Line Beauchamp au Devoir - Intégration scolaire: Québec compte sur la souplesse des enseignants
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
La ministre Line Beauchamp était de passage à l’école secondaire Henri-Bourassa lundi, jour de rentrée scolaire.
Les enseignants devront faire preuve de souplesse et de flexibilité par rapport aux nouvelles directives concernant les enfants handicapés ou en difficulté d'adaptation ou d'apprentissage (EHDAA), croit la ministre de l'Éducation Line Beauchamp. «Ces notions de flexibilité, tout le monde les reconnaît, y compris les syndicats, car c'est dans les ententes», a rappelé la ministre, en entrevue avec Le Devoir en cette rentrée scolaire.
Les ententes signées avec les deux gros syndicats d'enseignants suggéraient de nouveaux aménagements pour créer notamment des classes répit, où iraient parfois certains élèves en difficulté, aménagements qui posent des problèmes d'espace pour les écoles, soulignait la semaine dernière la présidente de la Fédération québécoise des directions d'établissements (FQDE), Chantal Longpré. La solution serait de verser une prime aux enseignants qui acceptent une entorse aux règles.
Selon Mme Beauchamp, la question du manque d'espace n'est pas un problème majeur et commande de l'organisation. «J'ai rencontré les représentants syndicaux et ceux des commissions scolaires et on ne m'a jamais soulevé la question des locaux comme étant un obstacle majeur. Je pense que c'est une organisation assez souple de la vie à l'école, c'est ce qui est souhaité, a-t-elle soutenu. Et les primes, c'est une histoire que j'ai déjà entendue. Historiquement, dans certaines commissions scolaires, on demande à des enseignants d'accepter d'avoir un enfant ou deux de plus et il y a une question de dédommagements.»
La véritable cause des besoins d'espace d'une école, dit-elle, est la baisse des ratios enchâssée dans les plans de réussite scolaire et le baby-boom. C'est d'ailleurs ce qui lui fait pronostiquer qu'encore plus de place sera nécessaire au-delà de la rentrée 2012. Cette fois, au lieu d'investissements — la ministre avait annoncé en mars dernier 300 millions pour construire de nouvelles écoles ou des installations provisoires —, des solutions moins coûteuses seront privilégiées. «Les commissions scolaires ont des bâtiments excédentaires qui ont une autre vocation que de servir de salles de classe, et on va voir si c'est possible de rapatrier ces bâtiments-là», a-t-elle expliqué. La ministre va également «obliger» les discussions entre les commissions scolaires francophones et anglophones pour évaluer les possibilités de faire cohabiter sous un même toit des écoles des deux langues.
Mêmes plans de réussite
Quant au vaste dossier de la persévérance scolaire, Mme Beauchamp a confirmé qu'elle poursuivait l'application du plan de sa prédécesseure, Michelle Courchesne, «L'École, j'y tiens», qui fait de la réussite scolaire l'affaire de tous, devenue un véritable credo.
Idem pour «Agir autrement», la stratégie gouvernementale visant à contrer le décrochage scolaire, qui sera reconduite même si, huit ans et 300 millions plus tard, elle n'a pas donné les résultats escomptés et qu'elle a été jugée inefficace dans son ensemble dans un rapport dirigé par Michel Janosz, le directeur du Groupe de recherche sur les environnements scolaires (GRES) de l'Université de Montréal.
Certes, certains progrès avaient été enregistrés sur le plan de la socialisation et du climat dans les écoles, mais pas concernant le décrochage. «L'École, j'y tiens a permis entre autres des expérimentations et c'est normal. Il faut, comme société, permettre l'expérimentation et ça peut parfois dire succès et erreurs, a confié Mme Beauchamp. Mais là où les objectifs étaient atteints, ça valait la peine de dire: "on va continuer ce type d'expérimentation dans les écoles du Québec".»
Inflexible sur les droits
La ministre demeure inflexible au sujet des droits de scolarité: ils seront haussés. «Non seulement ma décision est prise, mais je pense qu'elle est comprise de la part d'un bon nombre de mes concitoyens», a-t-elle dit. «Je suis très à l'aise et même fière du plan déposé. C'est un plan qui dit que ce sont les payeurs d'impôt qui font le plus gros effort, qui dit qu'on bonifie les prêts et bourses [...] et qui interpelle le secteur privé pour qu'il contribue davantage», a rappelé la ministre. La part du privé correspond à 18 % du plan budgétaire de 850 millions, soit environ 150 millions.
Line Beauchamp fait d'ailleurs remarquer que les obligations des universités figurent également dans le dernier budget. «On précise les secteurs où les universités vont devoir mettre de l'argent», a-t-elle indiqué, se voulant rassurante. «Ça peut être par exemple les services à l'élève, l'embauche de profs, soutenir la recherche, l'information, la bibliothèque. C'est du tangible. Il ne s'agit pas de donner cet argent aux universités pour qu'elles en fassent ce qu'elles veulent.»
Enfin, elle demeure tout aussi inflexible concernant les cégeps, qui plaidaient la semaine dernière pour plus de stabilité financière au lieu d'une série de coupes et de réinvestissements en alternance du gouvernement. Les établissements collégiaux voulaient, comme c'est le cas pour les universités, un plan quinquennal garantissant les montants dont les directions disposeraient pour gérer leurs établissements. «Je comprends ce plaidoyer de stabilité, mais bien honnêtement, il arrive que dans l'histoire d'une société il y ait quelque chose qui s'appelle une crise économique et financière et qu'on soit obligés de faire des ajustements», a-t-elle souligné, en défendant le choix du gouvernement de retourner à l'équilibre budgétaire. «Mais on n'a jamais coupé dans les budgets des commissions scolaires et des cégeps. Ce sont toujours des budgets qui sont allés en augmentant», a-t-elle conclu.
