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Droits de scolarité - Une véritable ignominie

Victor-Lévy Beaulieu - Écrivain  2 avril 2011  Éducation
Pour pouvoir étudier à l’université, un grand nombre de jeunes doivent quitter la maison familiale.<br />
Photo : Université Laval
Pour pouvoir étudier à l’université, un grand nombre de jeunes doivent quitter la maison familiale.
Les étudiants ont raison de se plaindre de l'augmentation de leurs droits de scolarité: 325 $ par année pour les cinq prochaines années, c'est rien de moins qu'une aberration.



Quelles familles de la classe moyenne et quelles familles vivant sous le seuil de la pauvreté seront désormais en mesure de permettre à leurs enfants de terminer des études de plus en plus spécialisées, donc de plus en plus longues?

La ministre de l'Éducation a beau nous dire que les prêts et bourses seront augmentés en proportion de ces nouveaux droits de scolarité, il ne s'agit là que de poudre aux yeux: une majorité d'étudiants sortiront de l'université si endettés qu'il leur faudra mettre des années à rembourser le gouvernement, avec les conséquences qu'on devine déjà; des difficultés financières qui risquent de mettre en péril l'établissement de notre jeunesse, l'envie de fonder foyer et famille, au détriment de la solidarité sociale. Nous allons vivre de plus en plus dans une société du chacun-pour-soi ou à la merci des corporatismes, dont on sait de quel poids ils pèsent déjà sur le Québec.

Quelle société?

Résultat: notre société qui prône l'élitisme comme jadis l'Église prônait l'humiliation des pauvres court le risque de n'en être plus une vraiment. D'un côté, il y aura les bien nantis qui auront droit à l'éducation et, de l'autre, une partie de la population de plus en plus importante qui n'aura pas les moyens de s'instruire. On sait que c'est déjà le cas au Québec: quand les autorités universitaires ou celles des cégeps nous parlent du décrochage scolaire, elles prennent soin de ne pas nous révéler de quelles classes sociales viennent toutes celles et tous ceux qui abandonnent leurs études avant terme. On comprend leur silence là-dessus, puisqu'on devine que la grande majorité des décrocheuses et des décrocheurs sont issus des classes les moins riches de notre société.

C'est là un phénomène qui atteint particulièrement les régions: pour pouvoir étudier à l'université, un grand nombre de jeunes doivent quitter la maison familiale, prendre logement, voir à se nourrir eux-mêmes, à se vêtir eux-mêmes, à payer eux-mêmes les quelques loisirs auxquels ils ont accès. Quand vos parents vivent avec l'aide sociale ou que, par leur travail, ils n'arrivent pas à joindre les deux bouts, comment voulez-vous qu'ils puissent donner à leurs enfants ce coup de main dont ils ont besoin pour pouvoir étudier en toute sérénité?

Rapport Parent

Je connais des parents qui ont dû faire le sacrifice de leurs rentes afin de permettre à leurs filles et à leurs fils de poursuivre leurs études. J'en connais d'autres qui ont dû hypothéquer leur maison pour les mêmes raisons. Et je ne parle pas de tous ces jeunes qui sont forcés de travailler, et pas seulement à mi-temps, parce qu'autrement ils se retrouveraient dans la misère noire.

Est-ce normal qu'une société, dans un monde qui se construit sur le savoir et la connaissance, ne comprenne même pas ces évidences?

J'étais étudiant à l'école secondaire lorsqu'on préparait ce qui allait devenir le rapport Parent, dont on attendait mer et monde. Sixième d'une famille de 13 enfants dont le père était simple moniteur à l'asile du Mont-Providence, mon seul espoir, comme celui de tant de mes camarades, était que les études supérieures soient accessibles à tous, aux riches comme aux pauvres. Mais ce ne fut pas vraiment le cas: je me retrouvai commis dans une banque, mes camarades, concierges, laveurs de vitres, employés de la construction, etc. Comme du temps des collèges dits classiques, seuls les déjà nantis et les nouveaux parvenus avaient les moyens d'envoyer leurs enfants à l'université.

Il me semble qu'on en est toujours là aujourd'hui. Quand on sait ce qu'est devenue notre élite, un grand frisson me secoue aussitôt que je pense que ce seront les filles et les garçons de cette élite-là, veule, suffisante, arrogante et souvent corrompue, qui géreront le Québec de demain.

N'est-ce pas absolument désespérant?

