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La faute au système

Denise Bombardier   13 novembre 2010  Éducation
Le premier ministre Jean Charest devait bien se douter qu'en rappelant le rôle essentiel des parents dans l'éducation de leurs enfants il allait provoquer des réactions aussi passionnelles, mais on ne va pas lui en faire le reproche. Car c'est un des tabous les plus chers aux adeptes de «c'est la faute au système». En effet, il est malvenu de mettre en cause la responsabilité des individus dans le dysfonctionnement social.

On est délinquant, criminel ou victime consentante à cause des carences de l'enfance, et dans le cas du décrochage scolaire la faute repose sur la société tout entière. Paradoxe ultime dans une société reposant par ailleurs sur le droit individuel. Les individus ont tous les droits, sauf qu'il est interdit de rendre ces derniers responsables de leurs actes. Si les enfants abandonnent l'école, n'allez surtout pas blâmer les parents puisque c'est la faute de tous.

À vrai dire, nous avons une attitude tordue face à la responsabilité personnelle parce qu'elle sous-tend une obligation de juger les actes, ce qui entraîne une culpabilisation pour celui qui les pose. Ne dites surtout pas aux parents qu'ils sont les premiers responsables de leur enfant, car cela les perturbe, les provoque ou les accable. Il faut donc taire, publiquement du moins, cette réalité, à savoir que trop de parents ne sont pas à la hauteur et ont tendance à se décharger de leurs tâches sur les enseignants, le système, le gouvernement et en dernier recours les psys de toutes catégories.

Il flotte dans la société un interdit de blâmer les parents semblable à l'interdit de publication des tribunaux. La société actuelle serait plutôt composée essentiellement de victimes ayant besoin de l'État nounou, version laïque de l'État providence. Les parents sont donc des géniteurs qui mettent au monde des enfants, propriétés de la société. Qu'est-ce que c'est que ces histoires anciennes où l'on enseignait que les parents devaient se sacrifier pour leurs enfants? Être parent supposait contraintes, oubli de soi, vertus obsolètes aux yeux de trop nombreux pères et mères «adulescents».

Il faut dire que la vie actuelle des jeunes parents paraît infernale dans cette obligation de concilier l'inconciliable. Travail, famille, épanouissement personnel sont des contradictions dans les termes. La vie quotidienne s'est transformée en marathon permanent dans lequel l'enfant peut apparaître comme un frein. Dans le monde idéal de cette vie de fous, chacun devrait jouer un rôle. La famille s'occupant de l'affection, l'école de l'éducation, le travail du gagne-pain, de l'épanouissement du moi et de la satisfaction de l'ambition. Trop de parents estiment donc que l'apprentissage scolaire et l'éducation dans toutes ses dimensions reviennent aux seuls établissements scolaires.

Cela étant, il faut admettre que la société actuelle se préoccupe davantage de la santé que de l'éducation. Le «qui s'instruit s'enrichit» est en recul, et ce n'est pas le nouveau héros des jeunes, champion du monde de poker (8,9 millions de dollars), qui va aider la cause de l'éducation, lui qui a abandonné l'université pour le tapis vert. Mais Jonathan Duhamel lui-même reconnaît être une exception et met les jeunes en garde, les invitant à ne pas décrocher.

Les parents des baby-boomers se sont souvent saignés à blanc pour faire instruire leurs enfants, voulant leur épargner l'expérience de leur dure vie laborieuse. Les pères étaient peut-être moins présents, plus réservés dans leurs sentiments, moins enclins à dire «je t'aime», mais ils s'échinaient à travailler pour payer des études à leur progéniture. Certes, ce type de parents existe toujours, les écoles privées sont remplies d'enfants qui ne viennent ni d'Outremont ni de la Grande Allée de Québec. Des parents qui s'impliquent dans le cursus scolaire, qui rassurent leurs enfants, les aident dans la mesure de leurs moyens. Mais combien de parents, faute de temps, d'intérêt, par indifférence ou, lâchons le mot, par égoïsme, préfèrent accuser le système, traiter les profs d'incompétents et le gouvernement d'inapte plutôt que s'interroger sur leurs responsabilités paternelles et maternelles.

