Laure Gaudreault - Celle par qui la syndicalisation arrive
Une poignée d'institutrices se réunissent à La Malbaie le 2 novembre 1936 et fondent l'Association des institutrices rurales de la province de Québec
- 1920 Bourses d’étude en Europe
- 1930 Commission scolaire juive
- 1939 Fédération catholique des instituteurs ruraux
- 1943 Fréquentation scolaire obligatoire
- 1945 Salaire minimum pour les enseignants
- 1949 Grève à Montréal
- 1960 Commission des universités
- 1961 Commission royale d’enquête sur l’enseignement
- 1962 Commissions scolaires régionales
- 1964 Ministère de l’Éducation
- 1967 Cégeps
- 1968 Réseau des Universités du Québec
- 1972 Emprisonnement des chefs syndicaux
- 1980 Grève générale déclenchée par la CEQ
- 1992 Loi sur l’enseignement privé
L'époque de l'école de rang avec son charme pittoresque fait partie du «bon vieux temps» que Laure Gaudreault s'est évertuée à combattre toute sa vie. À l'origine du premier regroupement d'institutrices rurales en 1936, cette femme posera les premières pierres du syndicalisme enseignant au Québec, qui mèneront à la création de la Centrale de l'enseignement du Québec (CEQ), devenue la Centrale des syndicats du Québec (CSQ).
Laure Gaudreault a elle-même été confrontée aux rudes conditions de vie d'une institutrice isolée dans une de ces écoles surpeuplées, où le salaire annuel de 125 $ devait servir aussi à payer le bois de chauffage et les manuels scolaires. «Ce n'était pas le bon vieux temps, on s'est arraché le coeur à le changer», lancera des décennies plus tard Laure Gaudreault, qui démontrera une détermination sans faille pour défendre les «maîtresses d'école» et améliorer l'enseignement.
En 1906, âgée de 16 ans et armée d'un diplôme de l'École normale Laval de Québec, elle enseigne d'abord à l'école de rang numéro 1 de la paroisse des Éboulements, dans Charlevoix. Par la suite, elle quitte sa région natale en 1920 afin d'améliorer ses conditions de travail.
Mais, lassée de la situation ardue qui est la sienne, Laure Gaudreault décide de travailler comme journaliste. C'est au Progrès du Saguenay qu'elle verra l'ampleur du problème auquel sont confrontées les institutrices, en répondant au courrier des lecteurs. La mèche de la combattante venait d'être allumée. Elle profite de la tribune qu'elle a pour participer à une prise de conscience collective et dénoncer les conditions de travail difficiles des jeunes institutrices.
Après dix années de journalisme, Laure Gaudreault retourne à l'enseignement et constate que rien n'a évolué. Elle s'attelle alors à convaincre ses collègues de la nécessité de se serrer les coudes.
Appel à la solidarité
En 1936, elle lance un appel à la solidarité. Une poignée d'institutrices se réunissent à La Malbaie le 2 novembre et fondent l'Association des institutrices rurales de la province de Québec. Dans les mois qui suivent, Laure Gaudreault fait une tournée du Québec et 13 associations régionales regroupant plus de 600 institutrices se mettent en place.
L'année suivante, l'association tient un premier congrès avec quelque 300 déléguées. La Fédération des institutrices rurales de la province de Québec voit le jour, avec Laure Gaudreault à sa tête. Elle devient alors la première syndicaliste laïque rémunérée au Québec, avec un salaire de 450 $ par année.
Mais la tâche qui l'attend n'est pas facile, d'autant qu'elle doit faire face au gouvernement de Maurice Duplessis. «Lorsque les négociations étaient plus ardues et que Duplessis frappait d'un poing sur la table, moi, je frappais des deux!», a raconté par la suite Mme Gaudreault, comme le rapporte l'historien Serge Gauthier.
Grâce au travail acharné de la syndicaliste, la fédération obtient notamment, en 1945, un salaire minimum annuel de 600 $ pour les enseignants. En 1959, ce salaire bondit à 1500 $.
Lorsqu'elle prend sa retraite de l'action syndicale, Laure Gaudreault travaille pour la cause des enseignants retraités et fonde en 1961 une association pour défendre leurs droits. Elle militera jusqu'en 1974, quelques mois avant de décéder à l'âge de 85 ans, laissant derrière elle une organisation syndicale solide.
Laure Gaudreault a elle-même été confrontée aux rudes conditions de vie d'une institutrice isolée dans une de ces écoles surpeuplées, où le salaire annuel de 125 $ devait servir aussi à payer le bois de chauffage et les manuels scolaires. «Ce n'était pas le bon vieux temps, on s'est arraché le coeur à le changer», lancera des décennies plus tard Laure Gaudreault, qui démontrera une détermination sans faille pour défendre les «maîtresses d'école» et améliorer l'enseignement.
En 1906, âgée de 16 ans et armée d'un diplôme de l'École normale Laval de Québec, elle enseigne d'abord à l'école de rang numéro 1 de la paroisse des Éboulements, dans Charlevoix. Par la suite, elle quitte sa région natale en 1920 afin d'améliorer ses conditions de travail.
Mais, lassée de la situation ardue qui est la sienne, Laure Gaudreault décide de travailler comme journaliste. C'est au Progrès du Saguenay qu'elle verra l'ampleur du problème auquel sont confrontées les institutrices, en répondant au courrier des lecteurs. La mèche de la combattante venait d'être allumée. Elle profite de la tribune qu'elle a pour participer à une prise de conscience collective et dénoncer les conditions de travail difficiles des jeunes institutrices.
Après dix années de journalisme, Laure Gaudreault retourne à l'enseignement et constate que rien n'a évolué. Elle s'attelle alors à convaincre ses collègues de la nécessité de se serrer les coudes.
Appel à la solidarité
En 1936, elle lance un appel à la solidarité. Une poignée d'institutrices se réunissent à La Malbaie le 2 novembre et fondent l'Association des institutrices rurales de la province de Québec. Dans les mois qui suivent, Laure Gaudreault fait une tournée du Québec et 13 associations régionales regroupant plus de 600 institutrices se mettent en place.
L'année suivante, l'association tient un premier congrès avec quelque 300 déléguées. La Fédération des institutrices rurales de la province de Québec voit le jour, avec Laure Gaudreault à sa tête. Elle devient alors la première syndicaliste laïque rémunérée au Québec, avec un salaire de 450 $ par année.
Mais la tâche qui l'attend n'est pas facile, d'autant qu'elle doit faire face au gouvernement de Maurice Duplessis. «Lorsque les négociations étaient plus ardues et que Duplessis frappait d'un poing sur la table, moi, je frappais des deux!», a raconté par la suite Mme Gaudreault, comme le rapporte l'historien Serge Gauthier.
Grâce au travail acharné de la syndicaliste, la fédération obtient notamment, en 1945, un salaire minimum annuel de 600 $ pour les enseignants. En 1959, ce salaire bondit à 1500 $.
Lorsqu'elle prend sa retraite de l'action syndicale, Laure Gaudreault travaille pour la cause des enseignants retraités et fonde en 1961 une association pour défendre leurs droits. Elle militera jusqu'en 1974, quelques mois avant de décéder à l'âge de 85 ans, laissant derrière elle une organisation syndicale solide.








