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Décrochage: un plan inefficace

Huit ans et quelque 300 millions de dollars plus tard, la stratégie de Québec n'a pas donné les résultats escomptés

Lisa-Marie Gervais   9 septembre 2010  Éducation
«La multiplicité des objectifs a eu un effet de dispersion des énergies. Si c’est le décrochage qui nous intéresse, il faut se recentrer sur les déterminants les plus importants», dit un spécialiste.<br />
Photo : Agence France-Presse
«La multiplicité des objectifs a eu un effet de dispersion des énergies. Si c’est le décrochage qui nous intéresse, il faut se recentrer sur les déterminants les plus importants», dit un spécialiste.
Trop ambitieuse, mal implantée, bref, inefficace. Huit ans et quelque 300 millions de dollars plus tard, la vaste stratégie gouvernementale mise en œuvre en 2002 pour contrer le décrochage scolaire dans les milieux défavorisés n'a pas donné les résultats escomptés.

Si des progrès ont été enregistrés sur le plan de la socialisation et du climat dans les écoles, sur le strict plan du décrochage scolaire, c'est le statu quo et même pire: il y a régression. «À l'exception de quelques effets sur les attitudes à l'égard de la poursuite des études, les intentions de décrocher de l'école et le nombre d'élèves décrocheurs n'ont pas changé», peut-on lire dans le nuancé mais non moins accablant rapport dirigé par Michel Janosz, qui a évalué sur six ans (2002 à 2008) la stratégie d'intervention Agir autrement (SIAA). «Globalement, la SIAA ne semble pas avoir eu d'effets positifs appréciables sur les apprentissages des élèves. Certains indices pointent même vers une légère détérioration du rendement scolaire en langue d'enseignement et en mathématiques.» Et, constat surprenant pour les chercheurs qui ont produit ce rapport très attendu: cet effet négatif apparaît plus prononcé dans les écoles où la SIAA est la mieux implantée.

Michel Janosz, directeur du Groupe de recherche sur les environnements scolaires (GRES) de l'Université de Montréal, relativise quelque peu le constat d'échec. «C'est un constat de demi-échec ou de demi-réussite, selon si on voit le verre à moitié plein ou à moitié vide, note-t-il. Car il ne faut pas oublier que la stratégie ne visait pas précisément à éliminer le décrochage, elle visait à améliorer la réussite scolaire dans les milieux défavorisés.» Or, comme la mission éducative vise à instruire, socialiser et qualifier, la Stratégie d'intervention proposait de porter les mêmes objectifs. «Quand le ministre de l'époque [le péquiste François Legault] a présenté l'ensemble des objectifs de la Stratégie, tout le monde a applaudi. On donnait de l'importance à tous ces champs de développement. Mais pour nous c'était un problème, car on voyait que ça mettait la barre haute pour tous ces plans de réussite.»


Qui trop embrasse...

En somme, les conclusions du rapport d'évaluation suggèrent que le gouvernement n'a justement pas su «agir autrement». «On aurait pu faire autrement, mais on a été trop gourmand. Le gouvernement a voulu travailler sur trop de choses en même temps et on a surestimé la capacité des enseignants à tout faire», a indiqué le professeur à l'École de psychoéducation de l'UdeM. «La multiplicité des objectifs a eu un effet de dispersion des énergies. Si c'est le décrochage qui nous intéresse, il faut se recentrer sur les déterminants les plus importants, ceux qui sont liés aux apprentissages, à l'enseignement en français et en maths.»

De l'avis de M. Janosz, on ne peut blâmer le gouvernement d'avoir voulu lutter contre le décrochage scolaire dans les milieux défavorisés en s'intéressant «à la périphérie». D'ailleurs, à cet égard, de nombreux progrès ont été réalisés. «On observe une diminution de la violence, une meilleure collaboration entre les parents et l'école, et des effets positifs sur les comportements délinquants, la consommation de drogue et un changement d'attitude à l'égard du décrochage», fait-il remarquer. Mais se contenter d'agir sur l'entourage social d'un élève ne fera pas de lui un surdoué des mathématiques. «Oui, il y peut y avoir un lien entre la consommation de drogue et l'échec scolaire. Mais ce ne sont pas les liens les plus forts.»

Le chercheur attribue également les mauvaises notes de la SIAA à la difficulté de l'implanter dans les très grandes écoles et au manque d'accompagnement des enseignants. «Les écoles qui ont mieux réussi à s'engager dans la SIAA ont été les petites écoles. Et on s'est rendu compte qu'on n'était pas collectivement prêt à accompagner les écoles dans un processus aussi exigeant. On disait à l'école: "Voici la technique la plus efficace", mais on ne l'aidait pas à se préparer en conséquence. On oublie que l'enseignant doit enseigner et qu'on doit l'accompagner avec les bons outils, déplore M. Janosz. C'est le côté "pensée magique".»

Pas de table rase

Le travail de l'équipe d'évaluation de la SIAA, formée d'une vingtaine de chercheurs, est colossal et constitue, aux yeux de son directeur, «l'un des chantiers de recherche évaluative les plus ambitieux jamais faits en éducation au Québec». En plus des 30 000 élèves et 4000 enseignants sondés partout à travers la province de 2002 à 2008, l'équipe a produit plus de 9000 bilans individualisés pour les écoles et déposé près d'une vingtaine de rapports pour suivre l'évolution de la Stratégie et suggérer des correctifs si nécessaires.

