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Écoles illégales - Plus de fermeté

Dans les cours d'école traîneront toujours des gamins malicieux prompts à bafouer les règlements, sous le regard sévère des autorités. Cette polissonnerie atteint les hautes sphères scolaires: une enquête publiée samedi dans Le Devoir révèle que nombre d'écoles illégales, stimulées par la clémence du ministère de l'Éducation, contournent la loi comme les règlements, et ce, sans coup férir.

Le pouvoir de répression du ministère semble inversement proportionnel à sa tolérance, apparemment infinie. Même lorsque sa propre Commission consultative de l'enseignement privé recommande de suspendre le permis d'une école fautive, il arrive que le ministère opte pour les vertus de l'indulgence. Il autorise le fonctionnement d'un établissement pourtant en contravention totale avec ses règlements.

La liste n'est pas légère: en un survol, notre journaliste a trouvé des écoles qui ne respectent ni le Régime pédagogique ni non plus le Programme de formation de l'école québécoise, pourtant censés orienter la bonne marche d'une école. La Charte de la langue française? Une contrainte ennuyeuse pour certaines, qui l'évitent.

Des enseignants détenteurs de permis d'enseigner? Quel embarras! Les rapports de la Commission décortiqués par Le Devoir rendent compte de plusieurs écoles qui ne s'embarrassent pas de cette... formalité. Le ministère, dans une légendaire bonté, adopte une attitude conciliante, tolérant l'inacceptable pour un laps de temps transitoire de... deux, trois ans? Des écoles travaillent sans matériel autorisé, dans des locaux inadéquats. Même si elles sont subventionnées, des écoles privées exigent des parents des droits de scolarité trop élevés. Elles outrepassent les limites. Il s'agit d'un bilan lourd, et il n'est même pas exhaustif.

On a fait grand cas des écoles ultra-orthodoxes, que la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, tente de mettre au pas en exigeant qu'elles se conforment au Régime pédagogique. Mais en marge de ces écoles existe tout un réseau d'établissements «délinquants», soumis, on dirait, à une absence totale de sanctions.

Où s'arrête la tolérance? Dans le cas des écoles hassidiques subventionnées, Québec a justifié des décennies d'indulgence en invoquant l'isolement total de ces filles et garçons s'il advenait qu'on ferme leur école. Cet argument ne vaut pas cependant pour toutes les clientèles. Certaines des écoles visitées par la Commission répètent les mêmes erreurs depuis... dix ans. Qu'attend-on pour sévir?

L'accumulation des manquements conjuguée à une évidente mauvaise foi commandent une plus grande fermeté de la part du ministère. De combien d'inspecteurs dispose-t-il pour couvrir le territoire du Québec et assurer une saine vigilance? À quel rythme se répètent les visites lorsqu'une fautive n'a pas corrigé le tir? Ces incartades ne sont pas banales. L'est encore moins la nonchalance des autorités, qui constitue presque une invitation à la délinquance.

***

machouinard@ledevoir.com
 
 
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  • Dauphin_fou
    Inscrit
    mercredi 31 mars 2010 07h21
    Et l'imputabilité?
    En ce moment, le MELS est à mettre en oeuvre une loi votée en catimini. Cette loi stipule que les établissements d'enseignement publics sont responsables de la réussite des jeunes et de l'application des différentes normes en enseignement. Sur un autre front, le gouvernement tente d'insérer dans la convention collective des enseignants et enseignantes une clause d'imputabilité qui va dans le même sens que la loi. Avec des conséquences négatives à l'appui.

    Je trouve vraiment désolant que l'on puisse sévir contre des enseignants dévoués, mais confrontés à des clientèles difficiles, alors que plusieurs établissements (surtout privés) peuvent ne répondre qu'à peu de norme.

    Ainsi, on demande plus au réseau public et on donne plus au privé.

    Est-ce vraiment le genre de gouvernement que nous voulons comme Société?

