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Sous-financement des universités - Aux étudiants de payer, disent les recteurs

Lisa-Marie Gervais   3 décembre 2010  Éducation
Denis Brière, président du Conseil d'administration de la CREPUQ.
Denis Brière, président du Conseil d'administration de la CREPUQ.
La facture des étudiants universitaires pourrait presque doubler d'ici cinq ans, passant de 2068 $ à 3680 $ en 2014-2015. C'est ce que va proposer lundi la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ) à la ministre de l'Éducation lors de la rencontre des partenaires sur le financement universitaire.

Faisant apparemment consensus, le scénario proposé par l'organisme, qui regroupe les 17 universités du Québec, est une augmentation annuelle des droits de scolarité de 504 $ pendant trois ans, et ce, dès la rentrée scolaire 2012. Les recteurs, qui refusent de parler d'augmentation, n'y voient qu'un «ajustement» en dollars constants du montant que payaient les étudiants en 1968, il y a plus de 40 ans.

La CREPUQ prétend avoir saisi au vol l'annonce faite lors du dernier budget Bachand, d'une augmentation présentée comme inévitable des droits de scolarité. «Notre proposition, c'est de dire que l'ensemble des gens qui bénéficient des universités doivent contribuer. C'est les gouvernements provincial et fédéral, mais c'est aussi les étudiants et les entreprises», a soutenu Denis Brière, président du Conseil d'administration de la CREPUQ.

Selon M. Brière, l'urgence de renflouer les coffres des universités n'est plus à démontrer. «On a de la difficulté à attirer les meilleurs parce qu'on n'a pas d'argent pour leur donner de bonnes conditions. Ça finit par attirer moins de fonds, a-t-il souligné. Si on dépasse un certain seuil de masse critique, ça va être très difficile de revenir et d'être compétitif avec le reste du Canada. C'est ça le message d'urgence qu'on envoie.»

Les universités se sont aussi entendues pour proposer qu'un nombre restreint de programmes — ceux pour lesquels la formation coûte plus cher, comme le premier cycle en médecine, pharmacie et médecine dentaire ou vétérinaire — puissent exiger des droits de scolarité plus élevés. Les droits de scolarité ne devraient toutefois pas varier d'un établissement à l'autre pour un même programme.

Un manque à gagner de 621 millions

Selon le plus récent calcul du sous-financement basé sur les revenus effectué par la CREPUQ, il manquerait 621 millions aux universités pour qu'elles rattrapent la moyenne canadienne. Mais la somme de 225 millions nets qui sera ainsi engrangée grâce aux étudiants — on calcule que 25 % du montant brut devra être retenu en aide financière — épongera à peine la moitié du total du sous-financement. Le président-directeur général de la CREPUQ, Daniel Zizian, reconnaît d'ailleurs que cela ne rendra pas les universités québécoises plus compétitives par rapport à celles du reste du Canada. Alors, pourquoi refiler la facture aux étudiants? «La mise à niveau nous semble quelque chose qui est acceptable publiquement et de plus en plus, on en parle. Mais il ne faudrait pas dire que l'ensemble du sous-financement va être couvert par les étudiants, mais il appartient au gouvernement de faire sa part et d'essayer d'aller chercher le privé», explique M. Brière, également recteur de l'Université Laval.

La CREPUQ n'exclut pas de plaider pour une plus grande contribution des entreprises privées, soit en encourageant les dons, soit par des mesures fiscales plus alléchantes. Mais rien de coercitif pour l'instant. «On n'a pas eu le temps avant le 6 décembre de faire cette grande réflexion-là. C'est vrai qu'on a eu des sommets sur la jeunesse et l'éducation où le privé a accepté d'investir 200 ou 300 millions», a dit M. Brière en faisant allusion à la Fondation Chagnon et aux efforts pour contrer le décrochage de L. Jacques Ménard, le président de la Banque de Montréal. «Oui, c'est quelque chose qu'on va discuter avec la ministre. C'est quelque chose qui se justifie», a-t-il ajouté en indiquant qu'il appartient d'abord au gouvernement de prendre les décisions.

