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Libre opinion - Je persiste et signe !

Éric Bédard - Historien et professeur à la TELUQ  12 octobre 2011  Éducation
Selon le professeur Donald Fyson, dont le commentaire fut publié en cette tribune la semaine dernière, notre étude «L'histoire nationale négligée», commandée par la Fondation Lionel-Groulx, rendue publique le 3 octobre dernier, ne serait pas «un reflet objectif de l'état de l'histoire nationale dans nos universités québécoises». Ne s'appuyant que sur son propre cas, mon collègue s'empresse de qualifier la vision qui traverse cette étude de «polémiste».

Or, je persiste et signe! Nous ne prétendons pas que l'histoire nationale du Québec est disparue, mais qu'elle est bel et bien «négligée» par les professeurs, malgré l'intérêt persistant des étudiants. Je sais bien que mon estimé collègue a produit des articles sur des aspects politiques de la Conquête, mais je continue de croire que, dans l'ensemble, «les historiens universitaires intéressés par la question politico-nationale au point d'y consacrer des monographies ou des articles sont davantage l'exception que la règle».

Les lecteurs du Devoir qui en doutent pourront consulter, à la page 23, la liste des chaires du Canada octroyées à des historiens du Québec. Ils pourront aussi consulter les pages 25 et 26 de notre étude qui dresse la liste des thèmes de recherche sur lesquels travaillent actuellement les professeurs d'histoire d'un grand département montréalais. Ils trouveront là des données bien «objectives»!

Mais si l'histoire nationale du Québec se porte bien, peut-il m'expliquer pourquoi il faut lire David Hackett Fischer ou Jonathan R. Dull, deux professeurs américains, pour obtenir les synthèses académiques les plus à jour sur Champlain ou la guerre de Sept Ans? Peut-il m'expliquer pourquoi il faut aller à McGill ou à Bishop pour trouver des spécialistes reconnus des rébellions de 1837-1838?

Si l'histoire nationale du Québec se porte si bien, peut-il m'expliquer aussi pourquoi on ne trouve, dans nos départements d'histoire francophones, aucun spécialiste de l'histoire constitutionnelle qui aurait publié des ouvrages significatifs sur la Confédération de 1867 ou le rapatriement constitutionnel de 1982? Pourquoi, non plus, ne trouvons-nous aucun spécialiste reconnu de l'histoire militaire ou diplomatique du Québec ou du Canada dans nos départements?

Peut-il enfin m'expliquer pourquoi, même si je sais le genre regardé de haut par mes collègues, les dernières grandes biographies de Louis-Joseph Papineau, d'Honoré Mercier ou d'Henri Bourassa ont été écrites par Robert Rumilly? Pourquoi les Jean Lesage, René Lévesque ou Pierre Elliott Trudeau n'ont-ils intéressé sérieusement aucun historien québécois?

Pour expliquer cette négligence de l'histoire nationale, nous avons proposé un cadre d'analyse que rejette mon collègue. Fort bien! Mais les données de base restent les mêmes. Il est vrai que l'histoire nationale pour laquelle nous plaidons est probablement plus traditionnelle que l'histoire culturelle dernier cri à laquelle, faut-il le préciser, mes collègues ont parfaitement le droit de se consacrer. Cela dit, cette histoire politico-nationale devrait aussi avoir sa place à l'université.

Comme nous ne voyons pas le jour où cette histoire aura une vraie place dans nos départements et que nous sommes attachés au principe d'autonomie universitaire, nous avons de bonne foi proposé de contourner le problème en créant une 5e section à l'Institut national de recherche scientifique qui serait spécifiquement consacrée à l'histoire politique du phénomène national au Québec.

Cette proposition, nous nous en réjouissons, a été reprise la semaine dernière par le Parti québécois et Québec solidaire. S'il y a d'autres moyens constructifs de remédier à cette négligence de notre histoire nationale, nous restons bien sûr ouverts.

Éric Bédard -  Historien et professeur à la TELUQ
 
 
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  • Jacques Saint-Cyr - Inscrit
    12 octobre 2011 08 h 08
    La liste continue...
    Pour une histoire récente et éclairant ces Acadiens, je citerais "A great and noble scheme" de John Mack Faragher. Ne cherchez pas du côté francophone, il n'y a pratiquement rien. Pour bien comprendre nos origines de nos jours, il faut lire l'anglais, vous avez parfaitement raision!
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  • Laurent Desbois - Inscrit
    12 octobre 2011 08 h 13
    Ce médecin explique l’hostilité de Trudeau contre la nation Québécoise!
    "Le vrai visage de Pierre Elliot Trudeau"

    http://lesintouchables.com/auteur-250-Simard-Franc

    Voir l'essai à la fois psychanalytique, anthropologique et politique au sujet de ce dernier: "Le vrai visage de Pierre Elliot Trudeau" par François-Xavier Simard, éd. Les Intouchables, 2006. ISBN : 2-89549-217-4.

