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McGill, université québécoise ou internationale ?

Colette Bernier - Sociologue et professeure associée au département des relations industrielles de l'Université Laval  3 mai 2010  Éducation
Dans la page Idées du Devoir des 24 et 25 avril dernier, quelques personnalités du monde des affaires signaient avec Lucien Bouchard un article demandant au ministère de l'Éducation de reconsidérer sa décision de punir l'Université McGill en raison de sa décision d'imposer des droits de quelque 30 000 $ pour son MBA. Rappelons qu'au terme de ce débat, au nom des principes d'équité et d'accessibilité à l'éducation, la ministre Courchesne a finalement annoncé qu'elle ne laisserait pas McGill enfreindre les règles budgétaires du gouvernement et qu'elle retirerait de son enveloppe budgétaire globale les 11 000 $ alloués par étudiant au MBA et un montant de 17 000 $ en guise de pénalité.

C'est en se basant sur des valeurs telles que l'équité, l'accessibilité, l'excellence universitaire, le progrès et la croissance du Québec sur l'échiquier de l'actuelle économie du savoir que les signataires tentent de démontrer le bien-fondé de la décision de McGill. Qu'en est-il réellement de la place de ces valeurs dans la bataille que livre actuellement McGill pour se classer aux premiers rangs des universités à travers le monde, et quels seraient les impacts d'une telle action pour le système d'éducation et l'accès des étudiants et étudiantes québécois au savoir?

Un bien marchand

On ne peut soustraire l'opération que livre actuellement McGill d'autres débats globaux que connaît actuellement le Québec sur le financement des universités, la hausse des droits de scolarité et le retard des universitaires québécois francophones. Or si, depuis la Révolution tranquille, les politiques publiques québécoises ont toujours tenté de considérer l'éducation comme un bien public pouvant servir entre autres choses à redresser la place des francophones dans la société, la tendance néolibérale qui domine actuellement serait plutôt de considérer l'éducation comme un bien marchand profitant d'abord aux individus et aux organisations, y compris les universités.

C'est en considérant le débat actuel de ce point de vue que nous pouvons en comprendre les tenants et les aboutissants. À l'encontre du texte paru sous la signature de Bouchard, nous soutenons que la voie ouverte par McGill poserait des problèmes d'accès à l'éducation et d'iniquité dans la société québécoise et nous espérons que la ministre de l'Éducation persistera dans sa décision.

De quelle équité parle-t-on?

Quand les signataires de l'article prétendent que l'optique de McGill est équitable, c'est pour dénigrer la décision gouvernementale qui pourrait l'obliger à puiser dans les fonds d'autres programmes pour financer son MBA. Faut-il au nom de la course de McGill quant au classement de son MBA au palmarès du Financial Times (seul programme québécois nous dit-on à figurer parmi les cent meilleurs) faire passer les besoins de financement d'autres programmes au second rang?

S'il s'agit bien là d'un problème d'équité interne, on n'a pas soulevé le véritable problème, d'équité externe celui-là, à savoir de faire servir les fonds publics québécois à une seule université québécoise, anglophone de surcroît. On apprenait en outre dans Le Devoir du 30 avril que la ministre avait offert à McGill de l'autoriser à déréglementer les droits de scolarité des étudiants étrangers et citoyens canadiens non résidents inscrits au MBA, ce que McGill a refusé. Une telle proposition n'était-elle pas équitable? L'ensemble des Québécois doit-il continuer à financer même de façon minime un programme dont 80 % des étudiants ne sont pas citoyens du Québec?

Surtout, les données récentes sur la poursuite du retard universitaire des francophones au Québec ont fait ressurgir la question du surfinancement du réseau universitaire anglophone par rapport au poids démographique de la population anglophone au Québec. Dans la course au palmarès de McGill, doit-on balayer sous le tapis la question d'équité entre universités francophones et anglophones au Québec? Là est la vraie question si l'on veut parler d'équité, car elle est directement reliée à l'accès à l'éducation de la majorité francophone du Québec.

