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Alex 661

«une examen tres dur

Christian Rioux   14 mai 2010  Éducation
bonjour je suis élève de secondaire 5 et aujourd hui jai fait l'examen du ministère en francais je suis vraiment insultée de savoir que les gens pense que cet examen est facile car c'est totalement faux. Dans l'examen il nous fallais deux argument oubligatoire et non un.

Il est faux de dire que les élèves la trouve facile pour preuve nous avons eu une pratique d'examen avec un autre sujet moi ma note finale 58 % et la plupart des élèves ont passés avec 60 % 65 % les élèves qui avait plus haut que ça était rare je fait parti de la réforme et je parle avec ceux qui non pas fait parti de la réforme et disent que ses beaucoup plus dure dans la réforme je n'aime pas les préjuger que les gens on contre la réforme
merci une étudiante de secondaire 5»

J'allais vous entretenir de tout autre chose lorsque je suis tombé sur cette lettre publiée la semaine dernière sur notre site Internet. Une jeune fille, qui signe du nom énigmatique Alex 661, s'en prenait à ceux qui affirmaient que le nouvel examen de français de 5e secondaire en était un au rabais destiné à camoufler la médiocrité des nouveaux programmes et à éviter les comparaisons fâcheuses. Voilà une semaine que cette lettre m'obsède. Non pas tant parce qu'elle illustre jusqu'à l'absurde le contraire de ce que semble vouloir dire son auteur, mais parce qu'elle est le pur produit d'un certain nombre de caractéristiques de l'école québécoise.

Je ne m'attarderai pas sur le nombre de fautes ni sur le fait incompréhensible que cette élève est aujourd'hui aux portes du cégep alors qu'elle n'a pas le niveau de la fin du primaire. Je n'ai jamais été un acharné de l'orthographe qui obsède tant de mes compatriotes. Non, ce qui me frappe dans cette lettre, plus que l'absence de ponctuation, de vocabulaire, de grammaire, de syntaxe et donc de pensée, c'est l'absence totale d'inhibition chez son auteur.

Un paysan pauvre du Sénégal se serait fait corriger par l'écrivain public du village. Une immigrante slovaque récemment débarquée à Montréal aurait fait relire son texte par un professeur d'un cours de francisation. N'importe quel ouvrier des années 60 aurait minutieusement vérifié chaque mot dans le dictionnaire. Le père analphabète de Luc Plamondon l'aurait fait lire à son fils. Une honte salvatrice les aurait protégés du pire.

Mais, contrairement à ces derniers, Alex a eu le privilège insigne d'être maternée pendant 11 ans par une école où elle a été le centre de toutes les attentions. Une école où on l'a encouragée à donner son opinion sur tout et n'importe quoi. Incitée à s'exprimer le plus librement possible, notre étudiante a donc choisi en toute logique de se «libérer» aussi des contraintes de la langue. Les surréalistes qui pratiquaient l'écriture automatique se soumettaient encore à quelques servitudes. Notre étudiante, qui a eu la chance d'accéder à un niveau d'éducation dont ma mère n'aurait pu rêver, aura fait sauter les dernières. La pratique de la lettre anonyme, devenue courante sur Internet, a ouvert la dernière écluse.

Ce qui frappe aussi dans ce galimatias, c'est l'absence de compréhension de ce qu'est la langue écrite. Normalement, vers la 2e ou la 3e année, chacun apprend qu'il ne peut pas écrire comme il parle. Alex, elle, ne semble jamais avoir franchi ce pas.

Comment ne pas conclure que notre étudiante est finalement le produit malheureux d'un enseignement qui ne met plus l'accent que sur la communication? T'sais veux dire. On n'apprend plus le français en lisant Flaubert et Anne Hébert, mais des articles de journaux. Or nombre de ces derniers s'acharnent à imiter maladroitement et sans talent la langue orale. Voilà le saint des saints que l'on offre à nos chérubins. Disons à la décharge d'Alex que les auteurs des programmes de français n'écrivent pas beaucoup mieux qu'elle. N'apprend-on pas la musique en déchiffrant la Lettre à Élise de Beethoven? Mais ceux qui étudient le français devront se contenter de textes médiocres, sans style et sans génie glanés sur Internet ou de ces torchons bourrés d'anglicismes que le club de hockey le Canadien distribue dans nos écoles avec la bénédiction du ministère.

Personne n'a jamais expliqué à Alex qu'avant d'écrire, il fallait d'abord apprendre à se taire — c'est d'ailleurs le plus difficile. Qu'il fallait lire beaucoup avant de songer à énoncer une petite idée. Qu'il valait mieux faire de nombreuses rédactions sur l'automne et peut-être même apprendre quelques poèmes par coeur avant de penser à avoir une opinion. Et que le vrai travail ne commençait qu'au moment de se relire.

S'il faut en croire les déclarations de notre ministre de l'Éducation, depuis deux ans, Alex aurait fait une dictée et une rédaction par semaine. Elle aurait aussi consacré une heure par jour à la lecture. Peut-être même lui a-t-on offert un bel ordinateur portable à 1500 $ pour la motiver. Si j'étais ministre, je relirais cette lettre au moins une dizaine de fois. Puis, je la distribuerais à tous mes fonctionnaires. J'organiserais enfin des journées d'étude sur le thème suivant: vers quel abîme cette réforme nous mène-t-elle?
 
 
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  • Frédéric Chiasson - Abonné
    14 mai 2010 01 h 23
    Les raisons pour bien écrire
    Il y a de quoi être déprimé à voir cette adolescente oser écrire aussi mal sans pudeur au Devoir ! Mais en même temps, je me demande si l'on explique à ces jeunes le pourquoi du bien écrire. Personnellement, bien que je n'ai que peu de problèmes en français écrit, on ne m'a jamais donné de raisons pour bien écrire au lieu de me relâcher à écrire au son et sans ponctuation. Peut-être que les jeunes comme Alex 611 (heureusement pour elle qu'elle n'a pas signé son vrai nom !) se forceraient un peu plus à écrire correctement s'ils savaient ce que cela permet.

    Des linguistes et des rhétoriciens répondraient mieux que moi à cette question, mais allons-y quand même.

    La rapidité de lecture : écrire selon des conventions établies par une majorité permet de lire beaucoup plus rapidement un texte qu'un texte ignorant ces conventions. Comparez la vitesse de lecture de la lettre d'Alex 611 et de la chronique de M. Rioux qui suit. Quand on reçoit des dizaines de courriels par jour, cela vaut son pesant d'or !

    La clarté du sens : on se fait beaucoup mieux comprendre quand l'orthographe est la bonne et ne crée pas de confusion avec d'autres mots homonymes à sémantique différente («c'est» et «ses»). La ponctuation est indispensable pour marquer les limites de certaines «unités de sens». Les dernières phrases d'Alex sont particulièrement confuses à cause du manque de points.

    Et surtout...

    La persuasion : la clarté est l'une des qualités de la rhétorique, à l'oral ou à l'écrit. La clarté devient nécessaire pour convaincre et persuader. Une syntaxe précise suggère des arguments solides et clairs, donc convaincants. Bien écrire, c'est aussi montrer son habileté et sa maîtrise. Se montrer habile en écriture nous rend plus convaincant encore (si nous n'exagérons pas!).

    M. Rioux parle de l'importance de la différence entre le parlé et l'écrit. Pourtant, à ma mémoire, personne m'a expliqué pourquoi cette différence existe. Je pense bien que c'est l'absence du non-verbal et de la rétroaction immédiate qui existe à l'oral, sans parler de toutes les connotations non voulues par l'auteur que le lecteur peut retrouver dans un texte écrit !

    Je lis le texte d'Alex et cela ressemble à un exercice de la réforme où l'on demande aux élèves d'écrire un texte d'opinion. C'est un euphémisme de dire que si c'est le cas, elle a raté son exercice. Ce serait bien de lui expliquer que lire un texte mal écrit a le même effet pour le lecteur que d'entendre quelqu'un parler en pétant et rotant, tout en portant du linge bien crotté de graisse. En gros, elle « pogne » pas. Quoiqu'elle dise, rien n'est convaincant venant de cette personne, et surtout, on ne se rappelle même pas de ce qu'elle voulait dire !
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  • Sylvain Auclair - Abonné
    14 mai 2010 07 h 56
    Les adultes ne sont pas mieux
    Allez lires les commentaires sur les sites des journaux, vous verrez que les adultes écrivent à peu près comme ça. Vous pouvez même aller lire des commentaires en anglais, c'est assez semblable...
    Ce n'est pas du tout une question de réforme.
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  • Manon Brunet - Abonnée
    14 mai 2010 07 h 58
    découragée!
    Monsieur Rioux,
    Je suis enseignante au premier cycle du primaire. Lorsque je lis un texte écrit par une élève de 5e secondaire, d'aussi piètre qualité, je ne peux que tiquer. Lorsque mes élèves de deuxième année écrivent, je refuse qu'ils le fassent aussi pauvrement. Il y a des règles à suivre et j'exige qu'ils s'y soumettent. Bien sûr, ils sont encore bien jeunes mais ils ne sont pas sots. Depuis les dix dernières années, sous prétexte de la réussite à n'importe quel prix, on n'exige peu de nos élèves. C'est inacceptable! Je pratique ma profession en vivant de très nombreuses incohérences. En vous lisant, ce matin, j'ai senti le découragement m'envahir... une fois de plus. Que nous vaut un ministère de l'Éducation (du loisir et du sport) qui n'a plus le souci d'une langue qui se respecte? Je suis outrée par le manque d'intérêt manifesté par le MELS et par Mme Courchesne. Vous avez bien raison de lui demander de lire Alex 661, au moins dix fois. Peut-être sera-t-elle cenfin touchée par l'ampleur du problème? Permettez-moi d'en douter...
    Manon Brunet
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  • France Marcotte - Abonnée
    14 mai 2010 08 h 29
    Bonne chance Alex
    Je crois que cette élève faisait malgré tout confiance au Devoir pour lancer son petit cri d'oiseau d'éclopée mais qu'on ne l'y reprendra plus.
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  • François Dugal - Abonné
    14 mai 2010 09 h 41
    L'approche par compétence
    Voilà le résultat d'une réforme pédagogique qui s'appelait l'approche par compétence. Maintenant, qu'est-ce qu'on fait?
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  • Éric Vignola - Abonné
    14 mai 2010 10 h 20
    Quelques réflexions
    J'enseigne dans un centre de 16-18 ans et mes étudiants écrivent tous mieux que ça, qu'ils soient en secondaire 2 ou en secondaire 5. Le gros de mon travail consiste cependant à les convaincre de mettre un peu d'effort dans leur auto-correction et dans leur relecture.

