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Lettres - Financement du système universitaire: la modulation des frais par programme

Docteur Jérôme Patry - Podiatre, Lévis, 19 août 2010  21 août 2010  Éducation
Alors que la Commission parlementaire de la culture et de l'éducation siège et que les différents représentants et recteurs des universités du Québec discutent de solutions au sous-financement des études supérieures, je tenais à faire valoir une solution qui mérite d'être débattue, soit la modulation des frais de scolarité par programme.

Cette solution vise à régulariser le financement, en faisant payer les étudiants selon leur domaine d'études. Par étudiants payeurs, j'entends tous ceux des programmes menant à des professions lucratives ou garanties dès leur entrée sur le marché du travail, par exemple les médecins, podiatres, dentistes, pharmaciens, ingénieurs, comptables agréés, etc. J'estime que ces étudiants, dont j'ai fait partie, n'ont pas besoin d'avoir une subvention de leurs frais de scolarité par l'État, étant donné que leur dette d'études sera remboursée en moins de cinq ans. Sans compter que les institutions financières leur offrent en moyenne 125 000 $ en marge de crédit pour leurs études dans lesdits programmes.

Pour ce qui est des autres programmes, il pourrait être pertinent de développer un tout nouveau système de tarification de scolarité modulée en fonction du revenu annuel des cinq premières années suivant la diplomation. De cette façon, on pourrait garder les frais de scolarité à un niveau de base pendant les études et faire payer plus cher ceux qui gagnent nécessairement plus cher pendant les cinq premières années sur le marché du travail. J'estime que ce type de modèle serait le plus juste et le plus équitable, et qu'il régulariserait le financement du système universitaire québécois.

Madame la Ministre, vous savez dorénavant quoi faire, dès maintenant, taxez-moi!

***

Docteur Jérôme Patry - Podiatre, Lévis, 19 août 2010
 
 
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  • Yvan Dutil - Inscrit
    21 août 2010 09 h 32
    Une autre idée inaplicable!
    L'idée de moduler les frais de scolarité en fonction des revenus futurs est inapplicable. En effet, les seules professions où le revenus est connus à l'avance sont celles liées à la médecine. Pour toutes les autres, la moyenne est souvent très différente du revenu individuel, fortement soumise aux cycles économiques et variables en fonction de la région où l'on vit..

    Voici quelques exemple, du genre de situation qui m e sont arrivées à moi ou des amis. Par exemple, les salaires des informaticiens et des ingénieurs électriques se sont effondrés lorsque la bulle techno a crevéaprès avoir atteint des sommets un peu plus tôt. La même chose se passe dans le domaine du génie civil ou des mines.

    De plus, les revenus varient des façon considérable dans une même cohorte. À une certaine époque de ma vie, j'avais un copain qui avait 100 millions en banques et un qui travaillait comme journalier dans une usine. Il avait pourtant la même formation!

    De même. les salaires sont pas mal plus élevé à Montréal qu'en région. Est-ce que les frais de scolarité y seront moins élevés. D'ailleurs, c'est une des principales raisons qui justifie des frais de scolarité plus élevés ailleurs: les salaires suivent! Dans bien des cas, pour le même travail c'est du simple au triple! Est-ce que les employeurs québécois sont prêt à payer plus?
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  • Bernard Terreault - Abonné
    21 août 2010 11 h 23
    UN COMPROMIS
    Il n'existe pas de solution qui, à la fois, soit idéale au plan de la justice, qui satisfasse tous les intéressés, et qui permette d'atteindre tous les objectifs sans anicroche en pratique. La modulation des frais par programme est le plus réaliste des compromis dans les circonstances ─ à moins que, dans un grand élan de générosité, les "riches" acceptent des augmentations d'impôt destinées à rendre l'enseignement totalement gratuit. Cette modulation doit tenir compte de : (1) les perspectives d'emploi et de rémunération (ingénierie vs. littérature), (2) le coût réel de la formation (médecine vs. comptabilité), et (3), à ne pas oublier, utilité sociale (enseignement spécialisé vs. chirurgie esthétique).
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  • Simon Beaudoin - Inscrit
    21 août 2010 11 h 41
    Malheureusement... ça semble bien inapplicable
    J'allais me considérer en faveur de la subdivision des étudiants universitaires en ces deux groupes proposés plus haut (étudiants "payeurs" et étudiants "autres). Mais le commentaire de monsieur Dutil me fait redescendre sur Terre. Malheureusement, il existe quelque chose comme les cycles économiques et les emplois qui semblent aujourd'hui profitable pourraient moins le devenir quelques années plus tôt.