L'accès à l'éducation

Derrière ce débat sur l'équité entre institutions francophones et anglophones du Québec se profile en effet toute la question de l'accessibilité aux études que prétendent défendre les signataires de l'article. Or, encore une fois, on ne nous parle que d'accessibilité à l'interne, McGill ayant consenti, nous dit-on, plus de 100 000 $ au soutien financier des 28 nouveaux étudiants et, grâce à ce soutien, nous dit-on encore, aucun étudiant ne sera forcé de renoncer à une formation par manque de ressources financières. Mais comment peut-on prétendre que les étudiants et étudiantes ne s'élimineront pas d'eux-mêmes (et bien avant de choisir leur voie universitaire) au vu de tels coûts?

Et comment croire que ce modèle ne ferait pas boule de neige dans les autres universités du Québec, accentuant d'autant plus le problème d'accessibilité à de telles études pour les francophones? N'est-on pas simplement en train d'ouvrir la porte à un système universitaire à deux vitesses où les finissants de certaines universités bien nanties se classeront premiers par rapport aux universités moins bien nanties? Est-ce cela l'excellence en éducation?

L'excellence en éducation

Il faut enfin se questionner sur ce qu'entendent les auteurs quand ils parlent d'améliorer le système d'éducation, ou encore quand ils parlent d'excellence en éducation. Leur pensée, telle qu'on peut la lire dans leur texte au Devoir, est irrémédiablement tournée vers l'idée de positionner le Québec sur ce qui est devenu le marché mondial de l'éducation où les universités se disputent les étudiants des quatre coins de la planète.

Déjà, le gouvernement a commencé à encourager les universités québécoises à aller dans cette voie en les subventionnant pour attirer des étudiants étrangers. Les universités francophones ont accepté le fait sans broncher parce que Québec allait les dédommager pendant quelques années. Et qui, croyez-vous, attire le plus grand nombre d'étudiants étrangers au Québec, sinon McGill? Les universités francophones pourront-elles, à partir du petit bassin d'étudiants moins fortunés des pays francophones de l'Afrique du Nord, se classer dans ce courant mondial de marchandisation de l'éducation? Et surtout, est-ce bien cette voie que nous devons souhaiter pour le Québec?

Des choix à faire

Faut-il mettre au rebut les objectifs généraux d'accessibilité et d'équité en éducation que nous nous sommes donnés comme nation francophone en Amérique du Nord pour maintenant promouvoir un système marchand de l'éducation visant à placer le Québec anglophone sur la carte des universités mondialement reconnues? Avons-nous fait assez de progrès depuis la Révolution tranquille pour renoncer aux principes d'un plus grand accès pour les francophones du Québec à l'éducation? Pensons-nous, en finançant des programmes d'élite au sein d'une université anglophone et en continuant à surfinancer ces mêmes universités, pouvoir amener le Québec sur la voie du «développement économique», du «progrès» et de la «performance» comme les auteurs de l'article veulent nous le faire croire?

Si «le Québec a droit au progrès, a besoin de progrès» comme l'avancent les auteurs, c'est peut-être bien dans la direction du progrès «social» que le Québec doit continuer à regarder et à se distinguer!

***

Colette Bernier - Sociologue et professeure associée au département des relations industrielles de l'Université Laval
 
 
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  • ragazzino
    Inscrit
    lundi 3 mai 2010 03h25
    Socialisme et nationalisme bornés
    Si on vous comprend bien, vous souhaitez que les universités franco-québécoises demeurent le cancre des universités nord-américaines et qu'elles continuent de se replier sur elles-mêmes, faute de financements adéquats? D'autant plus que votre point de vue semble être aveuglé par une certaine ferveur nationaliste, il y a néanmoins moyen de hausser les frais de scolarité sans nécessairement désavantager les moins bien nantis. Le concept d'universalité des études supérireures du temps d'Erasme est révolu, madame. Les universités se doivent d'agir, du moins en partie, un peu comme des entreprises si elles veulent survivre, ne serait-ce que pour concurrencer au plan international. C'est une réalité indéniable, que personne n'a jugé de positive jusqu'ici. Ce n'est qu'être réaliste.

