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Line Beauchamp au Devoir - Intégration scolaire: Québec compte sur la souplesse des enseignants

Lisa-Marie Gervais   31 août 2011  Éducation
La ministre Line Beauchamp était de passage à l’école secondaire Henri-Bourassa lundi, jour de rentrée scolaire.<br />
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
La ministre Line Beauchamp était de passage à l’école secondaire Henri-Bourassa lundi, jour de rentrée scolaire.
Les enseignants devront faire preuve de souplesse et de flexibilité par rapport aux nouvelles directives concernant les enfants handicapés ou en difficulté d'adaptation ou d'apprentissage (EHDAA), croit la ministre de l'Éducation Line Beauchamp. «Ces notions de flexibilité, tout le monde les reconnaît, y compris les syndicats, car c'est dans les ententes», a rappelé la ministre, en entrevue avec Le Devoir en cette rentrée scolaire.

Les ententes signées avec les deux gros syndicats d'enseignants suggéraient de nouveaux aménagements pour créer notamment des classes répit, où iraient parfois certains élèves en difficulté, aménagements qui posent des problèmes d'espace pour les écoles, soulignait la semaine dernière la présidente de la Fédération québécoise des directions d'établissements (FQDE), Chantal Longpré. La solution serait de verser une prime aux enseignants qui acceptent une entorse aux règles.

Selon Mme Beauchamp, la question du manque d'espace n'est pas un problème majeur et commande de l'organisation. «J'ai rencontré les représentants syndicaux et ceux des commissions scolaires et on ne m'a jamais soulevé la question des locaux comme étant un obstacle majeur. Je pense que c'est une organisation assez souple de la vie à l'école, c'est ce qui est souhaité, a-t-elle soutenu. Et les primes, c'est une histoire que j'ai déjà entendue. Historiquement, dans certaines commissions scolaires, on demande à des enseignants d'accepter d'avoir un enfant ou deux de plus et il y a une question de dédommagements.»

La véritable cause des besoins d'espace d'une école, dit-elle, est la baisse des ratios enchâssée dans les plans de réussite scolaire et le baby-boom. C'est d'ailleurs ce qui lui fait pronostiquer qu'encore plus de place sera nécessaire au-delà de la rentrée 2012. Cette fois, au lieu d'investissements — la ministre avait annoncé en mars dernier 300 millions pour construire de nouvelles écoles ou des installations provisoires —, des solutions moins coûteuses seront privilégiées. «Les commissions scolaires ont des bâtiments excédentaires qui ont une autre vocation que de servir de salles de classe, et on va voir si c'est possible de rapatrier ces bâtiments-là», a-t-elle expliqué. La ministre va également «obliger» les discussions entre les commissions scolaires francophones et anglophones pour évaluer les possibilités de faire cohabiter sous un même toit des écoles des deux langues.

Mêmes plans de réussite


Quant au vaste dossier de la persévérance scolaire, Mme Beauchamp a confirmé qu'elle poursuivait l'application du plan de sa prédécesseure, Michelle Courchesne, «L'École, j'y tiens», qui fait de la réussite scolaire l'affaire de tous, devenue un véritable credo.

Idem pour «Agir autrement», la stratégie gouvernementale visant à contrer le décrochage scolaire, qui sera reconduite même si, huit ans et 300 millions plus tard, elle n'a pas donné les résultats escomptés et qu'elle a été jugée inefficace dans son ensemble dans un rapport dirigé par Michel Janosz, le directeur du Groupe de recherche sur les environnements scolaires (GRES) de l'Université de Montréal.

Certes, certains progrès avaient été enregistrés sur le plan de la socialisation et du climat dans les écoles, mais pas concernant le décrochage. «L'École, j'y tiens a permis entre autres des expérimentations et c'est normal. Il faut, comme société, permettre l'expérimentation et ça peut parfois dire succès et erreurs, a confié Mme Beauchamp. Mais là où les objectifs étaient atteints, ça valait la peine de dire: "on va continuer ce type d'expérimentation dans les écoles du Québec".»

Inflexible sur les droits

La ministre demeure inflexible au sujet des droits de scolarité: ils seront haussés. «Non seulement ma décision est prise, mais je pense qu'elle est comprise de la part d'un bon nombre de mes concitoyens», a-t-elle dit. «Je suis très à l'aise et même fière du plan déposé. C'est un plan qui dit que ce sont les payeurs d'impôt qui font le plus gros effort, qui dit qu'on bonifie les prêts et bourses [...] et qui interpelle le secteur privé pour qu'il contribue davantage», a rappelé la ministre. La part du privé correspond à 18 % du plan budgétaire de 850 millions, soit environ 150 millions.

Line Beauchamp fait d'ailleurs remarquer que les obligations des universités figurent également dans le dernier budget. «On précise les secteurs où les universités vont devoir mettre de l'argent», a-t-elle indiqué, se voulant rassurante. «Ça peut être par exemple les services à l'élève, l'embauche de profs, soutenir la recherche, l'information, la bibliothèque. C'est du tangible. Il ne s'agit pas de donner cet argent aux universités pour qu'elles en fassent ce qu'elles veulent.»