Les ententes signées avec les deux gros syndicats d'enseignants suggéraient de nouveaux aménagements pour créer notamment des classes répit, où iraient parfois certains élèves en difficulté, aménagements qui posent des problèmes d'espace pour les écoles, soulignait la semaine dernière la présidente de la Fédération québécoise des directions d'établissements (FQDE), Chantal Longpré. La solution serait de verser une prime aux enseignants qui acceptent une entorse aux règles.
Selon Mme Beauchamp, la question du manque d'espace n'est pas un problème majeur et commande de l'organisation. «J'ai rencontré les représentants syndicaux et ceux des commissions scolaires et on ne m'a jamais soulevé la question des locaux comme étant un obstacle majeur. Je pense que c'est une organisation assez souple de la vie à l'école, c'est ce qui est souhaité, a-t-elle soutenu. Et les primes, c'est une histoire que j'ai déjà entendue. Historiquement, dans certaines commissions scolaires, on demande à des enseignants d'accepter d'avoir un enfant ou deux de plus et il y a une question de dédommagements.»
La véritable cause des besoins d'espace d'une école, dit-elle, est la baisse des ratios enchâssée dans les plans de réussite scolaire et le baby-boom. C'est d'ailleurs ce qui lui fait pronostiquer qu'encore plus de place sera nécessaire au-delà de la rentrée 2012. Cette fois, au lieu d'investissements — la ministre avait annoncé en mars dernier 300 millions pour construire de nouvelles écoles ou des installations provisoires —, des solutions moins coûteuses seront privilégiées. «Les commissions scolaires ont des bâtiments excédentaires qui ont une autre vocation que de servir de salles de classe, et on va voir si c'est possible de rapatrier ces bâtiments-là», a-t-elle expliqué. La ministre va également «obliger» les discussions entre les commissions scolaires francophones et anglophones pour évaluer les possibilités de faire cohabiter sous un même toit des écoles des deux langues.
Mêmes plans de réussite
Quant au vaste dossier de la persévérance scolaire, Mme Beauchamp a confirmé qu'elle poursuivait l'application du plan de sa prédécesseure, Michelle Courchesne, «L'École, j'y tiens», qui fait de la réussite scolaire l'affaire de tous, devenue un véritable credo.
Idem pour «Agir autrement», la stratégie gouvernementale visant à contrer le décrochage scolaire, qui sera reconduite même si, huit ans et 300 millions plus tard, elle n'a pas donné les résultats escomptés et qu'elle a été jugée inefficace dans son ensemble dans un rapport dirigé par Michel Janosz, le directeur du Groupe de recherche sur les environnements scolaires (GRES) de l'Université de Montréal.
Certes, certains progrès avaient été enregistrés sur le plan de la socialisation et du climat dans les écoles, mais pas concernant le décrochage. «L'École, j'y tiens a permis entre autres des expérimentations et c'est normal. Il faut, comme société, permettre l'expérimentation et ça peut parfois dire succès et erreurs, a confié Mme Beauchamp. Mais là où les objectifs étaient atteints, ça valait la peine de dire: "on va continuer ce type d'expérimentation dans les écoles du Québec".»
Inflexible sur les droits
La ministre demeure inflexible au sujet des droits de scolarité: ils seront haussés. «Non seulement ma décision est prise, mais je pense qu'elle est comprise de la part d'un bon nombre de mes concitoyens», a-t-elle dit. «Je suis très à l'aise et même fière du plan déposé. C'est un plan qui dit que ce sont les payeurs d'impôt qui font le plus gros effort, qui dit qu'on bonifie les prêts et bourses [...] et qui interpelle le secteur privé pour qu'il contribue davantage», a rappelé la ministre. La part du privé correspond à 18 % du plan budgétaire de 850 millions, soit environ 150 millions.
Line Beauchamp fait d'ailleurs remarquer que les obligations des universités figurent également dans le dernier budget. «On précise les secteurs où les universités vont devoir mettre de l'argent», a-t-elle indiqué, se voulant rassurante. «Ça peut être par exemple les services à l'élève, l'embauche de profs, soutenir la recherche, l'information, la bibliothèque. C'est du tangible. Il ne s'agit pas de donner cet argent aux universités pour qu'elles en fassent ce qu'elles veulent.»
Enfin, elle demeure tout aussi inflexible concernant les cégeps, qui plaidaient la semaine dernière pour plus de stabilité financière au lieu d'une série de coupes et de réinvestissements en alternance du gouvernement. Les établissements collégiaux voulaient, comme c'est le cas pour les universités, un plan quinquennal garantissant les montants dont les directions disposeraient pour gérer leurs établissements. «Je comprends ce plaidoyer de stabilité, mais bien honnêtement, il arrive que dans l'histoire d'une société il y ait quelque chose qui s'appelle une crise économique et financière et qu'on soit obligés de faire des ajustements», a-t-elle souligné, en défendant le choix du gouvernement de retourner à l'équilibre budgétaire. «Mais on n'a jamais coupé dans les budgets des commissions scolaires et des cégeps. Ce sont toujours des budgets qui sont allés en augmentant», a-t-elle conclu.
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