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Collégial - Manifeste pour un Québec éduqué

Collectif d'auteurs  3 juin 2011  Éducation
Pour accueillir les étudiants de la réforme, les enseignants doivent maintenant développer une pédagogie universelle de la première session au cégep.<br />
Photo : Agence France-Presse Joel Saget
Pour accueillir les étudiants de la réforme, les enseignants doivent maintenant développer une pédagogie universelle de la première session au cégep.
Depuis une vingtaine d'années, les collèges mettent en place un nombre incalculable de mesures pour favoriser la réussite du plus grand nombre d'étudiants: centre d'aide, cours de mise à niveau, session d'accueil et intégration. Dernière trouvaille: pour accueillir les étudiants de la réforme, nous devons maintenant développer une pédagogie universelle de la première session.

Des illuminés de la pédagogie s'évertuent à nous prouver, à nous qui avons fait nos classes, qu'en allant reconduire les étudiants à la porte de leurs cours, en leur donnant d'avance les questions d'examen, en leur donnant des points pour être venus s'asseoir devant nous, en les tenant par la main, en les mouchant, en écoutant leurs jérémiades, nous, les professeurs, permettrons aux étudiants d'avoir de meilleures chances de réussite. Nous demandons aujourd'hui à ces «pédadingos» et aux patrons qui les engagent pour nous abreuver de leur illustre savoir, que vaudront ces diplômes de pacotille?

Nous, professeurs du collégial, en avons ras le bol, et nous disons:

- NON à la nouvelle religion des cégeps qui s'agenouille devant la réussite à tout prix!

- NON à des diplômes décoratifs!

- NON aux patrons qui ferment les yeux sur la normalisation des moyennes!

- NON à la pédagogie universelle qui dénigre l'acquisition des connaissances disciplinaires!

- NON à la quantité de diplômés au détriment de la qualité des diplômes!

- NON à la pression sur les professeurs pour gonfler le taux de réussite!

- NON à une éducation fast food!

Fiers de nos diplômes

Faut-il réellement baisser nos exigences pour favoriser l'octroi de diplômes au rabais et consacrer plus de temps à la pédagogie bidon qu'à faire comprendre et aimer notre matière? Nous croyons qu'il est bon que les étudiants soient valorisés pour les efforts qu'ils fournissent, car ce qui est acquis avec effort est plus durable que ce qui est donné tout cuit dans le bec. Nous pensons que les étudiants doivent s'investir dans leurs études, puisque c'est de là que découleront leur motivation et leur travail.

Il nous semble normal que les étudiants qui arrivent au cégep vivent une période d'adaptation et nous, comme professeurs, sommes prêts à les aider sans pour autant les infantiliser. Nous voulons former des citoyens autonomes et responsables qui façonneront la société de demain. Nous voulons que les cégeps soient fiers des diplômes qu'ils délivrent, car ils sont gage de qualité.

- OUI à l'enseignement collégial qui doit réellement être un enseignement supérieur!

- OUI aux étudiants qui sont au centre de notre travail!

- OUI aux étudiants qui bénéficient de la reconnaissance de nos compétences et de notre autonomie professionnelle!

- OUI à la confiance et à l'appui de nos dirigeants et de la population!

- OUI à une véritable pédagogie qui s'incarne dans la connaissance!

- OUI à la soif de savoir des étudiants qui demandent à être traités comme des êtres pensants!

Que ceux tentés par une éducation supérieure se joignent à nous en signant cette pétition.

***

Ce manifeste est une initiative d'un groupe de professeurs du Cégep de Saint-Hyacinthe.

Ont signé ce texte les enseignants suivants: Isabelle Duchesne, Selma Bennani, Ariane Grisé, Francis Favreau, Marie-France Belzile, Nicole Simard, Véronique Plourde et Dominique Chicoine
 
 
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  • Khayman - Abonné
    3 juin 2011 06 h 53
    Lien non fonctionnel
    Votre lien vers la pétition est non-fonctionnel. Le bon lien est le suivant : http://www.ipetitions.com/petition/manifeste_pour_

    ----
    NDRL
    Le lien a été corrigé. Merci.
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  • celljack - Inscrit
    3 juin 2011 08 h 01
    Les charlatans
    La pédagogie est un art, pas une science.

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Pédagogie

    Pourquoi se fie-t-on sur ces charlatans pour orienter l'éducation au Québec?
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  • Gilles Roy - Abonné
    3 juin 2011 08 h 04
    Ces enseignants qui n'aiment pas la pédagogie...
    Je cite : «Des illuminés de la pédagogie s'évertuent à nous prouver, à nous qui avons fait nos classes (...)»