    Il me semble que c'est le problème, ici. Alex n'a probablement jamais pris le temps de se relire ou de se corriger, excepté lors d'exercices évalués.

    Monsieur Rioux l'a dit : on incite nos élèves à s'exprimer. Ça se comprend : il devient de plus en plus difficile de les faire communiquer dans nos classes. Probable que la quantité de communications qu'ils ont à effectuer affecte la qualité de ces dernières.
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  • Riendemoins - Inscrit
    14 mai 2010 10 h 24
    Un peu de réalisme et de concret, svp!
    Permettez-moi de penser que les commentaires sont plus pertinents que l'article en soi. L'auteur me semble déconnecté : ai-je bien compris qu'il proposait de réintégrer des œuvres classiques au programme? Par pitié, si le programme actuel a surévalué l'importance de la communication au détriment de la langue, il ne faudrait surtout pas tomber dans l'autre extrême. Les puristes et amoureux de la langue vivent dans une tour d'ivoire et protègent leur « art », mais n'oublions pas qu'écrire, c'est toujours et d'abord communiquer. Une phrase sans ponctuation ni structure est peut-être difficile à suivre, mais pas plus qu'une phrase de quatre (4) lignes qui compte 8 virgules.

    La langue évolue, et oui, elle est inspirée par la langue anglaise. Plus concise, plus concrète. À mon avis, c'est tant mieux. Ce qui ne veut pas dire qu'il faut ignorer la forme pour autant. Je suis 100% d'accord avec Frédéric Chiasson (commentaire 1) quant aux raisons de bien écrire.

    Je suis d'avant la réforme, j'adore les mots. Au secondaire (il y a à peine dix ans), j'ai toujours pété des scores en français, mais j'ai toujours boudé cette élite littéraire qui admire et applaudit la complexité de ses propres textes. La rédaction et la communication, j'en ai fait un métier. J'écris pour toucher les gens, pour illustrer une idée, pour être comprise. Si on écrit sans message à passer, c'est là qu'il faut se taire.

    Les poèmes et la littérature classique ne sont pas NÉCESSAIRES pour bien écrire, la preuve : je n'en ai jamais lu. Pour toucher les jeunes et leur donner le goût de bien écrire, demeurons concrets et réalistes. Donnons-leur à lire des textes sur des sujets qui les intéressent...

    Ceci dit, je lis Alex et je me désole. Le problème n'est pas entièrement relié à la réforme, selon moi. C'est facile d'avoir le ministère comme bouc émissaire, surtout parce que ça nous évite à considérer le problème de société - et de se regarder le nombril. Mon copain enseigne au secondaire (pas en français) et c'est toute cette génération d'élèves, qui, à l'ère de l'instantanéité, ne font preuve de patience pour rien.

    Ils ne s'investissent pas dans ce qui prend du temps : apprendre des règles de grammaires ou leur texte en vue d'une pièce de théâtre, réviser leur texte avant de l'envoyer, faire leurs devoirs, même répondre aux questions d'un examen... où les lignes restent souvent vides.

    Réforme ou pas, l'apprentissage des « compétences pour réussir » s'enseignent en étroite collaboration avec les parents, qui eux, trop débordés par le boulot-métro-CA-réunions, etc., n'ont pas le temps - ou ne le prennent pas - de faire ce qu'il faut. Ils escamotent les leçons des enfants, font les devoirs à la vitesse de l'éclair et multiplient les stratégies pour «gagner du temps» et « tout faire plus vite»... Eh ben! Et si une partie du problème était là?

    Dans ce contexte, demandez-vous pas pourquoi les Y veulent changer les règles et organiser leur vie de façon à passer le temps qu'il faut, justement avec leurs enfants.
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  • Sylvain Auclair - Abonné
    14 mai 2010 10 h 31
    Ne critiquez pas la réforme...
    Les gens écrivaient aussi mal avant.
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  • Stéphane Doré - Abonné
    14 mai 2010 10 h 37
    Coupons-leur l'herbe sous le pied
    On pourrait exiger que les sites de sociabilisation engagent des profs de français pour modérer ce que tous le monde écrivent là-dessus. :)

    Évidemment, c'est une satire. Mais avouons que si ce qui est écrit était validé avant d'être publié, la barre monterait de quelques échelons.

    Pour continuer la satire, si on voyait l'écrit publié amais avec les corrections bien surlignées, ça ferait l'égo dans la bonne direction.
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  • Cortot Guillaume - Inscrit
    14 mai 2010 10 h 41
    D'accord avec Mme Marcotte
    Une langue, ça se partage, M. Rioux, surtout quand, comme vous, on a la chance, le privilège, de bien la parler. En accablant cette étudiante, vous faites un usage aussi mauvais, sinon bien pire, puisque vous n'avez pas l'excuse de la maldresse, de cette langue, qui était censée nous unir ...
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  • John Mokawi - Inscrit
    14 mai 2010 10 h 46
    Qui est l'ignare?
    Je suis assez outré qu'un correspondant au Devoir se fasse prendre à baser ses diatribes sur une évidence aussi anecdotique. À ce que je sache, même le cours classique dispensait un peu de méthode scientifique. Fût-ce peine perdue?

    Pour peu que l'on sache, Alex écrit peut-être un français impeccable (elle aurait choisi le mauvais registre de langue). Elle a peut-être un trouble d'apprentissage. Ou, tout simplement, elle est peut-être cancre – phénomène qui, à ma connaissance, a existé de tout temps.
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  • Pierre Rousseau - Inscrit
    14 mai 2010 10 h 46
    Décrochage
    Je ne crois pas que ce soit la faute d'Alex si elle écrit comme elle le fait. Elle est le fruit d'un système d'éducation un peu taré en matière de français et elle sera surprise, quand elle va se retrouver sur le marché du travail, de voir que c'est plus difficile de décrocher un emploi si on ne peut s'exprimer correctement dans sa langue. Ça explique aussi le fait que bien des jeunes « décrochent » du système scolaire car ils n'y voient pas d'avantage réel pour faire face au monde du travail. Ce n'est pas de la faute aux professeurs mais, encore, c'est le système qui est déficient. Le ministère est responsable de ce fiasco devant tous les Québécois.
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  • Riendemoins - Inscrit
    14 mai 2010 11 h 08
    Pas parfait
    Je relis mon commentaire et je réalise qu'il n'est pas parfait - côté forme. Il y a bien un ou deux passage que je voudrais réviser. Mais ce n'est pas grave, parce que ça prouve mon point. Nostalgiques de la règle en bois, vous m'avez comprise quand même, non?
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  • jacques noel - Inscrit
    14 mai 2010 11 h 51
    Vous pensez que c'est mieux en France?
    C'est tiré de Libération je crois:

    «Dans un livre qui paraît cette semaine, « Réveille-toi, Jules Ferry, ils sont devenus fous » (1), le journaliste Emmanuel Davidenkoff dénonce ce faux-semblant et révèle comment sont réévalués en cours de correction les barèmes au brevet des collèges afin de maintenir le même taux de réussite : « En ce mardi de juin 2006, les enseignants arrivent à 8 h 30 du matin, récupèrent un lot de copies et se voient remettre des consignes écrites de correction... Trois quarts d'heure plus tard, on leur distribue un additif à la correction également par écrit. Ils n'ont qu'à reprendre de zéro : une vingtaine de fautes ou d'imprécisions qui devaient être sanctionnées par le retrait de points, selon les premières instructions, sont désormais tolérées ou acceptées.... [Pour les correcteurs], il ne fait aucun doute que les premières corrections donnent des résultats tellement mauvais que le taux de réussite risque de plonger [...] C'est gravissime. Car les résultats au brevet sont exploités par l'Education nationale pour évaluer si le niveau monte ou baisse au fil des ans. Or une étude parue en 2006 et réalisée par la Direction de l'évaluation et de la prospective du ministère de l'Education nationale s'appuie sur une augmentation du nombre d'élèves reçus au brevet pour expliquer que le collège se porte mieux aujourd'hui qu'il y a dix ans. On organise ainsi un mensonge d'Etat aussi énorme que discret. » Contacté, le ministère de l'Education nationale se déclare incompétent : le brevet des collèges n'est plus un examen national et « ces pratiques, si elles ont lieu, sont de la responsabilité de chaque jury ».

    Certes, mais en ce qui concerne le lycée, l'objectif d'amener 80 % d'une classe d'âge au niveau du bac a conduit aux mêmes aberrations. Officiellement, aucun texte ne vient inciter le correcteur à l'indulgence, mais mille et une pratiques ont permis de porter le taux de réussite de 65 à plus de 80% en une vingtaine d'années. Selon Guy Morel, professeur de lettres et auteur en 1999 d'un livre-choc, « L'horreur pédagogique », ces pratiques sont devenues si banales que même les professeurs ne réagissent plus. Ainsi, personne ou presque n'a relevé que le texte qui servait de support aux épreuves du bac littéraire en juin était d'Alphonse Daudet, un auteur mineur qui auparavant appartenait au programme du collège, voire du primaire. Plus personne ne s'offusque qu'une copie illisible car truffée de fautes ne puisse se voir retirer plus de trois points.

    Banals aussi ces barèmes, de plus en plus précis, qui distribuent des demis, voire des quarts de point à des questions du type « Quelle est la couleur du cheval blanc d'Henri IV ? ». Sans parler de ces instructions officieuses, comme celle de cet inspecteur en philosophie qui invite les correcteurs rassemblés en commission à savoir « discerner, sous le mal-dit, le pas si mal pensé », avant de carrément les mettre en garde : « Si vos notes sont trop basses, un jour, les pouvoirs publics pourraient décider de supprimer la philosophie au lycée. »

    Il y a aussi ces épreuves d'un type nouveau : en français, le sujet d'invention, « inévaluable », selon les professeurs, et, au bac 2006, un QCM de mathématiques où seules les bonnes réponses étaient comptabilisées, les mauvaises ne coûtant rien. « Pour autant, le QCM n'a pas été donné à tous », expliquait alors le doyen de l'inspection générale de mathématiques. Mais à cet exercice la moyenne s'élevait à... 4 points sur 5 ! Ce qui a permis à près de neuf candidats sur dix de décrocher leur bac S, réputé le plus exigeant !