    Et navré de vous l'apprendre, mais les universités anglo-québécois sont des universités...québécoises et dire qu'elles sont toutes surfinancées relève de l'ignorance; l'Université Bishop's de Lennoxville est loin d'être en bonne santé financière et tente déjà depuis quelques années de se sortir du gouffre.

    Vous semblez plutôt avoir du mal à accepter que McGill puisse rayonner au plan international plus que l'Université Laval, par exemple. Dites-vous que la langue d'enseignement y est pour quelque chose et rassurez-vous en vous disant que l'Université Laval jouit tout de même d'une excellente réputation de par le monde, du moins au sein de la francophonie et que la réputation de McGill n'est basée que sur une poignée de programmes, pour le reste....

    Cela dit, le Québec se doit de hausser ses frais de scolarité, ne serait-ce que pour concurrencer avec les autres universités canadiennes...nous ne nous sommes pas encore séparés.

  • Jean-François Hallé
    Abonné
    lundi 3 mai 2010 09h04
    bornés...
    ragazzino, nous n'avons pas lu le même texte je crois et pour ce qui est d'être borné...

  • Christian Franck
    Abonné
    lundi 3 mai 2010 09h17
    Victimisation insupportable
    Mme, McGill reçoit plus de financement que l'Université Laval, par exemple, parce qu'elle est MEILLEURE : elle attire des meilleures chercheurs, des meilleurs étudiants, elle fait plus de découvertes, elle a donc un impact beaucoup plus grand dans la recherche québécoise.
    L'idée selon laquelle une université devrait recevoir son financement selon le poids démographique de la langue qu'elle utilise est franchement ridicule. D'autant qu'ils sont nombreux les francophones à y aller. Arrêtez cette victimisation nationaliste des francophones. On en a marre.
    Deuxièmement, regardez les meilleures universités au monde et regardez le pourcentage d'étudiants locaux qui font de la recherche. Vous verrez que les chercheurs locaux sont moins nombreux que les étrangers, pour la simple raison que si on élargit l'échantillon de candidats potentiels, on a des meilleures résultats. Mais non, comment l'État du Québec pourrait financer la recherche d'un post-doctorant indien, ou pire encore, d'un américain? A-t-on pensé aux gens du Saguenay?
    Vous, universitaire, devriez savoir que si un français, espagnol, angolais, ou autre, fait de la recherche au Québec, c'est l'université québécoise qui l'accueille et la société en général qui en bénéficient des fruits de sa recherche.
    Votre position est désolante et relève du tribalisme.

  • France Marcotte
    Abonnée
    lundi 3 mai 2010 09h24
    Un intéressant débat
    "Si on vous comprend bien" dites-vous au début de votre commentaire, monsieur Ragazzino. Justement, je crois que vous ne comprenez pas bien et je vous invite à relire, cette fois attentivement, le texte de madame Bernier dans lequel celle-ci soulève respectueusement un intéressant questionnement plutôt qu'elle ne propose des réponses toutes faites. Est-ce l'idée d'un légitime débat démocratique sur ce sujet qui vous indispose?

  • Pierre Carpentier
    Abonné
    lundi 3 mai 2010 10h55
    Un débat fort intéressant à venir et au plus vite!
    Excellent article que celui de Madame Colette Bernier qui pose la question juste soit celle des universités québécoises accessibles à toutes et à tous plutôt qu'elles soient internationales accessibles à une très petite minorité. Il ne fait aucun doute, dans ma pensée, que plus nos universités seront québécoises plus elles deviendront internationales. Dans ce contexte, nous serons en mesure de gérer le flux d'étudiantes et d'étudiants étrangers intéressés. Il est grandement temps de poser les futurs jalons de nos universités pour notre bien commun.