    J'appuie quant à moi une hausse généralisée des frais de scolarité, doublée d'une hausse des bourses et des prêts étudiants afin d'aider l'étudiant qui n'a pas les moyen (dont les parents sont pauvres ou ne peuvent l'aider, cette dernière catégorie posant le plus problème) et d'un remboursement selon les revenus après les études. Si je n'ai pas quelque chose qui se rapproche de ça, je voterai pour une grève étudiante.

    Simon Beaudoin
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  • Yvan Dutil - Inscrit
    21 août 2010 13 h 43
    Une solution simpliste
    @Bernard Terreault Votre proposition de moduler les frais de scolarité en fonction des coûts et de l'utilité sociale des diplômes pose aussi de gros problème. Par exemple, qu'est-ce qui est le plus utile l'avocat ou l'ingénieur. En génie, il n'est pas rare que les cohortes fluctuent d'un facteur 2 en quelques années? Logiquement quand un programme devient moins populaire on devrait augmenter les frais de scolarité Or, il y a souvent une corrélation en l'intérêt des étudiant pour les programmes qui offrent le plus de perspective d'emploi.

    D'autre part, qu'est ce que l'on fait avec les programmes qui coûtent très cher mais dont les étudiants ne sont pas nécessairement très bien payés une fois qu'ils ont un emploi? Je pense en particulier au chimistes, physicien, biochimiste et microbiologistes.

    Et qu'est-ce que l'on fait avec les étudiants gradués? Former un scientifique, cela prend le même temps et coûte aussi cher qu'un médecin spécialiste. Pourtant, je connais personne dans ces domaines qui fait 300 000$ par an en commençant.

    Bref, cette solution est valable pour même pas 10% des étudiants, pour les autres avec de tels arguments, il faudrait probablement diminuer leur frais de scolarité.
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  • - Abonné
    22 août 2010 20 h 16
    Je salue ici votre sens civique, monsieur Patry.
    «Madame la Ministre, vous savez dorénavant quoi faire, dès maintenant, taxez-moi!» Sans être d'accord avec votre proposition, je salue ici votre sens civique.

    Les statistiques le démontrent, plus le niveau moyen de scolarité d'une société est élevé, plus l'est aussi son revenu moyen.

    Si on veut sérieusement « créer de la richesse » pour l'ensemble de la collectivité, il faut tout faire pour faciliter au plus grand nombre l'accès aux études, aux plus riches comme aux plus pauvres.

    Par ailleurs, il est parfaitement juste que ceux qui profitent le plus de la richesse d'une société contribuent davantage au financement de qui permet d'atteindre un tel niveau d'enrichissement.

    La solution n'est pas compliquée, gardons les frais de scolarité au niveau actuel et maintenons un système de taxation progressif, c'est-à-dire un système où les citoyens sont taxés en fonction de leur revenu. En passant, comment la France fait-elle pour maintenir dans ses universités des frais annuels de scolarité en deçà de 500$ par année ?
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  • Yvan Dutil - Inscrit
    23 août 2010 15 h 15
    L'alternative c'est l'élitisme
    @Jean-Yves Proulx "En passant, comment la France fait-elle pour maintenir dans ses universités des frais annuels de scolarité en deçà de 500$ par année ?"

    C'est bien simple, en France ton diplôme ne vaut pas grand chose si tu ne viens pas d'une grande école. C'est la même chose pour plusieurs pays européens. Les bonnes écoles sont réservées à une élite intellectuelle. Ici et aux USA, de façon générale, on accepte n'importe qui. Le hic, c'est que l'on a aussi tendance, pour des raisons économiques, à diplômer n'importe qui.
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  • - Abonné
    24 août 2010 20 h 37
    @ Yvan Dutil
    Je ne suis pas certain d'avoir bien compris.
    En France, les frais de scolarité, même dans les grandes écoles, sont bien en deçà de ce qu'ils sont ici.
    Au Québec, peut-être suis-je dans l'erreur, mais je pense qu'il est plus facile d'entrer à Bishop qu'à McGill et à l'UQTR qu'au HEC.
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