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Grève des chargés de cours à l'Université de Montréal - Les étudiants veulent de la transparence

Mélodie Bouchard - Étudiante à l'Université de Montréal  24 mars 2010  Éducation
Au pied du mont Royal, surplombant des rues vertes et animées, l'Université de Montréal m'a toujours fascinée par l'immensité de son campus et la diversité de ses programmes. Elle m'a convaincue de quitter mon patelin de la Mauricie pour venir m'installer au coeur du quartier Côte-des-Neiges et m'asseoir sur ses bancs, avec fierté et ambition.

Un baccalauréat en études internationales en poche et deux années sur le marché du travail plus tard, j'ai décidé de réorienter ma carrière vers la médecine. Déboursant quelque 400 $, j'ai rempli les demandes d'admission des trois universités québécoises francophones offrant le programme. Comme il me manquait quelques cours de sciences pour être admise, je reviens à mon premier amour, l'Université de Montréal, pour suivre ces cours. Une demi-session plus tard, avec des notes avoisinant les 100 %, j'envisage avec fierté mon avenir en tant qu'étudiante en médecine, qui devrait débuter d'ici moins d'un an.

Or, un conflit inattendu vient maintenant jeter de l'ombre sur le beau tableau que je me faisais de cet avenir. Les chargés de cours de l'Université tombent en grève peu avant la semaine de relâche. Un geste violent. Violent, car il compromet ma session et celle de dizaines de milliers d'étudiants. Violent, car il pourra m'empêcher de réaliser mon rêve de devenir médecin. Sans les cours auxquels je suis présentement inscrite, je ne peux pas être admise en médecine.

Un mois plus tard, rien n'est réglé. L'Université a bonifié ses offres, le syndicat ne veut rien entendre. Ce conflit a sa raison d'être et s'enregistre dans le débat autour du financement des universités. Mais les moyens de négocier du syndicat sont absolument déplorables.


En otage

Il tient en otage des dizaines de milliers d'étudiants, le fusil sur la tempe. Les étudiants n'ont aucun mot à dire, ils ne sont pas consultés, alors que ce sont eux qui reçoivent le service offert. Alors que ce sont eux qui voient leur projet d'avenir, leurs rêves, être compromis. La grève n'est pas la solution.

Les étudiants risquent de perdre une année de leur vie. Ces mêmes étudiants qui ont travaillé fort pendant la moitié de la session et qui verront tous leurs efforts être sabotés. Ces étudiants qui sont acceptés à la maîtrise sous condition d'avoir obtenu leurs 90 crédits. Ces étudiants étrangers qui paient si cher, avec un visa d'études, et qui seront embourbés dans la paperasse jusqu'au cou pour le prolonger. Ces étudiants qui ont des engagements de stage ou d'emploi d'été qui devront être retardés. Chaque jour de plus de cette grève engendre des coûts immenses pour les étudiants. Et le pire, c'est que, selon M. Luc Granger, vice-recteur adjoint aux affaires professorales, l'Université ne perd absolument rien pendant cette grève.

Je crois m'exprimer au nom de centaines d'étudiants exaspérés par la grève lorsque je demande au syndicat d'être clair quant à ses motivations de poursuivre la grève. Je leur pose la question suivante: si vous savez que l'Université ne perd rien pendant votre grève, pourquoi la poursuivez-vous? Vous fiez-vous aux étudiants pour faire les pressions à votre place? Utilisez-vous les étudiants comme outil pour arriver à vos fins? Ou pire, voulez-vous tout faire pour que le semestre soit annulé et que l'Université ait à nous rembourser? Soyez transparents!

*****

Mélodie Bouchard - Étudiante à l'Université de Montréal
 
 
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  • Marc-Andre Houle
    Inscrit
    mercredi 24 mars 2010 09h10
    Mauvaise cible
    Par votre lettre vous démontrez clairement que les étudiants ne s'attaquent pas à la bonne cible en critiquant le syndicat des chargés de cours de l'Université de Montréal. En citant le vice-recteur Granger, qui affirme que l'Université ne perd absolument rien pendant cette grève, vous faites la preuve que les étudiants auraient tout intérêt à appuyer les chargés de cours et à faire pression sur la direction pour que soit prises en compte les demandes du syndicat. Par cette affirmation, la direction montre le peu d'estime qu'elle a envers ces étudiants, alors que cette grève (qui n'est pas un geste violent, au contraire) vise, au final, à améliorer les conditions de l'enseignement, de votre enseignement.