Enfin, elle demeure tout aussi inflexible concernant les cégeps, qui plaidaient la semaine dernière pour plus de stabilité financière au lieu d'une série de coupes et de réinvestissements en alternance du gouvernement. Les établissements collégiaux voulaient, comme c'est le cas pour les universités, un plan quinquennal garantissant les montants dont les directions disposeraient pour gérer leurs établissements. «Je comprends ce plaidoyer de stabilité, mais bien honnêtement, il arrive que dans l'histoire d'une société il y ait quelque chose qui s'appelle une crise économique et financière et qu'on soit obligés de faire des ajustements», a-t-elle souligné, en défendant le choix du gouvernement de retourner à l'équilibre budgétaire. «Mais on n'a jamais coupé dans les budgets des commissions scolaires et des cégeps. Ce sont toujours des budgets qui sont allés en augmentant», a-t-elle conclu.
 
 
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  • Marcel Bernier - Inscrit
    31 août 2011 02 h 52
    Très décevant...
    Bel exemple de propagande partisane au détriment de la vérité, et pourtant, madame Beauchamp est équipée pour poser un regard réaliste, de sa formation de psychologue, sur les aliénations qui taraudent notre système éducatif.
    En ce qui concerne le décrochage scolaire, nous faisons fausse route et nous continuons dans cette voie sans issue; pour ce qui est des frais de scolarité, c'est un choix politique en concordance avec la vision néolibérale du capitalisme qu'a adoptée le parti libéral.
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  • François Dugal - Abonné
    31 août 2011 07 h 39
    La souplesse
    Elle est où, la souplesse, quand on négocie la convention collective?
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  • Jean-Michel Picard - Inscrit
    31 août 2011 08 h 31
    Des primes minables
    Parfait : versons une prime aux profs qui vont faire un burn out. QU'on leur donne 10$ par semaine pour leur sacrifice ! Ainsi, on pourra intégrer une jeunesse mal instruite prête à être absorbée par un marcher du travail qui les exploitera. Tim Horton et Wacdo et Canadian tire auront leur main-d'ouevre servile.

    Réveillez-vous les profs et refusez de vous faire acheter par des fausses primes :
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  • Jonathan Royer - Inscrit
    31 août 2011 08 h 51
    Étrange
    Le gouvernement libéral, Mme Beauchamp en tête, affirme que les primes des prêts et bourses vont être augmentées.

    C'est étrange, car si je fouille dans mes souvenirs, je me rappelle avoir fait 7 semaines de grève en 2005 afin que des coupures dans ce secteur ne soient "que de 103 millions". Si ma mémoire est bonne, c'est ce même gouvernement qui était en place.

    Belle vision à long terme...
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  • rene lefebvre - Inscrit
    31 août 2011 08 h 59
    Chapeau à Madame Line Beauchamp, Ministre de l'Éducation!
    Il est bon et rassurant de voir Madame Beauchamp, mener de front plusieurs dossiers importants dans le domaine de l'éducation.. Les syndicats de professeurs et leurs membres ont longtemps eu tendance à projeter une image fausse de l'ensemble des jeunes québécois et ils sont souvent négatifs quand ils dépeignent les réussites scolaires de leurs jeunes sujets. Au fil des ans, ils ont eu tendance à dresser un portrait plutôt sombre et déprimant des échecs de certains tout en ne valorisant pas assez les réussites scolaires heureuses de plusieurs de nos jeunes Québécois.

    En ce jour de rentrée scolaire, je me réjouis des propos de Mme Beauchamp, pour son message positif et encourageant pour nous tous qui oeuvrons dans l'enseignement. J'ai l'impression que le domaine de l'Éducation est entre bonnes mains. En effet, Madame Beauchamp et son gouvernement ont fait du Ministère de l'Éducation le levier le plus important pour créer le Québec de demain, et c'est tout à l'honneur de Madame la Ministre Beauchamp. Elle comprend que dans le domaine de l'éducation se sont les idées qui règnent, et que l'argent seul ne peut pas régler tous les problèmes, comme le passé l'a démontré amplement.

    De plus, l'idée de joindre écoles francophones avec écoles anglophones est géniale. Voilà une Ministre de l'Éducation qui sait comment garder le Québec sur la voie de la prospérité intellectuelle. Les générations passées ont trimé dur pour créer ce pays original qu'est le Québec, qui fait l'envie de plusieurs dans le monde entier et dont le rayonnement international est surprenant. Nos pères et mères ont eu des idées originales pour faire de ce pays une terre d'accueil prospère pour tous, à tous les niveaux et où il fait bon vivre.

    Merci, Madame Beauchamp, pour votre positivisme et pour la passion dont vous faites preuve dans l'exercice de vos fonctions. Je vous en suis reconnaissant et souhaite que vos idées
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  • Chris G. Eustace - Abonné
    31 août 2011 09 h 43
    Une excellente idée...
    31 août 2011


    « La ministre va également «obliger» les discussions entre les commissions scolaires francophones et anglophones pour évaluer les possibilités de faire cohabiter sous un même toit des écoles des deux langues. »

    Une excellente idée....

