Retour à l'école - Une rentrée sous le signe de la persévérance
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Un peu d’appréhension, mais aussi beaucoup d’excitation pour les élèves de l’école Garneau, à Montréal, en ce premier jour de classe.
Il y avait de l'électricité dans l'air devant l'école secondaire Henri-Bourassa hier, alors que de petits groupes de polos blanc et marine se tapaient dans les mains, s'embrassaient, éclataient de rire. Les élèves ne vous le diront pas, mais leur retour en classe cette semaine, à l'instar d'un million d'élèves à travers le Québec, leur fait plaisir. «Je suis contente de revenir à l'école. Ça va faire changement de l'été», a confié Malorie Noël, qui retrouve ses copines Lydiane et Amélie pour une journée d'orientation, après un été marquant le passage du primaire au secondaire.
À l'intérieur de leur école Henri-Bourassa, l'heure est aux annonces. Le gouvernement versera 1,5 million sur trois ans à la Fondation Mobilys, qui a pour mission de promouvoir la persévérance et la réussite scolaire. L'objectif? Aider à terme 90 écoles à se créer des «vitrines interactives» dans les médias sociaux, surtout Facebook, pour faire connaître leurs différents projets et activités à financer auprès d'éventuels donateurs et aux bénévoles désireux de s'impliquer. «Oui, la réussite de nos jeunes passe par la relation bâtie entre chaque professeur et l'élève, mais elle passe aussi par l'engagement des parents et de l'ensemble d'une communauté», a indiqué la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp.
Si elle reconnaît l'ensemble des défis en éducation, notamment pour favoriser la réussite des garçons, la ministre table sur le positif. «Je suis fière de dire que, depuis 2003, on gagne des points dans la réussite. Rien que pour les garçons, on a gagné sept points de pourcentage [sur le taux de diplomation]», a-t-elle rappelé. «Mais je ne porte pas de lunettes roses. Je ne dis pas que tout va bien. Je dis qu'il y a des gens qui ont travaillé fort et que ça donne des résultats.»
Selon elle, le secret du succès est notamment dans la diminution du ratio maître-élèves et dans l'augmentation des activités parascolaires sportives et culturelles, mais également dans la mobilisation de la communauté et des parents, a-t-elle insisté devant un auditoire de gens du milieu de l'éducation, mais aussi de gens d'affaires, dont L. Jacques Ménard, président de la BMO et du Groupe d'action sur la persévérance scolaire, et André Boisclair, engagé dans la Fondation Mobilys.
Bien qu'il ait admis avoir mis du temps à «comprendre le concept», le directeur de l'école Henri-Bourassa, Jean-François Bouchard, ne tarit pas d'éloges à l'égard de la formule. «L'impact, il est réel, à notre école», a-t-il soutenu. Il cite en exemple les collaborations du travailleur humanitaire Marc Vachon, venu à son alma mater donner des conférences, celle du compositeur et chef d'orchestre Alain Lamontagne, du slammeur Ivy, celle d'une romancière et d'entraîneurs de football, tous venus gratuitement s'impliquer à l'école. La page Facebook de l'école Henri-Bourassa compte maintenant 1021 «amis» qui reçoivent des nouvelles toutes les semaines.
Pierre Saint-Germain, président de la Fédération autonome de l'enseignement (FAE), déplore pour sa part cette forme de partenariat public-privé dans le milieu de l'éducation. «Je ne peux pas empêcher les mécènes qui ont trop d'argent de vouloir donner. Mais si on est en train d'institutionnaliser la charité pour subvenir aux besoins de l'école, j'ai un problème», a soutenu M. Saint-Germain. «On multiplie les fondations qui prennent le relais des responsabilités premières de l'État. Il y a des gens rémunérés qui travaillent dans ces fondations-là. Je ne comprends pas pourquoi le gouvernement n'est pas capable d'administrer lui-même cet argent-là.»