    Joli, ce refus d'apprendre en continu. S'il fallait que les élèves adultes (et autres) manifestent autant d'ouverture devant vos enseignements...

    Vos propos servent à amener de l'eau au moulin de ceux qui prétendent que les enseignants de collège utilisent peu et mal les meilleurs savoirs et les technologies les plus récentes en éducation. Aux différents ouvrages disciplinaires qui tapissent les murs des professionnels (les vrais), vous opposez des vues sans fondement en particulier (des «impressions»), dignes (au mieux) des conversations tenues dans une salle à café.

    Pas fort, les élèves? Et vous, comme enseignants, si on vous évaluait à l'aune des meilleures pratiques existantes, on vous noterait comment?
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  • Vincentb - Abonné
    3 juin 2011 09 h 00
    La pédagogie universelle...
    À défaut de déplaire, je soulignerais simplement ceci: si vous croyez que la pédagogie "universelle" (??) consiste à faire ce que vous indiquez dans votre texte (reconduire les étudiants à la porte de leurs cours, leur donner d'avance les questions d'examen, des points pour être venus s'asseoir, etc.), vous n'avez aucune idée de ce qu'il en est vraiment. Si, par contre, vous reprenez tout bonnement ce qu'on vous a expliqué, je suis désolé de vous dire que vous avez été dupes de croire de telles idioties.

    Faites correctement et avec passion ce que vous exprimez en deuxième partie de votre texte, en sortant quelque peu d'un enseignement traditionnel et magistral et d'une évaluation essentiellement basée sur des connaissances prédéterminées à mémoriser et à recracher, et tout le monde sera content, vous comme les étudiants.
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  • Gilbert Talbot Gilbert Talbot - Abonné
    3 juin 2011 10 h 04
    Vision d'un retraité de l'enseignement
    Oui, souvent la direction du collège, sous les directives du ministère de l'éducation, nous amenait vers une approche pédagogique orientée vers la réussite. Dans mon cégep, ceci relevait du service d'animation et d'expérimentation pédagogique. Jamais ces adjoints à la pédagogie n'ont imposé la réussite à tout prix, à quelque profs que ce soit. Il est arrivé par contre, que des profs coulent plus de 50% de leurs élèves, alors là oui, on peut dire que ce ou ces profs devraient réviser leurs critères d'évaluation en fonction du contexte. Et oui, le cours magistral et le type d'examen imposés peuvent nuire à la réussite.

    Oui, j'ai eu des élèves très peu intéressés à leur propre réussite, surtout en première session, mais ils étaient la minorité. La plupart des élèves veulent réussir et y mettent l'énergie nécessaire. Il faut faire attention ici à la généralisation d'un stéréotype de l'étudiant foireux qui ne correspond pas à la réalité des jeunes cégépiens. En première session, ces jeunes sont encore ados, mais ils deviennent vite adultes, dès qu'ils sortent du milieu familial et deviennent plus autonomes dans la direction de leur vie. Il y a une différence énorme de maturité entre le jeune de dix-sept ans qui arrivent au cégep et celui de dix-neuf ans qui en sort.

