mercredi 8 février 2012 Dernière mise à jour 09h23
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir

32 000 enseignants dissidents préparent la grève

La Fédération autonome de l'enseignement ne se sent pas liée par l'entente intervenue entre Québec et la Fédération des syndicats de l'enseignement

Lisa-Marie Gervais   4 juin 2010  Éducation
Pendant que les ententes de principe se concluent les unes après les autres dans le secteur de l'éducation, la Fédération autonome de l'enseignement (FAE) est toujours dans l'impasse et s'apprête à tenir une journée de grève mardi prochain qui serait illégale. Le Comité patronal des négociations pour les commissions scolaires francophones (CPNCF) a déposé mercredi une requête devant le Conseil des services essentiels pour que soit étudiée la validité de la grève, demande qui a été acceptée puisque l'audition a lieu ce matin.

Même s'ils donnent un service public, les 32 000 membres de la FAE, dont les neuf syndicats affiliés représentent le tiers des enseignants du Québec, ne sont pas assujettis au maintien des services essentiels. Le Conseil a toutefois compétence pour trancher sur la légalité de la grève en vertu de ses pouvoirs de redressement.

L'enjeu porte sur une question d'interprétation des délais à respecter pour pouvoir exercer un droit de grève. La Loi sur le régime de négociation des conventions collectives dans les secteurs public et parapublic prévoit que, pour avoir droit à la grève, un médiateur doit être nommé pour une période de 60 jours. Le Code du travail stipule que doit par la suite s'expirer un délai de 20 jours pour annoncer qu'une grève aura lieu et que celle-ci ne peut être déclenchée qu'après un préavis de 7 jours. Le comité patronal croit que ces délais doivent être observés les uns après les autres, mais la FAE prétend qu'ils peuvent l'être en concomitance. «On est dans un vide juridique. C'est la première fois qu'une organisation syndicale exerce son mandat de grève de façon si rapprochée. On est dans une situation inédite», a indiqué Pierre St-Germain, président de la FAE. «Mais nous avons un mandat de grève légale et on va respecter l'ordonnance si elle est défavorable à notre position», a-t-il précisé.

La décision devrait être rapidement connue, soit avant mardi, jour désigné pour la grève.

Une entente insuffisante

Par ailleurs, la FAE a tenu un point de presse hier pour rappeler qu'elle n'est liée d'aucune façon par l'entente de principe conclue entre le gouvernement Charest et la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE-CSQ). Elle la juge d'ailleurs inacceptable et peu substantielle. «On l'a présentée à nos membres en conseil fédératif et ils l'ont rejetée à l'unanimité. Pour eux, ça ne constitue pas la base d'un règlement satisfaisant à aucun égard», a dit M. St-Germain.

L'entente que la FSE-CSQ recommandera à ses membres comprend la réduction de la taille des groupes au primaire et au secondaire, ainsi que certaines dispositions concernant l'encadrement des enfants handicapés ou en difficulté d'apprentissage (EHDAA), notamment l'ajout d'un montant de 20 millions et de 200 enseignants-ressources. «Nos membres reconnaissent que des baisses de ratio en première et deuxième secondaire c'est intéressant, mais au primaire, ça s'appliquait déjà dans le plan [pour la persévérance scolaire] de la ministre. L'ajout des 200 enseignants-ressources était aussi déjà prévu, mais il y a une date de préemption. Alors, on permet la diminution d'élèves par classe, mais on va retirer les enseignants-ressources en bout de piste», a déploré M. St-Germain.

Il rappelle que le montant de 20 millions réservé aux EHDAA se traduit en réalité par un montant de 6000 $ par école. C'est bien peu pour organiser des classes de répit ou pour mettre en place des mesures de soutien, a fait valoir le président de la FAE, qui ne cache pas que l'une des demandes syndicales est de l'ajout de certaines catégories — une vingtaine au total — d'enfants en difficulté. «Je sais que la notion de code a mauvaise presse [...]. Québec est contre ça parce que c'est une reconnaissance qui l'oblige à donner des services», a noté M. St-Germain.