L'État a le dos large. Surtout au Québec où il est à la fois décrié par la gauche, qui le souhaite plus tentaculaire, et la droite, qui le dénonce tout en ne boudant pas les subventions de tous genres, aux entreprises en particulier. «Chacun son métier et les vaches seront bien gardées», écrit La Fontaine. L'éducation des enfants est prioritairement la responsabilité des parents. Quelle contrainte mais quel bonheur à la fois d'être assis à côté de son enfant et de partager avec lui ce monde fascinant des connaissances. Lorsqu'à huit ou neuf ans j'arrivais de l'école, ma mère m'attendait, impatiente de s'attabler à mes côtés, pour m'apprendre la page de grammaire que nous allions aborder en classe le lendemain. C'était sa consolation de n'avoir pu poursuivre des études. Sa fébrilité d'apprendre fut mon héritage et le culte du savoir qu'elle m'a transmis, une façon de m'aimer. Aucun système, aucun État, et je dirais aucune école ne remplace cette expérience fondatrice.

***

denbombardier@videotron.ca
 
 
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  • Geoffroi - Abonné
    13 novembre 2010 01 h 54
    L'éducation et le modèle "égoiste" Charest : on fabrique quoi au juste avec ?/!*
    « L'éducation sert à nous corrompre nous-mêmes afin de mieux rentrer dans le système. »

    Anonyme
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  • Fr. Delplanque - Inscrit
    13 novembre 2010 06 h 24
    Oui, les parents doivent s'impliquer, mais
    Oui, les parents doivent s'impliquer, mais en même temps quand les parents veulent en faire plus, s'impliquer dans l'éducation de leurs enfants, l'État affirme son monopole : il suffit de penser au cours ECR imposer d'en haut contre la volonté de centaines de parents qui se sont battus devant leur commission scolaire butée qui avait reçu leurs ordres d'en haut : aucune exemption au nouveau cours de multiculturalisme et de politiquement correct, exemption au cours de musique pour des musulmans par exemple, d'art ou de gymnastique, mais pas ce cours-là parce que les parents s'opposaient au monopole doctrinal et pédagogique de l'État.

    Oui, les parents doivent s'impliquer, mais en même temps le monopole de l'Éducation a tout fait pour les éloigner par des réformes multiples, par des bulletins incompréhensibles, de nouveaux programmes de français abscons, taillés sur pièce pour exclure les parents de la formation de leurs enfants (un déictique quelqu'un? Un adjuvant?), le tout évidemment sans aucune amélioration dans la maîtrise de la langue.

    Il faut cultiver l'autonomie des parents et les responsabiliser en leur permettant d'avoir nettement plus à dire au sujet de l'éducation de leurs enfants, du choix des programmes (oui, plus de souplesse) et en sortant l'État des choix moraux et philosophiques qu'ils cherchent à imposer jusque dans la manière d'enseigner des cours comme ECR.
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  • Socrate - Inscrit
    13 novembre 2010 06 h 57
    MOI
    Le Système, c'est MOI. Magouille Charest.
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  • Michel Pasquier - Abonné
    13 novembre 2010 07 h 15
    Les parents
    Bravo, enfin quelqu'un qui ose appeler les choses par leur nom. Et voici un texte que beaucoup de parents auraient intérêt à méditer.
    -Lorsque les pères s'habituent à laisser faire les enfants,
    -Lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles,
    -Lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter,
    -Lorsque, finalement, les jeunes méprisent les lois parce qu'ils ne reconnaissent plus, au dessus d'eux, l'autorité de rien et de personne,
    -Alors
    -C'est là, en toute beauté et en toute jeunesse,
    -Le début de la tyrannie.
    Platon
    Philosophe Grec (428-347 av. J.C)
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  • Gilles Théberge - Abonné
    13 novembre 2010 07 h 40
    Le rôle de chacun
    Sans dout que les responsabilités sont partagées c'est l'évidence. Mais peut-on dire pour autant que l'État joue impeccablement le sien son rôle ? Rien n'est moins certain.