  • Carole Dionne
    Inscrite
    mercredi 31 mars 2010 08h32
    QUAND L'ÉCOLE EST FAUTIVE, COURCHESNE CHANGE LA LOI ET C'EST RÉGLÉ...
    Mme Courchesne, celle qui parle toujours "en son âme et conscience", a une drôle de façon de régler certains dossiers. Dans tous les cas, écoles fautives ou écoles de juifs assidhiques, on change la loi de façon à ce que ces écoles ne soient plus fautives. Il fallait y penser.!!!! HUM

  • Michele
    Inscrit
    mercredi 31 mars 2010 08h53
    Le libre choix de l'enseignement privé
    Le Canada a ratifié plusieurs actes juridiques internationaux, le droit de choisir l'enseignement privé figure dans le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et la Convention relative aux droits de l'enfant. De plus, la Charte québécoise confère de manière explicite le droit aux parents de choisir l'enseignement privé. Tous ces droits sont toutefois assujettis au droit de l'État de règlementer les établissements d'enseignement privé.

    Or, il n'est pas toujours facile pour les écoles privées parfois ultra religieuses de se conformer au programme ministériel. À mon avis, il est de loin préférable pour le gouvernement de travailler avec ces écoles plutôt que de les fermer. Principalement, parce que ces écoles religieuses risquent de devenir des écoles souterraines sans aucune surveillance et coupées de tout contact avec l'extérieur.

  • Minona Minona
    Inscrite
    mercredi 31 mars 2010 09h24
    Apprendre aux enfants à se foutre des lois
    @Carole Dionne

    "Dans tous les cas, écoles fautives ou écoles de juifs assidhiques, on change la loi de façon à ce que ces écoles ne soient plus fautives. Il fallait y penser.!!!!"

    C'est exacetement comme si on légalisait la drogue pour ne pas avoir à sévir contre les traficants! On en fait de bons citoyens avec des délinquants sans qu'ils aient eu à changer de comportement. C'est vraiment à vomir!

    Il arrive souvent que l'on déplore le mauvais exemple que les parents donnent à leur enfants en ne respectant pas l'autorité des enseignants et qui sont toujours en conflit avec eux. Ici, ce sont les enseignants et les directions d'écoles qui donnent un mauvais exemple aux enfants en leur apprenant à se foutre des lois!

    Je crois que le Parti Libéral devrait cesser de sacrifier ses derniers lambeaux d'intégrité pour des communautés marginales qui croient pouvoir tout obtenir en faisant du chantage électoraliste et qui apprennent cela aux enfants.

    Je crois aussi que comme ces écoles sont déjà coupées du monde et qu'elles isolent déjà les enfants qui s'y font endoctriner, il n'y a pas d'hésitation à y avoir pour les menacer de fermeture. C'est une situation injuste our toutes les écoles qui respectent les loi et qui se sentent sûrement comme se sentirait un athlète intègre qui verrait un athlète dopé raffler toutes les médailles!

  • Pierre-S Lefebvre
    Inscrit
    mercredi 31 mars 2010 12h47
    Plus de fermeté!
    Vous voulez rire. Les écoles illégales feront des demandes accrues selon les plus récentes nouvelles. Charest et compagnie vivent de la générosité de ces groupes spéciaux qui fournissent une assistance remarquée au Parti Libéral du bureau du Premier ministre. la ministre Courchesne trouve les accommodements que les adjoints de Charest réclament. Le copinage est plus puissant que le peuple silencieux.

  • Yvon Bureau
    Abonné
    mercredi 31 mars 2010 14h50
    Protection de la Jeunesse?
    Ces petits, coupés des autres petits Québécois, leur développement est-il sérieusement compromis, socialement parlant ?

    Il m'arrive parfois d'y croire.

  • Sylvain Auclair
    Abonné
    mercredi 31 mars 2010 18h31
    Plusieurs de ces écoles sont religieuses...
    et les religions se considèrent toujours au-dessus des lois temporelles.

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