***

Victor-Lévy Beaulieu - Écrivain
 
 
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  • Paul Dawson - Inscrit
    2 avril 2011 00 h 18
    Oui!
    Monsieur Beaulieu. Oui! Désespérant.

    Tous des apprentis commercants. De l'admission à la certification.
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  • Victor Beauchesne - Abonné
    2 avril 2011 08 h 26
    mauvais exemple
    M. Beaulieu a raison, la scolarité devrait être gratuite pour tous.


    Sauf que la politique de minimiser les frais scolaires conduit aussi à des effets pervers. Nos universités sont sous financées elles prennent du recul constamment. Le taux de réussite universitaire n'a aucun lien avec les frais de scolarité, comment expliquer que la Nouvelle Écosse avec les frais les plus élevés au Canada ( le triple de ceux du Québec)a aussi le taux de scolarité universitaire le plus élevé et qu'au Québec c'est exactement le contraire.

    M. Beaulieu parle des difficultés des enfants issus de grandes familles alors que le taux de fécondité au Québec est bien en dessous du seuil de remplacement. Il cite le cas des enfants issus des régions dont les parents vivent de l'assistance sociale comme si cette situation était normale, courante et surtout permanente. Il se sert de l'exemple de ces mêmes familles pour décrier les difficultés à fonder foyer dont leurs propres enfants auraient à leur tour.

    Il décrie l'élite pour justifier une politique populiste mais sans jamais soulever les coûts, la dette, les priorités budgétaires. Aussi bien réclamer la bière gratuite aussi.
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  • alen - Inscrit
    2 avril 2011 09 h 44
    Oui, nos universités sont sous-financées...
    ... Oui, notre système de santé est sous-financé. Oui notre système d'éducation est sous-financé. Mais il est faux de prétendre que c'est le résultât d'une sous-tarification chronique.

    Nos prédécesseurs, dans le temps, ont accepté un impôt plus élevé pour démocratiser l'une comme l'autre et c'est cet effort qui est en train de s'effriter, en particulier celui qui était demandé aux grandes entreprises, premières bénéficiaires d'ailleurs de l'instruction des Québécois.

    C'est de l'hypocrisie à son meilleur que de crier au sous-financement des université et baisser les impôts en même temps.
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  • Pilz Groznan - Inscrite
    2 avril 2011 09 h 47
    Une société incapable de penser
    Les sciences humaines et les arts seront les grands perdants de cette mesure. En effet, avec des prêts aussi difficiles à rembourser, qui ira étudier dans des "domaines qui ne rapportent pas"? Le résultat : une société avec moins d'artistes et de penseurs....
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  • Marc-Antoine Daneau - Abonné
    2 avril 2011 10 h 14
    Observation
    La loi et l'offre et de la demande est plutôt très clair : si on augmente le prix, la quantité demandée diminue.
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  • François Fortin - Inscrit
    2 avril 2011 10 h 14
    Woo hoo!!De la bière gratuite!!
    @ victor beauchesne : À mauvais exemple, mauvais exemple...

    La Nouvelle-Écosse a les frais de scolarité les plus élevé au Canada, mais dans les dernières années la province a gelé les frais et même commencée à les diminuer...

    Et que veut dire : « taux de scolarité universitaire le plus élevé » ??
    La plus grande fréquentation ? Le plus grand taux de diplomation ? Faudrait préciser...

    En ce qui à trait aux comparaisons, j'aimerais juste rappeler que ce n'est pas notre province qui est dans le champs avec les frais les moins élevés, ce sont tous les autres états avec leurs frais trop élevés qui le sont...
    Pourquoi ne peut-on pas être fier de nos acquis ?

    Mais bon je l'avoue je suis moi-même un étudiant, donc j'ai un point de vue beaucoup trop biaisé sur le sujet alors vous pouvez faire comme si je n'avais rien dit... je retourne à ma bière...
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  • Françoise Maertens - Inscrite
    2 avril 2011 10 h 13
    Une société qui se désolidarise
    Je suis tout à fait d'acoord avec VLB! Quels parents pourront aider leurs enfants à étudier DANS DE BONNES CONDITIONS???????Car là est la question aussi!!! Est-ce que l'on peut se consacrer à ses études quand il faut travailler à mi-temps ou à temps plein pour pouvoir vivre le temps des études??? Qules sont ceux qui pourront étudier tranquillement dans leur cocon doré???? Toujours les mêmes!
    POURQUOI LES ÉTUDES PRIMAIRES ET SECONDAIRES SONT-ELLES GRATUITES ET QU'ENSUITE, TOUT À COUP, LES ÉTUDES NE LE SERAIENT PLUS??? Je ne comprends pas ce choix de société. Dans les pays nordiques (Finlande notamment) et en France, les études universitaires sont gratuites. POurquoi pas ici? Pourquoi faudrait-il suivre le modèle nord-américain qui est si anti-social? Nous pouvons marquer notre refus d'un modèle de société en faisant d'autres choix que de toujours comparer aux autres universités nord-américaines.
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  • alen - Inscrit
    2 avril 2011 11 h 08
    On a oublié les valeurs de la classe moyenne
    Ça m'apparait de plus en plus évident. On abandonne les valeurs de la classe moyenne, santé, éducation, solidarité, ... au profit de celles plus anciennes de l'élitisme... Cela je peux toujours arriver à le comprendre.

