louise Dechesne avec ses Habitants de Montréal). Être obligé, pour me tenir à jour, de lire en anglais la plupart du temps, il faut quand même le faire!

  • Y. Morissette
    Inscrit
    vendredi 14 octobre 2011 10h41
    Notre histoire du Québec, c'est essentiel.
    Si, bien évidemment, il existe des liens entre le politique, le social et l'histoire tout court, l'enseignement de l'histoire nationale et politique du Québec doit rester une priorité. N'accusez pas gratuitement les souverainistes de servir leur cause nationale en prenant ouvertement position pour un enseignement plus important de notre histoire. Vous allez beaucoup trop vite Madame. Les choses sont plus complexes que cela. Le multiculturalisme a fait des dégâts terribles au Québec et il continue d'en faire encore. Et l'histoire du Québec, elle n'appartient pas d'abord aux professeurs d'histoire, qu'ils soient au secondaire, au cégep ou à l'université. L'Histoire d'un pays, elle appartient d'abord au peuple parce que c'est lui qui la fait. Les changements substantiels ou importants dans l'histoire, ce sont généralement les couches populaires qui les accomplissent mieux que les "élites" universitaires qui ont souvent des positions trop confortables pour se remettre en cause. Je dis oui à un pont Champlain, oui à un cégep Godin, oui à une maison de la culture Pauline Julien, oui à un boulevard René Lévesque, oui à un centre social Michel Chartrand, et ainsi de suite. Tous ces gens appartiennent à l'histoire du Québec parce qu'ils ont fait le Québec en se battant et en prenant des risques énormes. Je n'ai pas le complexe du ou de la spécialiste universitaire.

  • Claude Jean
    Inscrit
    vendredi 14 octobre 2011 10h52
    Citation sur l'histoire
    Il y a trois catégories d'hommes : a) ceux qui racontent leur histoire ; b) ceux qui ne la racontent pas ; c) ceux qui n'en ont pas.
    Max Aub
    Extrait de Contes certains

    Bonnes réflexions!

  • France Marcotte
    Abonnée
    vendredi 14 octobre 2011 11h30
    Lecture schizophrénique
    On peut aussi lire le texte de cette historienne en laissant un moment ses réflexes conditionnés au vestiaire.

    L'histoire nationale, politique et l'histoire sociale ne forment pas des cloisons étanches l'une par rapport à l'autre.

    Quelqu'un disait ici l'autre jour qu'il fallait que l'étude de l'histoire s'arrime nécessairement à celle de grands personnages.

    Mais, "plutôt que de rapetisser l'histoire nationale et politique en les réduisant au rôle joué par certains membres de l'élite masculine lors de certains épisodes du passé (la Conquête, les Rébellions, la Confédération, etc.), ces recherches (en histoire sociale et culturelle) cherchent à comprendre comment ces événements ont eu des répercussions sur tout le tissu social, comment ils ont façonné non seulement le jeu politique, mais aussi la vie quotidienne, ce qui permet de prendre en compte l'ensemble de la population", dit madame Baillargeon.
    "Mais ce métissage ne plaît pas à tous...", allez donc lire pourquoi.
    Autrement dit, on peut raconter l'histoire autrement que par le prisme des actions de certains héros en occultant d'autres aspects.

  • Y. Morissette
    Inscrit
    vendredi 14 octobre 2011 12h04
    A France Marcotte
    "Lecture schizophrénique" ???

    Qu'est-ce que cela veut dire exactement??? En voulant tout raconter ou dire, on ne raconte le plus souvent rien. Quant "aux réflexes conditionnés" dont vous parlez, n'en n'avez-vous pas vous-même? Il me semble difficile, voire même impossible de se soustraire totalement de tout conditionnement. Et les grands personnages du Québec ne "rapetissent" pas l'histoire puisqu'ils la font en agissant.

  • France Marcotte
    Abonnée
    vendredi 14 octobre 2011 13h04
    M.Morissette
    Je ne dis pas que je n'ai pas de conditionnement, je dis que je me suis efforcée, le temps de cette lecture, de laisser au vestiaire mes réflexes et cela m'a rendu cette lecture des plus intéressantes.
    Rien ne nous oblige à tout juger sur le champ.

    Lire avec attention ce qu'on nous communique, je commence à croire que c'est une attitude révolutionnaire.

  • peterm2652
    Abonné
    vendredi 14 octobre 2011 13h57
    Histoire au secondaire
    J'ai fait mon secondaire dans les années 90 dans une école secondaire publique constamment classée dans les dernières du palmarès des écoles scondaires du Québec. J'ai appris une histoire du Québec à la manière traditionnelle. C'est-à-dire par les dates et les événements importants. Aujourd'hui je suis à la maîtrise en histoire et je travaille avec l'une des chercheures de l'université de Sherbrooke dont Charles Dubois parle. Enseigner l'histoire à l'ancienne méthode ne forme pas nécessairement des souverainistes, sinon il y a longtemps que l'indépendance serait faite! Je crois qu'il faut y revenir car c'est la seule façon de donner aux gens en général une connaissance minime de leur histoire. Les plus curieux ont toujours le loisir de chercher plus loin par eux-mêmes, comme je l'ai fait. Oui c'est beau l'histoire sociale, culturelle, etc. et j'en parle en connaisance de cause car j'en fais au quotidien. Mais de penser que tous les jeunes du secondaires vont s'y intéresser est une illusion. Mieux vaut leur donner la base de leur histoire factuelle et laisser les plus curieux approfondir leurs connaissances.