Comment le plan de lutte contre le décrochage a-t-il pu rater à ce point la cible? «Le portrait qu'on brosse maintenant se tient, mais c'est complexe et ça a pris beaucoup de temps d'analyse. Sur le coup, on a regardé les morceaux de façon détachée et on n'était pas capable d'articuler aussi bien l'argumentaire que l'on fait aujourd'hui. C'est pourquoi il n'y a pas eu de changements de pratiques», justifie-t-il.

M. Janosz ne désavoue pas entièrement la SIAA et souhaite récupérer certains éléments de l'initiative, dont l'effet mobilisateur du milieu. Les correctifs apportés à la Stratégie devront continuer de faire l'objet d'une évaluation et d'un suivi serré, et les quelque 220 $ dépensés par élève devront être mieux dépensés.

Ainsi, le rapport dresse une liste de 13 recommandations surtout adressée au ministère de l'Éducation, qui apparaît comme le seul coupable. «Les recommandations s'adressent au ministère parce que c'est lui qui a fait la commande du rapport, souligne le chercheur. Mais on juge que ça prend effectivement du leadership de la part du ministère pour gagner la lutte contre le décrochage.»

Par voie de communiqué hier, la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, a dit avoir entendu la leçon. Quant à la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) et à la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE-CSQ), elles ne souhaitent pas non plus faire table rase et recommencer à zéro. «Malgré des ratés à corriger, pour l'instant, nous croyons encore que ce programme peut donner les résultats attendus», ont-elles soutenu.
 
 
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  • Jean Rousseau
    Inscrit
    jeudi 9 septembre 2010 01h11
    LA THÉORIE DE L'ÉDUCATION

    Ce titre qui en rappellera un autre d'Einstein, m'amène à penser que l'on réussira à garder les jeunes à l'école, le jour où on fera suffisamment preuve de courage pour remplacer les commissions scolaires par de petits ateliers où de vrais zélés tenteront nombre d'essais créatifs.

    Pourquoi observe-t-on de l'évolution au niveau des produits et des méthodes en entreprise? Parce que ces dernières doivent constamment se renouveler au risque de disparaître. Je crois qu'il faudrait implanter finement la concurrence dans nos jardins d’apprentissage.

    Et extirper de ce secteur, ces grosses vaches qui sont aussi les centrales syndicales et toute cette saloperie de partisannerie qui fera privilégier autre chose que l'excellence. Et si nous percevions que la cause primordiale de ce marasme se trouve le gouvernement en place, il faudrait d'abord procéder à son remplacement afin d’assurer les autres changements souhaités.

    Il y aussi ce petit snobisme bien québécois qui fera rejeter des ondes
    « d’espace musique » (par exemple), de grands talents populaires; Céline Dion, Lady Gaga ou Marie Mai. Cette attitude condescendante nous nuit beaucoup et sous plusieurs plans. Observez la supériorité des anglais à ce titre et tout ce qui s’ensuit.

    Jean Rousseau, B. Ps
    consultant en psychologie du développement
    courriel : jeanrousseau1956@live.ca

  • Marc L
    Abonné
    jeudi 9 septembre 2010 06h08
    Anomie
    "...Le chercheur attribue également les mauvaises notes de la SIAA à la difficulté de l'implanter dans les très grandes écoles et au manque d'accompagnement des enseignants..."

    Je dirais que c'est là que se situe le problème. On "garochent" les jeunes dans d'énormes polyvalentes où il perd toute référence. Le jeune n'a pas de lien réel avec ses professeurs, tout comme les profs n'en ont plus avec les étudiants. À la maison nombreux sont ceux qui doivent se débrouiller avec les moyens du bord, familles plus ou moins reconstruite ou déconstruite, souvent monoparentale, avec des revenus pas toujours adéquats. Nos modèles de réussites sont quelques méga-stars du monde du spectacle ou du sport. Malheureusement ces méga-stars peuvent difficilement servir de modèles à des jeunes ordinaires, alors que reste-t-il ? Les télé-réalités insipides, qui ne présentent en fait que des étoiles filantes, sans intérêt réel ! Il nous faut réaliser que notre société est un peu vide et que ce qui peut aider nos jeunes c'est, entre autres choses, par l'intermédiaire de leurs profs, de leur présenter de véritables modèles de vie, toutefois pour ce faire la confiance et la communication sont indispensables, les retrouvons-nous dans les grandes polyvalentes ? Probablement pas.

  • Pierrecnd
    Abonné
    jeudi 9 septembre 2010 06h26
    Mon opinion en vaut bien une autre
    Personnellement je crois que toute solution pour contrer le décrochage scolaire passe par les parents.

    Si un enfant est dans un milieu dont les parents n'ont pas conscience de l'importance des études ce sera toujours de l'argent du contribuable gaspillé.

    Aucune réforme ne peut fonctionner sans que l'enfant ait le soutien de ses parents.

    C'est mon opinion

  • Socrate
    Inscrit
    jeudi 9 septembre 2010 07h40
    famille
    Absence des parents = décrochage.
    Et si le pôblème était surtout familial?
    Des camps d'apprentissage devraient probablement aider.

  • Rodrigue Tremblay
    Inscrit
    jeudi 9 septembre 2010 07h42
    Grave le décrochage?
    Quels sont les Québécois qui ont le mieux réussi à l'étranger?
    Céline Dion
    Gilles Villeneuve
    Mario Lemieux
    Guy Laliberté
    Aucun n'a complété son Secondaire V

    Québec

  • François Dugal
    Abonné
    jeudi 9 septembre 2010 07h47
    Incompétents
    La réforme (l'approche par compétence) est un échec retentissant.
    La lutte contre le décrochage est un échec retentissant.
    C'est l'avenir de la génération montante qui est en jeu.
    Virez-moi ce ramassis d'incompétents du MELS.