    Pierre Carpentier
    bisson.carpentier@sympatico.ca
    Abonné

  • Jacques Saint-Cyr
    Inscrit
    lundi 3 mai 2010 10h57
    McGill, université de calibre international.
    Cette université fait l'honneur du Québec et nous éloigne de l'esprit de clocher. Alors qu'à McGill on va chercher le plus grand nombre de professeurs à l'extérieur du Québec, enrichissant ainsi notre société, nos universités francophones se piratent généralement leurs professeurs entre elles, sans valeur ajoutée.
    McGill a choisie l'excellence. Tant mieux pour nous.

  • Raymond Saint-Arnaud
    Abonné
    lundi 3 mai 2010 10h59
    Un autre scandale
    Il existe au Québec un scandale systémique et récurrent : alors que la population anglophone du Québec est de moins de 10 % de la population totale, les collèges et universités anglophones du Québec reçoivent 26 % des subventions gouvernementales du Québec. Ce qui revient à dire que les universités francophones ne reçoivent pas la juste part qu'elles devraient avoir. Le Québec finance lui-même son assimilation à l'anglais.


    Pour une question de justice envers la majorité, il est grand temps que le réseau d'enseignement anglophone au Québec ne soit subventionné qu'au prorata de la proportion de véritables anglophones au Québec, et ce à tous les niveaux : primaire, secondaire, et surtout aux niveaux collégial et universitaire.

  • Christian Franck
    Abonné
    lundi 3 mai 2010 12h22
    Tribalisme
    M. Saint-Arnaud,
    Vous avez le même problème de tribalisme que Mme. Bernier.
    McGill n'est pas une université POUR anglophones, c'est une université québécoise en anglais. TOUT le monde peut y étudier, anglos, allos ou francos.
    Les universités ne doivent pas être financées selon des critères démographiques, mais selon des critères de qualité. Si un projet de recherche à McGill est meilleur qu'un projet de recherche à l'UQTR, McGill devrait avoir le financement. Point.
    D'ailleurs, il est faux de dire que McGill est l'université qui reçoit le plus de subventions, en fait l'UdeM en a eu plus les dernières années.
    http://www.researchinfosource.com/media/2009-top50

  • Pierre-S Lefebvre
    Inscrit
    lundi 3 mai 2010 13h34
    Soyons calme sur la réputation de McGill à l`international
    Les budgets de McGill sont satisfaits d`abord par les citoyens du Québec, payeurs de taxes à Québec et Ottawa. Les étudiants et levées de fonds font le reste du chemin à parcourir. De se réclamer d`une réputation internationale pour recruter plus d`étudiants est une chose, mais prétendre que ce rôle permet des écarts de frais d`inscription est aller un peu trop loin. McGill utilise les fonds recueuillis au Québec sans se préoccuper des objectifs de sa population. Déjà McGill déborde le cadre de sa vraie population anglophone estimée à 8% de la population totale du Québec. Maintenant CUSM fait le même calcul en se déclarant bilingue et internationale, une fois construit le superhôpital atteindra $4 milliards avant même que le CHUM débute ses travaux. yoyons un peu le budget. On estime à $2,2 milliards la construction mais bientôt on négociera la place de l`Institut de Neurologie sur le campus Glen pour un autre $1 milliard et puis la nouvelle mission des Montreal Children et Royal Victoria Hospitals exigera un autre $800 millions. Tout en se souvenant de subventions de la Ville de Montréal pour le stade Molson et les Allouettes. Leur faim n`a pas de limites et Charest s`en fait une fierté, car le silence du gouvernement est révélateur.

  • ragazzino
    Inscrit
    lundi 3 mai 2010 14h05
    Je vous en prie...
    Mes chers amis, j'ai relu le texte même une deuxième fois avant d'écrire mon commentaire. Nous avons bel et bien lu le même texte. Mme. Bernier ne soulève un débat qu'en surface puisqu'elle exprime son propre point de vue de manière très claire dans son texte:

    1) "À l'encontre du texte paru sous la signature de Bouchard, nous soutenons que la voie ouverte par McGill poserait des problèmes d'accès à l'éducation et d'iniquité dans la société québécoise et nous espérons que la ministre de l'Éducation persistera dans sa décision. "

    2) " [...] à savoir de faire servir les fonds publics québécois à une seule université québécoise, anglophone de surcroît. "

    - Qu'il y a-t-il de mal à ce qu'une université québécoise soit anglophone? On sent même un certain mépris.