  • Jihad Nasr
    Inscrit
    vendredi 14 octobre 2011 14h17
    Volonté de retourner à l'histoire récit ou diseuse
    On pensait que la question était réglée avec l'avènement de l'histoire problème qui a ouvert la voie à des recherches et à des débats inédits. Il semble que le projet de M. Éric Bédard et co. est de retourner les gens à l'histoire diseuse qui s'apparente plutôt à une liste d'épiceries.

    S'il y a des personnes qui jugent que l'école ne consacre pas assez de temps à 'l'histoire nationale', pourquoi elles ne passent pas un peu plus de temps avec leurs enfants en compagnie d'un livre d'histoire de leur choix. Ou bien elles n'ont pas le temps de le faire puisque des émissions comme Occupation double, Star Académie et Tout le monde en parle, grugent leur précieux agenda?!

  • Michel Simard
    Abonné
    vendredi 14 octobre 2011 15h00
    Il ne faudrait surtout pas que l'on se prenne pour une nation...
    Le dépendantiste Saint-Cyr exprime bien en quoi son idéologie dénie la nation québécoise. Il est incapable de concevoir que : 1. Le Québec est une nation. 2. Cette nation existe par elle-même. 3. Cette nation est libre de ses choix.

    Cette nation EST, elle existe sans plus d'obligation de référence à la construction politique du Dominion du Canada, qu'à d'autres entités que sont les États-Unis d'Amérique, ou une ancienne mère-partie qui s'appelle la France, ou à l'Occident. Le Dominion du Canada n'est qu'une construction politique duquel la nation québécoise ne s'est pas détachée, non en raison de son attachement, mais plutôt par force d'inertie, ou par manque de courage.

    Ce que J. Saint-Cyr tente de nous dire, c'est que les dpendandistes voudraient un enseignement d'une histoire de la nation britanno-canadiane en remplacement de l'histoire nationale québécoise. Note pour les dépendantistes francophones hors Québec : vous faites partie de la nation québécoise, que vous l'acceptiez ou non (dans le même ordre d'idées, je trouve toujours dommage que TVA ne semble pas s'être aperçu qu'il y avait trois fois plus d'Ontarois que de gens au Saguenay-Lac-Saint-Jean).

  • Léonce Naud
    Inscrit
    vendredi 14 octobre 2011 15h42
    L'Histoire est toujours politique
    Dire : "Je fais de l'Histoire et non de la politique", c'est déjà faire de la politique. Comme l'a remarqué Frédéric Régent : « Les enjeux de mémoire sont des enjeux de pouvoir politique.» Et cela, on le réalise bien davantage à Ottawa qu'à Québec...

  • Roland Berger
    Abonné
    vendredi 14 octobre 2011 18h27
    Tout le menu !
    il faut offrir aux élèves du Québec un enseignement de l'histoire qui décrit les tenant et aboutissants de l'école de Québec (la Conquête a sauvé les descendants de colons français, les Canayens), et l'école de Montréal (la Conquête a marqué le début de la disparition d'une société nouvelle à la fois française et américaine). Il reste aux fabricants de programmes d'histoire de mettre leur parti pris de côté.
    Roland Berger

  • Jean-Renaud Dubois
    Abonné
    vendredi 14 octobre 2011 22h06
    Pourtant toutes les statistiques le démontrent : Notre Histoire va nu-pied

    ..... «....Qu’il cherche à embrigader l’histoire à son service ne serait pas une première, affirme l’historienne..... qui demande aux souverainistes..... d’avoir l’honnêteté intellectuelle de le reconnaître. »

    Ouah ! Comme coup d'essai - dirait l'autre - c'est un coup de maître ! L'art de se tirer dans les pieds dirais-je plutôt.

    Quand c'est rendu qu'on politise un débat -- un quart du texte consacré à faire des procès d'intentions -- au lieu de s'en tenir au sujet (l'histoire), c'est que sûrement on se sent visé.

    Vraiment je m'attendait à un texte de haut niveau : pour le moins, désolant !

    Pourriez-vous Mme Denyse Baillargeon avoir l’honnêteté intellectuelle de le reconnaître ?

    Un vieil abonné du Devoir,

    Jean-Renaud Dubois
    Sainte Adèle

  • André Bigras
    Abonné
    mardi 18 octobre 2011 23h23
    Comprendre le rôle de l'enseignement de l'histoire nationale du Québec.
    Voir la site
    http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2011/08/27
    où on écrit que l'étude des histoires nationales facilitent l'intégration. Encore faut-il qu'il s'agisse d'histoire nationale et non pas de ses parties.

    Faut pas confondre l'étude universitaire de l'Histoire avec son enseignement aux niveaux d'éducation antérieurs. Ils n'ont pas le même rôle.

    Je cite ailleurs :
    " la disparition programmée de l'enseignement de l'Histoire... achève de déculturer l'élève. L'oubli, pour ne pas dire le rejet, de l'histoire nationale contribue à ce que le sociologue P.A. TAGUIEFF a appelé « la disparition de l'avenir ». Est-il nécessaire d'ajouter qu'un enseignement de l'histoire biaisé, falsifié, baignant dans le relativisme et où la culture des aïeux est systématiquement dévalorisée au profit de civilisations parfois hostiles à celle-ci, aboutit au même résultat ?

    Ne pouvant tirer des leçons d'un passé qui lui a été occulté, seul, isolé dans un monde où rien de stable de demeure, où peu à peu, tout devient virtuel, l'individu risque de devenir le jouet de la désinformation et de la manipulation."

    Cette citation s'applique tout à fait au Québec : http://afs.e-catho.com/ecoles/methodes-d-enseignem

  • Godefroy Desrosier-Lauzon
    Inscrit
    jeudi 20 octobre 2011 10h59
    merci
    merci Denyse de défendre l'utilité de ce qui fait aussi partie de "notre" passé.

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