Université nomade - Le Plan Nord sous la loupe des anthropologues
Photo : Annik MH De Carufel - Le Devoir
L’anthropologue Carole Lévesque
On a l'impression d'avoir tout dit, tout analysé du Plan Nord. Pourtant, les organisateurs de l'Université nomade, un forum pour brasser des idées à la manière d'une école d'été qui a duré toute la semaine et qui s'est terminé hier, n'ont pas eu à se creuser les méninges longtemps pour trouver de nouveaux angles d'approche. La place des femmes et de la société civile, la définition des frontières et des interlocuteurs autochtones... Tous ces sujets n'avaient pas encore été abordés, a constaté l'anthropologue Carole Lévesque, professeure-chercheuse au Centre Urbanisation Culture Société de l'Institut national de la recherche scientifique (INRS).
«Ça a permis d'entendre des points de vue diversifiés sur le plan Nord et qui ne sont pas connus à date. En plus de parler de la place des femmes, on a parlé des différences ou des similarités entre les différents groupes autochtones. Le Plan Nord vise les Premières Nations et les Inuits, mais laisse de côté ceux qui n'ont pas signé de convention, comme les Innus», a dit l'anthropologue. Et que fait-on, par exemple, avec les Attikameks et les Algonquins dont les territoires ancestraux chevauchent les limites du Plan Nord? a-t-elle ajouté.
Carole Lévesque rappelle que l'idée n'était pas de faire le procès du Plan Nord. «Comme chercheurs, on n'est pas toujours devant l'obligation de dire si c'est bon ou pas. Mais il y a certainement de la place pour un nouvel éclairage», a-t-elle soutenu. Pourtant, elle s'étonne toujours de constater qu'on tire très peu de leçons du passé. «On oublie qu'il y a une grande expertise au Québec. Ça fait 50 ans qu'il se fait du développement, il y a des connaissances qui sont déjà là et des structures autochtones, des instances créées par les conventions dont on ne parle jamais. Le gouvernement tient un discours comme si nous allions découvrir le Nord. Comme si c'était une terre vierge et inconnue. C'est inquiétant», note la chercheuse.
Apprentissage réciproque
Lors de cette 7e édition de l'Université nomade, 70 personnes, dont la moitié provenait des communautés autochtones, ont présenté, discuté et débattu sur ce thème dont le maître mot était «l'apprentissage dans la réciprocité». Parmi les participants, mentionnons Raphaël Picard, chef du conseil de bande de Pessamit, Gilbert Dominique, directeur général de la Société d'histoire et d'archéologie de Mashteuiatsh, et Michèle Audette, présidente de Femmes autochtones du Québec. La plupart des invités sont même restés toute la semaine. «C'est l'une des caractéristiques de l'Université nomade. Les gens acceptent de venir passer la semaine avec nous et de participer aux échanges au-delà de leur conférence», a expliqué la chercheuse. Des étudiants ont également pu se faire créditer cette formation.
Carole Lévesque promet que les idées et les écrits échangés lors des séances ne demeureront pas lettre morte. «D'ici deux mois, on va publier un premier document de synthèse de ce qu'on a fait. C'est certain que ça ne restera pas sur les tablettes. On va continuer à nous impliquer à notre échelle, celle de la connaissance», a-t-elle conclu.
«Ça a permis d'entendre des points de vue diversifiés sur le plan Nord et qui ne sont pas connus à date. En plus de parler de la place des femmes, on a parlé des différences ou des similarités entre les différents groupes autochtones. Le Plan Nord vise les Premières Nations et les Inuits, mais laisse de côté ceux qui n'ont pas signé de convention, comme les Innus», a dit l'anthropologue. Et que fait-on, par exemple, avec les Attikameks et les Algonquins dont les territoires ancestraux chevauchent les limites du Plan Nord? a-t-elle ajouté.
Carole Lévesque rappelle que l'idée n'était pas de faire le procès du Plan Nord. «Comme chercheurs, on n'est pas toujours devant l'obligation de dire si c'est bon ou pas. Mais il y a certainement de la place pour un nouvel éclairage», a-t-elle soutenu. Pourtant, elle s'étonne toujours de constater qu'on tire très peu de leçons du passé. «On oublie qu'il y a une grande expertise au Québec. Ça fait 50 ans qu'il se fait du développement, il y a des connaissances qui sont déjà là et des structures autochtones, des instances créées par les conventions dont on ne parle jamais. Le gouvernement tient un discours comme si nous allions découvrir le Nord. Comme si c'était une terre vierge et inconnue. C'est inquiétant», note la chercheuse.
Apprentissage réciproque
Lors de cette 7e édition de l'Université nomade, 70 personnes, dont la moitié provenait des communautés autochtones, ont présenté, discuté et débattu sur ce thème dont le maître mot était «l'apprentissage dans la réciprocité». Parmi les participants, mentionnons Raphaël Picard, chef du conseil de bande de Pessamit, Gilbert Dominique, directeur général de la Société d'histoire et d'archéologie de Mashteuiatsh, et Michèle Audette, présidente de Femmes autochtones du Québec. La plupart des invités sont même restés toute la semaine. «C'est l'une des caractéristiques de l'Université nomade. Les gens acceptent de venir passer la semaine avec nous et de participer aux échanges au-delà de leur conférence», a expliqué la chercheuse. Des étudiants ont également pu se faire créditer cette formation.
Carole Lévesque promet que les idées et les écrits échangés lors des séances ne demeureront pas lettre morte. «D'ici deux mois, on va publier un premier document de synthèse de ce qu'on a fait. C'est certain que ça ne restera pas sur les tablettes. On va continuer à nous impliquer à notre échelle, celle de la connaissance», a-t-elle conclu.
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