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Le bulletin unique rate sa rentrée

La ministre de l'Éducation Line Beauchamp repousse le projet à 2011

Gwenaëlle Reyt   21 août 2010  Éducation
Contrairement à l’ancien bulletin, le prochain, qui servira à évaluer tous les élèves du primaire et du secondaire, au privé comme au public, fera une place prépondérante à l’évaluation des connaissances.<br />
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Contrairement à l’ancien bulletin, le prochain, qui servira à évaluer tous les élèves du primaire et du secondaire, au privé comme au public, fera une place prépondérante à l’évaluation des connaissances.
L'implantation du bulletin unique dans toutes les écoles du Québec est repoussée à septembre 2011. La ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, change ainsi les plans de l'ex-ministre Michelle Courchesne, qui voulait la mise en œuvre du nouveau bulletin dès la rentrée de septembre 2010.

En repoussant le projet, la nouvelle ministre de l'Éducation a suivi les arguments des commissions scolaires, enseignants et directeurs d'écoles qui considéraient que l'échéance était complètement irréaliste, tout comme la majorité des 41 mémoires déposés entre les mois de juin et août lors de la consultation.

Ne s'arrêtant pas au report, la nouvelle responsable de l'Éducation a effectué d'autres changements au projet initial. Le bulletin unique ne sera consultable que trois fois par année par les parents, au lieu de quatre — en novembre, mars et juillet. Le premier et le deuxième compteront pour 20 % chacun de la note finale et le troisième, pour 60 %. Le seuil de réussite est fixé à 60 % et sera uniforme dans toutes les écoles du Québec. Un échec entraînera l'obligation de reprendre le cours.

Bien reçu

Cette annonce a été très bien reçue par la Fédération des comités de parents du Québec (FCPQ), qui y voit un moyen de mieux accompagner les élèves. «Il y a des enfants qui ont de la misère en début d'année. Avec cette pondération, il y aura la possibilité de chercher des services pour leur faire rattraper leur retard, car la cause ne sera pas perdue», assure François Paquet, président de la FCPQ. Il est aussi satisfait de la nouvelle «communication» aux parents qui se fera en début d'année scolaire, en octobre, et qui informera les parents sur le déroulement de la scolarité de leur enfant.

Contrairement à l'ancien bulletin axé sur l'évaluation des compétences de l'élève, le prochain, qui servira à évaluer tous les élèves du primaire et du secondaire, au privé comme au public, fera une place prépondérante à l'évaluation des connaissances. Il se place donc à contre-courant du Renouveau pédagogique de la dernière décennie.

Au Parti québécois, qui est à l'origine de la réforme controversée du régime pédagogique, on a préféré ne pas faire de commentaire, sauf pour indiquer que la ministre Beauchamp avait raison de ne pas précipiter les choses.

Au contraire, l'Action démocratique reproche au gouvernement sa décision de remettre le changement, jugé urgent, à l'an prochain.

«Le gouvernement baisse encore les bras et laisse tomber les parents et le milieu scolaire qui réclament ce changement depuis des années», a indiqué la porte-parole en éducation, la députée Sylvie Roy, par voie de communiqué. Elle se demande pourquoi il faudrait une année de plus pour s'adapter à quelque chose «qui va simplifier le travail et la compréhension de tout le monde».

Un avis que partage la Fédération québécoise des directions d'établissement d'enseignement (FQDE). «Nous sommes satisfaits d'avoir eu rapidement une réponse sur le bulletin. Par contre, si nous avions eu les outils nécessaires, tels que la formation pour les enseignants et les directeurs, nous aurions pu le mettre en place dès cet automne», affirme la présidente de la FQDE, Chantal Longpré, qui estime que le bulletin actuel est un mauvais outil d'information qui doit être rapidement changé.

Formation au printemps

Pour sa défense, la ministre Beauchamp dit s'être fiée à la majorité des intervenants. Elle veut aussi que tout le monde soit prêt pour la prochaine rentrée. «Je veux être sûre et certaine que les professeurs ont bel et bien eu l'étape de formation avant d'imposer le bulletin unique», a-t-elle dit. Les 90 000 enseignants concernés par le changement recevront une formation au printemps 2011.

Pour le reste du milieu de l'éducation, la décision de la ministre a été accueillie avec soulagement et satisfaction. La présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ), Josée Bouchard, a dit apprécier que la ministre Beauchamp ait «compris que nous n'étions pas contre le changement, mais que celui-ci était précipité».

