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MBA à 30 000 $ - Québec punit McGill

La ministre Beauchamp réduit de deux millions la subvention de l'Université

Lisa-Marie Gervais   15 mars 2011  Éducation
Line Beauchamp<br />
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Line Beauchamp
Parce que l'Université McGill enfreint les règles budgétaires en offrant un MBA à 30 000 $, Québec a finalement décidé de sévir en amputant sa subvention de deux millions de dollars. La ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, dit avoir ainsi puni l'Université parce que cette dernière contrevient non seulement aux règles budgétaires en vigueur, mais également au principe d'accessibilité aux études. «La décision a été prise sur la base du principe que nous voulons protéger l'accessibilité des études au Québec. Nous avons fait le calcul à partir du nombre d'étudiants, déterminé en fonction des chiffres des dernières années, qui n'ont pas pu s'inscrire parce que le MBA était à 30 000 $», a expliqué la ministre.

Plus précisément, McGill verra sa subvention amputée de 2 011 719 $ pour l'année 2010-2011. Sans fournir les détails de son calcul, le ministère a évalué que ce montant aurait été celui que l'Université se serait vu accorder pour un an pour former 200 étudiants qui auraient pu s'inscrire dans le programme ordinaire si les droits de scolarité permis (environ 1700 $) avaient été maintenus. La pénalité comprend aussi le montant de la subvention gouvernementale par personne pour les 57 étudiants inscrits au MBA depuis l'automne dernier.

Cet ajustement à la baisse sera appliqué jusqu'à ce que la situation soit régularisée, mais à condition que cette réduction de la subvention n'ait pas d'effet sur la qualité des services offerts aux étudiants, a fait savoir la ministre Beauchamp. Si Québec retire 2 millions à l'Université McGill et que celle-ci engrange près de 1,7 million (en exigeant environ 30 000 $ de ses 57 étudiants inscrits), est-ce à dire que le budget de l'Université est dans le rouge de 300 000 $? Suffirait-il à McGill de hausser ses droits de scolarité pour combler ce déficit? L'Université McGill n'a pas voulu faire connaître ses intentions hier et a indiqué qu'elle réagirait aujourd'hui à cette décision. Sur le site Internet de McGill, le MBA pour l'année 2011-2012 est déjà annoncé à 32 500 $.

Quant à la ministre, elle avait déjà expliqué, en entrevue au Devoir, que McGill avait la possibilité de fixer à sa guise le montant des droits de scolarité de son MBA, pourvu que celui-ci devienne un vrai programme spécialisé «qui se différencie nettement de ce que doit être un MBA régulier». «[L'Université] aurait alors la capacité d'imposer des droits de scolarité, car elle aurait une clientèle spécifique, dans une cohorte spécifique», avait expliqué Mme Beauchamp, en citant l'exemple du E-MBA (executive MBA), que McGill offre conjointement avec HEC Montréal.

«Il était temps»

Selon le président de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), Louis-Philippe Savoie, la pénalité s'est trop fait attendre. «Il était temps. Ça fait un an et demi que l'annonce a été faite, a-t-il souligné. Cela dit, il va falloir voir si la pénalité imposée va faire reculer McGill. Actuellement, ça ne semble pas être le cas.»

M. Savoie demeure très sceptique à l'égard des intentions du gouvernement du Québec. «Si l'Université ne rentre pas dans le rang et n'agit pas comme toutes les universités québécoises, le gouvernement du Québec doit être conséquent et appliquer une pénalité supplémentaire à McGill, a-t-il soutenu. Ce que le gouvernement veut faire, ce n'est pas faire reculer McGill, mais faire une opération de relations publiques. La meilleure preuve, c'est que le programme est maintenant déréglementé.»

À l'heure actuelle, le MBA de McGill est effectivement reconnu comme étant «autofinancé» par l'Aide financière aux études (AFE). C'est d'ailleurs en vertu de ce prétexte que le président de l'Association des étudiants au MBA de McGill, Pat Tenneriello, s'est finalement vu refuser le droit d'avoir des bourses. L'AFE lui a plutôt donné accès à des prêts, mais d'une valeur moindre que celle promise au départ. Une vingtaine d'étudiants du programme se sont trouvés dans la même situation.

Aux yeux du gouvernement, le programme est considéré comme étant «en faute». Les étudiants devaient aussi le savoir. «Il est impossible pour le gouvernement de reconnaître comme régulier un programme où l'on paie 30 000 $ en droits de scolarité. [...] Lorsqu'un étudiant s'inscrit, très clairement, il sait qu'il s'inscrit à un programme à 30 000 $», a conclu la ministre Beauchamp.
 
 
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  • Michel Simard - Abonné
    15 mars 2011 00 h 52
    Et les autres universités ?
    McGill n'est pas la seule avec des programmes de MBA à prix prohibitifs. HEC et John-Molson à Concordia ont des tarifications similaires.
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  • Michele - Inscrite
    15 mars 2011 08 h 26
    Le primaire et le secondaire?
    Quand la ministre se penchera-t-elle sur les frais exigés au primaire et secondaire?