    L'addition de ces procédés permet donc à Guy Morel, qui travaille aujourd'hui à un « Livre noir de l'Education », d'affirmer que « si le bac était corrigé normalement, pas plus de 30% des candidats l'obtiendraient».

    Pour défendre l'examen de plus en plus dévalué, l'institution rappelle qu'il n'est pas un concours : il sanctionne en effet les acquis en fin de scolarité secondaire sans prétendre opérer de sélection. Fort bien, mais faut-il en conclure que 86 % des lycéens de filière générale ont acquis un niveau satisfaisant ? On peut en douter. Un exemple ? La moyenne obtenue en anglais par les candidats au bac a toujours été honorable alors que des tests internationaux montrent que les jeunes Français sont les plus mauvais dans cette langue en Europe.

    Enfin, le baccalauréat reste le premier grade universitaire et ouvre à tous ceux qui le décrochent les portes de la faculté : or, en moyenne, 50 % des étudiants échouent la première année, 30 % n'obtiendront jamais leur DEUG. La preuve indéniable qu'ils n'avaient pas le niveau requis pour poursuivre leurs études
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  • Parent,Véronique - Abonnée
    14 mai 2010 12 h 00
    La réaction des élèves
    Étant enseignante de français au troisième secondaire, j'ai été complètement bouleversée ce matin en lisant Alex661. J'ai été dérangée à un point tel que j'ai projeté cette lettre en classe et que j'ai lu le texte de Rioux aux élèves.
    Dans quel but? Leur faire comprendre l'importance de bien écrire et de bien structurer leurs pensées afin d'être cohérents dans leurs propos. Nous, enseignants de français, entendons souvent :"Ça ne sert à rien le français. Moi, je veux être électricien pas écrivain!" Et c'est justement pour leur montrer que n'importe quel citoyen aura, un jour ou l'autre, à faire son opinion, ses droits, etc.
    Leur réaction? Au départ ils étaient outrés par les fautes d'orthographes, mais ils se sont vite aperçus que les propos étaient incohérents et que la pauvreté du texte démontrait exactement le contraire de ce qui y était dénoncé.
    Leur conclusion? Il est extrêmement important de prendre le temps de se corriger ou de faire corriger ses textes si l'on veut être pris au sérieux.
    Ma conclusion? Il suffit de démontrer aux élèves l'importance de bien écrire notre langue. Ils ne sont pas idiots, mais plutôt que de simples adolescents qui modèlent leur comportement sur celui valorisé dans la société....et non pas des cancres de la réforme.
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  • Fernand Falardeau - Abonné
    14 mai 2010 13 h 19
    Que faire?
    À voir certains lecteurs se porter à la défense d’Alex 661, on se demande s’ils ont bien lu Monsieur Rioux. Cette étudiante n’est pas attaquée. C’est le système d’éducation qui est remis en question. Et franchement, si les moyennes des élèves jouent entre 58% et 65% (comme le dit Alex)… la question qui se pose est : « Comment s’en sortiront-ils au Cegep? »
    Mais que faire? En attendant une solution à long terme, ne serait-il pas approprié d’imposer des cours obligatoires de français à tous ceux qui en ont besoin, préalablement à l’admission dans n’importe quel programme d’études postsecondaires?
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  • Georges Paquet - Abonné
    14 mai 2010 13 h 34
    Enseigne-t-on encore le subjonctif?
    On me dit que le subjonctif est trop difficile à enseigner et à assimiler et qu'on ne l'enseigne plus, qu'à de rares exceptions. Mais on l'enseignait sans doute du temps de Christian Rioux. C'est pourquoi, il aurait du l'utiliser dans la phrase suivante. Plutôt que d'utiliser le verbe être au présent: "Je ne m'attarderai pas sur le nombre de fautes ni sur le fait incompréhensible que cette élève est aujourd'hui aux portes du cégep alors qu'elle n'a pas le niveau de la fin du primaire."

    Il aurait du utiliser le subjonctif du verbe être: soit. Et la phrase aurait été écrite comme suit: "Je ne m'attarderai pas sur le nombre de fautes ni sur le fait incompréhensible que cette élève soit aujourd'hui aux portes du cégep alors qu'elle n'a pas le niveau de la fin du primaire.
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  • François Le Blanc - Inscrit
    14 mai 2010 14 h 23
    À M. Georges Paquet - Subjonctif
    Dans le Petit Robert, à l'entrée « fait » :
    (...)
    Le fait que (et indic. ou subj., selon le degré de réalité). Le fait que Napoléon est mort en exil. Le fait que vous soyez mon ami ne vous autorise pas à me critiquer en tout.
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  • Zig Monde Freud - Inscrit
    14 mai 2010 14 h 22
    Génération texto
    Je ne suis pas étonné de voir des "textes" du genre. On l'a souvent dit, les Y sont la génération du "chat", du texto et ils voient l'écriture dans une optique très utilitariste. Le texte virtuel est évanescent, donc jetable. De la beauté dans la structure, dans le raffinement d'une écriture sensible? Connais pas. Les poèmes, c'est "kétaine" et ça ne sert à rien, les romans c'est trop long, les journaux c'est plate.


    @Riendemoins:

    "Les poèmes et la littérature classique ne sont pas NÉCESSAIRES pour bien écrire, la preuve : je n'en ai jamais lu."

    En général, on ne se vante pas de ça... ;-)
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  • perdu davance - Inscrit
    14 mai 2010 14 h 25
    Communication 101
    Comment voulez-vous émettre des opinions claires et concises lorsque les outils pour le faire sont complètement pervertis. Pour émettre des opinions, convaincre son interlocuteur, on se doit de bien maîtriser sa langue et ses SUBTILITÉS. Alex est un pur produit de l'ère Internet où on dit n'importe quoi n'importe comment. On s'exprime sur tout et rien sans discernement et surtout sans bagage culturel et une bonne instruction générale autre que celle des jeux vidéos, des youtube de ce monde et autres pages qui n'apprennent rien mais amusent tellement. Pour bien s'exprimer, il faut apprendre la mécanique de l'écriture, travailler fort, lire beaucoup de textes bien écrits, quels qu'ils soient (pas besoin de textes classiques mais un français impeccable) et ensuite essayer de composer des textes. J'ai toujours trouvé aberrant cette façon d'enseigner à lire par la globalisation. L'assimilation des Québécois à l'anglais va accélérer le processus et malheureusement nos immigrants qui maîtrisent mal le français ne le pourront jamais si on n'est même pas foutu de bien enseigner notre langue à nos enfants.
    Ce n'est que le début de la fin. Mais ce qui est inquiétant c'est de savoir que des gens qui ne savent pas s'exprimer et coordonner leurs pensées vont gérer, informer (mmmm) et faire fonctionner une société sur une communication bancale. Très inquiétant, car dans certaines situations il faut bien maîtriser les subtilités de la langue pour éviter les quid pro quo. Mais c'est la faute des Québécois qui ont envoyé par-dessus bord leur fierté d'être différents de la masse Nord-Américaine par leur culture et leur langue, qui n'ont pas assez de colonne pour se tenir debout et affirmer haut et fort qu'ils aiment leur langue et pour l'enseigner correctement à leurs enfants. On est à l'ère du fast food et du fast communication, des messages textes aux mots tronqués et mal orthographiés.
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  • Guy Archambault - Abonné
    14 mai 2010 15 h 05
    Ah oui ! Ah bon !
    Vous écrivez, monsieur Rioux :

    " Un paysan pauvre du Sénégal se serait fait corriger par l'écrivain public du village. Une immigrante slovaque récemment débarquée à Montréal aurait fait relire son texte par un professeur d'un cours de francisation. N'importe quel ouvrier des années 60 aurait minutieusement vérifié chaque mot dans le dictionnaire. Le père analphabète de Luc Plamondon l'aurait fait lire à son fils. "

    Est-ce vrai tout cela ? Appuyé sur des preuves scientifiques ? Ou simplement un effet de toge ?
    Si c'est un effet de toge, alors, lorsque vous mettez sur le dos de la réforme l'incapacité totale et absolue de bien écrire sa langue pour tous les élèves francophones, de toutes les écoles du Québec et seulement du Québec, est-ce aussi un effet de toge, un cri du coeur ou une affirmation appuyée sur des études scientifiques?

    Si c'est un effet de toge, je trouve plus savoureuses, parce que complètement inoffensives les effets de toges de tous les commentateurs des ligues du vieux poêle qui ergotent sur le sort du Canadien et de ses joueurs.

    J'ai eu l'occasion de lire des chroniques de journaux de 1890. de 1910, de 1930; à ces époques, il y avait des Christian Rioux, au Québec et en France, qui se plaignaient de la qualité de la langue écrite des écoliers, qui s'arrachaient les cheveux, déchiraient leur chemise devant l'incurie des professeurs et des écoles dans l'enseignement de la langue écrite.

    Vous écrivez aussi :

    " Normalement, vers la 2e ou la 3e année, chacun apprend qu'il ne peut pas écrire comme il parle. "

    J'aimerais faire deux remarques à ce sujet.

    La première.

    Je crois que plus l'écart grandit entre la langue parlée et la langue écrite plus cette langue est menacée de disparition.

    La deuxième.

    L'être humain naît intelligent et le devient de plus en plus et le reste s'il sait rester fidèle à certaines de ses observations d'enfance telle que la suivante.


    Un enfant de trois ans qui a compris le modèle oral "vendre/vendu" aura tendance à le répéter sur tous les autres verbes dont l'infinitif est " endre ". Il pourra donc dire spontanément j'ai " prendu " et non pas j'ai " pris ". Tous les enfants du monde ont une capacité à saisir les règles du langage oral et à les respecter. Mais ils ne comprennent pas les exceptions. Au quotidien,ils apprendront petit à petit les exceptions de l'oral parce qu'elles sont répétées, répétées. répétées, corrigées, corrigées, corrigées.

    Mais l'écrit et ses nombreuses exceptions ne sont pas parties prenantes du quotidien, ni même, pour la plupart d'entre nous, de l'hebdomadaire. Et pour apprendre à bien intégrer toutes ces règles de l'écrit souvent en contradiction phonétique avec celle de l'oral, et toutes les exceptions à ces règles, il faudrait que chaque élève répète, répète, répète, corrige, corrige, corrige chaque erreur de règle, chaque erreur d'exception.

    Ce qui n'est le cas que de ceux qui aiment écrire, comme vous.

    Finalement, je trouve justes, éclairants et pondérés les commentaires de Frédéric Chiasson et ceux de celui qui signe sous le pseudonyme "Rien de moins". À tel point, qu'il eut mieux valu que ce fût eux qui écrivissent votre chronique d'aujourd'hui.