    3) "L'ensemble des Québécois doit-il continuer à financer même de façon minime un programme dont 80 % des étudiants ne sont pas citoyens du Québec?"

    4) "Faut-il mettre au rebut les objectifs généraux d'accessibilité et d'équité en éducation que nous nous sommes donnés comme nation francophone en Amérique du Nord pour maintenant promouvoir un système marchand de l'éducation visant à placer le Québec anglophone sur la carte des universités mondialement reconnues? "

    Toutes ces questions ne sont que purement rhétoriques, allons.

    Ce à quoi je réponds: que ces objectifs doivent être revus, revampés, restructurés puisque dans le contexte et dans la mentalité actuels, les universités québécoises s'étouffent d'elles-mêmes.

    Ces arguments sont, à mes yeux, très clairs. Si vous, vous y voyez un débat...Mme. Bernier est en accord avec la décision du gouvernement. Le débat est dès lors clos.

    À lire: le texte d'opinion de Catherine Valcke - Professeure à la Faculté de droit de l'Université de Toronto, paru dans Le Devoir aujourd'hui également.

  • Jean-G. Lengellé
    Inscrit
    lundi 3 mai 2010 14h06
    Si au moins on traitait des choses importantes...
    Le problème avec les prétendues "Relations industrielles" qui n' ont depuis belle lurette d'"industrielles" que le vocable, c'est qu'elles ont évolué vers un apprentissage de la "magouille raisonnée" (allusion à la négociation raisonnée, leur nouveau credo) qui permet de former des spécialistes (enfin c'est ce qu'ils prétendent) suffisamment bien versés en syndicalisme revendicateur et en illusions patronales pour faire échouer toute tentative de travail intéressant, bien conçu et correctement rémunéré.
    Par conséquent, toute expression d'idées (sic) d'une quelconque associée de ces gens là est par définition suspecte.
    Je n'en veux pour preuve que la défense empoisonnée de McGill.
    Serait-il possible une bonne fois de se rendre compte que le prétendu rêve dont parlait Lise Payette hier soir aux Coulisses du pouvoir est en fait une illusion malsaine?
    Par souci d'éliminer tout ce qui fonctionne sans péquisme, comme les écoles privées, les garderies, ou encore McGill et Bishop's, les chantres de la souveraineté sont au Québec ce que Robert Mugabé était à la Rhodésie.
    Pourquoi diantre vouloir penser qu'un autre Zimbabwé bâti selon les mêmes plans pourrait devenir un Eden extraordinaire?
    McGill est pratiquement plus bilingue que l'université d'Ottawa ou la Laurentienne, et rayonne reconnaissons-le pas mal plus.
    La langue en soi n'est pas un vice rédhibitoire, le vice c'est de ne pas en voir les qualités.
    Et on passera rapidement sur le fait que les enragés du péquisme qui veulent fermer McGill étaient ceux-là même qui ont élu comme chef André Boisclair qui s'était acheté un MBA d'Harvard pour $40,000 US, et sans pour autant avoir obtenu de bacc de premier cycle... ni même s'être inscrit, ce qu'il n'aurait pas pu faute de prérequis, dans une université du Québec!
    Il faudrait de plus, pour ceux qui se plaignent que McGill accueille 80% d'étrangers, aller faire un tour à Poly et y constater que l'on pourrait se croire à Casa II...
    Vouloir détruire ce que l'on a de bien est tout simplement aussi stupide que puéril!

  • Jean-Roch Lapointe
    Inscrit
    lundi 3 mai 2010 14h13
    LA MAJORITÉ FRANCOPHONE PAIE POUR SON ASSIMILATION
    Même si toute vérité n'est pas bonne à dire, elle doit être dite et il faut cesser de tergiverser surtout quand un peuple doit lutter pour sa survie, pour sa langue, sa culture et son patrimoine.