La CREPUQ compte faire des démarches auprès du gouvernement fédéral pour qu'il reconnaisse que, lorsqu'il octroie une subvention de recherche, la part calculée des frais indirects de recherche (tous les frais de fonctionnement, par exemple le chauffage des installations, etc.) doit être de 40 % et non de 22 % comme c'est le cas actuellement.

Elle demande aussi la mise sur pied d'une enveloppe de 100 millions dans le cadre d'un programme d'appariement de dons. Le principe serait que par exemple pour chaque dollar versé en don, les gouvernements s'engageraient à verser la même chose, ainsi que les entreprises.

Un net recul de l'accessibilité

La Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) voit dans cette hausse des droits de scolarité un recul sur le plan de l'accessibilité aux études. «Cette proposition ramène le Québec 45 ans en arrière», a dit Louis-Philippe Savoie, président de la FEUQ. À cet «ajustement» au niveau de 1968, il rétorque qu'il est «anormal» qu'un étudiant ait à payer plus qu'un autre en 1974 ou qu'en 1988. «Notre réseau a considérablement changé et on a aussi progressé en matière d'accès à l'éducation grâce à une politique de droits de scolarité peu élevés. La CREPUQ a du mal à reconnaître ça», a dit M. Savoie.

Ne niant pas qu'on peut toujours améliorer la qualité de la formation, il déplore la tendance que les recteurs d'ici ont à vouloir se comparer aux universités canadiennes. «Le montant [du sous-financement] ne nous informe pas sur ce qu'on veut faire avec nos universités pour l'avenir de notre société. Tout ce que ça nous dit, c'est que le voisin a plus d'argent.»

En plus des mesures d'aide financière, la CREPUQ propose de mettre en place un mécanisme de remboursement des prêts étudiants en fonction du revenu, qui avait déjà fait l'objet d'études. «Je suis entrée à l'université en 1968 et je suis passé à travers sans que mes parents y contribuent, raconte M. Brière. Les étudiants disent qu'ils s'endettent, mais ils investissent aussi dans leur avenir. Il en va aussi de la qualité de vie.»
 
 
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  • Carole Dionne - Inscrite
    3 décembre 2010 01 h 04
    EN PARTIE VRAI...
    Dans un monde sans faille, tout serait gratuit. Mais le Québec ne fait pas parti de ce monde là. C'est pourquoi je pense que la vérité se situe entre les deux. Pas gratuit mais pas comme en Ontario non plus.

    C'est comme quand le PQ est entré au pouvoir dans les années 70, ils voulaient et presque tout donner gratuitement à tout le mode. En particulier, Parizeau. Si je me rappelle bien, c'est là qu'on commencer les plus gros déficit.
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  • Mario Jodoin - Inscrit
    3 décembre 2010 02 h 40
    POurquoi pas 622 ?
    « il manquerait 621 millions aux universités pour qu'elles rattrapent la moyenne canadienne»

    Je pensais qu'une analyse des besoins devait reposer sur les ... besoins ! On ne dit pas ce qu'on ferait avec ce 621 millions $, mais que c'est le montant pour rejoindre la moyenne canadienne. Or, tout est moins cher au Québec, même les profs et chargés de cours ! Si je comprends bien, les universités s'engagent à porter leur salaires et ceux de tous leurs employés à la moyenne canadienne ? Il me semble qu'ils n'ont jamais parlé de ça...