    M.Poupore
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  • Roland Berger - Abonné
    15 mars 2011 08 h 33
    Oui, très, très important
    Oui, Madame la Ministre, il est très, très important de garantir l'accessibilité au MBA de... McGill.
    Roland Berger
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  • François St-Pierre - Abonné
    15 mars 2011 09 h 01
    Ironique, tout de même
    Une institution du Québec développe un programme d'une qualité telle que les étudiants sont disposés à payer une forte surprime pour y participer. Mais plutôt que de reprendre leur recette, on ne pense qu'à pénaliser ses concepteurs. Est-ce ainsi qu'on songe encourager les universités à être plus performantes?
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  • Franfeluche - Abonné
    15 mars 2011 09 h 26
    Je ne serais pas surpris
    Je ne serais pas surpris que, malgré la prise de position du gouvernement, l'Université McGill continue d'exiger des droits de scolarité de 30 000$ et plus.
    Il est fort possible que ce manque à gagner de 2 millions soit récupéré ailleurs.
    En effet, il y aura sans doute des généreux donateurs qui ont intérêt à démantibuler tout ce qui s'appelle public et État. Ou encore, il y le manège du programme spécialisé dans le genre Executive MBA.
    Cette hausse vertigineuse des frais de scolarité fera boule de neige puisque les autres universités devront aller dans le même sens si elles veulent être compétitrices. En effet, si je me fie à ce que dit M. Michel Simard, c'est déjà commencer. Après le MBA, ce sera d'autres facultés comme la médecine par exemple.
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  • Claude Archambault - Inscrit
    15 mars 2011 12 h 20
    Il est bien ainsi
    Pourquoi dépenser de l'argent du publique pour des programme très spécialisé et qui de toute façon ne sont pas grand publique. Rien dans la loi de l'instruction dit que l'éducation supérieur doit être gratuite. Le primaire, le secondaire; oui au CEGEP il devrait y avoir certain frais, disons 30% du cout réel, au Bac 60% et pour la maitrise et le doctorat alors cela devrait être 100% Parce qu'avec son bac on peu très bien gagner sa vie et accumuler un peu pour se payer les autres études.
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  • dawson sacha - Inscrit
    15 mars 2011 14 h 56
    Go McGill Go
    Je salut l'initiative courageuse de McGill.

    Que disent les autres: Accessibilté! qui veut avoir accès aux bancs d`une institution médiocre et finir par souffrir pour obtenir une job. Partout dans le monde les parents sont prêt a supporter leur enfants pour qu'ils obtiennent une éducation décente. Je parle ici des premières année et même au premier cycle universitaire. Après ce sont les étudiants de se prendre en charge.

    Quelle anecdote: donner l'accessibilité à des 27-32ans qui ont déjà un Bac en poche 2-5ans d'experience et le potentiel de gagner apres leur MBA $80 000-$100 000.

    Plus McGill est connu de part le monde en plus de son école de Business. La réputation a son prix car sa ouvre des portes.

    Donc je propose que McGill charge $70 000 au lieu de 65 000. Harvard c est 100 000. Rotman UofT 75 000. Queens 65 000 Ivey 68 000 Schulish 57 000. C est du MBA qu on parle qui est pour une certaine clientele.

    Je propose aussi à Quebec de trouver un autre nom pour son education en affaire.Pour quoi pas MGA maitrise en gestion des affaire.

    Le MBA ca coute. meme en france c est cher de se faire un MBA `l'INSEAD meme chose a la London Business School en UK. Meme chose en chine .... Sauf au quebec qui choisi de rester mediocre sous le pretexte de l accessibilite pour des etudiant deja pas dans le besoin et qui vont certainement faire beaucoup d'argent...VIVE LE QUEBEC LIBRE
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  •  
  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné
    15 mars 2011 18 h 45
    La “règle de trois”
    La “règle de trois” devrait s’appliquer aussi au financement des universités anglophones du Québec. Celles-ci sont actuellement subventionnées au triple de la proportion de vrais anglophones au Québec.

    Il existe au Québec un scandale systémique et récurrent : alors que la population anglophone du Québec est de moins de 10 % de la population totale, les universités anglophones du Québec reçoivent 26 % des subventions gouvernementales. Ce qui revient à dire que les universités francophones ne reçoivent pas la juste part qu'elles devraient avoir. Le Québec finance lui-même son assimilation à l'anglais.

    Pour une question de justice envers la majorité, il est grand temps que le réseau d'enseignement anglophone au Québec ne soit subventionné qu'au prorata de la proportion de véritables anglophones au Québec, et ce à tous les niveaux : primaire, secondaire, et surtout aux niveaux collégial et universitaire.
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  •  
  • dawson sacha - Inscrit
    16 mars 2011 14 h 16
    MBA Cher? comment vous dites
    ...
    ...
    ...
    HEC Paris le MBA coute: 45,000 Euro
    INSEAD Paris-Singapour: 56,000Euro
    LBS london UK: 54,000 livres sterling
    ...
    l'annee
    ...
    Combien vous dite HEC Montreal ???
    ...
    ...
    ...
    Aretez SVP vos "clownerie"
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  •  
  • Stephanie Bouchard - Inscrit
    29 mars 2011 12 h 59
    Quel est le véritable débat, ici?
    Je ne crois pas que la question est à savoir si c'est cher ou non, mais de si payer plus cher que ce qui est offert par la moyenne des programmes du même cycles ou équivalents va vraiment former de meilleurs professionnels? Il n'y a absolument rien qui prouve que de payer plus cher va vraiment former une élite intellectuelle. C'est pas ce qu'il y a dans vos poches qui va vous permettre d'acquérir de l'esprit critique, car ÇA, c'est la véritable voie pour cultiver son cerveau.

    Comparer notre système d'éducation avec celui de d'autres pays, c'est un argument franchement bas puisqu'on a pas les mêmes réalités. Ici, on est de gauche. On veut tendre vers autre chose que le don de nos universités au mains des élites économiques, parce que je le répète, l'argent achète bien des choses mais pas la performance académique.
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