    Dans une période ou M. Bouchard disait lui-même que l'État étouffe, que nous sommes à l'heure des choix et qu'il a entérimé le budget Bachand, je comprends très mal sa missive, dite collectif dauteurs, intituée ''MBA DE 30,000$-MCGILL NE DOIT PAS ÊTRE PUNIE POUR SES EFFORTS''.

    Quand un peuple croûle sous les dettes créées de toute pièce par des financiers ou des économistes complètement déconnectés de la réalité, et qui peut-être ont été formés dans la Tour d'Ivoire qu'est Mcgill, je ne vois pas comment il peut investir pour devenir le meilleur du monde.

    Par les temps qui courent nous devons faire le constat que la domination des institutions anglophones de Montréal n'est plus soutenable financièrement par la majorité francophone. En fait la majorité francophone croûle sous le poids des dettes, créées en partie parce qu'une minorité a des ambitions plus grandes que celles de la majorité et que cette ambition gargantuesque, il me semble, ne s'arrêtera que lorsque la majorité francophone sera assimilée.

    Je supporte en tout point les propos de Mme Colette Bernier et je la remercie de s'être élevée contre le collectif d'auteurs dirigés par M. Bouchard. Et je me souviens que Le Gouvernement de M. Bouchard, en 1996, a détruit en peu de temps, sous l'obsession du déficit zero et pour plaire aux bousicoteurs de Bay Street et de Wall Street ce que nous avions pris près de 40 ans à construire dans le domaine de l'éducation et de la santé. Ces systèmes étaient justes car ils ont été construits pour la majorité francophone qui était et qui est encore payeure de taxes.

    Et en éducation, le décrochage n'arrive pas à l'université, mais au secondaire et même au primaire. C'est la fondation qui est en danger et non pas le sommet de la montagne.

    J'appuie l'Université Laval, pas parce ce que c'est mon Université, mais car elle forme l'élite dont aura besoin la majorité francophone, car elle forme les omnipatriciens de la médecine qui voudront bien retourner dans leur milieu pour aider notre population malade. Quand les fondations sont en ruine, c'est là qu'il faut investir de façon urgente; il est inutile d'investir sur la toiture. Notre futur dépend des choix que nous devons faire. Et ça, je suis d'accord avec M. Bouchard que nous sommes à l'heure des choix. Ce choix pour moi, c'est d'investir sur la majorité de nos prairies plutôt que sur la minorité de la montagne.

  • ragazzino
    Inscrit
    lundi 3 mai 2010 15h53
    Divagation...
    M. Lefebvre: vous qui semblez vous porter à la défense de l'identité francophone du Québec, sachez que ''payeurs de taxes'' n'est pas du français, mais bien un calque de l'anglais ''taxpayers''. En français, on dit plutôt ''contribuables''. Voilà un parfait exemple du Franco-Québécois qui s'anglicise lui-même.

    M. Lapointe: vous divaguez complètement. Les Anglo-Québécois ne forcent pas les Franco-Québécois à s'angliciser et les étudiants francophones de McGill y sont de leur plein gré. Allez-vous donc les pourchasser pour trahison? et ceux qui fréquentent Concordia? et ceux et celles qui se plaisent à Bishop's? sont-ils des ennemis de l'État? Non, mais franchement...Le fond de l'histoire de l'anglicisation au Québec, c'est que les Franco-Québécois s'anglicisent eux-mêmes et qu'ils ne sont pas assez fiers de leur langue et de leurs institutions, c'est tout. Si c'était le cas, les étudiants franco-québécois pourraient, en bon québécois, écrire ''comme du monde'' une fois à l'université et on accepterait surtout de hausser les frais de scolarité afin de freiner le déconfiture de nos universités québécoises. Et si McGill veut qu'on paie plus pour son programme du MBA, soit! Ce ne sont pas les candidats qui manqueront de toute façon.

    Bien honnêtement, l'Université Laval fait très, très bien au niveau international. Elle n'a rien à envier à McGill, selon moi. Donc je ne vois que de la jalousie dans votre sortie et celle de Mme. Bernier.