    Être enseignant à l'époque c'était une «vocation». Aujourd'hui c'est une job pour plusieurs. Et ça l'est devenu graduellement au fur et à mesure où les enseignants ont constaté que l'État se souciait fort peu de les soutenir réellement, au-delà des discours politiciens aux accents lénifiants.

    Je n'en suis plus là mais je constate aussi que le rythme de vie effréné qui est aujourd'hui imposé par la réalité, ne facilite pas pour autant le vie des parents d'aujourd'hui.
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  • Democrite101 - Inscrit
    13 novembre 2010 07 h 46
    Des cours de psychopédagogie obligatoires pour les parents. Et au plus vite !


    Excellents propos de Madame Bombardier.

    J'en reviens à mon idée: des cours de psychopédagogie obligatoires pour les parents s'ils veulent toucher leurs allocations familiales.

    On a besoin d'un cours pour conduire une voiture, et on en aurait pas besoin pour élever un enfant pendant 18 ans ? Quelle aberration ! Comme si tuer à petit feu son enfant par grave inculture pédagogique, c'était moins dommageable et moins irresponsable que de tuer d'un seul coup un piéton avec sa bagnole.

    Le roi est nu ! Qui le voit nu ? Personne. Qui reconnaît l'ignorance crasse de milliers de parents en psychopédagogie ? Personne.

    Jacques Légaré, héritier et défenseur des Lumières
    Professeur (retraité) d'Histoire, d'Économique et de Philosophie
    Voir «Page Web Jacques Légaré».
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  • Marcel Bernier - Inscrit
    13 novembre 2010 07 h 57
    Les parents et leurs enfants...
    Pardonnez-moi d'être complètement en désaccord avec vos propos. Mais vraiment en désaccord.

    M. Charest utilise la plus basse démagogie pour s'absoudre, lui et son gouvernement, de l'incurie totale qui règne dans le domaine éducatif.

    Les parents aiment leurs enfants et veulent ce qu'il y a de mieux pour eux. Ils font leur possible. Donnez-leur des opportunités d'améliorer leur sort et ils seront les premiers à se réjouir des possibilités qui leur sont offertes.

    Tant qu'à moraliser, commençons par tracer à nos élites des conduites susceptibles d'inspirer le dépassement.
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  • jeanduc - Abonné
    13 novembre 2010 09 h 49
    À quand la vraie ré-ingénierie?
    Je suis père de quatre enfants qui ont excellé à l'école du fait du support et de l'exemple de leurs parents. Il est clair que le milieu familial a son importance et que dans certains milieux, la réussite scolaire n'est pas valorisée. Ce qui m'irrite dans les propos du premier ministre c'est son style "donneur de leçons" alors que lui-même ne fait pas ses devoirs. Si on fait le bilan des promesses non tenues par Jean Charest le bonnet d'âne lui va à merveille. Mes enfants réussissent et j'en suis fier et je sais pertinemment ce que ça prend comme sacrifices. Mais, d'un autre coté, je comprend que dans des milieux moins conscientisés, on ne peux donner ce que l'on a pas. J'ai été impliqué dans le développement de programmes d'études en formation professionnelle et technique, même dans des projets outre-mer. Force est de constater, qu'ici au Québec, notre bureaucratie est pour le moins bitumineuse, engluée dans les procédurites et les vagues idéologiques. L'école n'est pas adaptée une certaine clientèle de jeunes; des garçons en particulier; des petits "faiseux". On peut bien leur taper dessus pour les forcer à développer "la pensée abstraite", mais au fait, pourquoi ne pas taper sur leurs parents, il y a peut-être un gain politique à agir de la sorte. En Allemagne, il est virtuellement impossible de décrocher, tant les parcours peuvent être adaptés à la réalité du jeune là où il en est. De manoeuvre on peut devenir ingénieur. Le Québec manque cruellement de créativité dans sa gestion à cause de la rigidité des acteurs du système. À quand la vraie ré-ingénierie?