    Et il faudrait réduire l'accessibilité à l'université pour ça !
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  • Jean Nicolas - Abonné
    3 décembre 2010 05 h 29
    Des sous pour la formation OUI, pour le reste NON
    En plus de 30 ans de carrière, j'ai vu les universités dépenser de plus en plus d'argent pour la communication, pour les bâtiments qui ont poussés comme des champigons, pour appuyer la recherche, pour créer des services de toutes sortes, mais pas ou très peu pour améliorer la qualité de la formation.
    Malgré tous les discours à l'externe, la qualité de la formation n'est pas le souci principal à l'interne dans bien des cas. On parle beacoup du décrochage au secondaire mais savez-vous que le décrochage au doctorat atteint 45 % (MELS) !
    Que les universités aient besoin de plus de fonds, oui, MAIS elles devront présenter un plan pour expliquer comment elles vont se servir de ces fonds pour améliorer la qualité de la formation à TOUS les cycles.
    Comme dans d'autres pays, il faudrait créer une agence d'assurance qualité en éducation, agence qui veillera à ce que la formation redevienne effectivement la mission première des universités. Le véritable "transfert" de l'université vers la société, ce sont ses diplômés. Notre avenir repose sur leurs connaissances et leurs compétences.
    Des sous oui, mais avec un plan de match pour la formation et la msie en place d'un suivi constructif.
    Jean Nicolas
    Prix d'ecellence pour la qualité de l'enseignement au Canada
    Profeseur émérite de l'U de Sherbrooke
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  • Xavier Tremblay - Inscrit
    3 décembre 2010 07 h 06
    Il serait temps que le privé paye pour ce qu'il récolte!
    Bien que les citoyens au fil des ans aient réussit à implanter des filets sociaux et à se doter d'un système de santé et d'éducation publique accessible à tous et répondants aux besoins primaires de la société québécoise il serait temps que l'on se questionne réellement sur les bénéficiaires réels de ces filets sociaux.
    Malgré ce que pourraient dire certaines mauvaises langues de la droite, la société Québécoise est tout de même basée sur un modèle capitaliste où le secteur privé règne.

    En effet, le fondement même de notre société et surtout de ces deux institutions que sont le ministère de la santé et de l'éducation consiste à produire des individus capable, qui pourront extraire les ressources naturelles du territoire québécois, les transformer, les compter et chercher de nouvelles façon d'y parvenir pour le compte des firmes privées, et accessoirement pour le gouvernement du Québec qui lui même mets en place des infrastructures facilitant l'exploitation des ressources québécoises par le secteur privé. Pensons aux routes. Toute cette richesse crée par des québécois éduqués et en santé profite à une poignée individus, propriétaire de nos ressources. Il serait temps que le sacrosaint secteur privé mette ses culottes et redonne à la société ce qui lui est dû!

    Car, le réel bénéficiaire de ce système d'éducation et de santé ce sont les corporations, les .inc et autres entités légale génératrice de profit non redistribués au contribuable. Les millionnaires CEO qui concentrent nos richesses entre leurs mains. Les Québécor et PowerCorp de ce monde.

    Sans système d'éducation il n'y a plus de main d'œuvre pour inventer nos moteur roues. Il n'y a plus d'ingénieurs pour inventer nos avions. Il n'y a même plus personne pour lire les ragots du 7jours.

    Il serait temps que le secteur privé paye son dû. Qu'il paye pour le système qui lui fournit ses travailleur en bonne santé.
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  • Yvan Dutil - Inscrit
    3 décembre 2010 07 h 08
    La gratuité a un prix.
    En Europe a plusieurs endroit l'éducation est essentiellement gratuite. Ce que l'on ne dit pas, c'est que ces systèmes sont très élitistes. Il faut autrement plus solide que de notre système. De plus, les réorientation à outrance ne sont pas possibles. L'université est un lieu de formation pas une forme d'assistance sociale.

    Bref, ce que l'on gagne en accessibilité économique ont le perd en flexibilité économique.
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  • David GIrard - Inscrit
    3 décembre 2010 08 h 30
    ...
    Pourquoi ne pas mettre sur pied une Agence d'assurance qualité en éducation par laquelle nous pourrions, collectivement, obliger les entreprises, ayant un chiffre d'affaire supérieur à un tel montant (exemple 100 000), a y investir 2% de ce même chiffre d'affaire ? L'agence redistribuerait ensuite les fonds dans le système universitaire.

    Il s'agit d'une taxe oui, mais comme l'a expliqué monsieur Xavier Tremblay, il serait tout à fait logique que les principaux bénéficiaires de ce système en redonne plus à la société.
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  • Nathalie Martimbeau - Abonnée
    3 décembre 2010 09 h 03
    Les meilleurs sont déjà ici!
    **Selon M. Brière, l'urgence de renflouer les coffres des universités n'est plus à démontrer. «On a de la difficulté à attirer les meilleurs parce qu'on n'a pas d'argent pour leur donner de bonnes conditions.**

    Les meilleur(e)s sont déjà ici, au Québec, et un grand nombre sont muni(e)s d'un diplôme d'une prestigieuse université étrangère. Où sont les postes?!? C'est un argument trompeur, passe-partout, qui ne reflète en rien la grande qualité et l'expérience des talents québécois. Je sais de quoi je parle...