    Oui, il y a une réaction anti-réforme qui se propage : on met bien des lacunes sur le dos de la réforme qui ne viennent pas d'elle, mais de la réticence de certains profs d'améliorer leur pédagogie, au nom d'un contenu de connaissances à transmettre, en fonction d'un programme précis. J'aimerais simplement rappeler que la connaissances n'est pas d'abord dans les livres, mais dans la tête de celui et celle qui connaît. Et tout l'art d'enseigner est cette capacité de transmettre nos connaissances de notre esprit à l'esprit de nos élèves.
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  • cpoulin - Inscrit
    3 juin 2011 10 h 40
    Trop tard!
    Il est trop tard pour essayer aujourd'hui de contrer la puissance du pouvoir technocratique qui s'est abattu sur les cégeps avec les résultats que l'on sait. Pouvoir qui s'est installé dans le cadre de la grande réforme de 1994-95 et n'a pas cessé depuis d'étendre son empire. Cette affaire est évidemment trop complexe pour en faire ici une analyse rigoureuse. Mais seuls, me semble-t-il, les professeurs de cégeps avec leurs dirigeants étaient en mesure de réagir devant la progression du mal. Il ne l'on pas fait! L'histoire montre que certains, plus sensibles que d'autres quand aux effets délétères de cette dérive, ont eu les réactions de s'opposer alors qu'il était encore temps, mais pour des raisons qui tiennent à l'inertie, au corporatisme syndical à l'instinct de survie et autres motifs, ils n'ont pas réussi à stopper la machine. Dommage! Il faut pourtant saluer le courage de ces quelques résistants qu'il faut encourager malgré tout. Claude Poulin Québec
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  • camelot - Inscrit
    3 juin 2011 11 h 18
    Bravo !
    Il est rassurant de voir les acteurs du milieu s'élever contre la médiocrité. Il est temps d'agir. Ces milliers de jeunes, sans assises solides, c'est leurs vies qu'ils perdent.
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  • Jacques Deschênes - Abonné
    3 juin 2011 13 h 01
    Une analyse pertinente
    Je suis maintenant retraité. J'ai enseigné la philosophie au Collège de Valleyfield de 1974 à 2006. Je crois que le Manifeste présente une vision assez fidèle de l'état d'esprit qui règne au collégial en ce qui a trait au taux d'échec. On a souvent tendance à considérer l'échec d'un cours comme étant une injustice commise à l'endroit des élèves, plutôt que le constat de leur manquement à satisfaire aux exigences d'un cours. L'expérience montre que beaucoup d'élèves réussissent très bien leurs études collégiales, sans jamais échouer un cours et sans jamais avoir recours ni aux centres d'aide, ni à l'aide pédagogique. Peut-être faudrait-il aller voir du côté de ces élèves pour découvrir ce qui leur permet de réussir leurs cours. Se pourrait-il que leur réussite soit la conséquence du fait qu'ils assument le travail requis dans le cadre d'un cours. Qu'en est-il des autres dont la réussite est plus problématique? Les cours sont faits pour être réussis, mais il y a un prix à payer.

    En somme, je partage le point de vue des signataires du Manifeste.

    Jacques Deschênes
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  • Pierre Smith - Inscrit
    4 juin 2011 00 h 55
    Pas tout le monde est fait pour l'étude
    Bravo aux auteurs de l'article.

    J'ai le plaisir et le privilège d'enseigner au collégial depuis plus de 25 ans. Je vois 3 types d'étudiants qui échouent mes cours: ceux qui n'ont pas la maturité requise pour l'étude (i.e. la discipline, la motivation, l'amour des connaissances), ceux qui croient à tort qu'il n'est pas nécessaire d'apprendre des façons plus performantes de travailler parce qu'ils ont réussi leur secondaire, et ceux qui n'ont pas les aptitudes requises (pour quelque raison que ce soit) mais n'en sont pas totalement conscients.

    Le diplôme d'études n'est pas un droit; si l'étudiant possède les aptitudes et attitudes requises, il pourra l'obtenir en travaillant. S'il ne les possède pas, ce ne serait pas lui rendre service, ni à la société d'ailleurs, de le laisser passer.

    Pas tout le monde est fait pour l'étude...
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  • Gilles Roy - Abonné
    4 juin 2011 10 h 13
    Plus simple encore...
    @ M. Smith : Autre raison, plus simple encore. Ils ont échoué parce que vous les avez fait échouer, en appliquant la courbe de Gausse, par exemple. Sachez que nul ici ne met en doute la pertinence à ce que les enseignants opèrent leurs charges de tri scolaire et de valorisation des plus méritants. Cependant, votre précipitation à accuser les élèves sans vous souciez de nous instruire de votre propre rôle (individuel, collectif) dans la production de l'échec scolaire rend pantois, et nous mène à nous questionner sérieusement sur les capacités réflexives et professionnelles de vos semblables...

    En passant, l'échec se vit à plusieurs échelons de la société. Bien des équipes de recherche universitaires, fondées sur des esprits brillants et pointus au passé académique sans tâche apparente, échouent dans leur quête de financement. J'imagine que l'idée que tous ne sont pas fait pour l'étude passe également dans la tête de certains membres des jurys...
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  • Pierre Smith - Inscrit
    4 juin 2011 23 h 23
    Attention aux fausses perceptions...
    @M. Roy

    Il ne faut pas déresponsabiliser l'individu. Ce n'est pas le prof qui fait échouer l'étudiant, c'est celui-ci qui échoue. Si cela continue, vous allez dire que ce n'est pas l'ivrogne qui cause un accident avec sa voiture, ce sont les autres qui ne se sont pas tassés à temps...

    Sachez que je n'ai jamais appliqué de courbe de Gausse de ma vie. La vaste majorité de mes élèves réussissent mon cours. Mes examens contiennent majoritairement des questions vues dans les devoirs assignés aux élèves (devoirs pour lesquels ceux-ci ont accès au solutionnaire), ou des problèmes vus en classe. Ceux qui échouent ce genre de questions échouent mon cours car ils n'ont tout simplement pas travaillé (pour des raisons sur lequelles je n'ai aucun contrôle), ou ils sont vraiment perdus. Je crois sincèrement qu'ils n'ont pas atteint le degré de savoir requis pour que je puisse leur donner une note de passage.