    Jean Duchesneau
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  • bolan - Inscrit
    13 novembre 2010 09 h 53
    vu de l'intérieur
    le décrochage,
    1- les directeurs et adjoints changent d'école tous les 5 ans!
    juste au moment ou ils commencent a comprendre leur milieu.
    Imputabilité
    2- ils ne plus imputables, maintenant ce sont les comités de gestion qui prennent les décisions.
    3- L'embauche de spécialistes, décharge les directions de leur décision
    4- les professeurs aussi s'en remettent aux spécialistes
    et comme par hasard, depuis que l'on ajoute des spécialistes depuis une dizaine d'années, le taux de décrochage augmente ?

    peut-etre devrions nous faire un retour en arrière sur ce volet, alors que le directeur décidait, que le personnel venait en aide directement auprès des étudiants, que les spécialistes, moins nombreux, ne s'occupaient que des cas sérieux, et non convaincre les jeunes qu'ils sont des victimes,
    j'ajouterai que dans mon école, lorsque vous etes décrocheur potentiel, vous avez droit a des instruments de musique, a des caméras vidéo de qualité professionnelles, d'organiser des spectacles, de faire des voyages, etc etc et ça,organiser par les spécialistes, qui eux ont les budgets ouverts. et pas le reste du personnel, les spécialistes ont pris le controle...pour un jeune etre décrocheur donne des privilèges que les autres n'ont pas, et pour les autres personnel, n'ayez pas de projets car il n'y a pas d'argent...Trouvez l'erreur ?...
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  • Mario Jodoin - Inscrit
    13 novembre 2010 12 h 16
    Noircir le présent en enjolivant le passé..
    «Les parents des baby-boomers se sont souvent saignés à blanc pour faire instruire leurs enfants, voulant leur épargner l'expérience de leur dure vie laborieuse. »

    Ça doit être pour cela que le taux de décrochage était au moins trois fois plus élevé à l'époque... Le taux de diplomation au secondaire est en effet passé de 57,0 % en 1975-1976 à 88,3 % en 2008-2009 (http://www.mels.gouv.qc.ca/sections/indicateurs/pd page 2), donc le taux de «décrochage» de 43 % à 11,7 %...

    «Certes, ce type de parents existe toujours, les écoles privées sont remplies d'enfants qui ne viennent ni d'Outremont ni de la Grande Allée de Québec. »

    Ah ! Donc, selon vous, un parent qui s'intéresse aux études de ses enfants doit les envoyer à l'école privé ?!! Quelle conception de l'engagement parental !
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  • TRIPOD - Inscrit
    13 novembre 2010 14 h 01
    Bien sûr les parents peuvent toujours prendre plus de place ...
    Je suis un baby-boomer, aîné de 9 enfants et la phrase "Les parents des baby-boomers se sont souvent saignés à blanc pour faire instruire leurs enfants, voulant leur épargner l'expérience de leur dure vie laborieuse." m'a quelque peu fait sursauté ! Peut-être que dans le "monde" de madame Bombardier c'était chose possible mais, dans le nôtre, celui des familles nombreuses et des bas salariés, c'était loin d'être le cas ! Je "me suis donc payé" mon éducation, j'ai commencé à travailler à quatorze ans, jobs d'été, de fins de semaine etc. et je me suis aperçu assez vite que tu ne pouvais poursuivre des études plus poussées les poches vides !

    Après le collégial, après une courte période de découragement, lorsque je me suis enfin retrouvé professionnellement sur le marché du travail, j'ai continuellement poursuivi ma formation, et ce, jusqu'à ce que je quitte mon emploi ! Je me suis même spécialisé en informatique pour pouvoir participer à son implantation dans notre milieu de travail !

    Nous avons deux enfants : une fille et un garçon que nous avons également encouragés dans leurs études respectives. Une fille, pour qui les études étaient réellement un plaisir et qui terminé son bac en psychoéducation avec de très bonnes notes (dont quelques "A") et ce, malgré qu'elle travaillait, en plus, à temps partiel ! Pour le garçon, le parcour fut un petit peu plus difficile, deux ou trois réorientations plus tard, entrecoupées de périodes de travail, il a quitté les cours, il s'est finalement trouvé un travail assez bien rémunéré et, ce qui est important, il a recommencé, de lui-même, à suivre des cours en informatique, comme quoi, en tant que parents, il ne faut jamais désespérer !