Pour le président de BMO groupe financier, la mobilisation de la communauté n'est pas une panacée. «Ça prend un village pour élever un enfant. C'est vrai dans une grande ville, où on a beaucoup de villages. Mais cette mobilisation est-elle suffisante? Non, mais elle est nécessaire», a dit L. Jacques Ménard.
Bulletin unique et nouvelles écoles
La rentrée amène aussi son lot de nouveautés. Ainsi, toutes les écoles du Québec fonctionneront avec le même bulletin unique. Certains enseignants, membres de la FAE, avaient boycotté les formations sur son implantation, mais accepteront néanmoins de l'utiliser. «On va produire un bulletin, mais on va donner de l'information aux parents, sur le contenu réel du bulletin et sur ce qu'il ne dit pas», a souligné M. Saint-Germain. «Le bulletin est censé donner les mêmes informations sur la place de la connaissance, et ce n'est pas le cas», a-t-il ajouté en déplorant que certains changements aient été apportés en douce par le ministère de l'Éducation en juin dernier.
La rentrée scolaire, c'est aussi l'occasion de tester les capacités du système et d'apporter certains ajustements. Baby-boom et immigration obligent, la région de Montréal et les couronnes nord et sud fourmillent d'élèves à qui on doit trouver une place sur les bancs d'école. Rien qu'à la Commission scolaire de Montréal (CSDM), on attend 10 000 nouveaux élèves d'ici 2015. Si la CSDM est prête à accueillir tous les élèves cette année, des chantiers se poursuivront pour la rentrée 2012, a confirmé la présidente, Diane De Courcy. «Ce sont des travaux d'ampleur que nous avons à faire, et nous savons que c'est incommodant, c'est sûr, car il y a du bruit, de la poussière, mais c'est un mal nécessaire», a dit Mme De Courcy, alors qu'elle accueillait tôt hier matin les enfants de l'école Garneau dans Centre-Sud, à Montréal. Les travaux devraient se mener autant que possible à l'extérieur des heures de cours.
La CSDM a aussi dit qu'elle serait des commissions scolaires qui répondront au défi lancé par la présidente de la Fédération des commissions scolaires, Josée Bouchard, de réduire la bureaucratie et de couper dans le gras.
Enfin, le nouveau président, élu en juin dernier, de la Fédération des comités de parents, Gaston Rioux, était quant à lui à l'école Saint-Clément de Mont-Royal, afin d'accueillir les élèves. Il a invité les parents à s'impliquer davantage et surtout à assister à l'assemblée générale annuelle.
À l'intérieur de leur école Henri-Bourassa, l'heure est aux annonces. Le gouvernement versera 1,5 million sur trois ans à la Fondation Mobilys, qui a pour mission de promouvoir la persévérance et la réussite scolaire. L'objectif? Aider à terme 90 écoles à se créer des «vitrines interactives» dans les médias sociaux, surtout Facebook, pour faire connaître leurs différents projets et activités à financer auprès d'éventuels donateurs et aux bénévoles désireux de s'impliquer. «Oui, la réussite de nos jeunes passe par la relation bâtie entre chaque professeur et l'élève, mais elle passe aussi par l'engagement des parents et de l'ensemble d'une communauté», a indiqué la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp.
Si elle reconnaît l'ensemble des défis en éducation, notamment pour favoriser la réussite des garçons, la ministre table sur le positif. «Je suis fière de dire que, depuis 2003, on gagne des points dans la réussite. Rien que pour les garçons, on a gagné sept points de pourcentage [sur le taux de diplomation]», a-t-elle rappelé. «Mais je ne porte pas de lunettes roses. Je ne dis pas que tout va bien. Je dis qu'il y a des gens qui ont travaillé fort et que ça donne des résultats.»
Selon elle, le secret du succès est notamment dans la diminution du ratio maître-élèves et dans l'augmentation des activités parascolaires sportives et culturelles, mais également dans la mobilisation de la communauté et des parents, a-t-elle insisté devant un auditoire de gens du milieu de l'éducation, mais aussi de gens d'affaires, dont L. Jacques Ménard, président de la BMO et du Groupe d'action sur la persévérance scolaire, et André Boisclair, engagé dans la Fondation Mobilys.
