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    Sherbrooke - Des diplômés pour changer le monde

    Un nouveau baccalauréat en environnement est offert

    29 janvier 2011 |Claude Lafleur | Éducation
    En septembre, l'Université de Sherbrooke offrira son premier baccalauréat en environnement, une formation multidisciplinaire taillée sur mesure pour répondre aux besoins pressants de la société. «Il est grand temps que nous nous occupions vraiment de l'environnement — c'est même urgent — et nous, nous formerons des gens capables d'agir sur le terrain», lance Michel Montpetit, directeur du Centre universitaire de formation en environnement (CUFE) de l'Université de Sherbrooke.

    Déjà, le CUFE offre l'une des maîtrises en environnement les plus réputées. «C'est le programme le plus reconnu au Québec, indique le responsable, et on a un taux de placement de près de 100 %! Notre problème, c'est que les deux tiers de nos étudiants se trouvent un emploi avant même d'avoir complété leurs études, alors que nous, nous tenons bien entendu à ce qu'ils les terminent.»

    La nouvelle formation au baccalauréat a été conçue afin de répondre aux besoins des organismes et entreprises qui recherchent des spécialistes pour mener à bien divers projets liés à la préservation de l'environnement. «Nous avons réalisé un certain nombre de consultations auprès d'employeurs éventuels, rapporte M. Montpetit, et, dans chaque cas, on nous a parlé de la nécessité d'avoir des gens formés au niveau du 1er cycle en environnement. C'est pourquoi notre programme de baccalauréat est constitué de cours entièrement nouveaux — ce n'est en aucun cas du "réchauffé"!», lance-t-il en riant.

    Confronter ses idées

    Ce qui caractérise les formations offertes par le Centre universitaire de formation en environnement, c'est la multidisciplinarité. «Notre centre est une entité administrative qui regroupe sept facultés universitaires, explique Michel Montpetit, ce qui n'est pas courant dans les milieux universitaires.»

    À la suite de sa création en 1974, le centre a vite compris la nécessité d'aborder l'environnement non pas selon une vision spécifique — nommément scientifique — mais sous diverses facettes telles que la gestion, le droit, la géographie ainsi que la psychologie. «Nous visons des changements de mentalité, résume M. Montpetit, et il faut donc apprendre à faire les choses autrement. C'est pourquoi nous rassemblons plus de 70 disciplines différentes.»

    Qui plus est, avec la création du baccalauréat en environnement, le CUFE franchit un pas de plus en recrutant des étudiants ayant des formations collégiales variées. «Nous allons accepter dans ce programme des gens qui proviennent autant des sciences que des sciences humaines, ce qui est assez novateur», indique le directeur du programme.

    «De plus, nous voulons que ces étudiants confrontent leurs idées avec celles d'autres qui ont des façons de penser différentes, donc que les étudiants qui ont une formation scientifique se confrontent avec ceux des sciences humaines, du droit, etc. C'est pourquoi tous suivront les mêmes cours en même temps.»

    Néanmoins, à leur arrivée à l'université, ces étudiants suivront des cours de mise à niveau. Ainsi, ceux qui ont un profil scientifique apprendront les fondements des sciences humaines — notamment comprendre ce qui affecte et influence le comportement des individus et des sociétés — alors que les titulaires d'une formation en sciences humaines suivront des cours d'introduction aux scien-ces (notamment sur les écosystèmes). Toutefois, par la suite, la cinquantaine d'étudiants recrutés réaliseront un parcours commun. «Il s'a-gira d'une cohorte fermée où les étudiants progresseront ensemble», indique M. Montpetit.

    Agents de changement

    De la sorte, ces étudiants apprendront à travailler en équipe multidisciplinaire. Il s'agira en outre d'une formation axée sur la pratique et sur la résolution de cas concrets. «Nous voulons associer la théorie à la pra-tique, indique M. Montpetit. Il y aura donc des apprentissages par étude de cas et des problématiques de terrain.» De surcroît, durant sa formation, chaque étudiant réalisera des stages en entreprise ou auprès de divers organismes.

    «Le coeur même du programme, c'est l'impact des activités humaines sur l'environnement et comment on peut y remédier», rapporte Michel Montpetit. La formation est en outre centrée sur le développement durable. «Dès la première session, nos étudiants apprendront à analyser un projet en fonction du développement du-rable, précise-t-il. Ils devront en outre réaliser leurs projets selon une vision de développement durable. Nous visons à les habituer à ce que, lorsqu'ils voient une problématique en environnement, ils en envisagent toutes les facettes.»

    Emplois variés

    Vers quels types d'emplois mènera ce baccalauréat? «Oh, vers une multitude!, répond sans hésiter M. Montpetit. Nos étudiants seront capables d'élaborer des projets en environnement, d'effectuer des analyses de deuxième niveau (c.-à-d. intégrant des données provenant de différents secteurs), de rechercher l'information plus complexe, d'établir des relations de cause à effet et de faire des analyses dans un contexte multidisciplinaire afin d'obtenir une vision globale.»

    Quant aux types d'emplois, il parle d'a-gent de projet dans un organisme de gestion de bassin versant, d'analyste pour différents ministères, de chargé de projet auprès d'une communauté, etc. Ce pourrait être, par exemple, quelqu'un qui travaille à la revitalisation des bandes riveraines pour une municipalité, illustre Michel Montpetit, et qui sera capable d'utiliser les données cartographiques afin de délimiter les zones critiques, de mettre au point des méthodes d'aménagement, d'établir des procédures respectant les dispositions réglementaires municipales et provinciales ainsi que d'assister les firmes de communication chargées de mettre au point une stratégie de sensibilisation auprès des citoyens.

    «Nous voulons faire de nos étudiants de véritables agents de changement, puisque, comme société, nous nous devons de changer notre démarche à l'égard de l'environnement», résume M. Montpetit.

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    Collaborateur du Devoir












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