    Cependant, nous ne pouvons pas tous compter, comme le premier ministre, sur un "DEUXIÈME" salaire net à 75,000$ par année pour nous aider à payer l'école privée ou l'université à nos enfants ! Les coupures dans les programmes
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  • TRIPOD - Inscrit
    13 novembre 2010 14 h 04
    Bien sûr les parents peuvent toujours prendre plus de place ... suite ...
    Bien sûr les parents peuvent toujours prendre plus de place mais encore faut-il que le "SYSTÈME" leur en donne l'occasion et les moyens ! Pour nous, c'est évident, l'éducation est sur le même pied que la santé, toute aussi importante !
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  • Jacques Legault - Abonné
    13 novembre 2010 14 h 34
    C'est la faute aux parents ?
    Ce que M. Charest a dit n'est pas entièrement faux, c'est qu'il est réducteur. Les parents ne sont pas les seuls responsables comme l'école n'est pas la seule responsable. Par contre, quand les dépenses augmentent et que le budget de l'Éducation reste le même, quand l'attrition est la solution trouvée à ce problème, il est trop facile d'en mettre un peu plus sur le dos des parents et un peu moins sur le système.
    Le décrochage est un problème mais a-t-on vraiment regardé le taux de raccrochage sur une longue période de temps ? Les résultats sont très intéressants si je me fie à certaines études qui ont paru.
    Le décrochage coûte cher à la société ? Le manque de professionnels pour s'occuper des enfants à problème également.
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  • Claudette Piché - Inscrite
    13 novembre 2010 15 h 13
    Avoir ou être
    Aujourd'hui, malheureusement beaucoup de parents pensent qu'il est plus important de donner à leurs enfants des montagnes de trucs inutiles plutôt que de leur donner ce qui ne coûte rien : un peu de temps .

    Comprendre chacun de ses enfants et l'aider à s'épanouir pour qu'il soit heureux dans la vie, fier de lui-même, de ses réussites sur les bancs d'école et plus tard dans sa vie adulte, ça ne passe pas par l'achat des gadgets à la mode.

    Vous avez raison sur toute la ligne, Madame Bombardier.
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  • Roland Berger - Abonné
    13 novembre 2010 16 h 18
    La faute des parents ?
    De toute évidence, la mère de Denise Bombardier a pu et su profiter d'un degré d'instruction suffisant pour aider sa fille à traverser l'école sans encombres. Si elle s'était refusée à l'accompagner, elle aurait évidemment responsable de son échec. Mais voilà, de trop nombreux parents d'aujourd'hui n'ont pas eu cette chance, leur passage à l'école ayant été synonyme de dépréciation de soi, voire de dégoût d'eux-mêmes. Madame Bombardier, comme les gens conservateurs d'esprit et de coeur qu'elle défend, ne peut imaginer d'autre solution au problème national de l'échec scolaire que le blâme les parents des enfants qui échouent. Ça s'appelle voler à ras de sol.
    Roland Berger
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  • Marc Tremblay - Inscrit
    13 novembre 2010 18 h 27
    Vivre dans le passé
    L'auteure écrit : « Lorsqu'à huit ou neuf ans j'arrivais de l'école, ma mère m'attendait, impatiente de s'attabler à mes côtés, pour m'apprendre la page de grammaire que nous allions aborder en classe le lendemain».

    En 2010, c'est le contraire, car c'est l'enfant qui attend sa mère à la maison.

    Denise Bombardier, fidèle à ses habitudes, absout une fois de plus Charest qui a négligé le rôle déterminant du système scolaire dans le décrochage.

    Le rôle des parents est certes important, mais ceux-ci ne sont pas à l'école.