Bien qu'il ait admis avoir mis du temps à «comprendre le concept», le directeur de l'école Henri-Bourassa, Jean-François Bouchard, ne tarit pas d'éloges à l'égard de la formule. «L'impact, il est réel, à notre école», a-t-il soutenu. Il cite en exemple les collaborations du travailleur humanitaire Marc Vachon, venu à son alma mater donner des conférences, celle du compositeur et chef d'orchestre Alain Lamontagne, du slammeur Ivy, celle d'une romancière et d'entraîneurs de football, tous venus gratuitement s'impliquer à l'école. La page Facebook de l'école Henri-Bourassa compte maintenant 1021 «amis» qui reçoivent des nouvelles toutes les semaines.
Pierre Saint-Germain, président de la Fédération autonome de l'enseignement (FAE), déplore pour sa part cette forme de partenariat public-privé dans le milieu de l'éducation. «Je ne peux pas empêcher les mécènes qui ont trop d'argent de vouloir donner. Mais si on est en train d'institutionnaliser la charité pour subvenir aux besoins de l'école, j'ai un problème», a soutenu M. Saint-Germain. «On multiplie les fondations qui prennent le relais des responsabilités premières de l'État. Il y a des gens rémunérés qui travaillent dans ces fondations-là. Je ne comprends pas pourquoi le gouvernement n'est pas capable d'administrer lui-même cet argent-là.»
Pour le président de BMO groupe financier, la mobilisation de la communauté n'est pas une panacée. «Ça prend un village pour élever un enfant. C'est vrai dans une grande ville, où on a beaucoup de villages. Mais cette mobilisation est-elle suffisante? Non, mais elle est nécessaire», a dit L. Jacques Ménard.
Bulletin unique et nouvelles écoles
La rentrée amène aussi son lot de nouveautés. Ainsi, toutes les écoles du Québec fonctionneront avec le même bulletin unique. Certains enseignants, membres de la FAE, avaient boycotté les formations sur son implantation, mais accepteront néanmoins de l'utiliser. «On va produire un bulletin, mais on va donner de l'information aux parents, sur le contenu réel du bulletin et sur ce qu'il ne dit pas», a souligné M. Saint-Germain. «Le bulletin est censé donner les mêmes informations sur la place de la connaissance, et ce n'est pas le cas», a-t-il ajouté en déplorant que certains changements aient été apportés en douce par le ministère de l'Éducation en juin dernier.
La rentrée scolaire, c'est aussi l'occasion de tester les capacités du système et d'apporter certains ajustements. Baby-boom et immigration obligent, la région de Montréal et les couronnes nord et sud fourmillent d'élèves à qui on doit trouver une place sur les bancs d'école. Rien qu'à la Commission scolaire de Montréal (CSDM), on attend 10 000 nouveaux élèves d'ici 2015. Si la CSDM est prête à accueillir tous les élèves cette année, des chantiers se poursuivront pour la rentrée 2012, a confirmé la présidente, Diane De Courcy. «Ce sont des travaux d'ampleur que nous avons à faire, et nous savons que c'est incommodant, c'est sûr, car il y a du bruit, de la poussière, mais c'est un mal nécessaire», a dit Mme De Courcy, alors qu'elle accueillait tôt hier matin les enfants de l'école Garneau dans Centre-Sud, à Montréal. Les travaux devraient se mener autant que possible à l'extérieur des heures de cours.
La CSDM a aussi dit qu'elle serait des commissions scolaires qui répondront au défi lancé par la présidente de la Fédération des commissions scolaires, Josée Bouchard, de réduire la bureaucratie et de couper dans le gras.
Enfin, le nouveau président, élu en juin dernier, de la Fédération des comités de parents, Gaston Rioux, était quant à lui à l'école Saint-Clément de Mont-Royal, afin d'accueillir les élèves. Il a invité les parents à s'impliquer davantage et surtout à assister à l'assemblée générale annuelle.
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