La présidente de la Commission scolaire de Montréal (CSDM), Diane De Courcy, s'est dite heureuse de passer à autre chose et de pouvoir se concentrer sur la réussite des élèves. «Tout ce débat nous a distraits de ce qui doit nous préoccuper au premier chef pour les enfants. C'est une bonne nouvelle.»

Du côté de la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE-CSQ), le report d'un an est apprécié, et celle-ci a salué «le retour à l'équilibre de la place des connaissances dans l'évaluation des élèves».

Quant au Conseil supérieur de l'Éducation, qui s'était prononcé dernièrement contre l'implantation d'un nouveau bulletin, il n'a pas souhaité commenter la décision de la ministre Line Beauchamp.

***

Avec La Presse canadienne
 
 
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  • Georges Paquet
    Abonné
    samedi 21 août 2010 05h11
    Et les restes...
    Il faut avoir vraiment cherché des puces pour écrire que le bulletin chiffré a "raté sa rentrée" et, après avoir cherché quelques réactions mitigées, en venir à appeler "le reste" du milieu de l'édication, les organismes qui en sont le coeur, qui souhaitaient ce report et qui en sont très satisfaits, entre autres, la Fédération des Commissions scolaires, la Fédération des syndicats de l'enseignement, la Commissions scolaire de Montréal et le Conseil supérieur de l'Éducation.

  • Socrate
    Inscrit
    samedi 21 août 2010 06h25
    formulaire
    Nous nous acheminons à nouveau vers un formulaire long selon toutes apparences, mais encore?

  • alen
    Inscrit
    samedi 21 août 2010 08h03
    ???
    Est-ce que quelqu'un peut me dire ce que cette nouvelle fait à la UNE des journaux? Voire même qu'elle importance elle a, tout court?

    En effet, on change la forme du bulletin, comme on change de logiciel parfois, eh puis, après?

    Enfin, comme on dit chez-nous, si nos profs sont tellement niaiseux, que ça leur prend un an pour apprendre à faire un bulletin, alors c'est qu'il faut changer de profs pas de bulletin.

    Excusez moi! La bêtise me hante.

  • Frédéric Jeanbart
    Inscrit
    samedi 21 août 2010 08h20
    Encore....
    Une belle démonstration de l'incompétence qui s'est installée mur-à-mur depuis une génération d'endoctrinés, se suffisant d'une "impression de performance" alors que le travail nécessaire n'est pas fait, par paresse, ou par jovialisme à la André Moreau (qui enseignait une philosophie tordue aux québécois - car on lui laissait toute la place publique -, disant que "si cela demande de l'effort alors ce n'est pas bon")... Les pseudo libéraux de Charest continuent de mettre cette doctrine de l'avant.

  • Georges Paquet
    Abonné
    samedi 21 août 2010 09h40
    Frédéric Jeanbart, en demande encore...
    M. Jeanbart cette belle réforme a été inventée par vos amis du PQ. Imaginez, maintenant tout ce qu'il faut faire pour détricoter tout celà sans défavoriser les étudiants.

  • Marie Mance Vallée
    Inscrite
    samedi 21 août 2010 10h01
    Un bulletin pour les fonctionnaires et les politiciens
    Nous devrions exiger que les fonctionnaires du MEQ et les politiciens soient notés. Ils pourront dormir en paix et même se rendre à leur retraite parce qu'il faudrait bien 50 ans avant qu'on prenne une décision.

    Nous sommes indécrottables...

    Sur l'air de « Nouvelle agréable », la ministre a fait un exercice télévisuel. J'aurais été gênée à sa place. Mais non, ils n'ont plus d'honneur et d'amour-propre. D'ailleurs savent-ils ce que ces mots veulent dire ? Vite un bulletin sur les connaissances de ces ignorants.

  • Jean-Pierre Aubry
    Abonné
    samedi 21 août 2010 10h12
    Un souci de mieux mesurer la performance ou la peur de la mesurer
    C’est quand même renversant; cela fait des années que la réforme est en place et on n’a toujours pas un bulletin simple qui informe bien sur l’acquisition de connaissances. Vouloir mesurer l’acquisition de certaines compétences, n’empêche aucunement de bien mesurer l’acquisition de certaines connaissances. L’un n’empêche pas l’autre.

    La recherche de LA mesure parfaite de l’ensemble de la performance a souvent retardé et même empêché la divulgation de mesures de performance de diverses activités. C’est un phénomène vieux comme le monde, surtout dans le secteur gouvernemental.