    Ce médecin conclu que l’hostilité de Trudeau contre la nation Québécoise s'expliquerait par son conflit œdipien et des identifications familiales.
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  • Sylvain Deschênes - Abonné
    12 octobre 2011 08 h 51
    Pacotille politicienne
    Une histoire nationale de pacotille excluant tous les pans de connaissances qu'on a sur notre peuple, ce serait formidable! Avec Éric Bédard nommé pour ses contacts politiques Grand Commissaire de l'histoire nationale et des commémorations sans fins. Un cousin du ministre du patrimoine canadien.
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  • Erwan Basque - Inscrit
    12 octobre 2011 09 h 08
    Le passé est toujours garant de l'avenir.
    Bonjour,
    Bien sûr qu'il semble lointain le temps béni où, dans ce Québec jadis replié sur lui même, les enseignants en Histoire se voulaient d'abord et avant tout des prosélytes de la Cause Nationale en montrant une histoire de Canadiens Français fortement ostracisés par la dominance Anglo Saxonne. Ce temps est désormais révolu. Place à l'Histoire dont la contemporaine nous offre un regard lucide sur le passé qui fut traité à l'aulne du misérabilisme total pour les francophones, en ne montrant qu'un seul côté de la médaille.

    En conclusion, face à ces démonstrations de prosélytisme du nationalisme québécois, le Canada riposta en créant des Chaires de Recherches afin de montrer aux québécois l'Envers de la médaille. Et à l'Université Laval, Monsieur Jocelyn Letourneau fait un travail magistral tout en douceur et modération. Merci infiniment, Erwan Basque.
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  • Michel Richard - Inscrit
    12 octobre 2011 10 h 01
    McGill et Bishop
    sont au Québec, à ce que je sache.

    Je ne comprend donc pas cette partie de votre argument.
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  • Rodrigue Guimont - Abonné
    12 octobre 2011 10 h 17
    @ Erwan Basque
    Mauvais exemple. M. Jocelyn Létourneau, spécialiste des déconstructions identitaires, est un bien mauvais exemple pour parler de l’histoire du Québec. Ce lauréat du Prix de 225 000 $ de la Fondation Trudeau pour l'année 2006, écrivait dans le Devoir du 6 nov. 2007: «D’ailleurs, qui pourrait prétendre déterminer ce qu’est la culture ou l’identité québécoise» ???
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  • Michel Simard - Abonné
    12 octobre 2011 12 h 27
    Le révisionnisme des dépendantistes
    Qu'il faille préciser à des Michel Richard que McGill et Bishop sont de culture britanico-canadiane, et non de la nation québécoise au sens francophone du terme, montre bien combien certains francophones sont devenus ce que Durham attendaient d'eux : ne plus savoir qui ils sont et confondre leur intérêt avec celui de leur conquérant.

    Les litanies sans cesse répétées de johnbull-Erwan Basque sur la nécessité de ne pas se rappeler que nous sommes une nation québécoise, histoire de mieux s'assimilier dans le grand ensemble Britannico-Canada. Je lui propose d'éliminer l'histoire du Canada et de participer à l'annexion du Britanico-Canada aux États-Unis d'Amérique.

    Alors le fait demeure, les universitaires québécois (francophones) ne s'intéressent pas à l'histoire nationale. Ça doit être pour suivre la mode de prétendre être des "citoyens du monde". Le dernier lecteur que j'ai lu se réclamer de cette citoyenneté (pour justifier son apathie comme francophone) n'avait que des références anglo-saxonnes. Quand le monde se limite à Las Vegas, pas sûr que c'est mieux que Charlemagne.
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  • Réal Ouellet - Abonné
    12 octobre 2011 13 h 01
    @Michel Richard
    McGill est un université au Québec! Quant à savoir si elle est québécoise, j'aimerais qu'on m'en fasse la preuve. Les dernières démêlées avec le ministère de l'éducation concernant les frais de scolarité du programme en administration montrent bien le peu de souci de McGill de respecter nos institutions.
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  • Georges Paquet - Abonné
    12 octobre 2011 14 h 33
    Écoutex ces beaux discours... et vous serez rassurés.
    Les Québécois anglophones et les universités anglophones ou bilingues (McGill a un bon nombre de cours en français) ne font pas parti de la nation québécoise. Vous voyez déjà la belle situation socio- politico-juridique des séparatistes discutant de l'avenir des institutions anglophones historiques dans un Québec souverain...???
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