    Remarque supplémentaire.

    Si la lettre d'Alex 661 n'est pas un leurre ou un faux,
    l'essentiel de son message est son indignation.

    Si votre chronique est autre chose qu'un chiffon rouge,
    l'essentiel de votre message est votre indignation.

    La seule différence entre les deux ? Vous suivez les règles du langage écrit. Vous décrivez correctement, beaucoup mieux qu'Alex, votre indignation. Elle n'a que des mots. Vous avez vous, en plus, des Lettres.

    Qu'est-ce qui est plus important ? La forme ou le fond ?
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  • MLA - Inscrit
    14 mai 2010 15 h 20
    Registre de langue ? Je ne crois pas...
    Je voudrais dire à M. Mokawi qu'il est tout à fait possible (normal, même) d'écrire dans un registre de langue autre que soutenu (ou littéraire) sans faire un nombre aussi phénoménal de fautes de vocabulaire et de grammaire. Et si ce n'était que ça ! La ponctuation et la syntaxe sont catastrophiques. Alex661 n'arrive même pas à découper sa pensée en phrases compréhensibles. C'est bien au-delà du registre de langue.

    Problèmes d'apprentissage ? Peut-être, mais si c'est le cas, Alex661 elle-même devrait être au courant. Pourquoi alors ne pas faire corriger sa lettre par un parent, un ami ou un enseignant, comme le propose M. Rioux ?

    Je voudrais aussi m'adresser à M. Paquet. Vous devriez, M. Paquet, prendre un cours de syntaxe avant de corriger M. Rioux. Même si, dans la phrase que vous citez, le subjonctif sonne mieux aux oreilles de la majorité, il serait fautif de l'utiliser. Le «est» est donc parfaitement à sa place dans cette phrase.

    Je crois que cette réforme est un parfait désastre et plutôt que de le reconnaître, le ministère de l'éducation préfère descendre les standards de réussite permettant ainsi à des étudiants qui n'en ont pas le niveau d'aller au cégep.

    Dans deux ans, le ministère se heurtera au même problème, lorsque les étudiants sortis de la réforme devront passer l'épreuve uniforme de français, rédaction écrite obligatoire pour l'obtention de son diplôme d'études collégiales.
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  • Yves Rousseau - Abonné
    14 mai 2010 15 h 43
    L'approche victimaire
    Plusieurs commentaires sur ce blogue dénoncent le fait qu'on s'en prendrait à cette pauvre petite Alex-661.

    Il semblerait y avoir un tabou : Il ne faudrait pas critiquer un jeune qui a fait l'effort de communiquer, car ce qui compte c'est la communication, peu importe le résultat.

    Les tenants de cette idéologie ont même été jusqu'à abolir l'échec et le redoublement, dans le plus fort des dérives de la réforme.

    Pour eux, Alex-661 serait une victime de méchants élitistes. Et au Québec, étant collectivement du côté des victimes, des perdants de l'histoire, des incapables de se donner un pays, nous sommes très sensibles au discours victimaire.

    Les jeunes ne sont pas des ti-pits innocents. Ils comprennent très bien ce qu'un système qui permet la «réussite» sans avoir à manger les croûtes leur permet de faire; et surtout de ne pas faire.

    On voudrait promettre aux jeunes la communication sans la maîtrise du code. Quel mensonge, et quel mépris des jeunes! Mais pour maîtriser un code, ils y a des efforts qui dépassent le simple désir de s'exprimer.

    L'idéologie de la réforme repose en partie sur l'idée rousseauiste que le jeune est naturellement bon et que le système scolaire devrait s'adapter à tout prix à la demande de sa «clientèle».

    L'usage de ce mot, clientèle, particulièrement répandu chez les gestionnaires de l'éducation, en dit long sur la haute idée qu'ils ont de l'éducation : marchandise. C'est vrai qu'ils ont des MBA, nos gestionnaires. Il faudrait donc leur faire confiance...

    Platon écrivait il y a plus de 2 500 ans «Quand les maîtres trembleront devant leurs élèves, ce sera, en toute beauté et en toute jeunesse, le début de la tyrannie».

    Je trouve particulièrement abject l'argument de certains intervenants qui accusent les critiques de l'idéologie constructiviste de la réforme de vouloir revenir aux coups de règles (de grammaire?) sur les doigts. Cela en dit long sur leur pauvreté intellectuelle.
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  • Georges Paquet - Abonné
    14 mai 2010 15 h 51
    À M. François Le Blanc. -Touché...
    Merci pour cette précision. Je crois que quelqu'un pourrait soutenir que nous sommes ici dans un degré de réalité assez faible, et que l'emploi du subjonctif se défendrait assez bien, mais je ne veux pas engager de débat sur ce point. Mais, dites-moi, vous qui vous intéressez de si près à ces questions, savez-vous si on enseigne encore le subjonctif. Je me suis laissé dire qu'on ne l'enseignait plus.

    Merci
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  • Martine Dupont - Inscrit
    14 mai 2010 16 h 04
    De la rigueur... M.Rioux
    Je crois que M. Rioux a oublié de s’appliquer sa propre médecine. « Personne n’a jamais expliqué à Alex qu’avant d’écrire, il fallait d’abord apprendre à se taire- c’est d’ailleurs le plus difficile ». Et un peu plus loin, « (e)t que le vrai travail ne commençait qu’au moment de se relire »… Je me limiterai ici à lui faire remarquer que de partir d’un exemple pour appuyer ses propos manque de rigueur. Un journaliste pro-réforme aurait pu tout aussi bien utiliser l’écrit d’un autre jeune pour encenser la réforme. Arrêtons de tout mettre sur le dos de la réforme. Une Alex 661 aurait pu tout à fait exister avant la réforme. La dernière Enquête internationale sur l’alphabétisme et les compétences des adultes (EIACA) de 2003 démontre qu’au Québec 39% des adultes âgés de 26 à 46 ans n’ont pas atteint le seuil critique d’alphabétisme pour fonctionner aisément en société. Je ferais remarquer à M. Rioux que ces personnes n’ont pas connu la réforme…
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  • perdu davance - Inscrit
    14 mai 2010 16 h 43
    La forme ou le fond du baril
    À M, Archambault
    Qu'est-ce qui compte le plus: la forme ou le fond?
    Je pourrais dire qu'une forme mal définie pervertit le fond.
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  • Georges Paquet - Abonné
    14 mai 2010 17 h 44
    À MLA, je prendrai des cours quand vous en prendrez vous-même
    Su la question de l'utilisation du sujonctif, ce n'est pas vous qui avez raison, c'est le Petit Robert et M. François Le Blanc. Les deux méthodes peuvent être utilisées, à peu près indistinctement...
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  • Bernard Gervais - Abonné
    14 mai 2010 18 h 07
    La langue écrite ici et ailleurs
    il m'arrive souvent de lire les commentaires d'internautes sur les sites Web de journaux francophones d'Europe ou ceux de quotidiens publiés dans d'autres langues et, dans tous les cas, j'y trouve fréquemment aussi des fautes de syntaxe et d'orthographe.

    Quant au Québec, même si j'ai toujours douté l'efficacité des différentes méthodes d'enseignement imposées par le ministère de l'Éducation depuis le début des années 1970, gardons-nous toutefois de nous imaginer que la situation était meilleure il y a 50 ou 60 ans.

    Certes, autrefois, la méthode pour enseigner à la fois la lecture et l'écriture était plus rigoureuse. Cependant, combien de gens y avaient droit ?

    N'oublions pas que, pas si longtemps encore, dans bien des couples, seule la femme avait eu la chance d'étudier quelques années chez les religieuses et pouvait assez bien écrire. Quant à l'homme, très souvent, il avait dû abandonner l'école très tôt (et était donc illettré) car on « avait besoin de bras » pour travailler dans les champs !
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  • Normande Poirier - Abonnée
    14 mai 2010 18 h 18
    Libérée de toutes inhibitions!
    Monsieur Rioux, vous écrivez que ce qui est surtout étonnant dans le texte de Alex 661, c’est le manque total d’inhibition dont fait preuve la jeune fille. Vous soulevez là, selon moi, un phénomène qui est courant depuis environ une quinzaine d’années. Autrefois, les sots, ceux qui étaient ignorants, ceux qui ne connaissaient pas leur langue, avaient la noblesse de se taire en public pour ne pas se faire remarquer. Aujourd'hui, libérés de tous complexes, ils prennent le devant de la scène et rallient d’autres sots qui voient en eux des modèles auxquels s'identifier. Ils interprètent les « Chartes des libertés » à leur façon.

    Quant à moi, je n’ai aucune pitié pour l’amour propre de la jeune Alex 661 dont le texte a servi d’amorce à votre pamphlet. Son billet n'est-il anonyme? Le mieux qui pourrait lui arriver serait de prendre conscience de son ineptie. D’ici là, l’humanité ne souffrirait aucune perte si elle décidait de ne plus soumettre de commentaires.
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  • Lauréanne Daneau - Abonnée
    14 mai 2010 19 h 56
    Vous avez faites ma semaine!
    M. Rioux, vous avez provoqué un délicieux échange et je vous en remercie. J'adore les concours de cerveaux.
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  • Alice Mascarenhas - Abonné
    14 mai 2010 20 h 13
    tout est dit...
    J'allais moi-même m'exprimer sur le sujet, mais je constate que Normande Poirier m'a pris de court et déjà arraché les mots du clavier. J'ajouterais cependant, pour augmenter notre accablement, que ma nièce, proche de la trentaine et maintenant devenue enseignante au secondaire, n'écrit guère mieux que cette élève (et non pas 'étudiante'!!). Une phrase de dix mots sans fautes est presque impensable sous sa plume. Et elle enseigne! Ce n'est que la charité chrétienne qui m'empêche de faire sur ce blogue un copier-coller de sa production sur Facebook.

    Si vous avez des solutions, vous, tant mieux. Moi je n'en vois pas, sinon continuer de dénoncer la bêtise et d’exposer cette engeance à la « honte salvatrice », pour reprendre le mot de Christian Rioux.

    Quand je guide de la visite venue d’Europe à travers les rues de Montréal, je suis toujours mal à l’aise quand je dois leur expliquer l'orthographe de panneaux disant par exemple 'Fermers jusqu'à midi'... Honte, honte je vous dis !

