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Éducation - Quelle note pour le bulletin unique?

Lisa-Marie Gervais   24 avril 2010  Éducation
Certains parents avaient parfois du mal à bien saisir ce que signifiait la note de leur enfant, accolée à une compétence énoncée dans un jargon parfois incompréhensible.
Photo : Jacques Grenier - Le Devoir
Certains parents avaient parfois du mal à bien saisir ce que signifiait la note de leur enfant, accolée à une compétence énoncée dans un jargon parfois incompréhensible.
La ministre de l'Éducation entend rendre obligatoire dès septembre un bulletin unique dans toutes les écoles primaires et secondaires du Québec. Si l'idée d'un modèle unique de relevé de notes ne semble pas déplaire, cette initiative ministérielle ne se voit pourtant pas attribuer la note A+.
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  • Normande Poirier
    Abonnée
    samedi 24 avril 2010 11h17
    Simplicité affligeante!
    La ministre propose un bulletin unique qui rétablira les notes en pourcentage et les moyennes de groupe; elle imposera un bulletin que les parents peuvent comprendre! Selon moi, cela n’est pas une bonne idée de mettre de côté la notion d’acquisition de compétences qui était au centre des réformes, non plus que de chiffrer en pourcentage ces acquisitions. Cela n’a pas trop de sens, comme le souligne madame Durand. En effet, comment interpréter une note de 70 % pour une compétence donnée? Un peu vague. De plus, le recours à la moyenne du groupe peut être trompeur. En statistique, la moyenne est une mesure centrale d’une distribution pourvu que les données soient homogènes, c’est-à-dire qu’il n’y a pas trop d’écart entre elles. Ce qui est rarement le cas pour les résultats scolaires d’une classe. N’importe quel enseignant confirmera qu’il n’y a pour ainsi dire personne qui a le résultat moyen. D’habitude, on obtient un peloton de tête et un peloton de queue. C’est-à-dire une distribution très asymétrique pour laquelle la mesure centrale la plus indiquée, s’il y en a une, serait peut-être le résultat médian. Mais, il faudrait expliquer au parent ce qu’est une médiane! Et surtout réfléchir encore sur cette question.

    Ce qui serait intéressant pour l’évaluation des apprentissages en regard d’une compétence donnée, serait la création de niveaux (de 1 à 5, par exemple) et de définir pour chaque niveau l’ensemble des habiletés que doit maîtriser l’élève. Et aussi de bien établir, sur le plan des habiletés, ce qui distingue un niveau de celui qui le précède. Sur le bulletin, l'élève aurait une note de 1 à 5 qui rendrait compte de sa maîtrise des habiletés liées à une compétence donnée, lesquelles seraient dument comprises par tous.

    Bien entendu, mettre au point une telle procédure est un processus complexe; en tout cas plus complexe que la méthode simpliste que propose la ministre. On se demande parfois à quoi les fonctionnaires du ministère passent leur temps pour aboutir à des solutions si simplistes que les enfants eux-mêmes auraient pu y penser!

    Il est essentiel de proposer une évaluation qui respecte vraiment l’élève qui apprend en lui indiquant ses forces et ses faiblesses. Celui-ci comprendra qu’il est pris au sérieux et sera d’autant plus incité à s’engager dans ses apprentissages. Dans ce sens, je ne crois pas qu’il soit opportun de chercher à éviter à tout prix à l’élève la dévalorisation de l’échec. Ce n’est pas un service à rendre à quelqu’un de lui faire croire qu’il a réussi alors qu’il a échoué. C’est du mépris.

  • Patrick Viau
    Inscrit
    samedi 24 avril 2010 18h01
    Enfin, un prof équilibré!
    M. Raîche propose ni plus ni moins un compromis entre l'évaluation avant réforme et celle actuelle. Quelle sagesse! Quel réalisme!

    J'évalue mes élèves par compétences et je ne suis pas certain qu'ils connaissent bien tous les concepts prescrits au programme. Je veux bien commenter leur compétence Résoudre des problèmes, mais j'aimerais aussi noter leur acquisition de connaissances.

  • Roland Berger
    Abonné
    samedi 24 avril 2010 21h29
    Connaissances versus compétences
    Avec le nouveau ancien bulletin, un élève pourra cumuler de bonnes notes en vocabulaire, orthographe, grammaire, dictée, et être pourri en rédaction, la compétence à laquelle l'école doit le conduire. Cet élève montera année après année pour aller se casser les dents au secondaire. Un futur décrocheur! Mais il ne faut pas s'en faire. La Ministre, et la plupart des élus de l'Assemblée nationale envoient leurs enfants à l'école privée, assurant ainsi leur relève à la tête d'un Québec champion canadien de l'analphabétisme ! L'égalité des chances en éducation ? Kossé ça?
    Roland Berger
    St. Thomas, Ontario

  • Catherine L
    Inscrite
    dimanche 25 avril 2010 22h33
    Une cobaye de la Réforme
    Étant moi-même de la cohorte de la réforme, je trouve cela décevant qu'au lieu d'expliquer et de renforcer l'évaluation par compétences, à ne pas confondre avec l'apprentissage par compétences, la ministre Mme. Courchesne a décidé d'abolir partiellement, si pas complètement, les réformes apportées à l'enseignement au Québec.

    Comme mentionné plus tôt, je soupçonne le manque d'explications données aux parents par rapport aux critères d'évaluation. Pourtant, ni Lire des textes variés, Uitliser ses connaissances en chimie, ou interpréter un problème du monde contemporain ne me semblent si incompréhensibles. Si je m’en tiens à ma compréhension, les professeurs évaluent, pour une évaluation donnée, un ensemble de critères qui se regroupent sous une de ses compétences. Pour plus de transparence, je conseille aux parents de communiquer avec l’enseignant(e) de votre enfant, qui a plus souvent qu’autrement toutes ces grilles de corrections fraîchement envoyées du Ministère de l’Éducation et de ses nombreux fonctionnaires.

    De plus, le manque d’uniformité dans les différentes commissions scolaires, et dans les écoles d’une même commission scolaire est débalançant. Si A ne vaut pas la même chose dans les différents bulletins des 3 enfants, il est presque certain que «La Réforme» va en prendre le blame dans la pensée des parents. Il ne me semble pas SI complexe de fournir, conjointement avec les grilles de correction si fréquemment renouvelées, UN modèle de bulletin. Ce bulletin, cela va de soit, ne conviendra pas aux attentes de tous, mais au moins nous pourrons tous chialer pour la même cause.

    En conclusion, je tiens à faire hommage à tous mes professeurs, tant au primaire qu’au secondaire, qui ont dû commencer l’année avec : «Alors, cette année je vais apprendre en même temps que vous, vous allez voir!». Eh bien j’ai vu, et je pense sincèrement que si elle avait été mieux expliquée, et appliquée plus rigoureusement, cette fameuse Réforme de l’Éducation aurait été beaucoup plus appréciée, et elle aurait duré.

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