  • Ken Ko
    Inscrit
    lundi 3 mai 2010 16h00
    Attitude provincialiste
    Encore une fois, on voit la contradiction parmi les provincialistes. D'une part, on ne souhaite pas que McGill exige des tarifs du marché pour bien soutenir un programme d'enseignement de calibre mondiale parce que on doit traiter toutes les universités dans une façon égalitaire; par contre, l'Etat a trop subventionné une université dite "anglophone" parce que les anglophones forment une minorité disproportionné au Québec et consequemment ne justifient pas ce niveau de ressources des contribuables! Voyons donc...c'est un ou l'autre, on ne peut pas avoir deux poids, deux mésures. Si McGill veut solidifier son leadership dans une domaine assez compétitif, et les étudiants sont prêts à payer la facture, pourquoi ca represente un problème pour la société québecoise autant que les contribuables ne sont pas obligés à appuyer plus ce quils font déjà avec les autres universités?? Franchement, c'est une mentalité nombriliste et provincialiste pour mésurer les entités performantes vers le bas...très desencourageant.

  • Claude Archambault
    Inscrit
    lundi 3 mai 2010 18h25
    on vois l'image
    On vois l'image dégoutante du petit québécois qui vois dans l'éducation supérieur ouverte à tous mais dans une autre langue une menace à sa survit. La menace à la survit du français au Québec vient des québécois francophone eux même.

    Je suis francophone, je suis fédéraliste pur et dur, je suis gradué de McGill. J'exige le français partout ou je vais au Canada et au Québec par mon souci de respect des minorité et à cause de l'oppression des séparatistes, j'exige d'être servit en anglais.

    Plus le français sera imposé plus la résistance à celui ci sera grande et plus les bilingues et la connaissance de l'anglais deviendra un critère d'embauche.

  • dense simard
    Abonné
    mardi 4 mai 2010 11h24
    on vois [sic] l'image
    Monsieur Archambault, vous faites exprès ou quoi? Je ne suis pas contre ce que vous avez écrit, mais vous êtes-vous relu? Dans votre texte, j'ai remargué au moins neuf fautes de français, sans compter la ponctuation! On a raison de dire que le français se perd, même chez les diplômés.

  • Marc-Aurèle Lachance
    Inscrit
    mardi 4 mai 2010 16h09
    Une leçon contemporaine
    Ne pas voir que la politique des hauts tarifs des universités états-uniennes a mené à un obscur conservatisme relève d'une cécité volontaire et idéologique. Et c'est pourtant à cette politique que McGill ouvre sa porte.

    D'un point de vue biologique, le savoir n'est pas innée: on hérite pas de la connaissance à la manière dont Bush fils a pu hérité du pouvoir de Bush père. Hausser les frais de scolarité revient à fermer les portes de l'université à une part non-négligeable du potentiel intellectuel humain. Redisons le: le savoir n'est pas innée! Une femme monoparentale travaillant au salaire minimum (si l'Institut Fraser ne l'élimine pas) dans un dépanneur peut très bien avoir une fille aux inclinaisons intellectuelles dignes des plus hautes études universitaires et pouvant faire des découvertes susceptibles d'ébranler le monde actuel de la finance (cette dernière en aurait bien besoin).

    Et d'un point de vue conceptuel, que serait donc une démocratie qui tolérerait la fermeture des portes de l'information universitaire à une part de la population parce que moins fortunée? Et à cette part de population, si cette éducation lui est fermée, laquelle lui sera réservée? Et cela sera-t-il sans influence sur son vote? Il semble qu'une démocratie sans Instruction publique (où il n'y aurait qu'entreprise d'éducation privée) sombrerait dans la démagogie et la bêtise la plus achevée. Un tel système en s'enfonçant dans un féodalisme moyenâgeux et rétrograde serait tout sauf libérateur.

    D'ailleurs. s'il doit y avoir compétition, ce ne doit pas être entre universités (car cette compétition les divise et limite les possibilités de fructueuses coopérations interuniversitaires), mais entre les universités publiques d'une part et les programmes de recherche des entreprises privées d'autre part.