    Et qu’on ne se conforte pas en se disant que les Anglais (anglophones) font de même dans leurs commentaires, car c’est faux!
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  • Alice Mascarenhas - Abonné
    14 mai 2010 20 h 30
    tout a été dit...
    [si ce message apparaît deux fois, ceci est une maladresse de ma part]

    J'allais moi-même m'exprimer sur le sujet, mais je constate que Normande Poirier m'a pris de court et déjà arraché les mots du clavier. J'ajouterais cependant, pour augmenter notre accablement, que ma nièce, proche de la trentaine et maintenant devenue enseignante au secondaire, n'écrit guère mieux que cette élève (et non pas 'étudiante'!!). Une phrase de dix mots sans fautes est presque impensable sous sa plume. Et elle enseigne ! Ce n'est que la charité chrétienne qui m'empêche de faire sur ce blogue un copier-coller de sa production sur Facebook.

    Si vous avez des solutions, vous, tant mieux. Moi je n'en vois pas, sinon continuer de dénoncer la bêtise et d’exposer cette engeance à la « honte salvatrice », pour reprendre le mot de Christian Rioux.

    Quand je guide de la visite venue d’Europe à travers les rues de Montréal, je suis toujours mal à l’aise quand je dois leur expliquer l'orthographe de panneaux disant par exemple 'Fermers jusqu'à midi'... Honte, honte je vous dis !

    Et qu’on ne se conforte pas en se disant que les Anglais (anglophones) font de même dans leurs commentaires, car c’est faux!
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  • Jean-Marie Desgagne - Abonné
    14 mai 2010 20 h 40
    En anglais
    Comme dirait le ministre des Affaires municipales Laurent Lessard : il faut «adresser» le problème.
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  • seranessa - Inscrit
    14 mai 2010 21 h 08
    OUF !
    Libérés de tout complexe !

    Laissez-moi RIRE ! Quel est ce débat de surplace interminable sur la pauvre et déchirée langue française ?!

    Si les jeunes d'aujourd'hui s'expriment si facilement, c'est d'abord et avant tout parce qu'ils se sentent brimés (que ce soit conscient ou pas!) par la pression collective du monde d'hyperconsommateurs les entourant!

    Cela est FLAGRANT ! Il y a une vague d'égocentrisme qui émerge en réaction à la constante compétition on ne peut plus encouragée par les médias infinis!! Le jeune d'aujourd'hui DOIT avoir une tête forte s'il veut se faire entendre. Il ne s'encombrera pas des efforts que le français exige pour se faire comprendre.

    Si la tradition orale est celle qui fait ses preuves, que ce soit par le clavardage ou le microblogging (parce qu'on ne s'en cachera pas, ce qui détermine le plus fortement la vie d'un adolescent de 16 ou 17 ans est le social et tout ce qui touche les relations interpersonnelles), c'est celle qui sera utilisée.

    La communication écrite dite «classique» ou «standardisée» s'adresse à un tout autre lectorat, qui est loin d'avoir les mêmes préoccupations.
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  •  
  • Serge Bouchard - Abonné
    14 mai 2010 21 h 38
    AKEX 661
    Qu'Alex lise Le Devoir, c'est déjà très bien. Quant à sa lettre, pourquoi ne serait-ce pas qu'un canular auquel on aurait bien mordu ?
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  • Monique HB - Abonnée
    14 mai 2010 22 h 08
    Les bien-écrivants
    D'accord : le texte de l'élève est épouvantable. MAIS ce n'est pas en sommant les Alex 661 de se taire qu'on améliorera les choses.

    Je ne nie évidemment pas que la maîtrise de la langue soit nécessaire pour pouvoir s'exprimer adéquatement par écrit. Cependant, il n'est pas nécessaire d'avoir lu beaucoup, d'avoir fait "de nombreuses rédactions sur l'automne et peut-être même [d'avoir appris] quelques poèmes par cœur avant de penser à avoir une opinion." Vous allez beaucoup trop loin ; vous donnez l'impression qu'il faut écrire, voire penser "comme un livre" pour avoir des idées dignes d'être exprimées.

    Monsieur Rioux, s'il ne fallait entendre que les opinions des bien-écrivants, le monde n'irait nulle part.
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  • Jean-Michel Laprise - Abonné
    14 mai 2010 23 h 15
    La démocratisation de l'écriture
    Tout ça n'a pas selon moi de lien majeur avec la réforme. La réforme coïncide dans le temps avec un phénomène beaucoup plus large, qui est selon moi le véritable "coupable", si on veut à tout prix faire de ce petit texte un crime. Il s'agit de la démocratisation de la langue écrite, qui, justement, n'est plus la possession exclusive d'une élite qui la chérit et la maîtrise, mais appartient à tout un chacun, qui s'en sert à sa guise. La véritable nouveauté, ce n'est pas qu'Alex 661 écrive mal, c'est qu'elle écrive tout court, et que ce qu'elle écrit appartienne désormais à la sphère publique.

    On peut être pour ou contre ce genre de phénomène, mais il me semble important d'identifier d'abord correctement sa nature. Blâmer la réforme pour Alex 661, c'est faire preuve d'une incompréhension des changements structurels profonds qui se déroulent dans notre société. Personnellement, je crois que la démocratisation de la communication écrite est positive dans son ensemble. Ce qui choque les bien-pensants, c'est que la fange qui croupissait dans les ténèbres se laisse désormais entrevoir. Mais de la renvoyer dans les ténèbres ne la dissipera pas pour autant.
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  • Richard Van Neste - Inscrit
    15 mai 2010 00 h 31
    Un peu de rigueur svp
    Christian Rioux écrit :
    « On n'apprend plus le français en lisant Flaubert et Anne Hébert, mais des articles de journaux. »

    Voici pourtant ce que dit le programme d’enseignement du deuxième cycle du secondaire :
    « Guidés par l’enseignant, les élèves poursuivent leur exploration des textes littéraires, ce qui leur permet de continuer à construire leur vision du monde et leur représentation de la littérature, de sa diversité et de sa richesse. La lecture d’œuvres de différents genres, d’aujourd’hui et d’hier, d’ici et d’ailleurs, les amène à découvrir une variété d’univers et de procédés d’écriture, à constater l’actualité ou l’universalité de certaines idées et à déterminer des repères révélant l’appartenance à une communauté ou à une culture »

    Plus loin, on mentionne que l’élève doit lire au moins 5 œuvres littéraires par année, en plus de cinq autres œuvres dites complémentaires (poésie, théâtre et, eh oui, bande dessinée!) Cela s’ajoute bien sûr aux articles de journaux que le journaliste, paradoxalement, semble trouver si méprisables.

    De plus, Christian Rioux trouve le moyen de déplorer la pratique de la lettre anonyme dans un article qui se base essentiellement sur une source… Anonyme!

    Et monsieur Rioux d’ajouter :
    « Disons à la décharge d'Alex que les auteurs des programmes de français n'écrivent pas beaucoup mieux qu'elle. »

    C’est vrai que monsieur Rioux écrit bien. Mieux, peut-être, que les rédacteurs du MELS. Je comprends aussi que le ton de son article se veut polémiste, provocateur, et cela peut parfois constituer un apport positif à un débat. Mais il me semble que, pour un journaliste professionnel, faire de belles phrases ne dispense jamais, jamais, de la nécessité de baser son texte sur des faits. Sinon, il ne vaut guère mieux que ces amateurs publiant par internet des textes "médiocres, sans style et sans génie".

    Personnellement, je préfèrerais que monsieur Rioux écrives des textes sans styles et sans génie si il y faisait davantage preuve de rigueur et d'honnêteté intellectuelle.
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  •  
  • DIAMOND - Inscrit
    15 mai 2010 00 h 57
    Nous ne sommes pas tous comme ça
    Bonjour chers internautes,
    je tiens dabord à souligner qu'il est vrai qu'il y a beaucoup de jeunes qui font des fautes inacceptables et qui ne maîtrisent pas la langue française mais que faites-vous de ceux qui la maîtrise! Il y en a qui saves écrire et bien parler le français. Ce n'est pas parce-qu'il y a beaucoup d'entre nous qui font énormemment de fautes qu'ils le font tous! Voyez-vous, je suis en quatrième secondaire et je crois savoir assez bien m'exprimer et écrire. Je ne m'oppose pas au fait qu'il y a une majorité de jeunes qui, effectivement, feraient mieux d'ouvrir leurs bouquins et se mettre à étudier! Je tiens aussi à souligner que même des étudiants qui veulent devenir professeur de français et qui sont de niveau universitaire ne maîtrisent pas parfaitement les règles de grammaire (mon professeur me l'a dit) et n'obtiennent pas leur diplôme.

    Sur ce, je crois que ce ne sont pas que les jeunes de ma génération qui ont un problème face à l'écriture de leur langue maternelle, selon moi, internet, le clavardage et les ''textos'' ont une mauvaise influence au près de notre société. Je ne dis pas non plus que l'on devrait cesser l'utilisation de ces derniers mais plutôt de faire attention lorsque l'on écrit et de ne pas laisser le clavardage et les ''textos'' nous faire prendre de mauvais plis.

    DIAMOND, 16 ans
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  •  
  • Pierre WATTEBLED - Inscrit
    15 mai 2010 04 h 45
    Alex 661

    Voilà que vous mettez en exergue un véritable problème relatif au bon usage de la langue française et à la préservation de ses règles. L'approche du sujet est assez catégorique et mérite sûrement d'être nuancé; bien sûr, il n'est pas question pour moi de cautionner des lacunes aussi importantes chez des individus qui ont atteint un niveau supérieur dans leur cursus: il en ressort une forme de négligence qui n'échappe pas aux recruteurs professionnels, et qui en met une
    autre ,plus générale, relative au comportement de l'individu examiné.

