mercredi 8 février 2012 Dernière mise à jour 17h02
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir

Écoles passerelles - Flou juridique

Marie-Andrée Chouinard   31 août 2010  Éducation
Le tout dernier cafouillis juridique entourant les écoles passerelles, interrompu avec à-propos par la Cour d'appel ce samedi, n'aurait pas encombré les tribunaux si Québec avait procédé à l'adoption du projet de loi 103 avant la rentrée scolaire.

C'est le 8 septembre seulement que la Commission de l'éducation et de la culture doit commencer à l'Assemblée nationale ses travaux sur le fameux projet de loi 103, cette réponse du gouvernement du Québec au jugement de la Cour suprême prononcé en octobre 2009 sur les écoles passerelles. Maintenant, le temps presse. La Cour avait laissé un an à Québec pour trouver un substitut à la loi 104, jugée inconstitutionnelle. Mais le projet du gouvernement Charest est tombé dans le camp des reports et abandons à la fin de la session, en juin.

Les parents de dix enfants ont voulu se glisser dans cet apparent flou juridique. Contre toute attente, à quelques jours de la rentrée scolaire, ils ont obtenu de la Cour supérieure le droit de fréquentation d'une école secondaire privée, sans le nécessaire certificat d'admissibilité à l'enseignement en anglais. Québec a immédiatement porté cette décision en appel, et gagné sa cause samedi.

Le juge Pierre J. Dalphond le rappelle: cautionner la demande des parents précisément alors que l'on attend ce mécanisme exigé de la Cour suprême, qui permettra de valider le «parcours authentique» d'un enfant demandant le certificat d'admissibilité, ne peut qu'être problématique. «Des dizaines, voire des centaines de parents voudront tenter leur chance [...]», mentionne le juge. Sans compter le risque que cette ouverture «embrouille le débat parlementaire sur le projet de loi».

Ce débat eût-il été fait plus tôt que ces tentatives auraient été vaines. Mais Québec a trop tardé. Conscient de l'extrême sensibilité du sujet, le gouvernement de Jean Charest a choisi la périlleuse voie du compromis. Il a refusé d'étendre l'autorité de la Charte de la langue française aux écoles privées non subventionnées et a plutôt proposé une évaluation au cas par cas de chaque demande. L'objectif: éviter à tout prix «l'automatisme» du processus des écoles passerelles; et faire la démonstration d'un parcours scolaire «authentique», valant le certificat.

Là réside un spectaculaire défi. La grille d'analyse qui sera soumise sous peu à la consultation comprend, bien sûr, des critères objectifs, tels que la durée du parcours scolaire de l'enfant, le choix de l'école, le tout octroyant un nombre de points. Mais d'autres critères subjectifs — «situation particulière et cheminement pris globalement» — qui prendront en compte des «éléments contextuels connexes ou distincts permettant d'approfondir l'évaluation de l'authenticité du cheminement scolaire» ne peuvent que nourrir les litiges...

La moindre zone grise, on l'a vu, servira toujours de terreau idéal pour ceux qui voudront bafouer l'esprit de la loi 101. Le projet de loi 103 a malheureusement évité la voie forte, et propose la complexité et l'imprécision. Cela risque fort d'ouvrir le bal des contestations.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Prof Bof
    Inscrit
    mercredi 8 septembre 2010 21h41
    Faire face à la réalité d'aujourd'hui
    Il est absurde de voir que l'on se choque devant un phénomène qui touche à peine 5000 personnes. Les écoles passerelles représentent une situation bien marginale. Il serait préférable de s'inquiéter de la montée de la langue d'usage anglaise dans la grande région montréalaise. En acceptant cela, on encourage l'affaiblissement du poids linguistique francophone au Québec et au Canada. Par contre, je suis d'avis qu'il est maintenant nécessaire, voire incontournable, de maîtriser l'anglais. À ceux qui se targuent que la province est française et que l'on ne devrait pas avoir à plier l'échine, je dirais qu'il ne faut même plus sortir de notre frontière géographique pour constater que l'anglais est omniprésent. Il l'est dans les nouvelles technologies. Par conséquent, il nous faut maintenant s'assurer que les futures générations maîtrisent cette langue si elles veulent s'ouvrir des portes et être considérées pour des emplois de qualité dans le futur. Il faut enlever nos oeillères et s'ouvrir au monde. Internet et les technologies utilisent cette langue "internationale". À ce moment, si la présence de l'anglais est un problème, il serait mondial et non pas Québécois. L'anglais permet de communiquer avec le monde entier. Plutôt que de la craindre, il faudrait que les écoles présentent aux élèves la réalité telle qu'elle est. Il faut miser sur notre fierté de parler le français et valoriser le bilinguisme comme étant un extraordinaire outil pour fonctionner dans le monde d'aujourd'hui. Je suis d'avis qu'il faudrait inciter l'ensemble des écoles, tant anglophones que francophones, à en faire davantage. Il faut être fier de maîtriser plus d'une langue. Pourquoi ne pas utiliser notre réalité et en tirer le maximum ? Il serait avantageux d'offrir davantage de possibilités pour bien apprendre les langues, entre autre en offrant des programmes d'immersion dans la langue seconde. Apprendre plusieurs langues est une richesse; ce

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
1 réaction
3 votes Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012