    Je n'arrive pas par contre à saisir comment on arrive à vendre ça à la classe moyenne en prétendant que c'est pour elle qu'on fait çà.
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  • France Marcotte - Abonnée
    2 avril 2011 11 h 37
    Un son de cloche grave comme celui du bourdon
    Il n'y a que notre (seul?) grand écrivain pour se faire entendre ainsi.
    Il est lui-même enfant des couches humbles, il peut comprendre et il relie ensemble les bouts de ficelle qui pendouillent, savamment ignorées.
    "Quand on sait ce qu'est devenue notre élite, un grand frisson me secoue aussitôt que je pense que ce seront les filles et les garçons de cette élite-là, veule, suffisante, arrogante et souvent corrompue, qui géreront le Québec de demain", dit-il.
    Étant humbles, on n'y avait pas pensé.
    C'est le meilleur du Québec qui est menacé.
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  • JAMAIS UN QUeBEC PAYS - Inscrit
    2 avril 2011 12 h 50
    Choix de société!
    Nous ne sommes pas dans un pays socialiste, notre choix de société a été fait il y a longtemps, donc NON à la gratuité absolut à l'université. Pour ce qui est des frais de scolarité, il devraient être au niveau de la moyenne canadienne. Cela n'est pas un problème partout au Canada et ne fait pas obstacle aux études. Pourquoi il en serait différent ici? Sommes nous plus cave?
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  • Roland Berger - Abonné
    2 avril 2011 15 h 12
    Transfert salvateur
    Jean Charest n'aurait qu'à utiliser les centaines de millions de dollars qu'il laisse tomber dans les poches de ses amis de la construction et à assurer la gratuité scolaire de la maternelle à l'université, tel que le souhaitait son parti sous la gouverne de Jean Lesage. Mais que d'appuis financiers son parti subirait.
    Roland Berger
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  • Michele - Inscrite
    2 avril 2011 15 h 43
    Pour un réajustement de la social-démocratie
    La popularité des services privés payants me semble être un indice que pour certains les taxes ne sont pas assez élevées. Plutôt que d'imposer des frais de scolarité à tous les élèves pourquoi ne pas revoir notre système de taxation, tel qu'appliqué dans le monde scolaire ?

    M.Poupore
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  • christinel - Inscrit
    2 avril 2011 18 h 08
    droit de scolarité pour TOUS
    Oui M. Beaulieu, je suis d'accord avec vous.
    Les études collégiales et universitaires doit être accessibles pour tous peu importe nos origines modestes.
    De plus, il est souhaitable pour la société que des indivus de la classe moyenne ou pauvre puissent développer leur potentiel dans des études universitaires et rejoindre l'élite qui nous gouverne car ils ont la mémoire des plus démunis.
    J'en ai des frissons moi aussi à penser que seulement les plus riches auraient accès aux études supérieures pour ensuite nous gouverner selon leur vision du monde. Vision égoïste du toujours plus pour moi servi sur un plateau du bien paraître sans aucune considération pour l'être humain qui a eu une naissance modeste.
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  • Pierre François Gagnon - Inscrit
    3 avril 2011 11 h 21
    L'exemple scandinave...
    On ne le répétera jamais assez: le Québec plafonne et étouffe au Canada, en proie au colonialisme ultra-droitiste nord-américain qui n'a rien à voir avec les vrais défis et enjeux pour l'Avenir qui se posent à nous dès à présent! On a brisé l'élan de la Révolution tranquille, elle aurait due, au bout de la logique naturelle, nous mener jusqu'au Pays!...

    Il n'y a en fait pas la moindre raison de ne pas nous fixer comme objectif de société, d'égaler et même de dépasser la Scandinavie en matière de programmes sociaux et de politique d'éducation.