  • Jean-Serge Baribeau
    Abonné
    jeudi 9 septembre 2010 07h54
    La scandaleuse pérennité «têtue» des milieux dits défavorisés!
    J'ai commencé à étudier la sociologie à l'Université de Montréal en 1963. Deux de mes «grands» professeurs étaient Marcel Rioux et Guy Rocher. À l'époque nombreux et nombreuses étaient ceux et celles qui croyaient que, au tournant des années 2000, les milieux dits défavorisés seraient presquement un triste souvenir d'un passé trop insouciant et pas suffisamment concerné par les questions de la pauvreté et de la vie en milieu défavorisé.

    Plus tard il y a eu le livre-choc (pour l'époque) de Pierre Bourdieu: LES HÉRITIERS. Bourdieu, entre autres, mettait en lumière le rôle de la culture dans les difficultés scolaires des enfants des milieux défavorisés. Le problème, avançait-il, n'était pas que d'ordre directement économique et financier.

    Aujourd'hui on parle rarement de diminuer (sinon de «supprimer») la quantité d'êtres humains vivant dans des milieux défavorisés. On continue, en ayant bien raison, à chercher des stratégies et des politiques susceptibles d'améliorer la réussite des jeunes des milieux dits défavorisés.

    Nous savons tous que les parents sont un des éléments essentiels dans une stratégie de réussite des enfants. Mais que faire avec les nombreux enfants dont les parents, et je le dis sans mépris ou jugement hautain, sont, à certains égards, des «incultes» ne voyant pas la nécessité de la culture et de l'instruction.

    Ayant enseigné au niveau collégial pendant 37 ans, j'ai souvent remarqué que le milieu familial et parental jouait un rôle considérable en ce qui concerne l'attitude que les jeunes adultes des collèges manifestaient vis-à-vis de la connaissance et de la culture.

    Pour supprimer (ou réduire) les milieux défavorisés, il faudra, de manière «rhinocérienne», modifier la définition de la pauvreté de manière telle qu'il va y avoir de moins en moins de pauvres et de défavorisés.

    Enfin, tout cela n'est pas simple!

    Jean-Serge Baribeau, sociologue des médias

  • guido3005
    Inscrit
    jeudi 9 septembre 2010 07h58
    La vis sans fin
    Le phénomène du décrochage est une vis sans fin. Dans les sociétés dites primales, tous les adultes étaient responsables de l'éducation.

    Aujourd'hui, les parents qui en ont les moyens ou qui s'en donnent les moyens, envoient leurs enfants à l'école privée, qui les recoivent bras ouverts, s'ils sont, bien sûr, capable de suivre la cadence.

    On se retrouve donc avec, d'une part des élèves triés sur le volet, plus doués, mieux fortunés et surtout mieux soutenus par leurs parents.

    De l'autre, on se retrouve avec de bons élèves, mais aussi beaucoup d'enfants qui n'ont pas le soutien de leurs parents, car ces parents là sont souvent eux-mêmes en mode de survie puisque sous-scolarisés. Ceci est sans parler des enfants ayant toutes les problématiques physique ou psychologique inimaginable.

    En bout de ligne ces enfants d'aujourd'hui, auront dans quelquers années, des enfants qu'ils ne pourront pas plus aider, puisqu'eux-mêmes seront aussi en mode de survie.

    C'est triste à pleurer, mais il faudrait cesser de rêver et constater que cette belle déclaration de droits et libertés où il est dit que chaques enfants naissent égaux est une vraie blague.

  • pagerry3
    Inscrit
    jeudi 9 septembre 2010 08h26
    Procès du décrochage, par un gouvernement décrocheur.
    Une pléiade de ministres se sont succédés, depuis la fusion du Ministère de l'Éducation (Enseignement inférieur) à celui de l'Enseignement supérieur et tous, sans exception, ont décroché, à commencer par la Ministre fusionnelle, Lucienne Robillard et cette succession de «commissionnaires» qui n'avaient ni les mandats précis ni les compétences requises pour réorienter adéquatement la mission éducative de l'école québécoise, en ciblant un idéal réaliste et atteignable, ont été les premiers à échouer et à accentuer les décrochages tous azimuts. Grâce au «LEADERSHIP 0», les parents ont été les premiers à décrocher en vrac, suivis de très près par une majorité d'enseignants que les réformateurs, en commençant par le Ministre Legault, conseillés par des pelleteux de nuages, ont pris pour des pions qu’ils ont fini par ignorer complètement . Les parents sont passés de vivaces à annuelles et on (MÉQ) a inscrit les enseignants aux annales des pissenlits. L’ÉDUCATION est devenue un gros éléphant qu'on a sorti de sa savane et qu'on ne tente de nourrir qu'à grands coups de millions, ce moteur de la plupart des échecs d’un gouvernement qui a complètement décroché de sa mission, pour devenir, sous Charest, le plus illustre des décrocheurs. Il faut confronter les parents à l’imputabilité qu’est la leur, au tout premier chef. Il faut subséquemment reconnaitre l'autorité de compétence des enseignants. Au Québec, l’Éducation et la Santé sont devenues deux «calvaires» où l’on s’évertue à crucifier jeunes et vieux, jour après jour. Et, durant ce temps, le Premier Responsable de la gouvernance, John James Charest, joue aveuglément à la roulette russe ministérielle et priorise sa poursuite qu’il espère compensatoire et payante, contre l’ex-procureur général et Ministre de la Justice qui a osé laisser filtrer certaines vérités, au chapitre de la corruption politique, entre autres.