    Si Mme Bombardier avait eu des enfants et que malgré son implication envers eux auraient eu un enfant décrocheur, je ne pense pas qu'elle aurait apprécié le propos de Charest.
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  • Michel Page - Inscrit
    13 novembre 2010 18 h 41
    Instituonnaliser une procédure de révocation d'un premier sinistre qui tourne la démocratie en dérisiond
    La révocation du Premier ministre en régime semi-présidentiel pourrait-elle être instituée en régime parlementaire. L’impact positif d'une telle procédure serait de nature à réduire les risques de despotismes au sein des régimes parlementaires traditionnels..

    Donné en réflexion aux libéraux libertaires....
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  • Normande Poirier - Abonnée
    13 novembre 2010 20 h 32
    Le décrochage scolaire est-il un problème social?
    Pendant que l’État, les parents, les enseignants, le système, la société, se renvoient la balle et discutent de son cas, le jeune décrocheur continue en paix à jouer les irresponsables. Est-ce vraiment lui rendre service que de débattre des problèmes de décrochage sans lui faire une part dans la répartition des blâmes? Je n’en sais rien. Mais, après tout, comme le décrochage sévit parmi des jeunes qui ont atteint l’âge de raison...ces derniers ont peut-être un mot à dire. Ou bien, pourrait-on penser, comme certains, que le phénomène du décrochage scolaire est emblématique des problèmes qui surgissent inévitablement dans une société qui fonde sa culture sur le divertissement et le spectacle (!!!), et dont les jeunes seraient les victimes?
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  • Jean Pierre Bouchard - Inscrit
    13 novembre 2010 22 h 52
    Pourquoi les parents sont devenus ça?
    Ce que madame Bombardier oubli de mentionner c'est que la société industrielle qui est plus qu'un système un type de structure sociale et secondairement familial a détruit le mode d'initiation des jeunes par les adultes dans les collectivités anciennes. Le modèle médiéval européen du rapport du maître à l'apprenti a été éliminé, le paysan ou forgeron communiquant son savoir personnalisé aux adolescents a disparu au profit d'une économie industrielle de masse inventant l'école obligatoire commune à travers une forme similaire à l'usine productive obligeant les élèves à s'insérer dans une chaîne de montage éducative pour apprendre. Le parent dans la société industrielle a perdu le sentiment de son rôle affectif et éducatif en ne se sentant pas concerné profondément par la division du travail qui se fait entre l'apprentissage scolaire de ses enfants et son travail.

    Penser le système c'est de penser la complexité ne pas réduire le sujet à une affaire de bien et de mal entre les individus. Les parents sont responsables de leurs enfants encore faut t'il comprendre pourquoi la solidarité familiale dans le monde libéral est telle à ce point anéantie!

    Les parents indifférents sont méprisables mais pourquoi le sont t'ils c'est important de le comprendre.

    La volonté d'oubli d'auteurs comme Karl Marx et Michel Foucaut qui ont réfléchis sur des réalités fondamentales du monde moderne ne grandit pas l'humanité depuis le triomphe de la pensée unique en 1990.
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  • Nicole-Patricia Roy - Abonnée
    14 novembre 2010 10 h 03
    Paradoxe intéressant
    Bravo pour votre chronique, je ne peux me prononcer sur le décrochage scolaire comme tel, mais j'ai bien apprécié votre logique d'exposer ce problème avec une contradiction flagrante de notre société. Lorsque vous écrivez ". Les individus ont tous les droits, sauf qu'il est interdit de rendre ces derniers responsables de leurs actes", j'ai tout de suite pensé au jugement de la Cour d'appel du Québec sur les conjoints de fait dans la cause de Lola. Ce jugement est l'exemple même du paradoxe que vous démontrez puisque la responsabilité personnelle des individus dans leur choix de vie amoureuse a été niée pour que ce soit désormais l'État qui impose aux individus un modèle unique d'union. Le raisonnement des juges qui les a amenés à cette conclusion s'appuie sur ce paradoxe de notre société actuelle dans laquelle les individus sont toujours prompts à réclamer des droits individuels tout en ne voulant pas assumer leurs responsabilités dans les domaines de leur vie, en s'en remettant à l'État pour les protéger des conséquences de leurs choix.
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  • André Loiseau - Abonné
    14 novembre 2010 13 h 46
    Bref aperçu

    Mme Bombardier tourne en rond dans son grand ciel bourgeois.