    Là-bas, je signale que loin de pousser leurs étudiants à l'endettement monstre, ils ont instauré le salariat étudiant! L'accessibilité y est universelle et gratuite de la maternelle à l'université.

    Voilà le modèle à suivre d'urgence! Nous pouvons nous donner les moyens de faire aussi bien sinon bien mieux qu'eux! Nous pouvons devenir les meilleurs au monde!
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  •  
  • Marco - Inscrit
    3 avril 2011 14 h 15
    Un peu de nuance...
    L'élite que l'on connaît maintenant est-elle plus arrogante et plus corrompue que celle qui prévalait avant ou depuis ce fameux Rapport Parent? Pourtant, cette même élite a émergé au moment même où la "Beat Generation" le Flower Power, les grands mouvements contestataires étudiants, les communes, au moment même où cette soit disant "révolution" des mœurs, des idées et des mentalités prenait naissance ou battait son plein!!

    Bien sûr..., à première vue, on pourrait croire que tout était pire à une époque de plus grande noirceur. Mais quand on regarde cette élite qui occupe les postes de décisions, celle qui détient le pouvoir politique, aujourd'hui, on se rend compte que ce sont ces mêmes personnes à qui ce fameux Rapport Parent a ouvert les portes (à une éducation de qualite et à la portée de tous) ainsi qu'aux universités à bas prix auxquelles on a accès depuis les années 60... Curieux!!

    L'accès gratuit à l'université ou à tout ce que l'on a obtenu sans faire d'efforts risque inévitablement d'installer chez certains(es) qui ont pu profiter de leurs bienfaits et avantages un certain confort, une certaine indifférence ou un engourdissement progressif du sens de cette valeur qu'est le partage du patrimoine collectif. On le constate aujourd'hui, lorsqu'on considère où nos élus placent les priorités.

    Ne pas savoir reconnaître la juste valeur des institutions éducatives en place, de celles qui ont été bâties grâce aux sacrifices d'une certaine "élite" intellectuelle et religieuse (soit dit en passant!!) et continuer de vouloir obtenir "tout cuit dans le bec" contribue à renforcer cette impression fausse et malsaine que tout nous est dû et empêche de considérer les efforts qu'il faut faire pour atteindre un idéal.

    Marc Ste-Marie, Québec.
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  •  
  • Marcel Bernier - Inscrit
    3 avril 2011 16 h 02
    L'éducation... un droit
    Pour la gratuité de la scolarité, de la maternelle à l'université et pour l'effort du gouvernement de financer le système scolaire de façon appropriée.
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  • Marco - Inscrit
    3 avril 2011 16 h 46
    Un peu de nuances...
    L'élite que l'on connaît maintenant est-elle plus arrogante et plus corrompue que celle qui prévalait avant ou depuis ce fameux Rapport Parent? Pourtant, cette élite a émergé au moment même où la "Beat Generation" le Flower Power, les grands mouvements contestataires étudiants, les communes, au moment où cette soit disant "révolution" des mœurs, des idées et des mentalités prenait naissance ou battait son plein!!

    Bien sûr..., à première vue, on pourrait croire que tout était pire à une époque de plus grande noirceur. Mais quand on regarde cette élite qui occupe les postes de décisions, celle qui détient le pouvoir politique, aujourd'hui, on se rend compte que ce sont ces mêmes personnes à qui ce fameux Rapport Parent a ouvert les portes (à une éducation de qualite et à la portée de tous) ainsi qu'aux universités à bas prix auxquelles on a accès depuis les années 60... Curieux!!

    L'accès gratuit à l'université ou à tout ce que l'on a obtenu sans faire d'efforts risque inévitablement d'installer chez certains(es) qui ont pu profiter de leurs bienfaits et avantages, un certain confort, une certaine indifférence ou un engourdissement progressif du sens du partage de ce qu’on appelle le patrimoine collectif. On le constate aujourd'hui, lorsqu'on considère où nos élus placent les priorités. De même que les priorités de nos grandes centrales syndicales.

    Ne pas savoir reconnaître la valeur des institutions éducatives en place qui ont été bâties grâce aux sacrifices d'une certaine "élite" intellectuelle et religieuse (soit dit en passant!!) et continuer de vouloir obtenir "tout cuit dans le bec" contribue à renforcer cette impression fausse et malsaine que tout nous est dû et empêche de considérer les efforts qu'il faut faire pour atteindre un idéal.
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  • Marco - Inscrit
    3 avril 2011 18 h 15
    De cette désespérance qui nous aveugle, nous paralyse et nous retarde...
    La gratuité en tout, pas plus que l'accès à l'université à rabais, n'est gage du redressement ou de l'émergence souhaitable d'une certaine conscience sociale ni d'une quelconque forme d'engagement communautaire qui en découle... Car les profiteurs chroniques sont de toute génération et de toute provenance. Qu'ils appartiennent à une certaine élite bien pensante (patronale ou syndicale) ou qu'ils appartiennent au commun des mortels.

