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Faculté de médecine - McGill met de côté un prestigieux test d'entrée

L'université veut éviter de pénaliser les francophones

Mélissa Guillemette   29 juillet 2010  Éducation
Pour attirer plus de francophones sur ses bancs, l'Université McGill met de côté un prestigieux test d'entrée utilisé dans la majorité des universités d'Amérique du Nord.

Le Medical College Admission Test (MCAT), conçu annuellement aux États-Unis, n'est pas disponible en français, ce qui désavantage les étudiants francophones, estime le vice-doyen aux admissions et professeur au Centre d'éducation médicale de McGill. «C'est un bon test, on aimerait qu'il existe en français, mais on a d'autres outils qui évalueront aussi bien les étudiants. On veut enlever les barrières qui ne sont pas nécessaires pour attirer les étudiants performants.» Le test ne pourrait être traduit facilement. «Ça prendrait quatre ou cinq ans de travail complexe», croit le Dr Saleem Razack.

Au Canada, 11 des 17 facultés de médecine utilisent le MCAT pour sélectionner les futurs médecins, révélait hier The Gazette. Du lot, on compte, entre autres, les universités francophones du Québec qui offrent le programme de médecine et l'Université d'Ottawa, qui a une grande population francophone.

Le conseiller à la gestion des études de l'Université Laval, Guy Labrecque, explique que le processus de sélection de l'Université Laval, qui ressemble à celui des autres universités francophones, permet de choisir les élèves en les évaluant sur plusieurs plans. «Le classement final se fait sur la base de l'excellence du dossier scolaire, d'un questionnaire autobiographique [texte que l'étudiant rédige sur ses habiletés liées à la profession] et d'un test de mises en situation.»

Les étudiants sont partagés sur la question, a raconté le président de l'Association des étudiants en médecine, Louis-Charles Moreau. «Pour certains, retirer le MCAT revient à niveler vers le bas, mais pour plusieurs, c'est une bonne nouvelle, car c'est vrai que ça pénalisait des francophones.» Ses collègues de cours sont surtout «soulagés», puisque le test nécessite environ deux mois de préparation.

Déjà, la moitié des étudiants qui soumettaient leur candidature à la faculté de médecine de McGill n'avaient pas à passer le MCAT. Les étudiants qui présentaient leur dossier au sortir du cégep en étaient dispensés, contrairement aux étudiants qui avaient déjà commencé des études universitaires. Le MCAT n'est tout simplement pas approprié pour les personnes qui n'ont jamais mis les pieds dans une université, a expliqué M. Razack.

La semaine dernière, Le Devoir révélait que McGill ouvrirait ses portes aux candidatures atypiques pour la cohorte de 2011. Trois places seront réservées aux personnes qui ont terminé leurs études depuis plus de trois ans et qui détiennent tous les cours préalables en sciences.
 
 
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