    Maintenant, permettez-moi de questionner votre objectivité ainsi que l'état de vos connaissances du milieu de l'enseignement quand vous tenez vos propos. Attention aux affirmations et accusations gratuites; c'est trop facile.
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  • Mario Asselin - Abonné
    5 juin 2011 14 h 01
    La valeur des diplômes... et d'un manifeste
    Je ne suis pas du tout impressionné par ce texte aux idées floues qui laisse entendre que les autorités du cégep de Saint-Hyacinthe demandent aux profs de baisser leurs exigences «pour favoriser l’octroi de diplômes au rabais». Si ces enseignants du Collégial sont capables de mettre dans la même phrase «reconduire les étudiants à la porte de leurs cours», «leur donner des points pour être venus s’asseoir devant nous», «les tenir par la main, en les mouchant» tout en qualifiant de «pédagogiques» ces comportements ridicules même pour des enseignants du secondaire, je me demande pourquoi il faudrait leur faire confiance sur le concept de «valeur des diplômes».

    http://carnets.opossum.ca/mario/archives/2011/06/l
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  • Gilles Roy - Abonné
    5 juin 2011 17 h 05
    Sur les fausses perceptions...
    @ M. Smith : Euh, je croyais que le «E» sur la feuille de l'élève provenait de l'encre du stylo de son enseignant. Mon erreur, ici. Dites, les élèves d'aujourd'hui sont bien sévères quand ils s'auto-évaluent...

    Je me répète sinon : bien sûr que les enseignants ont le pouvoir (et le devoir) d'établir les règles de la méritocratie scolaire, et bien sûr que la réussite n'a de sens que si l'échec est permis. Mais de là à croire que l'élève est le seul à créer son échec, il y a marge, et sérieuse à part ça. Le fait que bien des collèges aient été peu préparés à bien héberger les jeunes «cobayes» du renouveau pédagogique fait entre autre partie de la responsabilité des adultes en général, notamment dans la gestion des cas d'élèves présentant des difficultés. Or reconnaissez avec moi que les auteurs de la lettre ont été prompts à médire contre les enfants, tout en n'étant très peu soucieux de nous expliquer les raisons du retard pris en terme de préparation de leur propre rôle. Or qui joue au jeu de jeter le blâme sur autrui doit accepter qu'on le questionne en retour, surtout quand sa capacité à assumer sa part de responsabilité n'a pas été démontrée (et la lettre soumise est, de ce côté là des choses, une horreur sans nom).
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  • Isabelle Lachance - Abonné
    10 juin 2011 14 h 12
    Qu'est-ce qu'un cours de cégep?
    Ce n'est pas parce qu'un enseignant au collégial complète un doctorat que ses étudiants se transforment comme par enchantement en universitaires. Les ens. au coll. d'aujourd'hui semblent entretenir des visées disciplinaires qui n'ont rien à voir avec l’enseignement au cégep. En ce qui a trait au français, par ex., le retour à l'histoire littéraire, qui remplace les cours par genres (poésie, roman, théâtre, essai), constitue en soit un discriminant social. S'il avait fallu que je digère au sortir de mon secondaire de polyvalente très ordinaire un panorama passant du Moyen Âge au XVIIIe siècle (comme c'est souvent le cas aujourd'hui), je me serais certainement découragée devant l'ampleur de mon ignorance. L’approche générique, considérée moins performante parce que ne reposant pas sur l'acquisition de connaissances de type encyclopédique, m'aura pourtant permis, à partir d'analyses structurelles mettant de l'avant des compétences non discriminatoires (parce que se révélant à travers des modes de lecture appris en classe et non sur la reconduction de lieux communs à laquelle donne souvent lieu l'histoire littéraire pratiquée à ce niveau), de me familiariser avec des textes qui m'étaient par ailleurs parfaitement étrangers. Aujourd’hui, on attend des étudiants à la fois qu'ils analysent, comparent, citent et rédigent correctement ET qu'ils fassent montre de connaissances d'ordre encyclopédique, que l'on réservait auparavant à l’université. C'est une illusion de croire que ce double défi peut être surmonté par tous. Et une autre de penser qu'il ne faut pas ajuster les exigences au niveau de chacun pour qu’il avance au lieu de se buter au mur de sa "mauvaise naissance". Pour ma part, je dis NON à une nouvelle pseudo-aristocratie - et je pratiquerai sans état d’âme la distribution des questions avant les examens, n'en déplaise à ceux qui ne savent pas comment faire de chaque évaluation une nouvelle occasion d'ap
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  • Michel Simard - Abonné
    10 juin 2011 17 h 12
    @ I. Lachance : L'approche encyclopédique
    Je ne connais pas le curriculum des cours de français actuels au collégial mais ce que vous écrivez me fait penser aux cours que je suis en ce moment à HEC-Montréal et où le par-coeur de détails sans signification réelle, compte pour plus des trois quarts de l'évaluation, mais où l'aptitude à raisonner et tirer des conclusions logiques, articulées et fondamentales est accessoire. Pour éviter l'effort de correction, les examens sont au moins aux deux tiers des choix de réponses ou des Vrai ou faux. Rien à voir avec les longues dissertations que nous devions faire à McGill en économie et, où, lorsque vous étiez doué, toutes les portes s'ouvraient, peu importe votre origine sociale. Quand j'étais à l'université de Montréal, il y avait également cette propension à citer des auteurs avec un accent de je ne sais où, et sans évidemment les comprendre. Je ne sais si c'est la manière canadienne-française, mais l'encyclopédisme, dans mon livre, est le propre des gens qui n'ont rien à dire. Peut-être est-ce une des raisons qui expliquent, avec notre très faible entrepreneuriat, que le Québec est parmi les derniers états pour ce qui est du revenu per capita.
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  • M. Prof - Inscrit
    13 juin 2011 10 h 03
    Manifeste de provocation
    Je suis enseignant dans un cégep, et ancien conseiller pédagogique. Je dois vous avouer que ce manifeste est alarmant et je doute de son utilité. On sent qu'il s'agit d'un réglement de compte entre des enseignants dépassés par des situations et une direction qui semble manquer de transparence ou qui ne communique pas bien ses intentions pédagogiques au enseignants.