    Tous les vices et toutes les vertus sont inscrites au coeur de la nature humaine et s’y manifestent occasionnellement quand certaines circonstances y sont favorables!! Nous en sommes là… Tout est donc bien loin d’être parfait! Mais reconnaissant ce fait, faut-il pour autant sombrer dans cette sorte de désespérance tellement préjudiciable à notre propre avancement, individuel et collectif?!...

    Marc Ste-Marie
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  • Marc O. Rainville - Inscrit
    4 avril 2011 15 h 49
    Salaire étudiant
    Je suis pour le salaire étudiant. Pour le financer, qu'on coupe dans les bonis des administrateurs d'institutions d'enseignement et des fonctionnaires du Ministère de l'Éducation. Qu'on coupe également dans les comptes de dépenses des mêmes parasites.
    Apportez votre boîte à lunch comme tout le monde !
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  • Julie G - Inscrit
    7 avril 2011 22 h 09
    Cercle vicieux
    Plus les frais de scolarité augmentent, plus il y a de riches dans les universités, donc plus le gouvernement peut hausser les frais sans que personne ne s'y oppose... Fallait y penser.

    De plus en plus, les écoles publiques font la promotion des DEP auprès de leurs élèves, alors que les écoles privées valorisent la formation universitaire. Tout le système est conçu pour orienter les pauvres vers une instruction moindre et les riches vers des études supérieures.

    Le reste du Canada, un modèle à suivre ? Vraiment ?
    Dans les autres provinces canadiennes où les frais de scolarité ont augmenté de façon significative, le taux d'inscriptions n'a pas diminué, mais c'est la proportion d'étudiants issus de familles pauvres qui a chuté. C'est ce qui nous attend : des riches moins performants qui volent la place des pauvres qui ont de meilleurs résultats scolaires, mais qui n'ont pas les moyens de s'endetter de 20 000 $ et plus.

    Pourquoi ne pas hausser les exigences académiques des universités plutôt que de hausser les frais de scolarité ?

    Le gouvernement libéral (avec l'appui tacite des autres partis, qui sont bien contents de ne pas avoir à prendre cette décision) est en train de créer deux classes de citoyens, ceux qui ont accès à l'éducation et ceux qui n'y ont pas accès.

    Est-ce cela que l'on souhaite pour notre société ?
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  • Julie G - Inscrit
    7 avril 2011 22 h 25
    Qui profite du savoir des universitaires ?
    «Les étudiants aussi vont devoir faire leur part», a affirmé M. Bachand pour justifier la hausse envisagée des frais de scolarité (qui a déjà commencé, soit dit en passant).

    Mais dites-moi, M. Bachand, à qui profite réellement le savoir des diplômés universitaires (médecins, ingénieurs, philosophes, physiothérapeutes, pharmaciens, architectes, comptables, avocats, enseignants...) ?

    TOUS les citoyens de la société québécoise bénéficient de ce savoir collectif, d'une façon ou d'une autre. Est-ce égoïste de la part des étudiants de vouloir contribuer à faire progresser leur société ? N'est-ce pas logiquement la société qui devrait payer pour l'éducation de sa jeunesse ?

    NOUS LA FAISONS DÉJÀ, NOTRE PART, M. BACHAND. Nous faisons plusieurs sacrifices pour nous payer une éducation dont profitera toute la société. Et vous, avec vos mesures néolibérales, vous sabotez tous nos efforts.
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  • Michelle Bergeron - Abonné
    15 avril 2011 02 h 28
    Bravo pour cet article!