  • Jean-Serge Baribeau
    Abonné
    jeudi 9 septembre 2010 08h47
    Et la lutte contre la pauvreté?
    J'ai commencé à étudier la sociologie à l'Université de Montréal en 1963. Deux de mes «grands» professeurs étaient Marcel Rioux et Guy Rocher. À l'époque nombreux et nombreuses étaient ceux et celles qui croyaient que, au tournant des années 2000, les milieux dits défavorisés seraient presquement un triste souvenir d'un passé trop insouciant et pas suffisamment concerné par les questions de la pauvreté et de la vie en milieu défavorisé.

    Plus tard il y a eu le livre-choc (pour l'époque) de Pierre Bourdieu: LES HÉRITIERS. Bourdieu, entre autres, mettait en lumière le rôle de la culture dans les difficultés scolaires des enfants des milieux défavorisés. Le problème, avançait-il, n'était pas que d'ordre directement économique et financier.

    Aujourd'hui on parle rarement de diminuer (sinon de «supprimer») la quantité d'êtres humains vivant dans des milieux défavorisés. On continue, en ayant bien raison, à chercher des stratégies et des politiques susceptibles d'améliorer la réussite des jeunes des milieux dits défavorisés.

    Nous savons tous que les parents sont un des éléments essentiels dans une stratégie de réussite des enfants. Mais que faire avec les nombreux enfants dont les parents, et je le dis sans mépris ou jugement hautain, sont, à certains égards, des «incultes» ne voyant pas la nécessité de la culture et de l'instruction.

    Ayant enseigné au niveau collégial pendant 37 ans, j'ai souvent remarqué que le milieu familial et parental jouait un rôle considérable en ce qui concerne l'attitude que les jeunes adultes des collèges manifestaient vis-à-vis de la connaissance et de la culture.

    Pour supprimer (ou réduire) les milieux défavorisés, il faudra, de manière «rhinocérienne», modifier la définition de la pauvreté de manière telle qu'il va y avoir de moins en moins de pauvres et de défavorisés.

    Enfin, tout cela n'est pas simple!

    Jean-Serge Baribeau, sociologue des médias

  • Sanzalure
    Inscrit
    jeudi 9 septembre 2010 09h14
    Pourquoi on décroche ?
    On ne décroche pas parce qu'on a de mauvais parents ou de mauvais professeurs. On décroche parce qu'on ne croit plus dans la société. Donnez-nous un projet de société porteur d'espoir et on se relèvera les manches et on fera le travail. Mais avec ce que vous nous proposez maintenant, ça ne vaut vraiment pas la peine de faire le moindre effort. On va se débrouiller sans vous et vous devrez vous débrouiller sans nous.

    Serge Grenier

  • Michele
    Inscrit
    jeudi 9 septembre 2010 09h59
    Baisse du taux de la violence, meilleure collaboration avec les parents
    En ce qui concerne les objectifs de socialisation et de qualification, je perçois des acquis non négligeables. Toutefois, il me semble qu'en ce qui concerne le taux de décrochage, il y a en effet matière à réfléchir. Peut-être, faut-il revoir comment on mesure le décrochage scolaire? Voici pourquoi.

    Les chercheurs ont remarqué un lien entre les milieux défavorisés et le décrochage scolaire à l'école secondaire. Soit. Or, un grand pourcentage d'élèves raccrochent plus tard en tant qu'adultes. Prenant en considération cette donne, il semble que le nombre d'élèves qui en bout de compte ne sont pas qualifiés n'est pas aussi terrible qu'on le croit. D'ailleurs, il me semble qu'il y ait dans ce retour à l'école une piste de intéressante pour les chercheurs.

  • Gilbert Talbot
    Abonné
    jeudi 9 septembre 2010 10h08
    Faillite du système d'éducation
    Si on joint les statistiques du décrochage présentées dans cet article, aux statistiques sur le taux d'analphabétisation (48%) publié récemment, on doit bien conclure qu'il y a quelque chose qui ne fonctionne pas ou qui fonctionne mal. Joignez à cela le dèsaveu du secteur public par un nombre de plus en plus grand de Québécois qui se tournent vers l'école privée, et vous obtiendrez un portrait encore plus sombre. Le réseau des écoles alternatives proposent depuis des années des pédagogies, des approches qui ont plus de succès que l'école publique. On connaît ces orientations progressistes, les écoles Freinet en France, l'école coopérative ici, et toutes celles qui mettent de l'avant l'utilisation de l'art, de la musique, du théâtre, dans leur approche réussissent beaucoup mieux à susciter l'intérêt des élèves, à réduire le décrochage et améliorer significativement le taux de réussite.

    J'ai oeuvré pendant vingt ans à l'implantation de la communauté de recherche dans les classes, une approche de la philosophie pour enfants de Matthew Lipman, qui donne de fort bons résultats au niveau de la lecture, des mathématiques, du raisonnement, de la créativité, même de la réduction de la violence dans les écoles, résultats confirmés par des dizaines d'études tant aux USA qu'ici même au Québec. Pourtant, au ministère de l'éducation, on n'en tient aucun compte.

