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    Persévérance scolaire - Une passerelle de la garderie à la maternelle

    Le Sud-Ouest se dote d'un outil pour favoriser la transition vers le milieu scolaire

    14 février 2011 |Lisa-Marie Gervais | Éducation
    Jeux libres dans une garderie. Le Centre d’aide et de soutien aux intervenants et organismes en petite enfance a conçu un nouvel outil qui vise justement les petits d’âge préscolaire.<br />
    Photo: Jacques Grenier - Le Devoir Jeux libres dans une garderie. Le Centre d’aide et de soutien aux intervenants et organismes en petite enfance a conçu un nouvel outil qui vise justement les petits d’âge préscolaire.
    Dans l'arrondissement Sud-Ouest de Montréal, on prend tous les enfants par la main, et pas seulement pour les aider à traverser la rue, mais aussi pour qu'ils fassent le grand saut de la garderie à la maternelle, sur le chemin qui les conduira peut-être même à l'université.

    Comment? Grâce à l'outil «Passage à l'École», une sorte de carnet rempli par l'intervenant d'un Centre de la petite enfance (CPE) ou d'un service de garde qui brosse un portrait des forces et faiblesses d'un enfant pour l'aider à mieux s'intégrer à l'école.

    Le but ultime est de prévenir le décrochage scolaire. «C'est un outil de communication qui est fait dans un esprit de continuité. Quand l'enfant a une coupure de soutien, le progrès ne se maintient pas», a expliqué Loriana Giuliani, directrice du Centre d'aide et de soutien aux intervenants et organismes en petite enfance (CASIOPE), qui a développé l'outil.

    «Passage à l'école» est une version simplifiée des «bulletins» longs et complexes que remplissaient les intervenants pour les tout-petits et qui ne se rendaient pas toujours aux enseignants de niveau maternelle. «Ça remplace la communication», indique Mme Giuliani qui précise que ce n'est pas un bulletin. Les mignons pictogrammes et les énoncés tels «Je reconnais et je décris des formes» ou «Je peux me calmer dans un conflit» sont relativement simples à comprendre, et il ne faut que quelques minutes à l'intervenant pour dresser un portrait de l'enfant.

    Ensuite, et c'est de loin l'étape la plus importante, le parent doit acheminer lui-même le carnet à l'enseignant de l'école qui accueillera l'enfant en maternelle. «On craignait au départ que le parent ne remette pas l'outil à l'enseignant. Mais on veut lui faire comprendre qu'il a le pouvoir, comme acteur central, de faire en sorte que ça marche», note Mme Giuliani. «Certains parents ont très peur que l'enfant soit jugé, mais ce n'est pas l'objectif», insiste-t-elle.

    Agir dès la petite enfance

    Fort bien accueilli en mars 2009, le rapport du Groupe d'action sur la réussite et la persévérance scolaires dirigé par L. Jacques Ménard, président de BMO Groupe financier, rappelait l'importance de mettre à profit la communauté (famille, organismes communautaires, entreprises) pour valoriser l'éducation et la réussite et de commencer à agir dès la petite enfance. Près de six mois plus tard, la ministre de l'Éducation de l'époque, Michelle Courchesne, s'en était grandement inspirée pour élaborer son plan d'action pour la Persévérance scolaire «L'école, j'y tiens».

    Les intervenants et les organismes famille du Sud-Ouest n'ont quant à eux attendu aucune recommandation pour mettre en branle leur projet il y a trois ans, à la demande d'un comité de quartier dans Ville-Émard-Côte-Saint-Paul. L'outil est aussi implanté à Saint-Jean-sur-le-Richelieu et est en voie de l'être à Saint-Henri, à LaSalle et même à à Villeray.

    Même si l'idée qu'il faut agir dès la petite enfance est maintenant plus largement répandue, Mme Giuliani s'est heurtée à des réticences du milieu et parfois des commissions scolaires. «À Saint-Henri, on est habitués à travailler ensemble. [...] Mais dans d'autres secteurs, parfois, c'est tout un défi.»

    Un outil utile


    Enseignante en maternelle à l'école Ludger-Duvernay, Anne-Marie Lavigne reconnaît l'utilité de l'outil qu'elle voit comme un portrait global de l'enfant. «Si je vois qu'un enfant avait déjà un suivi en orthophonie, je vais tout de suite aller voir l'orthophoniste pour m'assurer que les ressources sont disponibles», note-t-elle. Ces petits portraits servent aussi à la formation des groupes.

    Roch Pelletier, qui travaille au CPE Paillasson dans Saint-Henri, pense que les parents adopteront l'outil. «On tient déjà un cahier de communication où on écrit tout ce que fait l'enfant dans une journée. S'ils reçoivent un outil comme Passage à l'école, les parents ne tombent pas des nues.»

    Dans le même ordre d'idées, la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, devrait prendre part ce matin au lancement de la première édition montréalaise des Journées de la persévérance scolaire et au dévoilement des engagements de la communauté en faveur de la persévérance et de la valorisation de l'éducation.












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