    Malheureusement, votre attitude individualiste et fataliste n'apporte rien de nouveau au débat sur l'éducation et ne fait que polariser chargés de cours et étudiants, alors que les pressions se doivent d'être exercées sur la direction.

  • Hugues Marier
    Inscrit
    mercredi 24 mars 2010 09h41
    Mesurez vos propos svp
    Un geste violent, le fusil sur la tempe, vous n'y allez pas de main morte. Je crois que des propos plus mesurés s'imposent, surtout de la part d'une personne qui semble si peu renseignée (vous ne présentez qu'un seul côté de la médaille, c'est assez évident). L'offre présentée par l'université n'était pas "bonifiée" comme vous en avez eu l'impression (ou comme vous vous voulez le laisser croire, selon votre objectif). Au contraire, elle comportait des reculs inacceptables, même par rapport à la convention existante. Ce n'est pas sans raison qu'elle a été rejetée à un aussi haut taux lors de la dernière assemblée. En fait, si vous connaissiez l'historique des négociations vous auriez compris que, lorsque l'université à présenté sa dernière offre, elle a littéralement joué au poker avec votre session. Elle espérait très clairement que le groupe de chargés de cours contre la grève l'emporterait et elle en a profité pour déposer une offre à rabais et a exigé qu'elle soit présentée en assemblée générale. Malheureusement cette offre a, au contraire, gonflés les rangs des partisans de la grève. Depuis, la partie patronale se défile et évite la table de négociation. C'est elle qui étire la grève. Demain, une semaine se sera écoulée depuis la dernière AG sans qu'il n'y ait eu la moindre discussion entre les parties. Je crois que en vous en prenant aux chargés de cours vous visez la mauvaise cible Mme Bouchard. Voici un lien qui vous permettra de vous renseigner sur la position des chargés de cours : http://scccumennego.blogspot.com/.

  • Laurent Trempe
    Inscrit
    mercredi 24 mars 2010 10h14
    Une honte
    Je suis horrifié à la lecture de cette lettre qui devrait faire figure de honte nationale au Musée d'Art Contemporain de Montréal. Franchement, mais quel... manque de solidarité ! mais quel ÉGO ! Le ton est d'un snobisme et d'une bourgeoisie hautaine qui donne tout simplement mal au coeur.

    Franchement, en relatant avec aussi peu de scrupule un bel avenir reluisant saccagé par une grève de chargés de cours qui en ont assez des conditions de travail qui les empêche de vivre un quotidien tout aussi reluisant que vous planifiez votre avenir, vous verser dans une rare démagogie.

    J'ai honte deux fois; une fois pour vous, et une autre fois pour mon peuple.

  • Gabriel Danis
    Abonné
    mercredi 24 mars 2010 11h02
    Nombrilisme
    Quel commentaire pathétique ! Savez vous que les dirigeants de l'Unviersité de Montréal se sont votée une augmentation salariale rétroactive de l'ordre de 2,5 M $ pour les deux dernières années alors que l'ensemble des demandes des centaines de chargés de cours se chiffre à 5 M $ ?
    En passant, comme vous n'êtes qu'en mesure d'envisager tout conflit qu'avec votre lorgnette indivuelle, la demande des chargés de cours de réduire la taille des groupes vous concerne personnellement. Ça permettra peut-être à votre petit nombril de recevoir une éducation de meilleure qualité.

  • Charlotte S
    Inscrit
    mercredi 24 mars 2010 11h32
    On aura tout lu
    Je suis aussi une étudiante « privée de cours ».
    Et lorsque vous déclarez « Je crois m'exprimer au nom de centaines d'étudiants exaspérés par la grève lorsque je demande au syndicat d'être clair quant à ses motivations de poursuivre la grève. », vous me donnez mal au coeur.

    Le début de votre lettre est très révélateur : vous y faites l'exposition, en long et en large, de votre cheminement personnel. De vos motivations d'étudier à l'U-de-M. De vos aspirations. De vos résultats scolaires, même, pourquoi pas. Ça fait si bonne figure de débuter une lettre en mentionnant notre moyenne de presque 100%. Ça ajoute de la crédibilité, peut-être?!
    Mais examinons la suite.