    Qui plus est, comprendre l'université comme une entreprise privée prisonnière de la course au trophée relève d'une pensée belliciste fondamentalement axée que sur l'idée de compétition: soumettre l'université au marché, ce serait asservir le savoir ainsi que les humains à l'utilité immédiate et aux intérêts particuliers du moment; à la limite concevoir la science comme outils militaire d'une économie lancée dans une querelle idéologique. Un science ainsi orientée serait-elle encore objective?

    En un même sens, à la question: Qu'est-ce qui mérite d'être enseigné? Olivier Reboul répondait de la sorte

    « De nos jours, beaucoup seraient tentés de répondre: mérite d'être enseigné ce qu'exigent la production économique et la compétition internationale. Certes, ce critère est important, mais secondaire, ou plutôt second. Second, car s'il était premier, on asservirait l'homme à la machine économique, on en ferait un outil de l'outil, non un adulte libre et responsable. » -REBOUL, Oliver, La philosophie de l'éducation, Presses Universitaires de France, 9e éd. 2008, page 106

    Où l'on voit que la «liberté économique», celle du «libre marché», ne favorise pas toujours la liberté et la responsabilité humaine...

    Merci Mme Bernier pour votre excellent texte qui replace la manoeuvre de McGill et de quelques politiques dans le contexte d'une certaine idéologie économique.

  • Bertrand Gagnon
    Abonné
    samedi 8 mai 2010 14h23
    Mc Gill université québécoise ou internationale
    J'ai étudié à Laval au début des années cinquante. À cette époque, le gouvernement Québec face à la montée fulgurante du nombre d'enfants au primaire avait peine à financer la construction de nouvelles écoles alors que plus de 70% des recettes fiscales étaient engrangées par le fédéral laissant moins du tiers aux municipalités et aux provinces. Dans nos universités francophones, c'était la disette.
    Pendant ce temps, les grandes entreprises fianncières anglophones alimentaient les fondations de Mc Gill et, si ma mémoire est bonne
    le budget de cette université pouvait représenter quatre fois celui
    d'une université francophone accueillant un nombre équivalent d'étudiants.

    Aujourd'hui, les subventions de l'État représentent la principale source
    de financement des institutions universitaires et lorsque QUébec
    tente d'imposer une certaine égalité des chances en règlementant
    les frais de scolarité, on ose nous traiter de tribalistes et de nationalistes étroits. Si on se drape de souci d'égalité en affirmant
    que l'on offre 100 000$ de bourses à 28 étudiants soit 4000$
    par tête sur des frais de scolarité de 28 000$, c'est de la pure hypocrisie.

    Je respecte l'opinion de ceux qui défendent l'initiative des promoteurs
    du programme MBA de Mc Gill, mais en tant que contribuable, je soumets que j'ai aussi le droit d'appuyer les restrictions imposées
    par le gouvernement du Québec qui fournit la majorité des revenus des universités et a la responsabilité d'ssurer l'égalité des chances
    pour toutes les classes. Le problème des écoles secondaires privées
    est différent, car leur financement par élève est de 40% inférieur à
    celui des écoles publiques et la différence est supportée par les
    parents des élèves qui continuent de payer des taxes foncières
    scolaires.

    Je regrette que certaines personnes faisant partie de l'élite financière et intellectuelle francophone comprennent si peu les préoccupations
    de ceux qui se préoccupent de l'importancwe de respecter un certain
    équilibre des chances entre les différentes classes et les universités
    francophones vis à vis Mc Gill qui a toujours été particiulièrement
    privilégiée du soutien des grandes entreprises privées.

    Ayant connu personnellement un écart injustifiable entre les deux
    universités francophone et Mc Gill au milieu du siècle dernier, je
    ne voudrais pas que l'on ouvre la porte à la création d'une nouelle
    inégalité. Je me fiche que l'expression de cette préoccupation me
    vaille les qualificatifs de tribaliste, de "séparatiche" ou de borné.
    Merci madame Bernier de votre lucidité.

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