Grève des chargés de cours à l'Université de Montréal - Les étudiants veulent de la transparence
Au pied du mont Royal, surplombant des rues vertes et animées, l'Université de Montréal m'a toujours fascinée par l'immensité de son campus et la diversité de ses programmes. Elle m'a convaincue de quitter mon patelin de la Mauricie pour venir m'installer au coeur du quartier Côte-des-Neiges et m'asseoir sur ses bancs, avec fierté et ambition.
Un baccalauréat en études internationales en poche et deux années sur le marché du travail plus tard, j'ai décidé de réorienter ma carrière vers la médecine. Déboursant quelque 400 $, j'ai rempli les demandes d'admission des trois universités québécoises francophones offrant le programme. Comme il me manquait quelques cours de sciences pour être admise, je reviens à mon premier amour, l'Université de Montréal, pour suivre ces cours. Une demi-session plus tard, avec des notes avoisinant les 100 %, j'envisage avec fierté mon avenir en tant qu'étudiante en médecine, qui devrait débuter d'ici moins d'un an.
Or, un conflit inattendu vient maintenant jeter de l'ombre sur le beau tableau que je me faisais de cet avenir. Les chargés de cours de l'Université tombent en grève peu avant la semaine de relâche. Un geste violent. Violent, car il compromet ma session et celle de dizaines de milliers d'étudiants. Violent, car il pourra m'empêcher de réaliser mon rêve de devenir médecin. Sans les cours auxquels je suis présentement inscrite, je ne peux pas être admise en médecine.
Un mois plus tard, rien n'est réglé. L'Université a bonifié ses offres, le syndicat ne veut rien entendre. Ce conflit a sa raison d'être et s'enregistre dans le débat autour du financement des universités. Mais les moyens de négocier du syndicat sont absolument déplorables.
En otage
Il tient en otage des dizaines de milliers d'étudiants, le fusil sur la tempe. Les étudiants n'ont aucun mot à dire, ils ne sont pas consultés, alors que ce sont eux qui reçoivent le service offert. Alors que ce sont eux qui voient leur projet d'avenir, leurs rêves, être compromis. La grève n'est pas la solution.
Les étudiants risquent de perdre une année de leur vie. Ces mêmes étudiants qui ont travaillé fort pendant la moitié de la session et qui verront tous leurs efforts être sabotés. Ces étudiants qui sont acceptés à la maîtrise sous condition d'avoir obtenu leurs 90 crédits. Ces étudiants étrangers qui paient si cher, avec un visa d'études, et qui seront embourbés dans la paperasse jusqu'au cou pour le prolonger. Ces étudiants qui ont des engagements de stage ou d'emploi d'été qui devront être retardés. Chaque jour de plus de cette grève engendre des coûts immenses pour les étudiants. Et le pire, c'est que, selon M. Luc Granger, vice-recteur adjoint aux affaires professorales, l'Université ne perd absolument rien pendant cette grève.
Je crois m'exprimer au nom de centaines d'étudiants exaspérés par la grève lorsque je demande au syndicat d'être clair quant à ses motivations de poursuivre la grève. Je leur pose la question suivante: si vous savez que l'Université ne perd rien pendant votre grève, pourquoi la poursuivez-vous? Vous fiez-vous aux étudiants pour faire les pressions à votre place? Utilisez-vous les étudiants comme outil pour arriver à vos fins? Ou pire, voulez-vous tout faire pour que le semestre soit annulé et que l'Université ait à nous rembourser? Soyez transparents!
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Mélodie Bouchard - Étudiante à l'Université de Montréal
Un baccalauréat en études internationales en poche et deux années sur le marché du travail plus tard, j'ai décidé de réorienter ma carrière vers la médecine. Déboursant quelque 400 $, j'ai rempli les demandes d'admission des trois universités québécoises francophones offrant le programme. Comme il me manquait quelques cours de sciences pour être admise, je reviens à mon premier amour, l'Université de Montréal, pour suivre ces cours. Une demi-session plus tard, avec des notes avoisinant les 100 %, j'envisage avec fierté mon avenir en tant qu'étudiante en médecine, qui devrait débuter d'ici moins d'un an.
Or, un conflit inattendu vient maintenant jeter de l'ombre sur le beau tableau que je me faisais de cet avenir. Les chargés de cours de l'Université tombent en grève peu avant la semaine de relâche. Un geste violent. Violent, car il compromet ma session et celle de dizaines de milliers d'étudiants. Violent, car il pourra m'empêcher de réaliser mon rêve de devenir médecin. Sans les cours auxquels je suis présentement inscrite, je ne peux pas être admise en médecine.
Un mois plus tard, rien n'est réglé. L'Université a bonifié ses offres, le syndicat ne veut rien entendre. Ce conflit a sa raison d'être et s'enregistre dans le débat autour du financement des universités. Mais les moyens de négocier du syndicat sont absolument déplorables.
En otage
Il tient en otage des dizaines de milliers d'étudiants, le fusil sur la tempe. Les étudiants n'ont aucun mot à dire, ils ne sont pas consultés, alors que ce sont eux qui reçoivent le service offert. Alors que ce sont eux qui voient leur projet d'avenir, leurs rêves, être compromis. La grève n'est pas la solution.
Les étudiants risquent de perdre une année de leur vie. Ces mêmes étudiants qui ont travaillé fort pendant la moitié de la session et qui verront tous leurs efforts être sabotés. Ces étudiants qui sont acceptés à la maîtrise sous condition d'avoir obtenu leurs 90 crédits. Ces étudiants étrangers qui paient si cher, avec un visa d'études, et qui seront embourbés dans la paperasse jusqu'au cou pour le prolonger. Ces étudiants qui ont des engagements de stage ou d'emploi d'été qui devront être retardés. Chaque jour de plus de cette grève engendre des coûts immenses pour les étudiants. Et le pire, c'est que, selon M. Luc Granger, vice-recteur adjoint aux affaires professorales, l'Université ne perd absolument rien pendant cette grève.
Je crois m'exprimer au nom de centaines d'étudiants exaspérés par la grève lorsque je demande au syndicat d'être clair quant à ses motivations de poursuivre la grève. Je leur pose la question suivante: si vous savez que l'Université ne perd rien pendant votre grève, pourquoi la poursuivez-vous? Vous fiez-vous aux étudiants pour faire les pressions à votre place? Utilisez-vous les étudiants comme outil pour arriver à vos fins? Ou pire, voulez-vous tout faire pour que le semestre soit annulé et que l'Université ait à nous rembourser? Soyez transparents!
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Mélodie Bouchard - Étudiante à l'Université de Montréal
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