    Le problème me semble bien venir davantage de la sclérose bureaucratique du ministère de l'éducation, du contrôle de certains hauts fonctionnaires qui bloquent toute tentative de progrès dans l'éducation de nos jeunes. La soif de connaissances est toujours présentes chez nos enfants, mais la source qui peut les abreuver dans nos écoles publiques est de plus en plus tarie.

    Gilbert Talbot
    Docteur en philosophie pour enfants
    Enseignant du cégep à la retraite
    gilbert.talbot@videotron.ca


  • Abonné
    jeudi 9 septembre 2010 10h14
    Pour agir autrement, encore faudrait-il pouvoir agir?

    Devant les résultats de cette recherche plusieurs questions émergent et mériteraient qu'on s'y attarde pour pouvoir mesurer l'impact réel de telles mesures.
    Quelle est la véritable marge de manœuvre des enseignants encouragés à faire autrement?
    Existe-il une variable contrôle pour mesurer réellement l'effet?
    Sans ces mesures, cela aurait-il été pire?
    L'enseignant a-t-il eu la possibilité réelle d'adapter le programme pour agir autrement?
    Les milieux n'ont-ils pas travaillé ce sur quoi il était possible d'agir?
    D'un côté, une culture de l'évaluation et de la reddition de compte impose un carcan de plus en plus rigide au milieu scolaire et de l'autre l'enseignant est encouragé par des mesures temporaires à innover et à changer ses façons de faire. Cherchez l'erreur.
    N'est-ce pas mission impossible et cette recherche ne pourrait-elle pas permettre de révéler plutôt les effets systémiques des entraves à l'innovation et aux transferts de connaissances issues de la recherche. Au lieu de cela, il nous faut trouver des coupables.
    Les gestionnaires ne sont pas des aveugles, ils sont aveuglés par les injonctions multiples qui atomisent les actions et diluent le sens à donner au changement.
    Les enseignants sont les acteurs de première ligne et sont ceux qui ont le moins de pouvoir pour changer les pratiques.
    Dans ce contexte, il aurait été plus intéressant de mettre en lumière ce qui a vraiment été touchés par ces mesures pour construire ensemble et continuer dans le sens de l'innovation.
    Dommage, il faut maintenant repartir sous zéro, dans des milieux démobilisés par ces analyses tronquées.

  • Julien Leneveu
    Inscrit
    jeudi 9 septembre 2010 12h10
    Liste d'épicerie
    Il faut sauver cette génération s'il n'est pas déjà trop tard.

    Il faut entrer dans les maisons, il faut instruire les parents.
    Il faut régler le problème de la pauvreté intellectuelle avant la pauvreté financière.
    Il faut donner des outils et des ressources aux écoles publiques surtout.
    Il faut faire du ménage... moins de gestionnaires plus d'intervenants.
    Il faut impliquer les familles, les parents à l'intérieur même de l'institution.
    Il faut donner du crédit et de la confiance aux professeurs.
    Il faut mieux former les profs au BAC en éducation.
    Il faut plus de modèles masculins (je remarque qu'au cégep, 2/3 de la classe sont des filles...!)
    Il faut réintroduire l'importance de la connaissance dans la pédagogie sans toutefois négliger les compétences mais en second lieu.
    Il faut former des citoyens... par la CULTURE GÉNÉRALE.
    Il faut une vision de la part de nos législateurs et moins d'opportunisme... (bye bye Charest!)

    Il faut une révolution culturelle... une vraie !

    et...

    Il faut du temps, de la persévérance, de la résilience, de la participation.

    Beaucoup de chose à faire. On les paye nos fonctionnaires... à eux de trouver les moyens nécessaires.

    NP: Mes enfants n'iront probablement pas à l'école publique, pas à cause de l'école qui fait du très bon travail dans mon quartier pauvre mais parce que la population locale est trop démunie. On travaille trop fort pour "former" correctement nos enfants pour, finalement, se les faire enlever par l'ignorance. Nous n'avons pas d'argent pour l'école privée, nous irons dans les écoles alternatives, sinon nous trouverons probablement les moyens... Désolé.

  • pierre savard
    Inscrit
    jeudi 9 septembre 2010 12h17
    À prévoir
    Un autre plan québécois qui échoue ! Un plan conconcté avec les syndicats en passant. C'était écrit dans le ciel. Un 300 million qui aurait pu servir à construire un colisée ou un stade de baseball. Rendons-nous à l'évidence: notre système d'éducation est une farce que pas un pays n'imite. Il faudrait tout jeter par terre et copier tout simplement le système d'éducation français et foutre à la porte tous les hauts fonctionnaires de ce ministère. Il faudrait aussi écarter les syndicats de professeurs du système. De plus, un grand nombre de profs sont incompétents. Ce n'est pas en engageant des psys ou en réduisant le nombre d'élèves par classe que l'on solutionnera ce problème.Ca prend du leadership politique, ce qu'on ne retrouve pas au PQ ni au PLQ. Nous ne sommes pas sortis du trou. Les politiciens vont continuer d'engouffrer des millairds dans ce système moribond à la veille de s'effondrer.

  • Socrate
    Inscrit
    jeudi 9 septembre 2010 12h24
    compéteux
    Trop de compéteux à notre Ministère de l'Acultûre, peut-être?

  • Jean Michaud
    Inscrit
    jeudi 9 septembre 2010 13h04
    Parole d'un ancien décrocheur
    Je suis moi même un ancien décrocheur, je peux vous dire que si dans mon temps, le gouvernement avait investi 300 millions, j'aurais eu une raison de plus pour décrocher. Ce n'est pas l'argent, ni les parents qui vont avoir un inscidence dans le décrochage, la robotisation de la socièté, la féminisation de l'école, le manque d'ouverture des commissions scolaires face aux intérets des jeunes amènent ceux-ci décrocher. J'ai terminé mon secondaire aux adultes et je suis allé au Cégep et à l'université car c'est moi qui avait décidé de et du comment je vivais ma vie. En passant, au lieu de dénigrer les décrocheur, essayez de les comprendrent.