    Par ailleurs, il faut observer où ,quand, à qui les messages sont destinés: on communique des informations à destination de cibles diverses.
    Et donc, nous pouvons considérer qu'il puisse y avoir plusieurs styles d'écriture en français, de même qu'en d'autres langues; l'écriture d'un essai requiert une rigueur certaine dans l'écriture, soit à la hauteur de sujets nobles; en ce qui concerne les romans, les oeuvres poétiques, les scénarii de films ou de pièces théâtrales, il en va tout autrement: alternance du style narratif, et de dialogues avec leur propres expressions et des formes élliptiques.
    Je ne suis qu'un modeste romancier - poète français de l'ancienne école qui s'étonne d'un laxisme de la part des enseignants, appartenant à une autre génération qui accorde plus d'importance à la quantité du savoir qu' à son expression.
    Sur un autre plan, force est d'admettre qu'une langue est vivante et qu'elle se métamorphose au fil des siècles, certaines expressions populaires sont admises et même officialisée, de même que des anglicismes et des néologismes. Une question se pose: est-ce que ces aménagements s'effectuent au détriment de notre langue noble sous prétexte qu'ils permettent la cordialité et la rapidité des communications ? C'est un fait ! Pour autant la sémantique subit de graves distorsions, et je redoute que des brouillages ne viennent parfois fausser l'objet exact d'un sujet.
    Il survient aussi que les brassages éthniques, aussi enrichissants qu'ils puissent être, déterminent ces lacunes dans l'insuffisance linguistique inévitable dans une première démarche d'intégration à notre culture; ce constat apparaît bien quand nous abordons nous - mêmes l'apprentissage d'autres langages; et, là, je souligne combien , il est essentiel de maîtriser correctement sa propre langue pour en apprendre une autre; de même que l'incapacité à lire, et à s'exprimer avec justesse bloque ces apprentissages.
    Il en ressort l'obligation de respecter les règles de notre langue française dans l'écrit, puis d'accorder notre langage oral au contexte dans lequel nous évoluons: il faut de la clarté et une cohérence minimale pour espérer communiquer efficacement.
    Voilà, ma modeste participation à votre sujet.

    Pierre WATT - Savoie - France
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  • Sylvie Faure - Inscrit
    15 mai 2010 08 h 54
    Les jeunes ne nous intéressent pas
    Bonjour M.Rioux,
    Je ne crois pas que la situation d'Alex soit nécessairement liée à la Réforme. En tant que professeur de français au Cégep depuis 1995, je peux vous assurer que chaque année je lis dans chacune de mes classes des textes du même niveau que celui d'Alex.

    Comme vous le savez, les premiers élèves issus de la Réforme n'entreront au Cégep qu'à l'automne prochain. Les lacunes dans l'apprentissage sont donc bien antérieures. La Réforme n'en est pas la cause. Force est de constater que, si l'on s'appuie sur ce seul témoignage (ce qui m'apparaît un peu mince poser un jugement d'ensemble), les changements d'ordre pdéagogique ne semblent pas avoir réglé le problème. Entendons-nous, je n'insinue pas que la Réforme est efficace. Je ne le sais pas, je ne connais pas encore les élèves qui sont passés par là.

    C'est sûr qu'Alex et ses amis ont des faiblesses en français et que l'été qui vient ne fera pas de miracle pour la rentrée prochaine. C'est sûr aussi qu'au Cégep, nous sommes toujours en attente de population estudiantine capable de s'exprimer oralement et par écrit de manière standard. C'est la base espérée pour entamer des études supérieures. Mais c'est sûr, et vous vous en souvenez sans doute aussi, que dans une classe, tout le monde n'est pas premier de classe.

    Alex n'est pas première de classe , elle le sait. Mais Alex est une personne curieuse et intéressée par le monde qui l'entoure. Imaginez : elle lit le site internet du Devoir! Plutôt positif comme attitude citoyenne, non?

    Comme tous les jeunes de son âge, on lui a aussi appris dès la garderie, à la télévision, à la maternelle et à l'école, qu'il est promordial d'exprimer ses émotions, de communiquer avec les autres parce qu'il ne faut pas justement que nos enfants vivent l'état de soumission de ''l'ouvrier des années 60'' ou du ''paysan pauvre du Sénégal''. C'est un énorme progrès que l'on fait quand on donne à une population le droit à la parole publique. Alex, qui est une enfant du Québec, est une personne intelligente qui écoute, qui comprend ce qu'on lui montre. Elle pense qu'elle a le droit de parole dans notre société, on le lui a tellement répété dans toutes sortes de circonstances. Elle sait aussi que même si on est pas parfait, il est important de se lancer, d'essayer dans la vie. Alors, malgré tout, elle vous écrit.

    Or, quand elle vous parle, d'accord de manière maladroite avec beaucoup de fautes et un argumentaire plutôt bancal, ce que vous trouvez de mieux à faire c'est de l'humilier en lui intimant de se taire et de baisser la tête. Oups! retour de l'ouvrier des années 60.

    Pourtant Alex n'est pas une insolente, elle ne cherche pas à se libérer de quoi que ce soit. Alex n'est pas surréaliste. Elle dit simplement que c'est dur l'école, c'est dur le français et qu'il semblerait qu'ils soient plusieurs de cet avis.

    Vous parlez du privilège d'aller à l'école aujourd'hui. Cela dépend pour qui, Monsieur Rioux. Moi, l'école m'a littéralement sauvé la vie. L'école, pour Alex et ses amis, semble au contraire bien pénible. Alors, comment se fait-il que maternée pendant 11 ans, objet de toutes les attentions, Alex soit si frustrée? Seriez-vous en train de sous-entendre qu'en plus d'être insolente, elle soit une enfant gâtée? Peut-être. Je ne la connaîs pas assez pour le déduire. Il se peut qu'elle fasse partie de ces jeunes ingrats qui renâclent à travailler le moindrement pour sortir de leur ignorance, de leur incapacité. Le pourcentage de paresseux fanfarons est le même partout.

    Peut-être pas. Alors que fait-on dans ce cas, Monsieur Rioux? On lui enseigne Anne Hébert, pensez-vous? Avez-vous déjà tenté d'expliquer La poésie d'Anne Hébert à des jeunes de secondaire 5? Il se peut que ce ne soit pas la seule planche de salut pour un jeune éprouvant des difficultés en français vivant au Québec en 2010. À moins peut-être d'avoir été initié très très jeune à la littérature, que l'école fréquentée par ce jeune soit dotée exlusivement d'enseignants bien payés, compétents, oeuvrant dans de petites classes, dont la vie est vouée à leur travail, que dans la maison familiale, il y ait une bibliothèque bien fournie, que ce jeune ait des parents attentifs qui valorisent la culture, le travail constant, qui ménagent un endroit confortable et silencieux pour l'étude dans un coin de la maison, qui récompensent les efforts et les résultats, qu'autour des voisins paisibles tondent leur gazon en souriant, que le soleil brille tous les jours, que la température oscille entre 18 et 24C et qu'un chat ronronne non loin sur le fauteuil de Mère-grand. Tout le monde n'a pas la chance, en 2010 d'avoir une chambre à soi ou un gueuloir en Normandie.

    Monsieur Rioux, ne tapons pas sur celui qui est tombé, relevons-le. Si le coeur vous en dit, je vous invite à venir dans mes classes l'autommne prochain pour observer nos jeunes cégépiens. Nous pourrrions discuter de tout ceci. Vous verrez qu'il est faux de dire que nos jeunes sont au centre de nos préoccupations. Vous verrez que nous ne formons actuellement qu'une main-d'oeuvre jetable.

    Nous sommes aussi maladroits à nous occuper d'eux qu'Alex l'est à nous dire que lui faisons mal. Le reste n'est que littérature.
    SF
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  • Pierre-Alain Cotnoir - Abonné
    15 mai 2010 10 h 59
    Pastiche
    Rioux a tout lu, a tout vu. Il veut le persuader ainsi; c'est un homme universel, et il se donne pour tel ... il discourt des mœurs de cette époque, des adolescentes ignorantes du pays, de ses institutions et de ses coutumes : il raconte des historiettes sur un courriel d’une élève de 16 ans qui lui est arrivé ; il le trouve désolant, et il s'en moque le premier jusqu'à éclater...
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  • France Marcotte - Abonnée
    15 mai 2010 16 h 38
    L'invitée
    Mon commentaire allait dans le sens de celui de madame Faure, ci-dessus. Ce qu'il y a de surprenant avec Alex, c'est qu'elle ait tenu à faire son commentaire sur ce site, malgré sa maladresse. Son principal message est pour moi dans son désir de parler ici. Elle ne le fera plus, c'est certain. Le Devoir accueille assez souvent dans son courrier, comme dans la version papier d'aujourd'hui, des commentaires de très jeunes étudiants qui s'expriment bien et qui ont des choses à dire, donc ils existent (malgré tout?) et ils semblent plutôt nombreux, probablement issus de milieux qui favorisent leur épanouissement. Alex est une drôle de convive à cette messe assez distinguée. Elle ose y prendre part avec ses mains sales et sa jupe de guingois. Je la trouve touchante et brave. J'espère qu'elle lit ces commentaires qui sont pour elle.
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  • Monique HB - Abonnée
    15 mai 2010 16 h 47
    Honte ou fierté ?
    Votre article, Monsieur Rioux, a provoqué de bonnes discussions non seulement ici, mais aussi sur Facebook, notamment dans mon riche réseau de jeune étudiante en philosophie. Les échanges auxquels j'ai participé m'ont permis d'approfondir ma réflexion, et j'en viens à vous présenter une suggestion.

    Au lieu de brailler sur les jeunes d'aujourd'hui, qui n'ont - ô malheur - plus d'inhibition, il aurait été intéressant que vous répondiez, vous aussi sous la forme d'une lettre, à Alex 661. Avec bienveillance, vous auriez pu lui faire comprendre que sa petite lettre pleine de fautes lance un double message : non seulement la réforme est difficile pour les jeunes, mais en plus, elle rate complètement ses objectifs. Vous auriez pu lui expliquer pourquoi il est important de maîtriser sa langue lorsqu'on veut défendre une opinion en public. Ce faisant, vous auriez tout autant pu aborder ce problème de la trop grande importance donnée selon vous à la communication dans le système d'éducation québécois, mais le faire de façon constructive. Et surtout, vous auriez pu lui donner des raisons d'être fière de sa langue, de rechercher la fierté de pouvoir bien l'écrire. C'est la fierté qu'il faut enseigner, Monsieur Rioux, pas la honte !!
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  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné
    15 mai 2010 21 h 31
    Deux commentaires
    1.- Il ne faut pas généraliser et penser que tous les étudiants sont comme cela.

    2.- La situation de la langue écrite chez les jeunes et les moins jeunes est semblable dans tous les pays du monde à cause du manque de lecture et du laisser-aller visuel.
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  • Sylvain Allard - Inscrit
    16 mai 2010 13 h 47
    En réponse à certaines interventions
    N’en déplaise à ceux qui opposent la communication à la linguistique, je dis ceci : le langage est l’outil de la pensée et celle-ci ne sait s’exprimer pleinement sans un minimum de respect des codes. Le fait est qu’au Québec, par insécurité ou par médiocrité, on a toujours méprisé le français. De tous les pays supposément développés, nous sommes les seuls à ne pas maîtriser notre langue maternelle. Ici, on préfère un gros sacre bien gras à un discours intelligent parce qu’il nous conforte dans notre médiocrité linguistique.