    Je vous rassure tout de suite, votre ambition de devenir médecin ne sera pas compromise par la grève. Même advenant une annulation de la session (ce qui ne s'est encore jamais vu), je suis bien certaine que l'Université mettrait en place des mesures pour que vous et tous vos camarades de l'année préparatoire puissiez entrer en médecine.

    Vous dites qu'un mois plus tard, l'Université a bonifié ses offres. Savez-vous seulement en quoi consiste cette bonification?
    Je vous suggère la lecture de la dite « offre finale » de l'Université :
    http://www.umontreal.ca/personnel/infonego/scccum/

    Les chargés de cours exercent un métier formidable. Souvent en parallèle avec des études doctorales ou post-doctorales. Et c'est considérable, le saviez-vous? Et s'ils continuent d'exercer ce métier après l'obtention de leur doctorat ou post-doctorat, ils travailleront, tout au plus, pour un salaire équivalent au quart de ce que vous gagnerez, vous, après le même nombre d'années d'étude. Sans parler de leurs conditions de travail extrêmement précaires.
    Pour plus d’informations, je vous renvoie aux commentaires précédents et au blog du SCCCUM (http://scccumennego.blogspot.com).

    Ah, et un détail. « Les étudiants n'ont aucun mot à dire, ils ne sont pas consultés, alors que ce sont eux qui reçoivent le service offert. » : ben non, c'est une grève... Je suppose que pour vous, les éboueurs devraient demander aux citoyens la permission de ne pas ramasser leurs ordures si la nécessité d’une grève s’impose?
    Ou, plus simplement, se la fermer et continuer de travailler dans des conditions déplorables sans protester?!

    En regard, donc, de ce que vous avez écrit précédemment, il apparaît que lorsque vous défendez les intérêts de « Ces mêmes étudiants qui ont travaillé fort pendant la moitié de la session et qui verront tous leurs efforts être sabotés. Ces étudiants qui sont acceptés à la maîtrise sous condition d'avoir obtenu leurs 90 crédits. Ces étudiants étrangers qui paient si cher, avec un visa d'études, et qui seront embourbés dans la paperasse jusqu'au cou pour le prolonger. Ces étudiants qui ont des engagements de stage ou d'emploi d'été qui devront être retardés. », vous défendez en fait vos propres intérêts. C'est pourquoi je vous demande de regarder la situation de l'autre côté : quand bien même votre rêve personnel serait retardé d'une petite session, qu'est-ce que cela, si cela permet d'assurer des conditions de travail décentes à quelque 2400 chargés de cours?

    Alors, si c’est cela, être tenue en otage, je m'y prête de bonne grâce.

  • Une etudiante
    Inscrit
    mercredi 24 mars 2010 13h16
    En désaccord avec la grève
    Bien que je comprenne les requêtes des chargés de cours, je suis dans l'obligation d'affirmer que cette grève a des conséquences très importantes pour moi, tout comme l'affirme l'étudiante qui a écrit ce mot.

    En effet, chaque jour où je devrai rattraper les cours annulés est une journée de moins de salaire d'été. Pour moi, ce salaire est capital. Chaque dollard est compté et donc chaque journée où je ne pourrai pas travailler cet été à cause du prolongement des cours aura des conséquences importantes pour moi.

    Je comprends bien que certains nous disent d'être solidaires, mais quand cela nous touche directement et a des impacts financiers importants, c'est pas mal moins drôle !

    Facile de dire de regarder la situation de l'autre côté... mais essayez de vous placer du côté des étudiants qui perderont des sous là-dedans...

    Oui peut-être que réduire la taille des groupes serait bénéfique.. mais pour l'instant, il faudrait penser aussi aux conséquences qu'engendrent cette grève.

    Et de retarder mes études d'un session ? Pas question ! Oubliez ça !

    Je suis convaicue que ce qu'a écrit cette étudiante reflète ce que pense des miliers d'étudiants.. parce qu'autour de moi, tous les étudiants que je connais sont exaspérés et ont hâte de retourner sur les bancs d'école. Nous avons soif de savoir, nous payons pour recevoir ce service et nous aimerions donc en bénéficier. En plus, nous devons nous préparer aux examens, car nous ne savons pas quand la grève se terminera... imaginez le stress d'étudier au cas où, mais qu'à chaque semaine, tout tombe à l'eau...

