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Libre opinion - La cause enseignante

Manon Bernard - Présidente de la Fédération des syndicats de l'enseignement  9 juin 2010  Éducation
La Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE-CSQ) a conclu récemment une entente de principe avec le gouvernement dans le cadre des négociations avec le secteur public. À hauteur de 200 millions de dollars, elle provoque de nombreuses réactions et suscite beaucoup d'intérêt, puisqu'elle touche les trois cibles que nous nous étions fixées et améliore le quotidien du personnel enseignant de tous les secteurs.

Cette entente a été obtenue au terme d'une négociation que nous avons voulue différente. Celle-ci s'est avérée plus courte, mais tout aussi coriace, surtout si on prend en compte les objectifs de départ de la partie patronale. Notre stratégie rigoureuse et de bonne foi, établie en Front commun, a porté ses fruits.

Parce que les négociations ont changé avec le temps, plus que jamais nous pouvons affirmer que nos luttes sont permanentes. Pensons à tous les débats nécessaires pour réformer la réforme ou, plus récemment, contre les modifications apportées au calendrier scolaire.

Cette nouvelle manière d'aborder les relations de travail se traduira par l'embauche de plus de 3100 nouveaux enseignants. Elle produira des changements notables quant à la taille et à la composition des classes, tout en apportant des améliorations incontournables à la problématique question de l'intégration des élèves en difficulté, sans compter qu'elle permettra à des enseignants d'accéder beaucoup plus rapidement à des contrats de travail.

Les résultats obtenus témoignent du fait que le syndicalisme enseignant est à coup sûr un moteur de changement pour la société, à la fois regard vers l'avant, vers le bien commun et vers l'humain. Malheureusement, il prend un dur coup en ce moment. Est-ce le bon choix que de dénigrer ouvertement les décisions prises démocratiquement par une autre organisation? Est-ce que cette façon de faire pour le moins inhabituelle sert réellement la cause enseignante, qui pourtant a bien besoin de toute la solidarité possible pour mieux se valoriser? La solidarité pour notre profession commence dans nos rangs et il faut savoir faire fi des luttes intestines quand le bien commun l'exige.

Pour la FSE, cette entente procure des gains pour l'ensemble de la profession enseignante, notamment en concrétisant ce qui n'était qu'une intention. Elle injecte des sommes importantes dans le réseau scolaire public, premier résultat d'un travail colossal en amont effectué en centrale et en fédération. J'invite les enseignantes et enseignants que nous représentons à en prendre la juste mesure et à apprécier ensemble les gains substantiels obtenus.

Quant à mes collègues de la Fédération autonome de l'enseignement (FAE), je leur souhaite un règlement satisfaisant et négocié qui tient compte de leur réalité et qui correspond, à l'instar du nôtre, aux mandats donnés et reçus.

***

Manon Bernard - Présidente de la Fédération des syndicats de l'enseignement
 
 
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  • jacques noel
    Inscrit
    mercredi 9 juin 2010 08h46
    Les salaires en France
    Après 10 ans, au top, un prof fait 1903 euros par mois.
    Un gros 28,000 piasses par année

    http://www.education.gouv.fr/cid1120/remuneration-

  • Devigor
    Inscrit
    mercredi 9 juin 2010 10h58
    L'attitude responsable de la FSE
    Il est rassurant de voir que la FSE est proche des revendications de ses membres. Depuis le début de ma carrière comme enseignant, j'en ai vécu des négociations de conventions collectives et c'est la première fois que j'ai l'impression d'obtenir quelque chose ! Surtout que cette fois-ci, les négociations se sont faites sur les vraies affaires : nombre d'élèves dans les classes, élèves en difficulté, etc. Ce qui nous a nuit au niveau de l'opinion publique dans les négociations précédentes étaient les questions salariales. Cette fois-ci, comme il y a front commun, les gens comprennent que ce n'est pas que les enseignants qui sont visés. D'ailleurs, je ne penses pas que d'indexer le salaire avec l'inflation soit un demande exagérée.

    Par ailleurs, monsieur Noel, vos données sont partielles. Le "top", comme vous le dites, les enseignants français l'atteignent après 30 ans et les chiffres que vous indiquez sont des revenus nets, excluant les déductions de toutes sortes, incluant les régimes de pension et de santé, sans oublier les impôts et autres déductions. Ainsi, après 30 ans, un enseignant français aura un revenu mensuel NET de 3 011€ (3 800 $CAN) ou 36 132€ annuellement. Il ne faut pas passer sous silence le programme d'indemnités qui apporte à TOUS les enseignants du Lycée un 99€ supplémentaire portant ainsi ce revenu annuel à 37 320€ (47 080 $CAN). En y ajoutant les déductions en vigueur au Québec, soit environ 35%, le salaire annuel BRUT passe à 63 558 $CAN, ce qui est tout à fait comparable à celui des enseignants du Québec et du Canada.