    Aujourd’hui, les immigrants de deuxième génération possèdent déjà mieux le français que nous. Merci à Camille Laurin et sa loi 101, cependant, il n’y a que les Québécois qui depuis, ne parlent toujours pas français au Québec.

    Comment défendre l’indéfendable devant un tel échec collectif? Écoutez les médias et notez bien : le culte du gros cave a la faveur du public alors que tous les intellectuels eux ont été sortis de nos institutions. Au pays des aveugles, les borgnes sont rois.
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  • Normande Poirier - Abonnée
    16 mai 2010 23 h 58
    @ Mme Faure
    Si je vous comprends bien, s’exprimer par écrit dans un français correct, être capable d’articuler sa pensée, serait donc uniquement l’apanage des premiers de classe! Les autres, les Alex 661 et compagnie, vous suggérez qu’on tolère leur charabia en faisant mine de comprendre ce qu’ils disent! Cette tolérance est synonyme de mépris pour les plus défavorisés. Rien d’étonnant à ce que les enfants massacrent la langue avec indifférence quand les enseignants et les enseignantes font preuve d'une telle complaisance.
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  • Tube - Inscrit
    17 mai 2010 07 h 28
    S'ajuster au destinataire
    Il y a un principe bien simple en communication écrite : ajuster le message au destinataire. Le bon usage, c'est celui dicté par les circonstances. On trouve rarement d'erreurs flagrantes dans les lettres au Devoir. Dans le site de Radio-Canada, au contraire, c'est absolument épouvantable. Ailleurs, c'est pire. Il y a une convention entre les lecteurs du Devoir pour bien écrire, prendre le temps de se relire. La lettre d'Alex, et le commentaire stupéfait de M. Rioux, démontrent bien l'existence de cette convention. C'est comme si quelqu'un était arrivé avec des souliers boueux à la messe du dimanche. Tous ceux qui prennent la peine de s'endimancher sont horrifiés.
    Donc, écrire au Devoir est une situation de communication bien particulière et, disons-le, plutôt risquée. Je pense qu'Alex aura appris ça. Elle a peut-être déjà compris que la langue est un lieu de pouvoir. Son texte aura eu le mérite de faire hurler le bourgeois!
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  • Sylvain Auclair - Abonné
    17 mai 2010 08 h 26
    Les anglais
    Un des commentateurs disait que les anglophones ne faisaient pas (autant?) de fautes dans leurs commentaires? Les lit-il? On voit systématiquement la confusion there, their et they're, were, wear et we're, it's et it's, ours et our's. Les terminaisons ible et able sont confondues. On confond then et than, break et brake. J'ai même déjà vu want pour went! En fait, tout ce qui se prononce de ma même façon finit par s'écrire de la même façon.
    Une fois, un anglo m'a repris parce que j'avais dit «If I were...» Là aussi, le subjonctif se perd...
    (En fait, quand j'entends «que je soiye» ou «que j'èye», je me dis que le subjonctif a un bel avenir devant lui. On ne le conjugue pas toujours correctement, mais on le sent.)
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  • Sylvain Auclair - Abonné
    17 mai 2010 11 h 09
    Que les journalistes le passent, cet examen
    Récemment, on va vu un livre où des littéraires, journalistes ou écrivains, avaient écrit un texte dans le cadre du fameux examen de secondaire V. Mais ils avaient eu des semaines pour le faire. Ce serait bien qu'on fasse cet exercice en vrai, avec les mêmes restrictions, et corrigé selon la même grille par les mêmes correcteurs. Pas que je croie qu'ils l'échoueraient, mais...
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  • Michele - Inscrite
    17 mai 2010 13 h 05
    Canular ou réalité?
    La politique du Devoir d'accepter le recours à un pseudonyme de la part des auteurs des lettres d'opinion et de la part des intervenants de ce site, me laisse perplexe. Pourquoi ne pas exiger que toutes les communications publiées soient dûment signées? Cette règle de transparence tout en rendant les auteurs responsables de leurs écrits permettrait aux lecteurs de ce journal d'éviter diverses formes de manipulation exercées par des groupes d'intérêts favorables ou défavorables à la réforme.
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  • Alain Lessard - Abonné
    17 mai 2010 14 h 30
    Au sujet de l'identité d'Alex 661
    Québec, le 17 5 2010

    Je suis d'accord avec C. Rioux : " l'absence totale d'inhibition chez son auteur ". Mais avez-vous la preuve qu'Alex 661 est bien un élève de secondaire 5, et non pas un activiste ?
    Alain Lessard, abonné
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  • Benoit Petit - Inscrit
    18 mai 2010 15 h 41
    Apprendre à se taire...
    Il semble M. Rioux, que vous ayez manqué une belle occasion de faire la démonstration de vos propos.

    Selon votre logique, votre silence aurait été d'or et vous aurait éviter d'étaler votre ignorance du Programme de formation de l'École québécoise et des mises à jour dans les pratique pédagogiques au Québec.

    Quand à Alex 661, voilà un beau contexte d'apprentissage signifiant. Sache en profiter!
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  • f.l. - Inscrit
    18 mai 2010 19 h 19
    À qui est-ce la faute?
    M.Rioux,
    je n'ai aucune idée si vous allez réellement lire mon commentaire suite à votre article, mais je tenais tout de même à l'écrire. Tout comme cette fameuse Alex 661, je suis une étudiante de secondaire 5. Aujourd'hui, notre enseignant nous a distribué une copie de votre article et nous avons dû partager notre opinion sur le sujet par la suite. Plusieurs élèves dans ma classe affirmaient qu'Alex 661 n'était qu'un exemple parmi tant d'autres, que vous utilisiez son texte seulement pour démontrer votre point de vue et qu'elle était probablement le pire exemple que vous aviez réussi à trouver. C'est probablement vrai, mais n'est-ce pas ça le point? Avoir un exemple choquant pour appuyer ses propos? Enfin, c'est ce que je pense. Je suis d'accord avec vous lorsque vous dites que c'est inacceptable qu'un élève puisse obtenir son diplôme, s'il n'atteint même pas les exigences du primaire. Là où j'accroche, c'est lorsque vous accusez la réforme de telles atrocités. Non, la réforme n'a pas que du bon, loin de là. Elle permet à certains qui ne le méritent pas, d'obtenir leur diplôme. Ceci, j'approuve. Mon professeur redoute la réforme au plus au point. Il a lui-même dit que pour la première fois cette année, il n'avait pas ''d'excellents élèves en français''. Pourtant, je me dis que l'année inutile que j'ai passée en français est dûe au manque de motivation face à la réforme. Alors, à qui est-ce réellement la faute: À la réforme? Ou au professeur qui n'en avait rien à faire de nous à cause de la réforme?

    Alors oui, M.Rioux, je suis d'accord avec vous que cette chère Alex 661 est un exemple de l'insouciance des jeunes d'aujourd'hui pour la langue français mais je crois que la faute n'est pas, ou du moins pas totalement, à la réforme.
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  •  
  • Jean-Pierre Audet - Abonné
    18 mai 2010 22 h 16
    Oral et écrit
    Juste une question à M. Rioux : êtes-vous bien certain que l'écrit diffère vraiment de l'oral? J'ai enseigné au niveau collégial durant trente-deux ans. J'invitais mes élèves adultes à s'exprimer verbalement aussi bien que s'ils écrivaient. Et surtout, oui surtout, je leur enjoignais d'écrire aussi simplement que s'ils me parlaient. Évidemment en soignant leur structure de pensée dans le cas de l'oral ; et en mettant l'accent sur la correction de l'orthographe et de la grammaire dans le cas de l'écrit.

    Petite anecdote : je me tiens souvent avec des gens très simples, ce que certaines de mes copines me reprochaient. Or voilà qu'un jour où j'avais voulu me sentir des leurs, je me suis mis à parler comme eux. J'ai été rapidement et chaleureusement rabroué : « Continue de parler comme tu faisais ; c'est comme ça qu'on t'aime !» J'ai retenu la leçon d'authenticité, valable en toute circonstance.

    Pour revenir à cette petite Alex que je préfère sans numéro, il est bien possible qu'elle soit une excellente professeure de français et qu'elle ait profité de l'anonymat pour nous jouer un sacré tour. Si c'est le cas, je lui lève mon chapeau.

    JP
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  •  
  • mark - Inscrit
    18 mai 2010 22 h 51
    une grosse joke
    Ok, on me fait croire qu'une étudiante du secondaire pas trop brillante passe son temps sur le site du devoir, et prend même le temps d'écrire un commentaire. Pourquoi elle s'intéresserait, à son âge, au contenu de ce journal? militante environnementale? De plus, si elle écrit si mal, ca doit lui prendre une éternité pour lire un seul article de ce journal.

    Lettre anonyme=aucune crédibilité.
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  •  
  • Michel Chayer - Inscrit
    19 mai 2010 11 h 52
    Verbiage de pédagogues à la noix
    Les lectures dirigées, la pratique de l’écriture par le biais des dictées et de la composition ainsi que les exercices d’analyses grammaticales sont les seules et véritables mamelles où se sont abreuvés ceux qui savent communiquer leurs idées d’une façon claire et concise.

    Le reste n’est que verbiage de pédagogues à la noix en quête de renommé.
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  • David Gagnon - Abonné
    19 mai 2010 12 h 14
    Lettre anonyme… et canular ?
    Comme certains, je suis d'avis que la lettre d'Alex 661 est un canular, ou peut-être simplement une bonne blague. Bien sûr, il existe des illettrés fonctionnels dans les classes du secondaire, du cégep et même à l'université, mais il est difficilement imaginable qu'une Alex vienne s’enorgueillir de sa propre médiocrité sur le site du Devoir. Le Devoir, ce n'est tout de même pas CHOI Radio X ou le FM 93!