  • Jean-G. Lengellé
    Inscrit
    jeudi 9 septembre 2010 14h59
    Résumons!
    Le ministère est dominé par des apprenti-sorciers qui se lancent à corps perdu dans des réformes aussi illusoires que non-fondées.
    Lancer des réformes ou des prétendus changements sans les avoir validés est au mieux absurde.
    La pire constatation à ce jour est de voir que ces prétendus spécialistes de l'éducation ayant échoué aux niveaux qui les concernent (primaire et secondaire) se lancent maintenant dans la pédagogie universitaire, sans se rendre compte que si les premier ordres de la formation étaient effectués convenablement, il serait abusif de tenter d'en corriger les défauts et lacunes en arrivant à l'université ou au CEGEP.
    La prétendue réforme axée sur les compétences avait cependant du bon en ce qu'elle supposait que les futurs enseignant(e)s seraient des personnes cultivées, et donc aptes à faire des liens.
    Malheureusement, la grande majorité des inscrit(e)s aux programmes de Bacc en éducation sont des ignares avec des moyennes inférieures à C ou D, mais obtiennent des A lorsqu'ils sont en formation des maîtres.
    Former des cancres ne peut hélas qu'engendrer des cancres.
    Ce qui est peut-être le plus dramatique, c'est de voir l'auteur du rapport nous dire, la bouche en cœur, que tout cela va permettre d'apprendre de nos erreurs, autrement dit que plus on se trompe plus on peut faire subventionner des recherches aussi inutiles!
    Un jour viendra où des parents se révolteront devant cette incurie gouvernementale qui n'écoute que les modes, et qu'ils déclencheront un recours collectif contre l'école conçue par les songe-creux du Ministère de l'Éducation du Quéèbec!
    Difficile après ça de débouter les parents qui cherchent une bonne école, fût-elle anglophone et non subventionnée pour éviter l'école de l'échec, fût-elle francophone!

  • pagerry3
    Inscrit
    jeudi 9 septembre 2010 22h19
    La mixité, au secondaire, fut un suicide collectif.
    LA MIXITE, AU SECONDAIRE, a permis l’installation du maternalisme qui a construit les assises du matriarcat, ce que certains appellent la féminisation de l’Éducation et que d’autres appellent, à très juste titre, la femellisation systémique de tous les appendices du Ministère de l’instruisance et de la promotion sélective des jeunes filles qui ont, encore et plus que jamais, toute l’attention, qui ont toute l’aide, qui ont tous les encouragements et la compréhension du professorat majoritairement féminin et prioritairement féminisant. J’ai personnellement connu la non mixité, comme enseignant ainsi que le PC (professionnel court) et le PL (professionnel long) qui intéressaient nombre de jeunes et qui donnaient accès direct au monde du travail. On ne parlait pas d’absentéisme et encore moins de décrochage, avant la désastreuse, si mal implantée, si mal gérée et si mal évaluée MIXITÉ AU SECONDAIRE, AU MOMENT DES PIRES CRISES D’IDENTITÉ DE TOUTE UNE VIE chez les filles comme chez les garçons. J’ai connu la mixité, comme directeur d’école secondaire. La mixité a précédé, de très près l’éclatement explosif des familles. LA MIXITÉ IMPLOSIVE et LES FAMILLES ÉCLATÉES sont les deux champignons de l’empoisonnement du système scolaire. Les Commission scolaires, foutues de commissaires sous-scolarisés, illettrés, incultes et incompétents, des années 70 à 90, entre autres, ne sont pas étrangers, non plus, au flip du pouvoir exagéré et irresponsable de l’immunité et de l’impunité des élus des Commission scolaires et au flop social monumental de l’École Québécoise, cet enfant chéri du Département de l’Instruction publique, devenu subitement cet avorton donné en adoption.

  • Marc Tremblay
    Inscrit
    jeudi 9 septembre 2010 22h21
    Bien d'accord avec M. Jean Michaud
    300 M $ dépensés en pure perte. Pire : le taux de décrochage a augmenté.

    Ni les parents, ni les professeurs ne sont en cause. Les commissions scolaires et le MELS si, avec leurs bureaucraties, leurs normes et leurs programmes déconnectés de la réalité.

    Redonnons les pouvoirs aux directions d'écoles et aux profs.

    J'ai vu des parents très proches de leurs enfants, d'autres qui ne s'en occupaient pas. Il y avait atant de décrocheurs dans les deux cas.

    Le problème n'est pas tant le décrochage que les moyens à prendre pour que ces jeunes raccrochent .

    La motivation du jeune est le seul moyen pour remédier à la situation. Aucune politique gouvernementale ne pourra amener cette motivation.

  • Marc Tremblay
    Inscrit
    jeudi 9 septembre 2010 22h23
    J'ajouterais...
    ...que le décrochage n'a pas seulement lieu dans les milieux défavorisés.

  • Donald Bordeleau
    Inscrit
    jeudi 9 septembre 2010 22h47
    À lire

  • Québec Droite
    Inscrit
    vendredi 10 septembre 2010 07h58
    École autonome une solution au décrochage (Suite 1)
    Il y a des solutions, mais ça prend des sérieusement changement de structure et du courage politique.