    Toutefois, j'ai un chiffre qui va vous réjouir monsieur Noel : 10 580 $ C'est le salaire maximum payé à des enseignants polonais. Non mais, ils l'ont tu l'affaire les polonais quand même !

    Y'a pas un enseignant qui reste en poste à cause du salaire, donc lâchez-nous avec ça !

  • Gilbert Talbot
    Abonné
    mercredi 9 juin 2010 11h39
    Le contexte politique peut aider à la négo.
    Contrairement à ce qui a été dit par des représentants du Front commun, il se pourrait que le contexte politique pourri dans lequel baigne les libéraux présentement pourrait aider à en arriver à une entente négociée maintenant, et non à un autre décret à l'automne.

    Actuellement c'est surtout en santé, chez les infirmières, que les négos sont bloquées. Chez les enseignants, ça semble aller mieux, mais faudrait pas se diviser entre syndicat : plus de pression ne peut pas faire de tort à ce moment-ci : si on ne règle pas à l'été, faudra s'attendre à un automne plus chaud, comme à l'habitude. Le moment est bon pur mettre la pression, pour en arriver à une entente maintenant.

  • jacques noel
    Inscrit
    mercredi 9 juin 2010 11h57
    @devigor
    Quand je parle de top, je veux dire maximal. En fait, après 10 ans d'expérience, le salaire d'un prof français oscille entre 1 795 € et 1903 euros par mois, soit 27k à 28.5k par année
    Le salaire net en France n'a pas du tout le même sens qu'au Québec. Il ne comprend pas les impots qu'il faut payer sur la base de sa situation familiale comme ici au Québec. Il ne comprend que les charges sociales.
    Ainsi, 1903 euros font 2471 euros, soit 37k par année auxquels ils faut enlever les impots!

    http://www.juritravail.com/salaire/calcul-salaire-



    PS: Comme c'est dur d'être prof au Québec, je présume que personne ne fait 30 ans d'enseignement icite. Pas vrai?

  • Devigor
    Inscrit
    mercredi 9 juin 2010 13h32
    En relation d'aide permanente
    La difficulté du métier d'enseignant réside dans la relation d'aide permanente que nous entretenons avec nos élèves. À chaque année, pour le secondaire du moins, c'est en moyenne 200 nouveaux visages et surtout vécus et caractères qui nous arrivent. Il faut les apprivoiser, les écouter, apprendre à les connaître, identifier leurs forces et leurs faiblesses pour leur donner le meilleur apprentissage possible. Si les enseignants restent, c'est qu'ils ont la vocation. Parce que c'est bien de cela dont il s'agit. Je ne me plaint pas d'être enseignant, je l'ai choisi et j'aime ce que je fais. Les enseignants se battent et demandent de meilleures conditions pour donner un service toujours meilleur à leurs élèves.

    Pourquoi la société québécoise en général (en excluant les parents de nos élèves qui eux nous appuient et comprennent nos demandes) est si ouverte pour aider les infirmières et le système de santé, mais semble si sourde aux enseignants ? Évidemment, une infirmière vous soigne et les résultats sont souvent assez probants, si on exclu les maladies graves bien sûr. Vous allez mieux ou non. Les enseignants travaillent avec des cerveaux. Rien n'est visible et les véritables résultats de notre travail ne se font seulement voir que des années plus tard. Notre société veut des résultats rapides dans tous les domaines, mais ce n'est pas toujours possible. L'apprentissage, ça prend du temps !

    Alors, oui, vos impôts servent entre autres à payer nos salaires. Je vous ferai remarquer que les impôts que je paient y contribuent également. Je défraie aussi en partie le bien être social des élèves qui ont décroché parce que nous n'avons pas réussi à leur donner les services appropriés au moment opportun par manque de moyen. L'éducation est un investissement, pas une dépense pure !

  • Marie Lauzier
    Inscrite
    mercredi 9 juin 2010 16h21
    Vous lire me fait du bien :-)
    @ Devigor

    Oui, vous lire ça change de tous ceux qui s'en prennent à tort et à travers aux enseignants. Cette profession sous-évaluée mérite pourtant notre appréciation.

    Les infirmières nous soignent ou nous accompagnent durant les jours précédant la mort de nos parents. Elles ont le beau role. Les enseignants eux, disputent parfois nos enfants, ils les forcent à se dépasser, exigent des travaux bien faits et voient que nos petits ne sont pas toujours des génies. En plus, ils se reposent durant 6 semaines! Du moins, c'est ainsi que des parents les voient. Sans compter que pour plusieurs, l'instruction ce n'est pas important. C'est plate...

    Oui, "ils l'ont tu l'affaire les Polonais quand même !"

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