Le bulletin unique rate sa rentrée
La ministre de l'Éducation Line Beauchamp repousse le projet à 2011
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Contrairement à l’ancien bulletin, le prochain, qui servira à évaluer tous les élèves du primaire et du secondaire, au privé comme au public, fera une place prépondérante à l’évaluation des connaissances.
L'implantation du bulletin unique dans toutes les écoles du Québec est repoussée à septembre 2011. La ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, change ainsi les plans de l'ex-ministre Michelle Courchesne, qui voulait la mise en œuvre du nouveau bulletin dès la rentrée de septembre 2010.
En repoussant le projet, la nouvelle ministre de l'Éducation a suivi les arguments des commissions scolaires, enseignants et directeurs d'écoles qui considéraient que l'échéance était complètement irréaliste, tout comme la majorité des 41 mémoires déposés entre les mois de juin et août lors de la consultation.
Ne s'arrêtant pas au report, la nouvelle responsable de l'Éducation a effectué d'autres changements au projet initial. Le bulletin unique ne sera consultable que trois fois par année par les parents, au lieu de quatre — en novembre, mars et juillet. Le premier et le deuxième compteront pour 20 % chacun de la note finale et le troisième, pour 60 %. Le seuil de réussite est fixé à 60 % et sera uniforme dans toutes les écoles du Québec. Un échec entraînera l'obligation de reprendre le cours.
Bien reçu
Cette annonce a été très bien reçue par la Fédération des comités de parents du Québec (FCPQ), qui y voit un moyen de mieux accompagner les élèves. «Il y a des enfants qui ont de la misère en début d'année. Avec cette pondération, il y aura la possibilité de chercher des services pour leur faire rattraper leur retard, car la cause ne sera pas perdue», assure François Paquet, président de la FCPQ. Il est aussi satisfait de la nouvelle «communication» aux parents qui se fera en début d'année scolaire, en octobre, et qui informera les parents sur le déroulement de la scolarité de leur enfant.
Contrairement à l'ancien bulletin axé sur l'évaluation des compétences de l'élève, le prochain, qui servira à évaluer tous les élèves du primaire et du secondaire, au privé comme au public, fera une place prépondérante à l'évaluation des connaissances. Il se place donc à contre-courant du Renouveau pédagogique de la dernière décennie.
Au Parti québécois, qui est à l'origine de la réforme controversée du régime pédagogique, on a préféré ne pas faire de commentaire, sauf pour indiquer que la ministre Beauchamp avait raison de ne pas précipiter les choses.
Au contraire, l'Action démocratique reproche au gouvernement sa décision de remettre le changement, jugé urgent, à l'an prochain.
«Le gouvernement baisse encore les bras et laisse tomber les parents et le milieu scolaire qui réclament ce changement depuis des années», a indiqué la porte-parole en éducation, la députée Sylvie Roy, par voie de communiqué. Elle se demande pourquoi il faudrait une année de plus pour s'adapter à quelque chose «qui va simplifier le travail et la compréhension de tout le monde».
Un avis que partage la Fédération québécoise des directions d'établissement d'enseignement (FQDE). «Nous sommes satisfaits d'avoir eu rapidement une réponse sur le bulletin. Par contre, si nous avions eu les outils nécessaires, tels que la formation pour les enseignants et les directeurs, nous aurions pu le mettre en place dès cet automne», affirme la présidente de la FQDE, Chantal Longpré, qui estime que le bulletin actuel est un mauvais outil d'information qui doit être rapidement changé.
Formation au printemps
Pour sa défense, la ministre Beauchamp dit s'être fiée à la majorité des intervenants. Elle veut aussi que tout le monde soit prêt pour la prochaine rentrée. «Je veux être sûre et certaine que les professeurs ont bel et bien eu l'étape de formation avant d'imposer le bulletin unique», a-t-elle dit. Les 90 000 enseignants concernés par le changement recevront une formation au printemps 2011.
Pour le reste du milieu de l'éducation, la décision de la ministre a été accueillie avec soulagement et satisfaction. La présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ), Josée Bouchard, a dit apprécier que la ministre Beauchamp ait «compris que nous n'étions pas contre le changement, mais que celui-ci était précipité».
La présidente de la Commission scolaire de Montréal (CSDM), Diane De Courcy, s'est dite heureuse de passer à autre chose et de pouvoir se concentrer sur la réussite des élèves. «Tout ce débat nous a distraits de ce qui doit nous préoccuper au premier chef pour les enfants. C'est une bonne nouvelle.»
Du côté de la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE-CSQ), le report d'un an est apprécié, et celle-ci a salué «le retour à l'équilibre de la place des connaissances dans l'évaluation des élèves».