    Et surtout, ne me dites pas de me trouver un autre emploi en attendant que la grève finisse... qui voudrait engager un étudiant pour quelques jours au cas où ... voyon! Soyez réalistes de votre côté aussi!

    Que la grève se termine, que nous puissions retourner en classe et que chacun obtienne ce qu'il désire.. voilà ce que je souhaite.

    Et je suis tannée d'être une otage...

  • Khayman
    Abonné
    mercredi 24 mars 2010 14h06
    La solidarité n'est pas une notion à sens unique
    Lire une étudiante accuser sans nuance un syndicat de tous ses maux me fait douter sur ses capacités de future médecin à cerner la source des bobos de ses patients.

    Pensez-vous vraiment que vos profs (car les chargés de cours sont des professeurs eux aussi) sont heureux de la situation ? Qu'ils font la grève pour le fun ? Ils se battent pour de meilleures conditions d'enseignement, conditions dont vous serez les premiers bénéficiaires.

    Les étudiants ont fait plusieurs grèves depuis que j'enseigne. Je les ai toujours soutenu dans leurs luttes, même si cela m'obligeait à reprendre gratuitement des journées de cours à la fin de la session.

    On se souviendra de votre solidarité Mme Bouchard au moment où vous sortirez à votre tour dans la rue pour dénoncer la très prochaine hausse vertigineuse des frais de scolarité universitaires, hausse qui sera particulièrement marquée pour les étudiants en médecine :

    http://www.ledevoir.com/societe/education/283698/d

  • Zed
    Abonné
    mercredi 24 mars 2010 14h42
    Étudiants effectivement pris en otage
    Tout le mépris des détracteurs de Mlle Bouchard ne changera absolument rien aux faits suivants :

    1) La grève est un moyen de pression ; aussi convient-il de se demander en quoi elle met quelque pression sur l'université.

    2) La réponse qui s'impose est la suivante : elle nuit au bien-être des étudiants, et c'est l'Université qui devrait en porter l'odieux (c'est du moins ce que les grévistes et leurs supporters soutiennent). La pression ne s'exerce donc qu'au détriment du bien-être des étudiants.

    3) On peut en conclure qu'effectivement, les étudiants sont pris en otage par les grévistes.

    4) On peut souligner au passage que Mlle Bouchard a payé pour un service et que ce service lui est maintenant refusé, avec tout ce que cela comporte d'inconvénients.

    Il faut en conclure que sa position est tout à fait défendable et, surtout, que tout le mépris auquel elle a eu droit est tout à fait injustifié : les grévistes et leurs supporters ne détiennent pas la vérité absolue en éthique, quoiqu'ils semblent en penser ...

  • Melanie Pare
    Inscrit
    mercredi 24 mars 2010 15h39
    L'Université aussi est à pointer du doigt
    Vous voyez madame Bouchard que vous entrez en terrain glissant. Si vous dites que les chargés de cours n'ont pas raison de faire la grève, vous n'êtes pas solidaire. Si vous dites que vos projets sont compromis, vous êtes individualiste. Si vous dites que les étudiants sont pris en otage par le syndicat, vous ne comprenez pas les pauvres chargés de cours qui ont des conditions de travail minables.

    Je ne suis pas pour cette grève non plus et je suis chargée de cours. Je pense qu'en tant que professionnels de l'éducation (avec des maîtrises et des doctorats en poche!), nous devrions considérer l'impact de cette grève sur les étudiants que nous sommes sensés instruire. Nous avions l'obligation de considérer d'autres moyens de pression. Nous aurions dû être capables de discuter avec la partie patronale avec diplomatie.

    Il y a une seule chose sur laquelle je ne suis pas d'accord avec vous. L'Université est aussi à blâmer, car un conflit implique toujours deux parties. En faisant une offre finale qui coupait "à la scie à chaîne" dans le texte de la convention collective, des extraits qui n'avaient même pas fait l'objet des négociations, ils ont mis le feu aux poudres. Je ne suis pas plus pour la grève. Mais nous ne sommes pas assez nombreux pour arrêter ceux qui la souhaite et vont aller jusqu'au bout...

    Prenez votre mal en patience ou faites quelque chose de créatif pour faire valoir votre point... Car je trouve que c'est bien de créativité et d'originalité dont manque les deux parties en cause qui répètent des modèles de négo aussi désuets qu'inefficaces.