    Pour lutter contre le décrochage scolaire : Les écoles étouffent, victimes de la bureaucratie et de la technocratie, donner aux écoles le pouvoir de se prendre en main et de trouver leurs propres solutions, au lieu de les paralyser avec des décisions venues d'en haut.
    Je vous offre une solution qui a été éprouvé aux États-Unis :
    Historique des ‘Charter Schools’

    «Durant les années 1980, explique Malcolm Peabody, président de l'association Les amis du libre choix dans les écoles urbaines, toutes les tentatives pour réformer les écoles ont raté. Elles ont été coulées par la bureaucratie de l'enseignement public et des syndicats de professeurs. Quand la bureaucratie exerce un contrôle sur les écoles, c'est un désastre. En 1991, un groupe de Minneapolis a eu l'idée de détacher les écoles de la bureaucratie. Quarante-trois États sur cinquante ont adopté une législation allant dans ce sens.»

    Les obligations:
    1.Elle reçoit le même montant qu’un étudiant de l’école publique.
    2.Elles doivent être des associations à but non lucratif, gratuites et ouvertes à tous.
    3.Elles ne peuvent être que laïques.
    4.Pour le reste, elles organisent leur enseignement comme elles l'entendent.
    5.Elles sont dégagées de toute tutelle administrative.
    6.On ne les juge que sur les résultats scolaires obtenus.

  • Québec Droite
    Inscrit
    vendredi 10 septembre 2010 08h03
    École autonome une solution au décrochage (Suite 2)
    Les résultats:
    Elles se ruent donc vers les charter schools. Une réussite totale, cinq mille écoles qui se sont créées sur ce modèle accueillent 1,3 million d'enfants aux États-Unis. À Washington DC, les charter schools ont déjà raflé 28 033 des 73 120 élèves du secteur public. Leurs classes ne comportent jamais plus de dix-huit élèves, les établissements sont de petite taille (250 élèves en moyenne). Leurs résultats scolaires sont infiniment supérieurs à ceux des écoles publiques. À Washington, les jeunes Noirs ou les Latinos qui constituent 91 % des recrues des charter sortent du secondaire avec des taux de réussite en lecture et en mathématiques deux fois supérieurs à ceux des écoles publiques. Les élus sont ravis. L'État, sans dépenser un sou de plus qu'ailleurs, offre aux minorités défavorisées de meilleures chances de promotion sociale.

    Lectures complémentaires:
    1) Rapport Allaire
    2) Un collectif pour l'Éducation, FQDE
    3) Historique des Charters Shools

    http://www.quebecdroite.com/2010/09/decrochage-un-

  • Democrite101
    Inscrit
    vendredi 10 septembre 2010 10h54
    Qui s'instruit s'enrichit, donc qui s'abêtit doit s'appauvrir !

    De bonnes idées furent exprimées par mes correspondants précédents, mais sont-ils vraiment audacieux pour régler un problème dit «noyau dur» ?

    À noyau dur, mesures dures. «Dura lex, sed lex».

    Premier principe: un enfant bien élevé n'a presque pas besoin de discipline à l'école, et l'inverse nécessite un professeur autoritaire.

    Inversez la proposition, et vous faites de l'école une prison pour le premier et un bordel pour le deuxième !

    Les deux solutions pour les décrocheurs, qui eurent indubitablement des parents déficients dont aucun n'a eu des cours de psycho-pédagogie, sont les suivantes:

    1. Retrait du droit à l'assurance-emploi et des aux prestations (BS) si le secondaire V avec une formation professionnelle n'est pas complétée.

    2. Obligation pour tout parent de suivre des cours de psycho-pédagogie pour obtenir les allocations familiales.

    Je manque d'espace pour développer ces deux idées. Excusez leur allure brutale et drastique. Mais croyez-moi: la fermeté supplée à la défaillance quand le bon sens, la bonne volonté et la bonne éducation auraient tout simplement fait disparaître le problème.

    J.L (voir page web Jacques Légaré, par Google)

  • Democrite101
    Inscrit
    vendredi 10 septembre 2010 16h08
    Éros ne s'oppose pas à Apollon dieu de l'intelligence, mais à Arès dieu de la guerre

    À Paggerry3

    La mixité, source de l'abandon scolaire, dites-vous ?

    Votre réflexion me paraît courte et pas à la mesure de votre expérience que je respecte par ailleurs.

    Où sont les études qui démontreraient que mieux connaître l'autre sexe par sa fréquentation quotidienne rend poche à l'école ? Que des femmes profs sont nulles pour les garçons ? Que des profs masculins sont bons et pour les filles et pour les garçons ? Que la libido naissante des ados perturbent leurs lectures si des cuisses de filles et des bourrelets des pénis des garçons sont trop apparents ? Que l'émulation sociale est atténuée par la mixité ? Que l'asexulalité rend plus intelligent en maths ?

    J'attends vos réponses.

    La lecture de l'Art d'aimer, d'Ovide, les rendraient tous très studieux... Ainsi donc, changez votre pédagogie, non le sexe de vos élèves !