    Je pense que les parents veulent avoir l’heure juste et désirent savoir si leurs enfants ont acquis les connaissances qu’ils devaient acquérir selon le programme d’éducation offert à leurs enfants. À date, je n’ai pas eu l’impression que les gestionnaires des programmes d’éducation voulaient que l’on mesure leur performance dans leur capacité de faire acquérir ces connaissances par les élèves.

  • Georges Paquet
    Abonné
    samedi 21 août 2010 10h48
    À alen...
    Imaginez-vous, cher alen que les parents s'intéressent aux progrès et aux difficultés de leurs enfants. Et ces parents ont demandé avec insistence qu'on leur redonne un bulletin utile et intelligible que vos amis péquistes leur avaient enlevé. Les Commissions scolaire et les fédérations d'enseignants étaient également de cet avis. Est-ce que ce n'est pas suffisant pour en faire une manchette.

  • Jacques Lafond
    Abonné
    samedi 21 août 2010 11h00
    Les vacances va ...
    Il est tout à fait évident que rien n’est prêt; que le bulletin n’est pas prêt. C’est les vacances. Tout l’été, tous ces mois d’été, rien ne bouge, rien ne se fait. Je me demande pourquoi que le système scolaire est comme ça. Je me demande pourquoi ces gens ne sont pas comme les autres, et ne travaillent pas 48 ou 50 semaines par années. Je me demande aussi pourquoi que les journées pédagogiques ne se font pas du 1 au 21 juillet quand les enfants sont en vacances.

    J’écoutais la présidente de la commission scolaire de Montréal au mois de juillet cette année interviewé à la radio. Elle ne se cachait pas de sa frustration que le poste de radio s’intéresse aux bulletins ‘’en plein mois de juillet’’ …

  • Pamela
    Inscrit
    samedi 21 août 2010 11h33
    La bêtise vous hante?
    Cher Alen,

    oui, cette nouvelle est la une, et si vous ne savez pas pourquoi, c'est que vous ne lisez pas souvent les journaux! L'évolution du bulletin scolaire au Québec mérite qu'on en fasse une saga, tellement elle est longue et riche en rebondissements! Vous devriez vous renseigner sur les sujets traités avant de les critiquer.

    Sur ce, bonnes lectures,

    P.Morin

  • plefebvre3
    Inscrit
    samedi 21 août 2010 20h32
    La loi du moindre effort
    - ''Le premier et le deuxième compteront pour 20 % chacun de la note finale et le troisième, pour 60 %. ... «Il y a des enfants qui ont de la misère en début d'année. Avec cette pondération, il y aura la possibilité de chercher des services pour leur faire rattraper leur retard, car la cause ne sera pas perdue», assure François Paquet, président de la FCPQ."

    En tant qu'enseignant, j'ai de la difficulté avec cette déclaration nivellement par le bas du président de la FCPO. Il devrait y avoir un bulletin unique pour l'adaptation scolaire ou une grille d'observations avec commentaire pour expliquer en quoi l'élève échoue. Pour les élèves forts, on envoie le message que ce n'est pas grave de perdre son temps 7 mois de temps ou qu'on soit en vacances en plein projet/examen (voyage au Mexique en plein février, ça vous dit quelque chose?). Ces enfants vont frapper un mur au secondaire.

    Le MELS me fait penser à Microsoft lors de sa sortie de Windows Milenium et Vista: il ne prend jamais le temps de tester les répercussions sur son système en cas d'échec, des façons de contourner le système de notation, etc. Ce sont les acteurs principaux qui feront le travail. Belle culture de paresse.

  • Marilyne Léveillé
    Inscrite
    jeudi 2 septembre 2010 09h02
    Plusieurs aspects négligés
    Je me rappelle le stress du primaire lorsque la fin de l'année arrivait. C'était terrible, et pourtant, je n'étais pas la plus affectée par le stress des examens finaux. Même si mes notes précédentes m'assuraient la réussite, la peur restait.

    Alors quel effet aurait ce 60%?!
    On parle constamment du stress quotidien trop élevé, et bien, bravo! En voilà un de moins???!

    À l'Université du Québec à Montréal, un règlement interdit qu'une évaluation soit au-delà de 50%! Et quel vague de protestations lorsqu'un professeur a quand même tenté le coup!

    Je ne crois pas qu'un "tout ou rien" soit la bonne façon de procéder à l'évaluation des élèves.

    Si l'élève a le temps de "récupérer" pendant son année, il aura aussi amplement le temps de stresser et de se décourager à savoir qu'un seul examen déterminera l'issu de sa situation.

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