  • Vladimir Tremblay
    Inscrit
    mercredi 24 mars 2010 18h30
    C'est vrai qu'elle est égoïste cette jeune étudiante
    Franchement, il n'y a pas de mal à défendre ses intérêts. Les chargés de cours font la même chose. C'est logique que vous soyez contre les moyens de pression. Mais tant qu'à utiliser une telle plateforme pour vous lamenter, vous auriez peut-être du garder pour vous vos ambitions personnelles, vos émotions et vos résultats scolaires et parler au NOUS (comme font les chargés de cours...)

  • Olivier Savary
    Inscrit
    jeudi 25 mars 2010 11h56
    Réponse à Zed
    Des faits. Il me semble qu'en général les faits jouissent d'une objectivité indéniable à tel point qu'il n'y a pas lieu d'y ajouter de commentaires. Toutefois, vos faits demandent justification de votre part, ce qui en fait plutôt de l'idéologie. Voici d'autres «faits» :

    1) Les chargéEs de cours ont des conditions de travail pitoyables en regard de leur compétence académique et intellectuelle

    2) Le bien-être actuel des étudiant ne se place jamais dans une perspective de bien-être social; on confronte donc une mouvement de grève à une idéologie individualiste

    3) La conclusion de la prise d'otage est un sophisme. La violence est une une exagération. Sans faire de démagogie, osez-vous vraiment vous comparer à Ingrid Bétancourt ?

    4) l'éducation n'est pas un service. une telle attitude est exactement ce qui nuit à notre éducation. Si vous pensez que l'université est un moyen d'acquérir un bagage de connaissance afin de dénicher un emploi payant, et bien c'est que le néolibéralisme a gagné.

    Étudiant en sciences humaines, je lutterai toujours contre cette perspective, l'éducation est une fin en soi, elle n'est pas un moyen. L'éthique n'est pas plus détenus par les pitoyables étudiants, puisque ceux-ci baignent dans l'idéologie et que la perte de leur confort leur empêche l'effort de réflexion cherchant à comprendre une grève. Ils sont dans la réactions, tandis que les chargés de cours sont dans l'actions, ce qui leur confère un niveau d'éthique hautement plus justifiable.

  • gnourry-marquis
    Inscrit
    jeudi 25 mars 2010 16h33
    Méchanceté et mauvaise cible
    Je suis sidéré de lire les réponses à cette lettre ouverte. Certains commentaires sont simplement méchants, et personnels. Mlle Bouchard n'attaque personne dans sa lettre, elle analyse une situation de son point de vue d'étudiante et c'est son droit. Et comble de l'ire, certains on honte pour "leur peuple", après quelques lignes d'attaques personnelles. C'est beau de posséder la définition du peuple... d'un peuple agressif? Heureusement, la majorité des commentaires font progresser utilement le débat.

    Tout d’abord, le sujet me semblait évident, l'écrivaine exposait les impacts néfastes des moyens de pression utilisés sur sa session, sur sa vie. Ce n'est pas qu'être individualisme que de se soucier d’également sa propre vie. Elle expose clairement que ce conflit "a sa raison d'être". Alors à tous ceux qui l'accusent de se foutre des conditions de travail des chargés de cours, vous manquez votre cible.

    De plus, je suis en accord avec l'argumentation de Mlle Bouchard, qui souligne que les étudiants ont été pris en otage par les chargés de cours, aussi noble soit leur cause, de manière agressive. C'est évident que pour eux, c'est le meilleur outil de négociation, que d'y aller rapidement par une grève, en milieu de session.

    Finalement, je n’oserais dire que je connais tous les détails de ces négociations, alors je ne prendrai pas position. Cependant, je serai solidaire envers les étudiant(e)s, ceux qui subissent les dommages collatéraux de ce conflit, les seuls à être certain d’y perdre à la fin, et qui se font accuser en plus de manquer de solidarité. Ce n’est pas leur conflit. Ce n’est pas un conflit de fond sur la qualité de l’éducation, mais sur des conditions de travail.