    J.L (voir page web Jacques Légaré, par Google)

  • pagerry3
    Inscrit
    samedi 11 septembre 2010 08h59
    Le privilège de la réplique
    Il me faudrait écrire quelques tomes sur les effets plus pervers que secondaires de la mixité scolaire, au temps des prunes et des pruneaux de l'adolescence, au siècle dernier. (A) L'adolescence et la sexualité exploratoire, dans le contexte de l'explosion des influx et reflux parentaux. (B) L'adolescence et la prédominance des flux exploratoires et dominateurs, au chapitre des pulsations sexuelles, chez les gars. (C) L'adolescence, les relations sexuelles, les avortements à profusions et les paniques à répétition, au chapitre des maternités et des paternités juvéniles sanctionnées. (D) L'adolescence, les chronophages distracteurs et déviants, notamment chez les adolescents. (E) L'adolescent mis en situation de dépréciation, de gêne, d'humiliation destroy, en raison des résultats comparés qui ferment toutes les portes de ses rendez-vous et convoitises. (F) L’adolescent et les réseaux d'attraits ciblant l'appartenance associative valorisante que sont ceux des drogues et de la très lucrative prostitution pyramidalisées. Etc., Etc.. Les constats de la dégringolade qui a suivi la mixité sont gravés dans la mémoire d’éducateurs qui ne tombent pas dans les pièges de la banalisation, des accommodements et des doctorales antithèses. Par ailleurs, vous me semblez tatillon et pointilleux, alors que vous ne cherchez qu’à faire perruque avec les quelques cheveux d’une soupe passée date. Vous me faites rigoler avec votre recherche d'études référentielles. Ça fait Frère Untel. L’Édifice G, à Québec et les Bureaux régionaux des 10 régions de l'Éducation, au Québec, regorgent d'études doctorantes tablettées, parce qu’issues de la jactance des rêvasseurs d'un fonctionnarisme professoral pompeusement dysfonctionnel où s’amoncellent et se côtoient les Piaget de salons et les Freud de pauses café, revendiquant leurs droits d’auteurs d’une modernité factice à laquelle carburent nombre de m’as-tu-vu, de m’as-tu-ente

  • Pascal Lessard
    Inscrit
    dimanche 12 septembre 2010 07h44
    Ne pas tuer le messager... (1)
    Cela m'attriste énormément de voir qu'il y a encore des gens pour dire que c'est «la faute du système» si ça ne marche pas comme ça devrait. Le Système, en l'occurrence le système scolaire ici, est constitué de millier de personnes qui ont réellement la réussite des élèves à coeur. Certes, on peut facilement trouver des incompétents et des inadaptés dans une si grosse machine, mais on ne doit pas laisser l'arbre cacher la forêt...

    J'ai travaillé pendant de nombreuses années (dans un domaine non relié à l'éducation) dans un milieu culturellement défavorisé. Bien sûr, un certain nombre de parents avaient compris l'importance de l'éducation et le cheminement scolaire de leurs enfants le reflétait. Mais la majorité des adultes ne voyaient pas l'intérêt des études et envoyaient clairement ce message aux jeunes de la place... Comme par hasard, ce milieu est l'un des endroits au Québec où le taux de décrochage scolaire est le plus élevé.

    À voir les enseignants de l'école secondaire s'escrimer comme des déchaînés pour motiver leurs élèves, je n'aurais jamais osé qualifier le haut taux de décrochage de la polyvalente comme un échec du système. Le Système scolaire, incluant les méchants fonctionnaires décrochés du Ministère, n'y est pour rien : on parle d'un manque culturel de vision d'avenir qui est à la base du problème dans cette communauté et bien d'autres malheureusement.

    Je me rappellerai toujours de cette fille de 18 ans, accompagnée par sa mère, venir consulter le jour même de son anniversaire avec un formulaire d'invalidité en main pour que je la déclare invalide à vie, de façon (et je cite) «à ce que ma fille ait le gros BS et que ne la tanne pus jamais avec ces niaiseries-là». La mère comme la fille étaient fort vindicatives et personne n'était sous le joug de l'autre, je vous assure. Ce jour-là, j'ai réalisé que pour certains, le BS représentait une ascension sociale.

    (suite)

  • Pascal Lessard
    Inscrit
    dimanche 12 septembre 2010 08h29
    Ne pas tuer le messager... (2)
    (suite de 1)

    Dans ce contexte, les enseignants et le Système menaient un combat perdu d'avance, on le comprend facilement. Accuser dès lors le Système de faillir pour expliquer le haut taux de décrochage relève à mon avis davantage de la mauvaise foi que du constat scientifique. Sans aller jusqu'à exonérer le Système de tout blâme, il me semble important de dire que le gros du problème n'est pas là.

    «Aide-toi et le Ciel t'aidera» disait-on autrefois. Référence religieuse mise à part, ce dicton demeure tout à fait vrai et applicable. Personne, quel que soit le Méchant Système mis en place dans le cadre de l'État providence, ne peut aider des gens qui «ne savent rien et ne veulent rien savoir».

    Les objectifs du SIAA sont les bons. Seulement, les changements de mentalités ne se mesurent pas en année, mais en générations. Dire, après 8 ans, que ce programme est un échec est une ineptie scandaleuse. Découvrir que le SIAA aurait réglé tous les problèmes du monde en 8 ans était un rêve impossible. Les causes du décrochage, outre certains problèmes superficiels (mais non moins importants) comme la violence à l'école, sont bien trop profondes pour qu'un programme gouvernemental en vienne à bout aussi vite. Les problèmes culturels sous-jacents au décrochage ne disparaîtront pas avec 8 années de SIAA !

    Patience et longueur de temps...

    (Je ne travaille ni pour le Ministère ni dans le domaine de l'éducation...)
    (De toute évidence, ce matin, j'étais parti pour écrire une thèse. J'ai coupé court. J'espère que mon texte est resté compréhensible !)

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