    JFG, Ph.D., Harvard University
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  • tohi1938 - Inscrit
    3 décembre 2010 09 h 24
    Le tour de ne pas y voir!!!!
    Le prétendu sous-financement est le résultat de l'effet pervers du mode de financement.
    Lorsque l'on est subventionné au nombre de têtes de pipes (voire de pioches ) il est clair que la seule solution de croissance de revenus réside dans l'accroissement du nombre d'étudiants sans égard au domaine ou même à la justification intellectuelle.
    C'est ainsi que les universités se sont transformées en PME de la vente de produits qui n'ont qu'un très lointain rapport avec leur raison d'être qui est d'œuvrer dans le domaine fondamental et certainement pas dans celui de la vulgarisation à outrance de tout et de n'importe quoi.
    Par exemple, on retrouve dans cette auberge espagnole qu'elles sont à peu près toutes devenues une pléthore de programmes de diplômes, de certificats, de micro-programmes dans des secteurs aussi peu "fondamentaux" que la gastronomie, la danse, la mode, la bande dessinée pour ne nommer que les plus susceptibles de faire sursauter qui a le moindrement de respect pour la chose universitaire censée développer la Science avec un grand S incluant bien évidemment tant la science dite pure que les sciences humaines et appliquées.
    L'approche client a donc mobilisé une quantité effarante de ressources pour les relations publiques, la publicité, la gestion(?!?) etc... au détriment de la mission fondamentale des institutions de haut savoir. Mieux, on a créé des succursales (surtout consacrées aux certificats, programmes courts etc...) un peu partout sans considération pour les distances et les frais encourus: UQAR à Lévis, Sherbrooke à Longueuil, Gatineau à St-Jérôme.
    Il suffit que passe une mode pour que toutes les universités se jettent dessus avec la contemplation d'un pactole miraculeux mais y laissent leur chemise.
    Dans ce monde de "sub-primes" Vincent Lacroix n'aurait pas fait mieux.
    Par conséquent, avant de penser au "combien" peut-être faudrait-il réfléchir au "Quoi" et au "comment".
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  • B Landry - Inscrit
    3 décembre 2010 09 h 59
    Drôle de solution (1)
    M. Brière dit: «On a de la difficulté à attirer les meilleurs parce qu'on n'a pas d'argent pour leur donner de bonnes conditions. Ça finit par attirer moins de fonds, a-t-il souligné. Si on dépasse un certain seuil de masse critique, ça va être très difficile de revenir et d'être compétitif avec le reste du Canada. C'est ça le message d'urgence qu'on envoie.»
    J'ai l'impression qu'on vise à attirer les meilleurs pour les universités comme on le fait pour le Hockey. L'important c'est de bien payer le haut de la pyramide en appauvrissant le bas, et pour se faire entretenir l'idolaterie des élites. Quand on analyse l'histoire les progrès sociaux se sont-ils fait dans les sociétés qui accentuaient les disparités économiques ou dans celles où ont tentaient de les amoindrir ? Les besoins de guignolés augmentent de plus en plus et on entend encore des soi-disants élites suggérés d'élargir les fossés entre les riches et les pauvres.
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  •  
  • B Landry - Inscrit
    3 décembre 2010 09 h 59
    Drôle de solution (2)
    Le Québec est vu scandaleusement en Amérique du Nord comme la société la plus taxée et endettée, mais on a une couple d'endroits où les québécois sont avantagés, les droits de scolarité et les tarifs d'électricité. Devant cet état de fait nos élites ont fait de grandes études universitaires et suggèrent d'augmenter les droits de scolarité et nos tarifs d'électricité jusqu'à la moyenne canadienne ou nord-américaine. Autrement dit, relevé encore plus haut le taux de taxation moyen des québécois. Devant une logique aussi déficiente je me demande si le taux de décrochage scolaire n'est pas un signe de lucidité, un refus de rejoindre des analyses aussi tordues qui entretiennent et accentuent les inégalités sociales.