  • Zed
    Abonné
    jeudi 25 mars 2010 19h28
    Réponse à Olivier Savary
    Mon cher Olivier,

    Si vous le voulez bien, je vais reprendre chacun des quatre points que j'ai tenté de faire valoir brièvement dans ma première intervention, et voyons ensemble s'ils demandent à être justifiés (car au risque de vous déplaire, je dois vous souligner que pour les deux premiers, vous vous êtes contenter d'affirmer la chose, sans même tenter de l'établir) :

    1) Je ne crois pas que le fait qu'un moyen de pression ait pour but d'appliquer de la pression sur le parti adverse demande à être justifié ; il s'agit d'une vérité analytique.

    2) Il faut donc se demander pourquoi l'Université voudrait éviter que la grève se poursuive, en quoi elle pourrait ressentir une certaine pression d'y mettre fin (en en venant à une entente avec les grévistes). Il peut y avoir plusieurs raisons, principales et secondaires, mais la plus importante, vous en conviendrez, est que les conséquences de cette grève risquent d'être plutôt fâcheuses pour les étudiants. On peut d'ailleurs soupçonner les instigateurs de la grève d'espérer que la pression sur le parti adverse viendra notamment des étudiants, exaspérés et craintifs quant aux conséquences potentielles du prolongement de la grève.

    3) Manifestement, l'expression «être pris en otage» vous heurte au plus haut point. Par contre, personne n'a dit que la situation des étudiants étaient pareille à celle d'Ingrid Bétancourt. C'est vous qui commettez un sophisme, à savoir le sophisme qui consiste à caricaturer la position de son adversaire pour mieux l'attaquer. Ceci dit, il y a néanmoins une analogie à faire avec une réelle prise d'otage. Après tout, si l'expression est si répandue lorsqu'il y a grève dans un service «public», il doit bien y avoir une raison. La voici : les étudiants sont parties prenantes d'une situation bien malgré eux. Leur bien-être est menacé - je crois que Mlle Bouchard a suffisamment fait valoir la chose - sans que ceux-ci n'y aient jamais consenti. Ils sont, tout comme de réels otages, instrumentalisés afin de servir une cause qu'ils n'ont pas choisi de défendre et, en ce sens, on peut dire qu'effectivement, violence leur est faite : on leur impose une situation pour le moins indésirable dont ils n'ont pas voulu (du moins est-ce le cas de plusieurs d'entre eux) ; ils n'ont pas, à ce que je sache, été consultés. On pourrait choisir un autre terme que celui de «violence», si cela peut calmer vos ardeurs, mais l'analogie de la prise d'otage demeure somme toute assez justifiable.

    4) Vous niez que l'éducation soit un service. Et bien voilà une chose qui a de quoi surprendre. Quel est votre argument au juste ? Ah, le voici : «Si vous pensez que l'université est un moyen d'acquérir un bagage de connaissance (sic) afin de dénicher un emploi payant, et bien c'est que le néolibéralisme a gagné.» Serait-ce donc que pour vous, un service ne peut avoir que pour objet quelque bienfait facilitant l'obtention d'un travail payant ? J'en doute. Probablement vouliez-vous plutôt dire par là que fondamentalement, «l'éducation est une fin en soi, (qu')elle n'est pas un moyen.» Voilà une belle formule toute faite qui demande à être évaluée. Allons-y :

    a. L'un n'empêche pas l'autre. On peut être une fin en soi et un moyen en vue de quelque chose d'autre.

    b. Mais surtout, même si l'éducation n'était qu'une fin en soi, je ne vois pas pourquoi cela aurait pour effet de faire en sorte que lorsque l'on débourse de l'argent en vue de l'obtenir, on peut ensuite nous la refuser sans que l'on y ait consenti. À vrai dire, j'aurais plutôt tendance à croire que c'est tout le contraire : il y a la une raison supplémentaire pour ne pas la refuser contre son gré à une personne qui a rempli préalablement les conditions qui devaient lui permettre de l'obtenir.

    Je pourrais poursuivre longuement, mais je vais m'arrêter ici en ce qui a trait aux quatre faits que j'ai exposés et à la pseudo critique que vous en faites.

    Cependant, je vous promets que si j'en trouve le temps, je reprendrai plus tard ma critique de votre intervention, puisque vous êtes un étudiant en sciences humaines qui, manifestement, pourrait profiter d'une leçon ou deux de rigueur intellectuelle.