    M. Berger, prof de formation, a très souvent raison dans sa vision du développement scolaire.

    J'ajouterais, ce qui est aussi connu que la nécessité d'une enquête dans la construction, de plus petites classes, une augmentation du corps professoral et des classes adaptées aux inadaptés pourraient préparer au suivi des parents, qui le feront avec plus de joie.
    Au lieu de payer l'écot aux sangsues mafieuses, sachons donner aux écoles publiques.
    Je manque de souffle, ici, pour dire tout le "bien" que je pense de Charest et de ses députés clonés qui nous répètent jusqu'à l'écoeurement, leurs innommables cassettes.
    Pour qui nous prennent-ils?
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  • Horace Blunt - Inscrit
    14 novembre 2010 16 h 29
    École à la maison
    Pour ma part, moi et ma conjointe avons tellement souffert de la mauvaise qualité de l'enseignement au primaire et au secondaire que nous avons décidé que nos enfants n'auraient pas à subir pareille médiocrité. L'éducation au nivellement par le bas, les classes surchargés, les enseignants blasés et désintéressé, le niveau insuffisant de l'enseignement sont des fautes d'un système qui agit plus par des motivations économique qu'un réel souci académique.

    Le système d'éducation à usine en son ensemble est un réel problème. Alors oui, le gouvernement est inapte. Nous allons prendre nos responsabilités paternels et maternels et feront l'éducation à la maison pour nos enfants.
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  • cpoulin - Inscrit
    14 novembre 2010 17 h 32
    Un héritage précieux
    Une fois encore Madame Bombardier va droit au but et propose une réflexion qui enrichit le débat sur le problème de l’éducation et du rôle de la famille. À juste titre elle soulève le caractère tout à fait paradoxal du discours le plus entendu sur cette question cette semaine. Elle nous renvoie aussi à ce chapitre de notre histoire récente et qui méritait d’être rappelé. Nous sommes en effet cette génération (lecteurs du Devoir) qui, grâce à la détermination et les sacrifices financiers des parents peu fortunés et souvent pas instruits, a eu accès à l’éducation avant même que l’État ne s’en mêle. Il fallait évidemment que ces choses changent et que s’impose la révolution que l’on sait. Le retour en arrière est évidemment impossible mais l’esprit qui marqué cette période historique de la famille québécoise, l’un de nos plus précieux héritages du Québec moderne devrait être réanimé. Claude Poulin Québec
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  • niya - Inscrite
    14 novembre 2010 17 h 56
    ce n'est pas de ma faute
    Madame Bombardier je ne suis pas toujours en accord avec vous, mais cette fois je souscris pleinement à votre analyse, au tabou et au paradoxe que vous relevez.

    Quoique Monsieur Charest ne se lève pas toujours du bon côté du firmament, dans la présente séquence politique, l'État ou à tout le moins le système a le dos large. Et nous aussi enseignants universitaires (et oui même à ce niveau) devons goûter à la médecine des enfants rois qui demande au système (profs, université, gouvernement...) de leur donner ... le droit de réclamer... qu'on leur donne, qu'on leur facilite, qu'on les comprenne...
    Il y a, je le crois aussi, un maillon de la chaîne qui s'est retiré lors de l'assemblage

