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Éducation - Le journal de la réforme est silencieux sur les critiques

Le ministère de l'Éducation a-t-il volontairement occulté un avis incendiaire de la Commission des programmes d'études (CPE)? Nenni, répond-il, alors qu'une de ses publications portant sur le programme de la réforme au secondaire ne fait aucune mention des vives critiques de la CPE.

Dans la dernière édition du journal de la réforme — le bulletin Virage — publiée en avril dernier, on alloue un espace important au processus de validation de la réforme. On y fait état notamment d'une vaste consultation automnale des enseignants et des acteurs du milieu pour en faire «le programme qui soit le meilleur possible».

On n'y mentionne pourtant absolument pas la Commission des programmes d'études (CPE), organisme consultatif dont la seule raison d'être est précisément de «conseiller le ministre sur toute question relative aux programmes d'études qu'il établit». On n'y fait donc aucune allusion aux sévères réprimandes publiées en février par l'organisme, dont Le Devoir faisait état hier.

Cette omission n'a rien de volontaire, assure-t-on au ministère de l'Éducation (MEQ). «Virage voulait faire état de la validation du programme par le milieu, à l'automne, a expliqué hier Johanne Méthot, des communications du MEQ. La Commission y était, mais comme observateur. C'est une institution formelle, et Virage a cru bon de ne pas en parler. Peut-être que ce sera dans le prochain bulletin.»

On sait maintenant que le dernier avis émis par la CPE, portant sur le programme de formation du 1er cycle du secondaire, critique abondamment la version provisoire du programme, notamment sur la clarté du langage, l'incohérence de certains passages et la mauvaise cohabitation des compétences et des connaissances. Ces critiques ont été acheminées sous forme d'avis à l'ex-ministre de l'Éducation, Sylvain Simard, en février dernier.

«On n'en avait jamais entendu parler avant [hier] matin», a expliqué hier la présidente de la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE-CSQ), Johanne Fortier, qui s'étonne qu'un avis d'une telle importance soit passé inaperçu. «Ça manque de rigueur et de transparence; c'est un peu comme si on voulait se mettre la tête dans le sable.»

Mais dans ce contexte, la FSE se félicite d'avoir entériné le report de la réforme au secondaire d'un an, tel qu'annoncé récemment. «Une chance qu'on parle d'un certain report pour laisser la chance au ministère de refaire les devoirs qui n'ont pas été faits.»

La Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ) a participé à la validation automnale, où certaines des critiques retrouvées dans l'avis de la CPE avaient déjà circulé, explique Annie Jomphe, conseillère en développement pédagogique à la FCSQ. «Il a été question de mieux définir le rôle de l'enseignant, de renforcer les principes de base de la réforme, d'être le plus clair possible dans l'écriture», explique-t-elle.

«Il y a eu une amélioration depuis les premières versions du primaire, même s'il reste des pas à faire», ajoute Mme Jomphe.

Au cabinet du ministre Pierre Reid, on était peu bavards hier sur cette question. «Suite aux recommandations, les programmes modifiés vont être présentés au ministre bientôt, a affirmé hier l'attachée de presse du ministre, Caroline Richard. On parle de semaines.»

Une opinion sur l'ampleur des critiques de la CPE? «Chaque point de l'avis a été pris en considération dans la version modifiée du programme qu'on va nous envoyer», ajoute-t-elle. Quels seront les points les plus surveillés par la nouvelle administration? «On va voir ce qu'on nous propose, je ne peux pas présumer de ce qu'on va nous proposer, et une fois que ce sera fait, on va évaluer.»






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