    Bien à vous,

    Zed

  • aie aie aie
    Inscrit
    mardi 30 mars 2010 12h43
    Négociations GO GO GO
    Les chargés de cours sont la pierre angulaire de l'enseignement au premier cycle. En effet, ils donnent environs 50 % des cours au baccalauréat. Ils sont indispensables, ils font un travail remarquable et terriblement précaire. Rares sont les chargés de cours syndiqués au Canada, rares sont leurs rassemblements et leurs mobilisations, parce que ces gens travaillent souvent ailleurs en plus de leur charge de cours, ces gens étudient, ces gens ont des enfants, une vie. Ces gens qui ne sont souvent que de passage dans le milieu de l'éducation se sont rassemblés pour nous dire qu'ils sont indispensables au bon fonctionnement de l'université, cette dernière doit le reconnaître. Le patronnat doit en offrir d'avantage, il ne s'agit pas juste de 500 dollars par charge de cours, il s'agit de retraite, de droit d'auteur, de conditions de travail. Devant le spectre d'une session annulée, l'université peut-elle encore prétendre que les chargés de cours qui désirent de meilleurs conditions n'ont qu'à devenir professeurs ? RÉVEILLEZ-VOUS, négociez de bonne foi, les chargés de cours sont indispensables.

  • Maggy Potvin
    Inscrit
    mardi 30 mars 2010 23h08
    Vu d'une étudiante
    À la suite de la lecture de multiples commentaires, je dois donner mon opinion.

    Je ne vais parler qu'à mon nom puisque je suis seule à l'écrire, mais je crois que d'autres pourraient avoir la même opinion que moi sur cette affaire.

    Premièrement, vous dites que l'étudiante qui a écrit la lettre d'opinion à tort, qu'elle est égoïste et bien d'autres choses. Toutefois, ceux qui disent cela ne comprennent pas notre situation à nous les étudiants. On pourrait dire que nous nous retrouvons dans un divorce et que notre opinion ne vaut rien. On parle mais personne n'écoute.

    Je suis totalement d'accord avec l'étudiante au départ. Oui, je sais les deux parties ont des éléments fautifs. Néanmoins, cela ne veut pas dire que les chargés de cours ont le droit de faire ce qu'ils font maintenant. Il n'y a pas seulement une solution pour montrer qu'une situation ne va pas bien. Pourtant, les chargés de cours ne sont pas très créatifs sur ce côté.

    Par ailleurs, les chargés de cours sont payés pendant la grève, donc pourquoi ne pas la continuer. Si ceux-ci se soucieraient réellement des étudiants, nous serions déjà sur les bancs d'école. Cela fait maintenant 5 semaines que la grève est là et expliquez-moi pourquoi celle-ci continue encore ???? Bonne question ! Là, les chargés de cours vont dire c'est l'université qui ne veut rien savoir. Mais pour moi les deux ne veulent pas faire de concessions. Ils sont coupables les deux.

    Ah oui ! Dans un commentaire des commentaires, il est écrit que les étudiants sont individualistes. Pourtant, les chargés de cours le sont également. Ils ne se rendent pas compte des conséquences sur les étudiants. Nous, on perd tout et vous vous êtes les gagnants. Une simple question: allez-vous me donner l'argent que nous allons perdre et nous donner une année de votre vie pour la perte de temps engendrée par votre action ?

    Oui, mes paroles sont dures, mais cela démontre uniquement mon exaspération due à cette grève qui continue. Oui, nous sommes pris en otage. La définition revient directement à la situation des étudiants : "Personne retenue pour garantir l'obtention de quelque chose." (http://www.linternaute.com/dictionnaire/fr/sens/ot Venez dire le contraire et vous serez individualiste parce que vous ne serez pas capable de vous mettre à notre place.

    De même aujourd'hui, je suis désolé de l'affirmer, il faut un diplôme ou des études pour avoir un travail payant. Bien sûr ! Tout le monde voudrait apprendre par lui-même et d'une autre façon que d'aller à l'école, mais la réalité est celle-ci. Si on veut apprendre, c'est sur les bancs d'école pour avoir le papier qui le montre. Toutefois, le meilleur enseignement que l'on reçoit c'est dans la vraie vie puisqu'on en apprend beaucoup plus.