    Nicole Therrien
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  • Denis-Émile Giasson - Abonné
    15 novembre 2010 13 h 24
    À propos de l'école et des parents.
    J'ai le plaisir d'accueillir, trois fois la semaine, à la porte de leur école, mes 2 petites-filles écolières du premier cycle dans une école du Plateau. Pour l'ainée
    il question d'aide aux devoirs alors que la benjamine profite des nombreux stimuli culturels de la maison.
    Chaque soir, je côtoie les parents des autres enfants qui viennent les chercher. Une immense majorité de ces parents sont d'origines ethniques autres que québécoise francophone. Plusieurs baragouinent avec peine quelques mots de français et ne possèdent au mieux qu'un anglais approximatif appris dans leurs pays d'origine.
    Je veux bien croire le PM et son «écho» mais la plupart des parents de «notre» école rencontrés ne peuvent aider leur enfants non plus que les guider à travers un programme scolaire rébarbatif même pour un québécois non initié au langage de la pédagogie actuelle.
    C'est aussi sans compter les problèmes de ces familles souvent laissées à elles-mêmes par des gouvernements prompt à célébrer l'immigration mais aussi prompts à couper les outils utiles à l'intégration culturelle et socio-économique des immigrants.
    L'espoir de succès scolaire de ces petits réside dans la capacité de leurs parents à «leur» acheter éventuellement une place dans l'un ou l'autre des réseaux parallèles de l'éducation soit privé, soit ethnique, soit religieux.
    En attendant, l'école publique «ordinaire» par opposition à l'école publique spécialisée -internationale, sportive, musicale, alternative, etc- doit supporter et faire porter par ses enfants le poids de l'intégration et ce, sans moyens particuliers.
    Et ici, il ne fut même pas question des clientèles issues de milieux économiques défavorisés, où la sous-scolarité endémique et la «diplômation» sont équipotentes.
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  • Mignonette09 - Abonnée
    18 novembre 2010 02 h 28
    Payez ça veut dire qu'on aiment...
    Je ne suis ABSOLUMENT pas d'accord avec certain faits dans cette article qui dit que payez pour ses enfants, cela prouve à qu'elle point on tiens à leurs éducations. Entre les articles scolaires, les sorties scolaires, les transports, les dépenses d'uniformes ou de vêtements, les lunchs et les dépenses supplémentaires courantes, les parents sont débordés de frais. Et l'important n'est pas de déboursé, car ce n'est pas qu'une question d'argent ici, mais de suivi. J'ai vue bien des parents déboursé pour leurs enfants et travailler comme des fous et n'être jamais là pour leurs faire faire, leurs devoirs ou leurs leçons. J'ai fait un suivi intense auprès de ma fille depuis un an, car elle avait des difficultés. Et pour ça j'ai même fait le sacrifice de prendre une année sabbatique du travail. Le cash n'aurait rien réglé et même si on voudrait, seul l'élite, dans leurs notes. à droit de rentrer dans des écoles privés.Alors, débourser pour ma fille dans des écoles qui fait de la discrimination, ni plus ni moins. Vous croyez que c'est ça tenir à l'éducation de nos enfants ? Alors voila c'est propos là ''mais ils s'échinaient à travailler pour payer des études à leur progéniture. Certes, ce type de parents existe toujours, les écoles privées sont remplies d'enfants qui ne viennent ni d'Outremont ni de la Grande Allée de Québec. Des parents qui s'impliquent dans le cursus scolaire, qui rassurent leurs enfants, les aident dans la mesure de leurs moyens'' c'est pour moi de la merde pour les chats. Car payer c'est aussi se déresponsabilisé. Voilà, je paye...alors faites en sorte qu'il aillent des bonne notes même si il n'a pas le temps de me les montrer car je ne suis jamais là. Alors yoo minute! On ne se fout pas de ses enfants parce que nous ne les envoyons pas à l'école privé miss. Facile de juger ceux qui déboursent pas pour du privé, quand on demeure dans une maison de cinq cents mille. Et consacrer du temps à ses enfan
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  • Gebe Tremblay - Inscrit
    21 novembre 2010 16 h 36
    Le petit monde de Bombardier
    Ce ne sont pas les parents qui ont choisis que l'État en 1974 emprunterait dorénavant aux banques privées à fort taut d'intérêts et que pour payer cet intérêt les deux parents devront maintenant travailler pour établir un foyer. À partir de ce moment les parents n'avaient plus le choix d'accepter que l'État devienne la nounou et seul éduquateur de leurs enfants.

    Maintenant, cette réforme conçue dans les bureaux de l'OCDE par des banquiers et des économistes a comme fondement la scission complète de ce qui restait du lien parents-élèves-enseignant.

    L'abrutissement des élèves au service des besoins spécifiques des corporations et des banques. Le summum de l'utilitarisme.
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