Une autre entente de principe est également intervenue entre la Fédération des professionnelles et professionnels de l'éducation (FPPE-CSQ). Le principal gain est l'ajout, d'ici cinq ans, de 380 professionnels qui interviendront directement auprès des jeunes et dans le secteur de l'éducation aux adultes, des ressources qui concerneront 69 des 72 commissions scolaires représentées par la FPPE-CSQ et le Syndicat des professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (comprenant des commissions scolaires francophones, anglophones, crie et Kativik). «On sent qu'on a réussi à sensibiliser le gouvernement à l'importance des ressources professionnelles», a dit Jean Falardeau, le président de la FPPE-CSQ. D'autres négociations sectorielles sont encore à venir.

Enfin, le Front commun des syndiqués des secteurs public et parapublic déplore l'absence totale de progrès dans les négociations du secteur de la santé, alors que des ententes sont conclues — ou sont sur le point de l'être — dans la fonction publique et dans le secteur de l'éducation. C'est avec les infirmières, représentées par la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ), que les pourparlers sont les plus ardus. Le Front commun reproche notamment aux négociateurs du ministère de la Santé de se présenter constamment à la table sectorielle avec des propositions globales et des préalables, alors qu'il sait pertinemment que cette approche du tout ou rien sera rejetée.

***

Avec La Presse canadienne
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • jacques noel
    Inscrit
    vendredi 4 juin 2010 07h44
    Pendant ce temps en France
    On coupe 16,000 postes de profs et on augmente le nombre d'éleves par classe.

    http://info.france2.fr/france/vers-de-nouvelles-su

    «Le ministère de l'Education nationale réfléchit à de nouvelles suppressions de poste d'enseignants de 2011 à 2013
    Parmi les pistes, l'augmentation de la taille des classes. Les syndicats, mécontents, accusent le gouvernement d'abandonner "toute ambition éducative".

  • Michele
    Inscrit
    vendredi 4 juin 2010 09h17
    Taille des classes et type de clientèle
    La France a-t-elle une politique d'intégration des élèves, avec handicpas et troubles d'apprentissage, se rapprochant de celle du Québec?

  • jacques noel
    Inscrit
    vendredi 4 juin 2010 10h44
    Pendant ce temps en Californie
    La Californie est l'un des États les plus riches au monde.

    http://www.ed-data.k12.ca.us/navigation/fstwopanel

    Le ratio prof/élèves est de 21,3
    Trois élèves de plus par classe en moyenne qu'au Québec.
    Mais au Québec, nos profs sont à bout de souffle....

    Le problème, c'est que les médias ne font que reproduire le discours des lobbies bien organisés. Ils ne "checkent" pas l'info, ne challengent pas les lobbies sur les simples faits.

  • Marie Michaud
    Inscrit
    vendredi 4 juin 2010 18h13
    Ratio
    Je ne sais pas, M. Noël, où vous prenez vos informations, mais le ratio est :

    25 élèves en 1ere année du primaire
    27 élèves en 2e et 3e année du primaire
    29 élèves en 4e, 5e et 6e année du primaire
    32 élèves au secondaire

    Et il n'est pas rare que ce nombre d'élèves soit dépassé. On nous alloue alors un montant pour dépassement des maxima. Les employeurs préfèrent payer pour les dépassements de maxima plutôt qu'ouvrir des groupes de plus puisque, en bout de ligne, ça leur coûte moins cher.

  • N. L.
    Inscrit
    dimanche 6 juin 2010 00h04
    Présco...
    Puis-je ajouter le ratio du préscolaire: 20 élèves
    Avec des élèves qui souvent n'ont jamais été vu pour certains troubles donc référence à faire... dans un milieu défavorisé et allophone, c'est assez suicidaire.
    Dans ces classes, il n'est pas rare d'avoir 3-4 enfant qui ne parlent pas français donc pour la compréhension des consignes (même simples soient-elles) c'est périlleux...
    Il y a aussi les problèmes connus de langage mais aucune orthophoniste dans l'école. Ces cas; pas assez sévères pour les classes "langage" mais trop faible pour le régulier... impasse.
    C'est une réalité.
    Ce sont les enfants qui payent dans tout ça.
    Donc en diminuant les ratios, cela donne un peu plus de temps pour les aider.

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
5 réactions
1 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012