    Dans un autre ordre d'idée, je suis amusé par un sympathique paradoxe: deux intervenants anonymes (Mark et Michele) dénoncent le recours au pseudonyme et le manque de crédibilité d'un message anonyme. Amusant!
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  • atelier plume - Abonné
    19 mai 2010 12 h 45
    Réécriture?
    Si Alex 661 M'avait demandé de l'aide, ç'aurait pu donner une réécriture comme celle-là:

    Réforme gâteau

    Aujourd'hui, j'ai passé l'épreuve de français de cinquième secondaire. Selon la rumeur, cet examen officiel serait plus facile qu'avant la réforme. Je ne suis pas du tout d'accord avec cette affirmation, et les élèves à qui j'en ai parlé non plus, y compris les "préréforme". Dans ma classe, les notes étaient basses. Par exemple, moi, j'ai obtenu 58 %; la plupart des autres se tenaient entre 60 % et 65 %, il me semble. Les examens de la réforme, c'est du gâteau? Dans les faits, on ne dirait pas...

    Mais formulé en langage clair, le message d'Alex perd de son poids, il devient transparent...
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  •  
  • Andre Jacques - Abonné
    19 mai 2010 15 h 20
    moé itou j'su capab
    Normande Poirier m'enlève littéralement les paroles de la bouche.

    .....Autrefois, les sots, ceux qui étaient ignorants, ceux qui ne connaissaient pas leur langue, avaient la noblesse de se taire en public pour ne pas se faire remarquer. Aujourd'hui, libérés de tous complexes, ils prennent le devant de la scène et rallient d’autres sots qui voient en eux des modèles auxquels s'identifier. Ils interprètent les « Chartes des libertés » à leur façon. ....
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  • normand Viau - Inscrit
    22 mai 2010 10 h 20
    Excuser,,, Et merde....
    Bonjour à vous tous, je suis de la génération qui a eu à apprendre à bien parler français et à l'écrire sans faute. J'ai fait lecture de vos répliques et je trouve que certaines personnes s'adonnent à mépriser des gens qui dans le passé ( les sots ) ont eu, pour quelque raison que ce soit, à vivre un monde scolaire qui n'était point à leur écoute.

    Je suis de la génération qui devait apprendre par coeur les règles et les lois. Jamais on nous a approché pour nous demander nos amours ou notre vision des choses à cette époque. J'aurais probablement mieux réussi si on m'avait communiqué tous ces savoirs avec une approche qui aurait suscité davantage l'imagination d'un enfant.

    J'ai, du moins je le pense, très bien réussi dans la vie par la force de la confrontation envers des gens qui m'ont croisés et qui m'ont ramenés les mots insidieux: "Ferme-la, tu ne parles pas correctement!" Aujourd'hui j'ai appris. Je me permets de vous dire que si tout simplement nous transmettons de l'amour aux jeunes pour un sujet quel qu'il soit, ils se défonceront pour apprendre. Cela pourrait être un début d'un apprentissage novateur.

    Écoutons tous ces jeunes qui nous regardent, notre génération de demain, et qui nous lisent les traiter de n'importe quoi! Soyons un peu empathique et écoutons ce qu'ils ont dans le ventre pour progresser dans la société que nous leur avons bâtie. Nos parents nous ont laissé un héritage en construction. Nos enfants, à leur tour, continueront cette construction selon l'évolution de leurs besoins.

    Je suis enseignant dans un secteur qui accueille les jeunes dans leur choix de carrière. Ces jeunes poursuivent un cheminement dans un programme et chacun des professeurs rend ses cours le plus positif et agréable que possible, tout en étant à leur écoute.

    Je vois des succès dans mon secteur, des succès de jeunes pour qui l'école a été un passage obligatoire.

    J'ai eu six enfants autant dans l'un ou l'autre des systèmes scolaires et le mot d'ordre chez nous est: "Prends tout ce que tu peux et transpose ces données dans ta réalité." Je suis ce que vous avez appelé "un sot" et voici ma réaction à certains d'entre vous:

    N'oubliez jamais que sans amour et passion nous n'avançons point dans la vie. Cette petite phrase doit se lire aussi comme ceci: "Sans amour, il n'y a pas d'enfant ni de vie."

    Pour terminer, j'ai fait corriger mon texte par ma conjointe. Au plaisir de vous lire puisque tous avons le droit de s'exprimer peu importe la façon de le faire.

    Écoutons d'abord ce que les jeunes ont à nous dire.

    Faisons route ensemble, en respectant les choix et les forces de chacun.

    Merci, au revoir!

    Normand, un dyslexique libre penseur
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  •  
  • Jean-Maurice Lamy - Inscrit
    23 mai 2010 11 h 07
    Ne ous-estimons pas les jeunes esprits
    Je n’ai lu aucun de « ces torchons bourrés d’anglicismes que le club de hockey la Canadien distribue dans nos écoles avec la bénédiction du ministère ». Pour ma part, je souscris à l’option de M. Rioux en ce qui touche le choix des textes. Ne sous-estimons pas les jeunes esprits. Par exemple (des enseignants actuellement en exercice au primaire pourraient le vérifier), je suis porté à croire qu’ils réagiraient bien aux assonances des deux premiers vers de la fable Le lièvre et les grenouilles :
    « Un lièvre en son gîte songeait,
    (Car que faire en un gîte, à moins que l'on ne songe ?) »;
    Dans un autre domaine, un mathématicien britannique a mentionné le cas d’un écolier qui s’était montré sensible au rythme du mot SEPTEMBER, trois syllabes composées chacune selon le schéma consonne-voyelle-consonne. Côté production, je signale que Henning Mankell a connu l’enchantement d’avoir écrit, aidé de sa tante, sa toute première phrase à l’âge de six ans.

    On peut même affirmer que, comme l’ont démontré le linguiste Ernest Richer et son équipe pendant une vingtaine d’années dans des écoles primaires de Jonquière, les enfants peuvent faire de l’analyse syntaxique. Encore faut-il de bons outils tels que les lamelles de plastique, de formes et de couleurs diverses, utilisées par ces enseignants pour représenter « les six pièces que l’on trouve dans le français » et « les cinq structures constitutives du français ». Ainsi outillés et moyennant les substitutions voulues, ils sont à même d’analyser et de représenter visuellement les deux interpétations possibles de cet énoncé ambigu : « La bonne soupe », dont le sens est lié au rôle assigné aux pièces constitutives. De même comprendront-ils facilement la différence entre le DU de « C’est DU café » et celui de «Le goût DU café ».

    On objectera que les écrits de Richer datent (il est mort en 2001) et qu'on est à l’heure des TIC. Or le système Richer, du fait de sa sobriété terminologique, s’est montré singulièrement adapté à ce nouveau paradigme. Il existe déjà une dizaine de spécimens interactifs d’analyse syntaxique. Resterait à convertir en semblable mouture le trésor fabuleux des analyses déjà réalisées de textes tels que «La cigale et la fourmi », « Ô Canada », « La chèvre de M. Seguin » (une centaine de phrases), « L’étranger », de Camus (vingt phrases), « Quand j’aurai payé ton visage », de Claire Martin (cinq phrases).

    Je souligne que Richer fut un polyglotte tout à fait remarquable. Il faut croire que son système lui a réussi.

    Les ouitls essentiels légués par celui que je n’hésite pas à appeler l’André Mathieu de la linguistique sont accessibles à http://forums.riaq.ca/default.asp?ACT=15
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  •  
  • jeannot_vachon - Inscrit
    24 mai 2010 14 h 07
    C'est la faute d'internet
    Moi j'ai su que la guerre du français était perdue quand j'ai vu les "chatts" sur internet. Et avec les textos et twitter c'est encore pire car on a une excuse pour faire des fautes, le besoin d'économie de caractères.

    Un des pires problèmes pour les fautes, c'est d'en lire. Or les jeunes qui écrivent sur internet, et Dieu sait qu'ils y écrivent, sont dans la totale anarchie littéraire. Ils écrivent n'importe comment et se font rarement corriger. On lit souvent ce genre de chose: "Il promène sont chien, ses mignon de le voir"

    Sur facebook, par exemple, dans sa propre présentation, il ne vient pas à l'idée de la plupart de se faire corriger au moins ce texte, et les soi-disants amis de ce jeune ne trouvent ni le temps, ni l'importance de le faire.

    L'école a beau faire des efforts pour les faire apprendre, internet les fera désapprendre aussi vite.
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  •  
  • Jean-Maurice Lamy - Inscrit
    24 mai 2010 21 h 53
    L'optimisme est permis
    Je ne partage pas le pessimisme de Jeannot Vachon. À condition toutefois qu'on s'emploie dans les cours de français à faire comprendre de quoi cette langue est faite et comment elle fonctionne. Avoir la tête bien faite, c'est, entre autres, avoir les outils conceptuels voulus pour être à même d'analyser les énoncés. Moyennant quoi on ne commettrait pas les fautes dénoncées par M. Vachon.
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  • Marie-Claude Harton - Inscrit
    4 septembre 2010 11 h 41
    À qui la faute?
    Encore une fois, pointons du doigt l'école! C'est tellement facile! C'est l'endroit où les jeunes apprennent à lire et à écrire!

    Depuis l'avènement des sites de sociabiliation, les jeunes n'ont jamais écrit autant. Justement! Les jeunes commencent à "chatter" en moyenne vers l'âge de 8 ans. À cet âge, ils entament leur apprentissage de la grammaire. Comment peuvent-ils appliquer des règles qu'ils ne connaissent pas encore dans leurs communications? Pendant des années, ils s'enverront des textes codés, bourrés de fautes, et ce, à tous les jours, plusieurs fois par jour. Et que dire du niveau de langue... C'est ainsi qu'ils fossilisent des erreurs. Évidemment, il en revient au système d'éducation de remédier à la situation!

    Il en est de même pour la lecture. Les jeunes lisent des textes écrits par leurs pairs, qui utilisent les mêmes conventions stylistiques, et qui font autant d'erreurs qu'eux. Ces erreurs s'enregistrent. On vit dans une société où tout se passe à grande vitesse. Pourquoi prendrait-on une heure pour écrire un beau texte quand le message passe, même s'il est de piètre qualité? C'est l'efficacité qui compte. Les règles, on s'en balance.

    Les soucis de nos jeunes sont le reflet d'une société où l'école n'est plus une priorité. Comment les parents et les élèves peuvent-ils avoir foi dans un système qui est sans cesse critiqué et remis en question? Chaque intervention d'un enseignant est examiné à la loupe. Conséquemment, le système a perdu sa crédibilité. On se mêle de tout: correction, discipline, calendrier scolaire, bulletin... Les profs ne sont que des marionnettes manipulées par une société égocentrique. Après, on se permet de critiquer l'efficacité de l'enseignement, alors que la plupart des décisions sont prises par des agents extérieurs à l'école.

    La majorité des enseignants adorent ce qu'ils font. Si ce n'était pas le cas, ils ne survivraient pas dans l'arèn
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