    Les futurs formés universitaires, avec notre taux de taxation et d'imposition vont les remboursés plus tard leur aide universitaire en travaillant. On veut les faire payer deux fois ???? Allons donc chercher l'argent où il est plutôt, dans nos ressources naturelles données à l'entreprise privée étrangère par exemple
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  • B Landry - Inscrit
    3 décembre 2010 10 h 22
    Drôle de solution (3)
    Pourquoi les recteurs d'universités ne demandent-ils pas que le manque de subventions aux universités, soit comblé en retirant des montants aux budgets militaires ? Est-ce trop impliquant politiquement pour eux de regarder les problèmes d'une façon un peu plus global, dans le cadre d'un projet de société par exemple ?
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  •  
  • MJ - Inscrite
    3 décembre 2010 10 h 38
    Une nouvelle élite mondiale (1)
    Dans la logique de la mondialisation des marchés, une nouvelle élite a fait son chemin avec les mouvements de fusions et acquisitions d’entreprises à visage oligopolistique et les regroupements de firmes-conseils. Cette élite marque désormais de son emprise le pouvoir politique des Etats.

    Cette nouvelle élite mondiale fait partie de la classe économique dominante avec accès aux études supérieures dans les grandes universités étrangères. La libre circulation des personnes, conclue par des accords réciproques de libre-échange, permettra encore plus facilement cette traversée des frontières vers les universités prestigieuses pour les plus nantis.

    A l’opposé, pour la majorité des étudiants moins nantis, l’université locale demeure le seul point d’entrée pour de meilleures possibilités d’emplois futurs. Or, rehausser les frais de scolarité va restreindre encore plus l’accès aux études supérieures. Il est injuste et inéquitable que les étudiants provenant de milieux socio-économiques très diversifiés paient le même montant pour leurs frais de scolarité.
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  • MJ - Inscrite
    3 décembre 2010 10 h 40
    Une nouvelle élite mondiale (2)
    Avec la libre circulation des personnes et l’occupation des places par un grand nombre d’étudiants étrangers, les universités locales ne suffiront plus à la demande intérieure pour les étudiants d’ici. Tandis que la hausse des frais de scolarité va restreindre automatiquement l’accès à ceux qui n’en ont pas les moyens. Ce n’est pas le système de prêts et bourses qui va modifier les règles du jeu et rendre plus accessibles les études supérieures.

    Dans la grande ville de Hanoï, au nord du Vietnam, la conversion au système capitaliste s’est opérée très rapidement et l’on observe maintenant un écart important entre riches et pauvres. Une frange de la population s’est enrichie très rapidement avec la corruption et la complicité des institutions gouvernementales. La nouvelle ruée vers le capitalisme et ses valeurs d’enrichissement individuel ont imprégné la population tout entière. Tous les jeunes, peu importe leur milieu socio-économique, veulent s’instruire et aller à l’université pour acquérir des connaissances et compétences de pointe, seule voie d’accès à la richesse individuelle et au confort. (Voir l’émission “Une heure sur terre” qui date de quelques semaines). Or, les universités locales ne suffisent pas à la demande.
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  • MJ - Inscrite
    3 décembre 2010 10 h 41
    Une nouvelle élite mondiale (3)
    En outre, les universités sont devenues “hypothéquées” par la construction de nombreux bâtiments (de gros éléphants blancs) qu’elles traînent comme des boulets sur le plan budgétaire, au détriment de la formation de leurs étudiants. Les universités sont mal gérées avec une surcharge de dépenses afférentes à ces nouveaux bâtiments et à leur entretien. Les universités sont devenues des quasi-cités ou de petits royaumes. Il faudrait peut-être que le vérificateur général s’y rende pour constater les dépenses inutiles.
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  • jpz - Abonné
    3 décembre 2010 11 h 05
    financement universitaire
    Je pense que si les universités veulent être reconnus et fréquentées elles doivent être à la fine pointe de la connaissance, de la science de la technologie. Si on ne peut embaucher les professeurs bien qualifiés, si on ne peut acheter des équipements modernes et de nouvelles technologies, si on doit perdre du temps à garder en fonction des machines dont il n'existe plus de pièces de rechanges, on gaspille le temps et l'argent précieux qu'on obtient insuffisamment.
    Je pense que les entreprises qui embauchent des diplômés techniques et universitaires devraient versés un partie de leurs profits pour les avantages que les universitaires leurs font gagner.
    Sinon très prochainement, on aura un effet domino, moins de compétences et moins de modernités attirent moins de professeurs et cela attirent moins d'étudiants les plus allumés. Cet établissement devient dès lors en voie d'abandon comme une espèce menacée de disparition...
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  • François Le Blanc - Inscrit
    3 décembre 2010 11 h 22
    Brillant
    Comme c'est intelligent d'imposer une lourde dette à des personnes qui n'ont même pas commencé à travailler.