Quant au Conseil supérieur de l'Éducation, qui s'était prononcé dernièrement contre l'implantation d'un nouveau bulletin, il n'a pas souhaité commenter la décision de la ministre Line Beauchamp.
***
Avec La Presse canadienne
En repoussant le projet, la nouvelle ministre de l'Éducation a suivi les arguments des commissions scolaires, enseignants et directeurs d'écoles qui considéraient que l'échéance était complètement irréaliste, tout comme la majorité des 41 mémoires déposés entre les mois de juin et août lors de la consultation.
Ne s'arrêtant pas au report, la nouvelle responsable de l'Éducation a effectué d'autres changements au projet initial. Le bulletin unique ne sera consultable que trois fois par année par les parents, au lieu de quatre — en novembre, mars et juillet. Le premier et le deuxième compteront pour 20 % chacun de la note finale et le troisième, pour 60 %. Le seuil de réussite est fixé à 60 % et sera uniforme dans toutes les écoles du Québec. Un échec entraînera l'obligation de reprendre le cours.
Bien reçu
Cette annonce a été très bien reçue par la Fédération des comités de parents du Québec (FCPQ), qui y voit un moyen de mieux accompagner les élèves. «Il y a des enfants qui ont de la misère en début d'année. Avec cette pondération, il y aura la possibilité de chercher des services pour leur faire rattraper leur retard, car la cause ne sera pas perdue», assure François Paquet, président de la FCPQ. Il est aussi satisfait de la nouvelle «communication» aux parents qui se fera en début d'année scolaire, en octobre, et qui informera les parents sur le déroulement de la scolarité de leur enfant.
Contrairement à l'ancien bulletin axé sur l'évaluation des compétences de l'élève, le prochain, qui servira à évaluer tous les élèves du primaire et du secondaire, au privé comme au public, fera une place prépondérante à l'évaluation des connaissances. Il se place donc à contre-courant du Renouveau pédagogique de la dernière décennie.
Au Parti québécois, qui est à l'origine de la réforme controversée du régime pédagogique, on a préféré ne pas faire de commentaire, sauf pour indiquer que la ministre Beauchamp avait raison de ne pas précipiter les choses.
Au contraire, l'Action démocratique reproche au gouvernement sa décision de remettre le changement, jugé urgent, à l'an prochain.
«Le gouvernement baisse encore les bras et laisse tomber les parents et le milieu scolaire qui réclament ce changement depuis des années», a indiqué la porte-parole en éducation, la députée Sylvie Roy, par voie de communiqué. Elle se demande pourquoi il faudrait une année de plus pour s'adapter à quelque chose «qui va simplifier le travail et la compréhension de tout le monde».
Un avis que partage la Fédération québécoise des directions d'établissement d'enseignement (FQDE). «Nous sommes satisfaits d'avoir eu rapidement une réponse sur le bulletin. Par contre, si nous avions eu les outils nécessaires, tels que la formation pour les enseignants et les directeurs, nous aurions pu le mettre en place dès cet automne», affirme la présidente de la FQDE, Chantal Longpré, qui estime que le bulletin actuel est un mauvais outil d'information qui doit être rapidement changé.
Formation au printemps
Pour sa défense, la ministre Beauchamp dit s'être fiée à la majorité des intervenants. Elle veut aussi que tout le monde soit prêt pour la prochaine rentrée. «Je veux être sûre et certaine que les professeurs ont bel et bien eu l'étape de formation avant d'imposer le bulletin unique», a-t-elle dit. Les 90 000 enseignants concernés par le changement recevront une formation au printemps 2011.
Pour le reste du milieu de l'éducation, la décision de la ministre a été accueillie avec soulagement et satisfaction. La présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ), Josée Bouchard, a dit apprécier que la ministre Beauchamp ait «compris que nous n'étions pas contre le changement, mais que celui-ci était précipité».
La présidente de la Commission scolaire de Montréal (CSDM), Diane De Courcy, s'est dite heureuse de passer à autre chose et de pouvoir se concentrer sur la réussite des élèves. «Tout ce débat nous a distraits de ce qui doit nous préoccuper au premier chef pour les enfants. C'est une bonne nouvelle.»
Du côté de la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE-CSQ), le report d'un an est apprécié, et celle-ci a salué «le retour à l'équilibre de la place des connaissances dans l'évaluation des élèves».
Quant au Conseil supérieur de l'Éducation, qui s'était prononcé dernièrement contre l'implantation d'un nouveau bulletin, il n'a pas souhaité commenter la décision de la ministre Line Beauchamp.
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Avec La Presse canadienne
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