Fédération des établissements d'enseignement privés - Le secteur privé s'occupe également des élèves en difficulté
«Penser l'école de demain est un enjeu majeur qui nous attend»
Accompagner les élèves aux prises avec des difficultés d'apprentissage et porter un regard sur l'école de demain sont parmi les thèmes qu'a abordés le président de la Fédération des établissements d'enseignement privés, Jean-Marc Saint-Jacques. Rencontre.
«Nous prenons très au sérieux la question des élèves handicapés et en difficulté d'adaptation ou d'apprentissage. On a posé des gestes qui nous conduisent à répondre à leurs besoins. Or nous sommes bien conscients qu'à peu près 5 % des élèves fréquentant les écoles de la Fédération des établissements d'enseignement privés (FEEP) sont des élèves à risque. Alors, étant donné que 12 % des élèves au Québec fréquentent nos écoles, on aimerait que le pourcentage d'élèves à risque atteigne ce même taux», indique Jean-Marc Saint-Jacques, également directeur général du collège Bourget à Rigaud.
Pour ce faire, précise-t-il, la FEEP travaille de concert avec le ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) afin d'encourager l'accueil d'un plus grand nombre d'élèves handicapés et en difficulté d'adaptation ou d'apprentissage (ÉHDAA) dans les établissements d'enseignement privés réguliers. Le MELS a constitué un comité de travail dont le mandat est de formuler des recommandations concernant l'admission et la rétention d'un plus grand nombre d'élèves handicapés ou en difficulté dans ces écoles.
Rapport attendu
De façon plus spécifique, le comité a pour objectifs de dresser le portrait de la situation actuelle, de recenser les points forts et les obstacles du réseau privé régulier à l'accueil d'un plus grand nombre de jeunes déclarés ÉHDAA et d'établir des pistes de solutions. Le rapport est attendu à la fin de l'année, note M. Saint-Jacques. «On souhaite en faire davantage. Mais on demande par contre à Québec de nous fournir des outils, des moyens et de nous donner du temps afin d'intégrer et d'ajuster nos services en conséquence. Parce qu'il faut toujours se rappeler que, dans le réseau privé, les services hors classe, comme les services d'un orthopédagogue ou d'un psycho-éducateur, ne sont pas financés par le gouvernement, [ils sont financés par les parents]. Notre capacité d'accueil a donc des limites.»
À titre d'exemple, poursuit-il, «ici, au collège Bourget, on consacre plus de 500 000 dollars en salaires destinés aux services d'aide, afin d'assurer le suivi des élèves qui pourraient être d'éventuels décrocheurs ou qui sont aux prises avec des difficultés d'apprentissage. Ce qui, avec un minimum d'encadrement et des mesures d'appui, fera en sorte qu'ils traverseront leurs études avec un diplôme à la clé. Je noterais aussi le cas, par exemple, d'une école à Saint-Tite-des-Caps dont 50 % des élèves ont déjà doublé. Il y a aussi une école privée qui a ouvert récemment à Boisbriand et dont l'objectif est d'accueillir des élèves à risque, mais qui n'a reçu aucune subvention parce qu'il n'y a pas de nouveaux agréments versés par le ministère de l'Éducation actuellement. Tout ce dossier est un gros dossier au sein de la FEEP et je n'ai pas à vous dire que c'est un défi majeur. On est bien prêt à faire notre part, mais ça va prendre de l'aide.»
Soulignons par ailleurs qu'une douzaine de membres de la FEEP se consacrent exclusivement à ce type de clientèle. Ces écoles se retrouvent dans les régions de Montréal et de Québec. Elles accueillent près de 3000 enfants.
Tout est une question d'image
On le sait, le réseau scolaire privé est aux prises depuis toujours avec une image qui renvoie à l'argent et à l'élitisme. Autant d'idées reçues qu'il faut briser, insiste M. Saint-Jacques. «Vous savez, le mot "privé'' sonne pour plusieurs comme "entreprise privée à but lucratif dont les actionnaires font de généreux profits à la fin de l'année". On en est loin. En fait, plus de 95 % de nos membres sont des organismes à but non lucratif (OBNL). Je vous assure que, si pouvait trouver un autre mot que "privé", on le ferait. Les bénéfices de ces OBNL sont réinvestis dans les établissements respectifs. On souhaite de plus que soit reconnu le fait que le réseau privé a été un atout important dans le monde de l'éducation depuis la fondation de la colonie française.»
On notera que l'école des ursulines de Québec a été fondée en 1639, que le Petit Séminaire de Québec a été fondé en 1668 et que le collège Marie-de-l'Incarnation à Trois-Rivières a été établi en 1697.
École de demain
À quoi ressemblera l'école de demain? C'est la question existentielle que lance sur la place publique la FEEP. Une réflexion sur l'école de demain s'impose désormais, laquelle serait une suite logique à la Commission royale d'enquête sur l'enseignement dans la province de Québec (commission Parent) de 1961 et aux états généraux sur l'éducation (1996), d'après
M. Saint-Jacques, qui précise que la réflexion est ouverte au sens large du terme.
En d'autres mots, les questions qui se posent sont les suivantes: comment concilier les nouvelles technologies avec l'enseignement en classe? Comment intégrer la donne des réseaux sociaux au sein du modus operandi d'une classe? Comment prendre en compte l'infinie banque de données accessibles à tous et en tout temps dans Internet? «Penser l'école de demain est un enjeu majeur qui nous attend. On pourrait aussi se demander si on donnera de l'enseignement à distance pour les écoles éloignées? Si le principe des bureaux alignés sera toujours pertinent demain?» Le débat est lancé...
