Coalition pour l'avenir du Québec - Le milieu de l'éducation attend les précisions de Legault
Même si elle fait de l'éducation sa «priorité absolue», la Coalition pour l'avenir du Québec (CAQ) devra mieux expliquer ses orientations pour rallier les acteurs-clés du milieu.
Elle peut néanmoins déjà compter sur le soutien de la présidente de la Fédération québécoise des directions d'établissement d'enseignement, Chantal Longpré, qui a annoncé hier qu'elle se joignait à la CAQ. D'ailleurs, elle ne ferme pas la porte à une éventuelle implication politique si le mouvement lancé par François Legault et Charles Sirois se métamorphose à terme en parti. «J'y réfléchis, la porte n'est pas complètement fermée, car si, pour faire avancer la cause des élèves, il faut faire le saut, je le ferai», affirme-t-elle. Mme Longpré accueille évidemment favorablement la proposition de «donner à l'école les moyens de jouer le rôle qui lui revient».
À cet égard, la présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec, Josée Bouchard, exige d'avoir l'heure juste concernant notamment l'avenir des commissions scolaires. «Je ne suis pas en mode panique, mais il faut qu'on réponde à nos questions», a-t-elle dit. «Ils disent qu'il y a trop de bureaucratie, ils disent qu'il y a trop de redditions de compte. Donc, si les écoles deviennent plus autonomes, comment vont-elles gérer tout ça?»
Le professeur Claude Lessard, qui est membre du Centre de recherche interuniversitaire sur la formation et la profession enseignante, ne voit rien de nouveau dans le manifeste de la CAQ. Selon lui, M. Legault reprend l'idée des contrats de performances qu'il avait lui-même tenté de mettre en place il y a dix ans, alors qu'il était ministre de l'Éducation (1998-2002).
Le salaire
Quant à la proposition d'augmenter le salaire des enseignants, M. Lessard indique qu'il n'existe pas d'études, à sa connaissance, qui établisse une corrélation entre une telle hausse et l'engagement dans la profession. «Certains vous diraient que ça attirerait davantage d'hommes. C'est une hypothèse», note-t-il. Il croit somme toute que cette augmentation ne serait que symbolique. «S'il est vrai que les écoles des milieux défavorisés connaissent beaucoup d'instabilité de personnel, pour retenir ces gens et valoriser leur travail, je leur donnerais une plus grande augmentation que [les autres enseignants], ça enverrait un message», propose-t-il.
La vision axée sur la performance de la CAQ est en ligne directe avec la gestion axée sur les résultats et les dérives du système d'éducation, déplore pour sa part la Centrale des syndicats du Québec (CSQ). «Nous sommes à même de constater, aujourd'hui, que les plans de réussite mis de l'avant par M. Legault, alors ministre, n'ont donné aucun résultat sur la diplomation qui stagne toujours à 70 % depuis 20 ans. Pourquoi nous propose-t-il de poursuivre sur cette même voie qui ne fonctionne pas?», souligne le président de la CSQ, Réjean Parent.
Au niveau postsecondaire, les étudiants craignent que «répartir de manière plus équitable [la facture] entre l'État et les étudiants» signifie une hausse pour ces derniers. «La proposition de la Coalition équivaut à poursuivre et accentuer la politique actuelle de hausse des frais de scolarité pour s'approcher du modèle canadien, ce qui a eu pour effet d'évacuer les étudiants les plus démunis des bancs d'école», craint le président de la Fédération étudiante universitaire du Québec, Louis-Philippe Savoie.
Elle peut néanmoins déjà compter sur le soutien de la présidente de la Fédération québécoise des directions d'établissement d'enseignement, Chantal Longpré, qui a annoncé hier qu'elle se joignait à la CAQ. D'ailleurs, elle ne ferme pas la porte à une éventuelle implication politique si le mouvement lancé par François Legault et Charles Sirois se métamorphose à terme en parti. «J'y réfléchis, la porte n'est pas complètement fermée, car si, pour faire avancer la cause des élèves, il faut faire le saut, je le ferai», affirme-t-elle. Mme Longpré accueille évidemment favorablement la proposition de «donner à l'école les moyens de jouer le rôle qui lui revient».
À cet égard, la présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec, Josée Bouchard, exige d'avoir l'heure juste concernant notamment l'avenir des commissions scolaires. «Je ne suis pas en mode panique, mais il faut qu'on réponde à nos questions», a-t-elle dit. «Ils disent qu'il y a trop de bureaucratie, ils disent qu'il y a trop de redditions de compte. Donc, si les écoles deviennent plus autonomes, comment vont-elles gérer tout ça?»
Le professeur Claude Lessard, qui est membre du Centre de recherche interuniversitaire sur la formation et la profession enseignante, ne voit rien de nouveau dans le manifeste de la CAQ. Selon lui, M. Legault reprend l'idée des contrats de performances qu'il avait lui-même tenté de mettre en place il y a dix ans, alors qu'il était ministre de l'Éducation (1998-2002).
Le salaire
Quant à la proposition d'augmenter le salaire des enseignants, M. Lessard indique qu'il n'existe pas d'études, à sa connaissance, qui établisse une corrélation entre une telle hausse et l'engagement dans la profession. «Certains vous diraient que ça attirerait davantage d'hommes. C'est une hypothèse», note-t-il. Il croit somme toute que cette augmentation ne serait que symbolique. «S'il est vrai que les écoles des milieux défavorisés connaissent beaucoup d'instabilité de personnel, pour retenir ces gens et valoriser leur travail, je leur donnerais une plus grande augmentation que [les autres enseignants], ça enverrait un message», propose-t-il.
La vision axée sur la performance de la CAQ est en ligne directe avec la gestion axée sur les résultats et les dérives du système d'éducation, déplore pour sa part la Centrale des syndicats du Québec (CSQ). «Nous sommes à même de constater, aujourd'hui, que les plans de réussite mis de l'avant par M. Legault, alors ministre, n'ont donné aucun résultat sur la diplomation qui stagne toujours à 70 % depuis 20 ans. Pourquoi nous propose-t-il de poursuivre sur cette même voie qui ne fonctionne pas?», souligne le président de la CSQ, Réjean Parent.
Au niveau postsecondaire, les étudiants craignent que «répartir de manière plus équitable [la facture] entre l'État et les étudiants» signifie une hausse pour ces derniers. «La proposition de la Coalition équivaut à poursuivre et accentuer la politique actuelle de hausse des frais de scolarité pour s'approcher du modèle canadien, ce qui a eu pour effet d'évacuer les étudiants les plus démunis des bancs d'école», craint le président de la Fédération étudiante universitaire du Québec, Louis-Philippe Savoie.
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