    Nos grands penseurs sont décrochés totalement de la réalité.
    "Oui, nos universités sont sous-financées..." c'est la raison des primes? ou du développement comme la Rive-Sud pour Sherbrooke? ou du béton? comme le projet vert de l'université Laval pour la construction de prof à la retraite d'étudiants et autres, terrain de sport?, 65 millions pour les étudiants étranger à Mc Gill? etc.Ou des dépenses pour les réunionites même à l'étranger pour certains la valse des dépenses sans limite et éthique.
    L'enseignement ne doit t'elle pas être la priorité. Peut-on baisser les salaires de ceux qui dirigent afin que la valeur de l'argent soit comprise par ceux qui sont en poste un peu partout, payer par nous tous ou ceux qui prennent la parole publiquement pour faire connaître leur opinion déconnectés de la réalité financière des capacités de payer.
    Encore la classe moyenne qui paye les frais de tous ces incompétents. Il y a quelques année (études à l'extérieur du milieu familial) un jeune d'une famille de 3 avec la sécurité du revenu recevait 2500 en prêt et 5000 en bourse, celui d'une famille de 4 ayant comme salaire 28000/an recevait un prêt de 2500 sans bourse. J'imagine avec les hausse depuis quelques années aussi bien dire que les études post secondaire ne sont plus pour la classe moyenne.
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  • Discret - Inscrit
    17 avril 2011 10 h 31
    La social-démocratie au Québec est devenu une foutaise
    Annoncer l'augmentation des droits de scolarité la même année où l'augmentation de la TVQ de 1%? entre en vigueur est d'un cynisme tout à fait à l'image de ce gouvernement de droite et anti-démocratique.

    Nous vivons dans un des pays où les citoyens sont parmi les plus taxés au monde. Je l'ai toujours accepté parce que cela était le prix à payer pour faire vivre la social-démocratie, à laquelle je crois dur comme fer, et la justice et l'égalité. Mais aujourd'hui, qu'en est-il? Les taxes augmentent, les impôts augmentent, les prix à la consommation augmentent, les contraventions augmentent, les loyers augmentent, l'essence augmente, mais on n'a plus rien en retour. Plus de santé, plus de culture, plus d'infrastructures (ah, les routes à Charest, les rues à Tremblay!), et bientôt plus d'éducation. Avant longtemps, seuls les riches pourront aller au théâtre, se faire soigner et faire éduquer leurs enfants.

    Si nous laissons faire encore longtemps les Charest, Bachand et Tremblay de ce monde, sans parler des Harper, nous allons nous réveiller dans une province qui ressemblera comme deux gouttes d'eau aux États-Unis que voudraient voir les Républicains les plus conservateurs, le Tea Party, les Glenn Beck, les Michele Bachman et les Donald Trump. Un pays où les moins nantis n'auront plus qu'à crever.

    Que Bachand ose essayer ça en France. Il va se retourver avec des manifs monstres, et une grève générale. Qu'attendons-nous? Réveillons-nous! Dans la rue!
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  • Louise Hurteau - Abonnée
    17 avril 2011 15 h 57
    @ discret
    Beau plaidoyer - et j'abonde dans le même sens.

    Personnellement, je suis d'avis que les politiques de nos élus depuis 30 ans ont été des politiques de court-terme qui nous ont conduit sur les bords d'un gouffre économique. Les résultats très prévisibles que nous vivons aujourd'hui en sont la preuve indirecte. Ils ont permis l'exportation des jobs manufacturières, ces salaires moyens qui ont fait vivre notre économie pendant des décennies, vers des pays tel la Chine, ou l'Inde sans regard à l'impact économique long terme sur nos pays.

    Tous ces DAS (déductions à la source) que payaient ces travailleurs syndiqués de la classe moyenne sont disparus en grand nombre et toutes ces corporations qui ont exporté les jobs vers l'extérieur qui ne paient quasi pas d'impôt, se cachant dans des hâvres fiscaux, conduisent les pays industrialisés vers un dilemme économique et sociétal inquiétant.

    Pour le Canada:

    En 1989, le salaire moyen était de 32 400
    En 2008, le salaire moyen passait à 36 800

    Pour le familial :

    1989: 76 200
    2008: 82 800 (augmentation de 6.6% sur 20 ans)

    Source Statistique Canada

    Je pense que l'on peut convenir que tous les services et commodité, logement, immobilier et nourriture ont augmenté de beaucoup plus en 20 ans.

    Par exemple:

    pâte à dentifrice 100ml, de 1$ à 1.65 soit 65%,
    prix moyen des maisons de 130 000 en 1989 à 320 000$ aujourd'hui soit une augmentation d'autour 150%, soit 4 x le salaire familial moyen pour 2011 versus 2 fois le salaire familial moyen pour 1989.

    En fait seule les télévisions, ordinateurs, etc.. (éléments de luxe fabriqués en Chine) qui maintiennent un ratio acceptable et on s'entend, ils ne se mangent pas, ne réchauffent pas ni n'offre un toit.
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