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«La vraie négociation commence»

32 000 enseignants manifestent dans les rues de Montréal

Lisa-Marie Gervais   9 juin 2010  Éducation
Les enseignants de la Fédération autonome de l’enseignement ont privé d’école plus de 300 000 élèves hier et ont causé des maux de tête aux automobilistes.
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Les enseignants de la Fédération autonome de l’enseignement ont privé d’école plus de 300 000 élèves hier et ont causé des maux de tête aux automobilistes.
C'était jour de grève hier pour les 32 000 enseignants de Fédération autonome de l'enseignement (FAE), dont les négociations avec Québec sont toujours dans l'impasse. En avant-midi, après une séance de piquetage devant leur école respective, plusieurs milliers de professeurs venus principalement de la région de Montréal et Laval, de la Haute-Yamaska et de l'Outaouais, se sont rassemblés au centre-ville de Montréal devant le bureau de Jean Charest pour faire pression sur le gouvernement.

Mais au-delà de ses apparences de récréation, le rassemblement portait de sérieux desseins. Au premier plan des revendications, la réduction de la taille des classes. «Il faut diminuer les ratios, mais pour tout le monde», a dit Dominique Poulin, enseignante à l'école Hébert de Laval, en faisant allusion à une disposition de l'entente de principe survenue la semaine dernière entre l'autre grand syndicat de profs, la FSE-CSQ, et le gouvernement. «Nous, on n'est pas assez défavorisés pour qu'ils baissent les ratios, mais on est en difficulté quand même!» Conciliation travail-famille, retour à la «codification» des élèves handicapés ou en difficultés d'adaptation ou d'apprentissage (EHDAA), augmentations salariales, fin de la précarité... Les revendications de la FAE étaient sur toutes les pancartes. Pour Caroline Bélanger, enseignante à l'école Carrefour à Gatineau, la tentation est grande de traverser la frontière et d'aller en Ontario, où le gazon est beaucoup plus vert... «C'est de 15 000 à 20 000 $ de plus pour un enseignant qui commence et ils ont 21 jours de congé par année», note-t-elle. «Ils ont la même formation que nous, alors pourquoi les conditions sont-elles si différentes?» a-t-elle ajouté.

Une grève qui dérange

Le débrayage, qui a pris la forme d'une grande marche partant de McGill College, longeant la rue Sherbrooke jusque sur l'avenue du Parc, a ainsi privé d'école plus de 300 000 élèves et a causé des maux de tête aux automobilistes. «Notre geste d'aujourd'hui, même si ça dérange, ça sert aussi à faire en sorte que les élèves, à qui on donne le meilleur enseignement possible [...], aient accès à de meilleurs services. Une journée, c'est bien peu par rapport à tout le temps perdu dans les écoles parce que les profs ne peuvent pas enseigner à cause des conditions souvent lamentables dans lesquelles on les force à travailler, a lancé le président de la FAE, Pierre St-Germain. La vraie négociation commence aujourd'hui avec le gouvernement et on espère obtenir plus que ce qui a été mis sur la table jusqu'à présent!» Sur ce point, la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, semble à tout le moins être d'accord, bien qu'elle ait indiqué que la grève n'aurait aucun effet sur les positions patronales.
 
 
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  • François Dugal
    Abonné
    mercredi 9 juin 2010 10h07
    Le faux enjeu
    Encore une fois, les enjeux de la négociation dans l'enseignement au Québec se traduisent uniquement en signe de piastres.
    Ce qui manque le plus ne se négocie malheureusement pas: le respect des enseignants par la population.
    Comment bâtir un pays quand quand la ministre de l'éducation, appuyée par Monsieur et Madame Tout-le-Monde, crache sur les enseignants?

  • Francois
    Inscrit
    mercredi 9 juin 2010 10h45
    M. Bachand et Mme Courchesne où sont vos propriétés et valeurs ?
    Je ne comprends pas que M. Saputo est reçu une somme de quelques millons pour construire un stade. Et nous avons pas l'argent pour payer nos enseignants. D' offrir un service d'enseignement de qualité et d'assurer l'avenir de nos enfants. Quels sont vos propriétés et valeurs pour le peuple Québécois M. Bachand? Comment un partie d'illétré sera se payer un billet pour le stade si nous assurons pas une éducation de qualité pour tous? Batir un stade de soccer au coût de millions, un évènement qui se déroule pas plus d'un mois à peine par année, et qu'on refuse l'égalité salariale à nos enseignants afin de garantir à nos enfants leur avenir, ç'est absurde. J'ai honte de voir nos enseignants être condamnés à sortir dans la rue pour revendiquer leur valeur financière. Nos enfants n'iront pas loin avec l'équipe Charest mais on aura un autre Stade vide sauf quelques jours pas années. Ressaisez-vous.

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