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    Naissance de nouveaux établissements - De la petite école de rang à l'invention des polyvalentes et des cégeps

    25 septembre 2010 |Paul Cauchon | Éducation
    La création la plus originale demeure celle des cégeps.<br />
    Photo: Jacques Grenier - Le Devoir La création la plus originale demeure celle des cégeps.
    • 1909 Refonte de la Loi médicale de 1876
    • 1910 École des hautes études commerciales
    • 1919 Université de Montréal • 1948 Université Sir-George-Williams
    • 1954 Université de Sherbrooke
    • 1960 Commission des universités
    • 1961 Centre d’études nordiques à l’Université Laval
    • 1967 Collèges d’enseignement général et professionnel
    • 1968 Réseau des Universités du Québec
    • 1985 Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Science et de la Technologie. Première doyenne universitaire
    • 2000 «Contrats de performance» pour les universités
    À la fondation du Devoir il y a 100 ans, le réseau scolaire est divisé en deux secteurs étanches, catholique et protestant. Les écoles catholiques sont essentiellement gérées par les paroisses et les communautés religieuses.

    Dans ces petites écoles primaires, le cours primaire comprend quatre années. À partir de 1923, on y ajoute deux ans, pour ensuite le prolonger avec une 7e et une 8e années. Le jeune écolier peut ensuite poursuivre ses études dans un collège classique. Mais peu d'enfants y ont accès: en 1926, 94 % des enfants catholiques quittent l'école après une 6e année.

    Du côté protestant, les structures sont plus cohérentes. Le primaire est mieux arrimé au réseau des high schools, qui s'étale de la 9e à la 11e année, et le high school ouvre la porte à un large éventail de disciplines universitaires. Chez les francophones, les collèges classiques sont des établissements privés, contrôlés par les communautés religieuses. Certains remontent même au premier temps de la Nouvelle-France — les jésuites avaient fondé le Collège de Québec dès 1635.

    Vers 1930, on compte 36 collèges classiques, dont seulement deux pour les filles. Ce sont surtout des séminaires, qui forment des prêtres, des médecins et des avocats, mais très peu de scientifiques ou d'administrateurs.

    Pour combler les besoins grandissants d'une province qui ne cesse de s'industrialiser, les différents gouvernements encouragent la création de divers établissements. On compte sept écoles techniques en 1929, soutenues par l'État, et ce nombre passe à près de 50 en 1960, à l'aube de la Révolution tranquille. Ces écoles forment les jeunes aux métiers du meuble, des textiles, des arts graphiques, de l'automobile, de l'avionnerie.

    Au niveau universitaire, le Québec s'est doté de quelques établissements respectables, pour ceux qui parviennent à s'y rendre. Au début du XXe siècle, on compte trois universités: McGill, Bishop et Laval. Dans les années 20, la succursale montréalaise de Laval obtient son indépendance et, en 1928, l'Université de Montréal entreprend de grands travaux pour s'installer sur le mont Royal. Les travaux seront interrompus par la crise économique, et «l'université sur la montagne» n'y ouvrira ses portes qu'en 1942.

    Le réseau universitaire d'avant la Révolution tranquille sera complété en 1954 par la création de l'Université de Sherbrooke.

    Le grand fouillis

    Mais le fouillis règne dans l'ensemble du réseau scolaire, du début du siècle jusqu'en 1960.

    Il y a peu de coordination entre les différents établissements et entre les différents programmes. Les réseaux catholique et protestant ne communiquent pas entre eux. Le réseau protestant est plutôt multiconfessionnel et il intègre tous les non-catholiques, considérés comme des protestants aux yeux de la loi.

    Le manque de coordination est tout aussi flagrant à l'intérieur du gouvernement. Ainsi, le ministère des Mines gère l'École des mines, le Secrétariat provincial s'occupe de l'École des beaux-arts et des académies de musique, le ministère des Terres et Forêts s'occupe des écoles de foresterie, et ainsi de suite.

    Le grand ménage

    Depuis la fin de la guerre, les pressions étaient constantes pour moderniser le réseau scolaire. En 1956, Maurice Duplessis autorise la création d'un véritable cours secondaire de cinq ans, mais visiblement la réforme doit être plus vaste. Et les enfants du baby-boom ont commencé à déferler sur le territoire.

    Après la mort de Duplessis en 1959, le Québec se lance donc dans une spectaculaire réforme de son système scolaire. Ce sera un des plus vastes chantiers de la Révolution tranquille. Pour la première fois depuis 100 ans, toutes les politiques et tous les budgets consacrés à l'éducation sont regroupés dans un seul grand ministère.

    Les travaux de la commission Parent mènent à une innovation: la création d'une nouvelle école secondaire, qu'on appelle la polyvalente, ouverte à tous, mixte, qui offrira autant l'enseignement général que l'enseignement technique et professionnel. Dans toutes les petites villes, les polyvalentes poussent comme des champignons.

    Le tour de force ces cégeps

    Mais la création la plus originale demeure celle des cégeps. Car il s'agit ici de créer un tout nouvel ordre d'enseignement et un nouveau type d'établissement. Ce projet apparaît en 1964 dans un rapport de la commission Parent, qui appelait ce nouvel établissement l'«Institut». Cet institut devait regrouper tous les enseignements postsecondaires et pré-universitaires dans un même lieu, y compris des enseignements techniques et professionnels, et il voulait offrir une formation commune en philosophie, littérature et éducation physique.

    Compte tenu de l'ampleur du chantier, qui faisait disparaître le cours classique, l'ouverture des premiers cégeps quatre ans plus tard, en 1968, représente un véritable tour de force.

    Cette grande réforme de l'éducation aura aussi un impact sur le secteur privé. Tout au long des années 60, les écoles privées parviennent à voir leur existence reconnue par les nouvelles structures mises en place. Le gouvernement, en reconnaissant ces établissements, souhaitait une collaboration entre les commissions scolaires et les établissements privés. Mais le secteur privé prend plutôt son envol lorsque les maux des polyvalentes (problèmes d'organisation, conflits de travail, établissements trop gros) convainquent les parents, à tort ou à raison, que le secteur privé offre un enseignement plus stable et mieux structuré.

    L'université populaire

    Au milieu des années 50, on comptait seulement 7500 étudiants à temps plein dans les universités francophones, dont 15 % de femmes. Dernier grand chantier de la réforme des années 60: la création en 1968 de l'Université du Québec (UQ), qui sera suivie dans les années 70 par la création de l'Université Concordia.

    Alors que toutes les universités depuis 150 ans avaient été créées au moyen de lois ou de chartes privées, l'UQ est la première université publique et laïque à voir le jour. Sa constituante de Montréal, l'UQAM, a obtenu une forme d'autonomie et un statut d'université associée en 1989, et l'ensemble du réseau universitaire québécois compte maintenant 17 établissements.












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