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Université Concordia - Comment devenir l'une des cinq meilleures universités généralistes au Canada ?

«Depuis une dizaine d'années, on a fait un virage vers la recherche»

Judith Woodsworth, rectrice et vice-chancelière de l’Université Concordia
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Judith Woodsworth, rectrice et vice-chancelière de l’Université Concordia
Le Congrès des sciences humaines aura lieu cette année à l'Université Concordia, du 28 mai au 4 juin. La rectrice et la vice-rectrice à la recherche et aux études supérieures de l'établissement indiquent que l'Université Concordia a effectué un virage vers la recherche depuis une dizaine d'années.

Dans son plan stratégique adopté en 2009, l'Université Concordia s'est fixé pour objectif de se classer parmi les cinq meilleures universités généralistes du Canada d'ici dix ans. Judith Woodsworth, rectrice et vice-chancelière de l'établissement, indique que l'université souhaiterait par exemple accroître ses revenus de recherche. «On a déjà augmenté les fonds de recherche à Concordia et on aimerait aller encore plus loin», dit-elle.

L'université souhaite aussi mieux se faire connaître. Mme Woodsworth mentionne que l'Université Concordia est connue au Québec. «Mais, je dirais, à Vancouver ou à Edmonton, en Ontario, on est très peu connu, parce qu'il y a tellement de concurrence avec les autres universités canadiennes. Donc on se donne pour objectif de se faire connaître partout au pays et d'attirer d'excellents étudiants et d'excellents professeurs.»

Mme Woodsworth affirme que l'Université Concordia est par ailleurs connue en Chine, où elle-même s'est rendue récemment dans le cadre d'une mission dirigée par le maire de Montréal. Elle indique que l'un des établissements qui a donné naissance à l'Université Concordia, l'Université Sir-George-Williams, a reçu des étudiants chinois dès les années 1930. «Déjà depuis les années 1970, on a eu des professeurs qui sont allés en Chine, et ce n'est pas le cas de toutes les universités. Et on a su tisser des liens avec des universités en Chine. On a autant d'ententes avec des universités chinoises que d'autres universités plus connues, plus prestigieuses au Canada», mentionne-t-elle. Lors de son séjour en Chine, Mme Woodsworth a signé deux nouvelles ententes avec des universités de ce pays.

Une université généraliste

L'Université Concordia a vu le jour en 1974, à la suite de la fusion du Collège Loyola et de l'Université Sir-George-Williams. Elle accueille 44 000 étudiants, provenant de 150 pays. Environ 11 % d'entre eux viennent de l'étranger. Par ailleurs, 18 % des étudiants ont le français pour langue maternelle.

«C'est une université généraliste», mentionne Mme Woodsworth. L'Université Concordia a quatre facultés: Arts et sciences, Génie et informatique, Beaux-arts et École de gestion John-Molson. Elle n'offre pas de programmes de médecine ni de droit. «C'est une université très ouverte, accessible», affirme la rectrice. L'université se présente aussi comme originale et audacieuse et met l'accent sur sa diversité.

«À l'origine, on était surtout une université d'enseignement au premier cycle, mais, depuis une dizaine d'années, on fait un virage vers la recherche et les études de deuxième et même de troisième cycle», dit Mme Woodsworth.

Recherche

Depuis 2006, l'Université Concordia a un vice-rectorat à la recherche et aux études supérieures. «C'était vraiment à ce moment-là le reflet de la volonté de l'université de davantage mettre en valeur et de structurer les activités de recherche», explique Louise Dandurand, vice-rectrice à la recherche et aux études supérieures, qui est la première personne à occuper ce poste à l'Université Concordia. La vice-rectrice mentionne avoir mis en oeuvre, à son arrivée, une série de mesures pour structurer et développer la recherche, par exemple des programmes d'appui aux équipes en émergence ou des programmes complémentaires par rapport aux subventions de la Fondation canadienne pour l'innovation et des chaires de recherche du Canada.

«Et c'est dans cet esprit-là, dans l'esprit de ce virage recherche, de cette valorisation accrue de la recherche, que l'université a posé sa candidature pour accueillir le congrès des sciences sociales et humaines en 2010», explique Mme Dandurand. La vice-rectrice à la recherche et aux études supérieures indique que la majorité des chercheurs de l'Université Concordia sont dans le domaine des sciences sociales et humaines, comme c'est le cas dans la plupart des universités. Elle explique que le fait d'accueillir le congrès des sciences humaines permet de faire en sorte que les gens se rassemblent à l'Université Concordia et voient ce qui s'y fait. L'université organise le congrès en collaboration avec la Fédération canadienne des sciences humaines. «On a mis sur pied tout un programme en marge des activités du congrès pour valoriser nos résultats de recherche», dit Mme Dandurand.

Des professeurs de l'Université Concordia effectuent par exemple de la recherche sur l'apprentissage chez les jeunes enfants. L'université abrite ainsi un centre d'études sur l'apprentissage et la performance. Un centre de recherche en développement humain s'y trouve également. Basés à l'Université Concordia, ces deux centres regroupent des chercheurs issus de différentes universités. «Un autre domaine où l'université se démarque particulièrement, c'est celui des droits de la personne», indique Mme Dandurand. L'Université Concordia abrite ainsi le Montreal Institute for Genocide and Human Rights Studies. Elle a aussi un centre d'histoire orale et de récits numérisés. «La priorité, c'est de recueillir les témoignages des survivants des grandes catastrophes humaines, à commencer par la Shoah, en passant par le Rwanda, etc.», dit Mme Dandurand.

Orientations et projets

Par ailleurs, Mme Woodsworth indique que le plan stratégique de l'Université Concordia repose sur trois piliers: l'engagement envers l'excellence dans l'enseignement et dans la recherche, l'amélioration et la mise en lumière de l'expérience étudiante ainsi que l'engagement communautaire et la responsabilité sociale.

La rectrice mentionne que le nombre d'étudiants à l'Université Concordia a augmenté de 25 % depuis une dizaine d'années. Elle ajoute que, étant donné cette croissance des effectifs, l'université a mis de l'avant plusieurs projets de construction de bâtiments. «Et ce n'est pas fini encore», indique-t-elle. L'université a obtenu l'automne dernier une subvention d'environ 69 millions de dollars dans le cadre du Programme d'infrastructure du savoir. Elle construira ainsi le Centre de recherche PERFORM, qui regroupera des chercheurs dans le domaine de la physiologie de l'exercice et de la thérapie sportive, le Centre de génomique structurale et fonctionnelle ainsi qu'une nouvelle chambre climatique, qui permettra de mettre à l'essai des systèmes d'énergie solaire.

Au cours des prochaines années, l'université compte aussi rénover la maison mère des soeurs grises, qu'elle a acquise, et y installer sa faculté des beaux-arts. «On veut créer vraiment un quartier Concordia, un beau campus au centre-ville, pour permettre de continuer notre expansion», dit Mme Woodsworth.

***

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