    Pour terminer, j'étais avec les chargés de cours dans leur volonté de changement. Néanmoins. maintenant, je suis contre parce que cela n'a plus aucun sens. Je ne suis pas prête à perdre 4 mois de ma vie pour que eux reçoivent plus d'argent. J'ai plus l'impression qu'ils regardent l'argent et que ceux-ci se fichent complètement des étudiants. Je suis désolée d'en être arriver à un tel point, mais il s'agit de mon opinion. Certains seront contre, cela ne me dérange pas. Malgré tout, je tiens à dire que les chargés de cours ne sont pas si pires que ça quand même. Je connais des personnes qui ont quasiment rien et qui travaille quand même. Les chargés de cours veulent toujours plus comme n'importe qui d'autres sur Terre, mais là ils ont oublié que dans leur soif d'argent et de gagner, ils ont oublié les étudiants qui souffrent de cette longue attente et qui en ont assez de cette situation.

  • Maggy Potvin
    Inscrit
    mardi 30 mars 2010 23h16
    30 000 étudiants
    Ce message est pour cette personne qui a écrit cela:
    "uand bien même votre rêve personnel serait retardé d'une petite session, qu'est-ce que cela, si cela permet d'assurer des conditions de travail décentes à quelque 2400 chargés de cours?"

    Je ne suis pas d'accord avec vous, mais je n'aurais aucun problème à supporte les chargés de cours si ceux-ci me donnerait à moi et à mes autres collègues l'argent qu'ils auraient perdu dans cette affaire. Savez-vous qu'il y a 30 000 étudiants qui n'auront rien dans cette histoire.

    Donc, je vous retourne la question pourquoi les étudiants devraient faire une telle chose pour que les chargés de cours aient ce qu'ils veulent ?

  • Maggy Potvin
    Inscrit
    mardi 30 mars 2010 23h19
    demande de blocus
    J'espère que le modérateur laissera passer ce message.

    Celui-ci s'adresse à tous ceux et celles qui en ont assez de cette grève et qui sont d'accord avec l'étudiante qui a écrit la lettre.

    Je vous demande seulement d'envoyer la lettre à cette adresse pour manifester votre mécontentement.

    http://www.faecum.qc.ca/

    Merci beaucoup à tout le monde !

  • Philippe V.
    Inscrit
    samedi 3 avril 2010 10h36
    Des otages
    Ayant habité en Colombie pour près de deux ans, où des milliers de personnes ont été et sont toujours effectivement séquestrés par des groupes armés, j'ai été choqué par les propos de Mme Bouchard. Ces personnes ont VRAIMENT un fusil à la tempe, sont VRAIMENT des otages, souvent pendant plusieurs années.

    Moi-même étant un étudiant à l'UdeM touché par la grève (quatre de mes cours sont présentement suspendues), notre situation ne s'apparente AUCUNEMENT à une prise d'otage. Le choix des mots est malheureux et rappelle plutôt le discours des réactionnaires qui regarde d'un mauvais œil toute grève. Ces même réactionnaires qui caricaturisent les syndiqué-e-s comme étant des égoïstes assoiffés d'argent (on pourrait écrire la même chose du C.A de l'UdeM et des étudiant-e-s qui sont aussi "assoiffés d'argent").

    Il faut se rendre compte que les grèves sont nécessaire principalement car les milieux de travail ne sont pas démocratiques. Ce ne sont pas les travailleurs qui fixent leurs conditions salariales, ce sont des conseils d'administrations qui, dans les universités, avec le projet de loi sur la gouvernance du gouvernement libéral, sont de plus en plus livrés à des gens du milieux des affaires. La commnauté universitaire à de moins en moins sont mot à dire. Dans ce contexte, la grève s'impose d'autant plus.

    Les chargé-e-s de cours aussi ont des rêves! Moi, on m'a appris plus jeune que quand des personnes décident de faire la grève, elles ont souvent des sacrées bonnes raisons de le faire.

    Enfin, j'espère sincèrement que notre session à l'UdeM en sera le moins possible affecté. Mme Bouchard à raison de dire ça peu gâcher les projets de beaucoup d'étudiants, et ça doit être mis dans la balance. Cependant, ça me semble être plutôt l'administration qui joue avec notre session que les chargés de cours. J'espère que les gestionnaires de l'UdeM se responsabiliserons des conséquences de leur intransigeance, et mettra en œuvre des solutions pour accommoder tous les étudiant-e-s qui seront affecté par la grève.

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