    Chris Eustace
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  •  
  • Yves Corbeil - Inscrit
    31 août 2011 10 h 25
    La cohabitation
    Quelle excellente idee, on reglerait du coup le probleme de l'anglais et du francais pour les enfants des deux solitudes, immersion totale des le debut des etudes et si ca marche pas comme prevue bien ce sera comme dans le temps, les Francais et les Anglais se taperont sur la gueulle dans cour d'ecole.
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  •  
  • camelot - Inscrit
    31 août 2011 12 h 34
    Non
    Les enseignants ont déjà un charge de travail trop lourde. Je ne suis pas contre l'intégration des handicapés, mais contre le rabaissement du niveau de qualité de l'enseignement, sinon, c'est tout le système qui en souffre. Les handicapés ont besoin de beaucoup de soins et une classe n'est pas un hôpital. Ils peuvent fréquenter leurs propres classes jusqu'au moment où leur compétence égale celle d'une classe régulière où on peut les acceuillir. Il y trop de gaspillage de talents dans notre jeunesse à cause du "politicly correct".
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  •  
  • - Abonné
    31 août 2011 20 h 28
    @ René Lefebvre
    Je suis à la retraite depuis peu. J'ai enseigné 16 ans dans le réseau anglophone et le reste de ma carrière dans le secteur francophone. Et ce, dans trois régions différentes de la province. Je crois savoir de quoi je parle.
    Je lève mon chapeau aux enseignants et à leurs syndicats qui depuis des années revendiquent de meilleurs services pour leurs élèves et particulièrement leurs élèves en difficultés...
    Madame Beauchamp traite l'éducation comme son gouvernement traite notre réseau de la santé, notre économie... C'est d'ailleurs ce gouvernement qui a transformé le ministère de l'Éducation en ministère de l'Éducation et des Loisirs et des Sports... ça veut tout dire...
    De deux choses l'une...
    Vous espérez une promotion dans le réseau de l'éducation... C'est triste... j'en ai vu d'autres... ça explique en partie le marasme dans lequel se trouve notre système scolaire.
    Ou vous ignorez totalement ce qui s'y passe. Si l'avenir de nos jeunes vous tient vraiment à cœur, je vous suggère donc de donner votre nom à l'école secondaire la plus près de chez vous pour aller y faire de la suppléance. Quand vous y aurez fait un séjour d'au moins quelques semaines, j'apprécierais que vous veniez nous faire part de votre expérience concrète dans ce milieu.
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  •  
  • Lise Moga - Inscrite
    31 août 2011 20 h 51
    L'intégration est un noble principe...
    "Les handicapés ont besoin de beaucoup de soins et une classe n'est pas un hôpital. Ils peuvent fréquenter leurs propres classes jusqu'au moment où leur compétence égale celle d'une classe régulière où on peut les acceuillir. Il y trop de gaspillage de talents dans notre jeunesse à cause du "politicly correct".

    Certains enfants handicapés ou élèves en difficulté d'intégration et d'apprentissage ont besoin de beaucoup de temps... beaucoup plus que ce qu'un professeur, déjà débordé par une tâche régulière pas toujours si régulière que ça, ne peut offrir. Alors, l'enseignement devient un sauve qui peut; pendant qu'on éteint des incendis, il se peut que l'enseignement passe au second plan... il se peut que les vingt-cinq autres écopent trop souvent d'un régime sec mais il faut surtout taire cette réalité.
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  •  
  • Donald Bordeleau - Inscrit
    1 septembre 2011 16 h 44
    Voeux pieux de Madame Beauchamp

    L'éducation est devenue une patente ingérable en grande partie à cause d’un premier ministre d’une incompétence rare, dont la seule vision est sur le montant en banque de la caisse électorale de son parti et qui par calcul politique ne réagit pas aux multiples problèmes du décrochage.

    J’espère que les électeurs en payant leurs comptes de taxes et en regardant la tour de Babel qu’est devenu l'éducation, ils ont une pensée pour Jean Charest…

    Il y a bien sur des solutions

    Les enseignants ont signé des ententes qui n’auront aucun effet majeur sur le scrapage éducatif de nos enfants: réformes successives, coupures en psychoéducation, classes médicamentées, décrochage record, fin de l’éducation sexuelle au secondaire.

    Les enseignants doivent utiliser leur pouvoir de négociation pour prendre en charge le déchrochage scolaire.

    1. Abolir les commissions scolaires.
    2. Rendre public les écoles privés.
    3. Réduire le nombres d'élèves par classes.
    4. Assurer un suivi des absences et impliquer les parents
    5. De la garderie jusqu'en première année réglé les problèmes de comportement avec des proffessionnels.
    6. Projets éducatifs
    7. Écoles autonomes avec une direction permanente pour travailler avec l'équipe école.
    8. Éliminer tous les pseudos spécilistes ou ronds de cuir à contrat pour des conseils.

    Beaucoup de travail pour le prochain gouvernement et des décisions difficiles à prendre, car l'éducation est un facteur de création de richesse.

    Mais qui aura le courage $
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