    Gagner un salaire de départ de 30 000 $ était tout juste correct jusqu'au début des années 1990. Il n'a guère bougé depuis, pour la majorité des emplois qui exigent une formation spécialisée.

    Comme contribuable, je veux qu'on coupe les subventions pour l'équivalent de la majoration que souhaitent ces Messieurs-Mesdames les Recteurs/Rectrices. Après tout, si on peut facturer de tels montants, on a pas besoin de subvention. Les bourses (quand il y en a) ne comblent guère les besoins, ou si peu (les personnes qui en auraient le plus besoin n'en profitent pas, les sommes allouées sont une misère, en plus d'être imposables).

    De toute manière, comme dans le cas de l'Université de Montréal, les administrateurs ont tendance à se gâter avec les fonds dont ils disposent, tout en dépensant dans de la brique et du béton.
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  • Marie-sophia - Abonné
    3 décembre 2010 11 h 33
    Petite rectification
    Je ne sais pas où vous avez pris vos chiffres, mais je suis présentement étudiante à l'université de Montréal et les frais de scolarité pour deux session, donc pour une année scolaire, s'élève à un peu plus de 3000 $
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  •  
  • Marc Tremblay - Inscrit
    3 décembre 2010 12 h 02
    Choix de société
    Je suis favorable à la gratuité universitaire comme en Europe.

    Je suis prêt à payer un impôt supplémentaire pour y arriver.
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  •  
  • Mario Plourde - Inscrit
    3 décembre 2010 17 h 29
    l'économie du savoir
    Quand l'école sera obligatoire jusqu'à 30 ans et qu'il y aura une date de péremption sur les diplômes, on verra bien si le bon peuple voudra s'endetter à coup de 15 000-20 000 par années pour étudier à temps plein plutôt que de taxer les riches.
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  •  
  • Florence Piron - Abonnée
    7 décembre 2010 10 h 01
    Attention à la confusion entre enseignement et recherche
    Les étudiants n'ont pas à payer la recherche universitaire. Les recteurs se gardent bien de préciser que c'est surtout de l'argent pour la compétition en recherche qui leur "manque" et non pour les étudiants. Ils confondent les deux missions!
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  • Linda Delorme - Abonnée
    13 décembre 2010 16 h 30
    Et si les recteurs...
    ... faisaient leur part, eux-aussi?

    Voici un extrait du Devoir du 19 septembre 2009:

    <<Université de Montréal - Les hauts cadres s'enrichissent malgré le déficit
    Lisa-Marie Gervais 19 septembre 2009 Société
    Malgré ses difficultés financières, l'Université de Montréal bonifie le chèque de paye de ses hauts dirigeants. Le Devoir a appris que l'Université de Montréal aurait consenti des augmentations de salaire rétroactives pour 2007 et 2008 au recteur et à de hauts membres de la direction totalisant plus de 2,5 millions, et ce, malgré un budget de fonctionnement déficitaire pour l'année en cours. >>

    $2,5 millions pour l'UdeM seule! Imaginez l'économie si on gelait le salaire de ces cadres... quelqu'un y a songé?
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