    Plutôt que de laver leur linge sale devant tout le monde, les employés du Cégep de St-Hyacinthe devraient profiter de ces insatisfactions pédagogiques pour travailler en collaboration avec les conseillers pédagogiques (plutôt que de les surnommer de pédadingos) pour trouver des SOLUTIONS à leurs problèmes. Peut-être devraient-ils aussi réfléchir davantage avant d'alarmer ainsi la population...
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  • M. Prof - Inscrit
    13 juin 2011 12 h 48
    Bravo à Vincent B
    Je suis tout à fait en accord avec Vincent B, et j'aimerais faire partie de son équipe de travail pour, avec lui, faire avancer l'éducation...
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  • Isabelle Lachance - Abonné
    14 juin 2011 12 h 07
    @ M. Simard
    Ce qu’il faut évaluer, c’est la capacité des étudiants à repérer et à analyser les sources de connaissances – et donc leur capacité à douter de leurs propres préjugés et de leur conception de l’objet à l’étude. Autrement, ils ne feront que reconduire ces préconceptions, ce qui ne vaut guère mieux que de reconduire celles d’un prof. Mais montrer la voie du doute et de la méthode, c’est beaucoup moins spectaculaire que de tartiner sa grande culture aller retour. N’en déplaise aux enseignants du collégial, c’est de capacités d’analyse dont les étudiants ont besoin. C’est douloureux de voir ainsi l’histoire, la littérature, etc. objectivées pour atteindre ce but, évidemment. Mais si l’on souhaite toucher à ces disciplines pour elles-mêmes et en elles-mêmes, on le fait à l’université, un point c’est tout. Vous dites : « Quand j'étais à l'université de Montréal, il y avait également cette propension à citer des auteurs avec un accent de je ne sais où, et sans évidemment les comprendre. » On s’y croirait presque . Cela dit, l’encyclopédisme n’est pas un mal en soi; simplement, ce n’est pas l’objectif de l’enseignement collégial. En ce qui a trait à la relation entre une supposée propension nationale à la pédanterie, le défaut d’esprit d’entreprise et le revenu per capita au Québec, je crois qu’elle se fonde sur une vision un peu courte de l’histoire. Mon grand-père maternel dynamitait sur les chantiers de l’Abitibi Paper parce qu’il n’avait aucune éducation – je n’ai jamais su s’il savait véritablement lire et écrire. L’esprit d’entreprise de son vis-à-vis paternel et ses revenus devaient bien être dix fois supérieurs, mais c’était au mépris de l’éducation de ses enfants, qu’il enrôlait dans ses commerces. Résultat : on lit beaucoup, on est pauvre mais heureux et en santé d’un bord; on est riche à craquer, on est inculte et toujours malade
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