***
Collaborateur du Devoir
«Nous prenons très au sérieux la question des élèves handicapés et en difficulté d'adaptation ou d'apprentissage. On a posé des gestes qui nous conduisent à répondre à leurs besoins. Or nous sommes bien conscients qu'à peu près 5 % des élèves fréquentant les écoles de la Fédération des établissements d'enseignement privés (FEEP) sont des élèves à risque. Alors, étant donné que 12 % des élèves au Québec fréquentent nos écoles, on aimerait que le pourcentage d'élèves à risque atteigne ce même taux», indique Jean-Marc Saint-Jacques, également directeur général du collège Bourget à Rigaud.
Pour ce faire, précise-t-il, la FEEP travaille de concert avec le ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) afin d'encourager l'accueil d'un plus grand nombre d'élèves handicapés et en difficulté d'adaptation ou d'apprentissage (ÉHDAA) dans les établissements d'enseignement privés réguliers. Le MELS a constitué un comité de travail dont le mandat est de formuler des recommandations concernant l'admission et la rétention d'un plus grand nombre d'élèves handicapés ou en difficulté dans ces écoles.
Rapport attendu
De façon plus spécifique, le comité a pour objectifs de dresser le portrait de la situation actuelle, de recenser les points forts et les obstacles du réseau privé régulier à l'accueil d'un plus grand nombre de jeunes déclarés ÉHDAA et d'établir des pistes de solutions. Le rapport est attendu à la fin de l'année, note M. Saint-Jacques. «On souhaite en faire davantage. Mais on demande par contre à Québec de nous fournir des outils, des moyens et de nous donner du temps afin d'intégrer et d'ajuster nos services en conséquence. Parce qu'il faut toujours se rappeler que, dans le réseau privé, les services hors classe, comme les services d'un orthopédagogue ou d'un psycho-éducateur, ne sont pas financés par le gouvernement, [ils sont financés par les parents]. Notre capacité d'accueil a donc des limites.»
À titre d'exemple, poursuit-il, «ici, au collège Bourget, on consacre plus de 500 000 dollars en salaires destinés aux services d'aide, afin d'assurer le suivi des élèves qui pourraient être d'éventuels décrocheurs ou qui sont aux prises avec des difficultés d'apprentissage. Ce qui, avec un minimum d'encadrement et des mesures d'appui, fera en sorte qu'ils traverseront leurs études avec un diplôme à la clé. Je noterais aussi le cas, par exemple, d'une école à Saint-Tite-des-Caps dont 50 % des élèves ont déjà doublé. Il y a aussi une école privée qui a ouvert récemment à Boisbriand et dont l'objectif est d'accueillir des élèves à risque, mais qui n'a reçu aucune subvention parce qu'il n'y a pas de nouveaux agréments versés par le ministère de l'Éducation actuellement. Tout ce dossier est un gros dossier au sein de la FEEP et je n'ai pas à vous dire que c'est un défi majeur. On est bien prêt à faire notre part, mais ça va prendre de l'aide.»
Soulignons par ailleurs qu'une douzaine de membres de la FEEP se consacrent exclusivement à ce type de clientèle. Ces écoles se retrouvent dans les régions de Montréal et de Québec. Elles accueillent près de 3000 enfants.
Tout est une question d'image
On le sait, le réseau scolaire privé est aux prises depuis toujours avec une image qui renvoie à l'argent et à l'élitisme. Autant d'idées reçues qu'il faut briser, insiste M. Saint-Jacques. «Vous savez, le mot "privé'' sonne pour plusieurs comme "entreprise privée à but lucratif dont les actionnaires font de généreux profits à la fin de l'année". On en est loin. En fait, plus de 95 % de nos membres sont des organismes à but non lucratif (OBNL). Je vous assure que, si pouvait trouver un autre mot que "privé", on le ferait. Les bénéfices de ces OBNL sont réinvestis dans les établissements respectifs. On souhaite de plus que soit reconnu le fait que le réseau privé a été un atout important dans le monde de l'éducation depuis la fondation de la colonie française.»
On notera que l'école des ursulines de Québec a été fondée en 1639, que le Petit Séminaire de Québec a été fondé en 1668 et que le collège Marie-de-l'Incarnation à Trois-Rivières a été établi en 1697.
École de demain
À quoi ressemblera l'école de demain? C'est la question existentielle que lance sur la place publique la FEEP. Une réflexion sur l'école de demain s'impose désormais, laquelle serait une suite logique à la Commission royale d'enquête sur l'enseignement dans la province de Québec (commission Parent) de 1961 et aux états généraux sur l'éducation (1996), d'après
M. Saint-Jacques, qui précise que la réflexion est ouverte au sens large du terme.
En d'autres mots, les questions qui se posent sont les suivantes: comment concilier les nouvelles technologies avec l'enseignement en classe? Comment intégrer la donne des réseaux sociaux au sein du modus operandi d'une classe? Comment prendre en compte l'infinie banque de données accessibles à tous et en tout temps dans Internet? «Penser l'école de demain est un enjeu majeur qui nous attend. On pourrait aussi se demander si on donnera de l'enseignement à distance pour les écoles éloignées? Si le principe des bureaux alignés sera toujours pertinent demain?» Le débat est lancé...
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Collaborateur du Devoir








