Lettres - Aimer la langue française
J'ai presque 50 ans, j'ai fréquenté l'école publique québécoise et, depuis 1987, j'essaie d'enseigner le français et la littérature aux études supérieures. Je cherche à améliorer mon français quotidiennement. C'est donc à ces quelques titres que je lis avec curiosité les échanges autour de la lettre d'Alex 661.
Il y a déjà un moment que l'école et la société québécoises transmettent plus ou moins bien la connaissance de la langue. Mes professeurs au primaire et au secondaire s'exprimaient, il me semble, assez correctement, et nos fautes d'orthographe, de grammaire et de syntaxe chagrinaient même ceux qui nous enseignaient les mathématiques. Plusieurs d'entre nous s'en trouvaient peinés, sinon honteux, presque autant que nos maîtres. La langue française, qu'on disait alors menacée, leur tenait et nous tenait à coeur. Nous avions ensemble la naïveté de croire que sans un français acceptable nous n'irions pas loin dans la vie.
Je souhaiterais que les citoyens du Québec souscrivent très jeunes à une phrase comme: J'aime la langue française: j'aspire à la parler et à l'écrire avec correction. Tout le reste — les millions et les spécialistes du ministère, les régimes pédagogiques — m'apparaît moins déterminant que cet amour dont la conscience suit souvent, admettons-le, la première rencontre éblouissante avec un livre. Chez moi, cette découverte de la beauté s'associe au souvenir lointain d'un début de roman où il y avait une maison «comme un pain de ménage, chaude en dedans et propre comme de la mie».
***
Jean-Claude Brochu, Montréal, le 21 mai 2010
Il y a déjà un moment que l'école et la société québécoises transmettent plus ou moins bien la connaissance de la langue. Mes professeurs au primaire et au secondaire s'exprimaient, il me semble, assez correctement, et nos fautes d'orthographe, de grammaire et de syntaxe chagrinaient même ceux qui nous enseignaient les mathématiques. Plusieurs d'entre nous s'en trouvaient peinés, sinon honteux, presque autant que nos maîtres. La langue française, qu'on disait alors menacée, leur tenait et nous tenait à coeur. Nous avions ensemble la naïveté de croire que sans un français acceptable nous n'irions pas loin dans la vie.
Je souhaiterais que les citoyens du Québec souscrivent très jeunes à une phrase comme: J'aime la langue française: j'aspire à la parler et à l'écrire avec correction. Tout le reste — les millions et les spécialistes du ministère, les régimes pédagogiques — m'apparaît moins déterminant que cet amour dont la conscience suit souvent, admettons-le, la première rencontre éblouissante avec un livre. Chez moi, cette découverte de la beauté s'associe au souvenir lointain d'un début de roman où il y avait une maison «comme un pain de ménage, chaude en dedans et propre comme de la mie».
***
Jean-Claude Brochu, Montréal, le 21 mai 2010
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

