mardi 7 février 2012 Dernière mise à jour 00h27
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir

Hausse des droits de scolarité - Une véritable barrière

Louis Dumont - Professeur de pharmacologie à l'Université de Montréal, directeur du projet SEUR et président du Syndicat général des professeurs de l'UdeM  9 mars 2010  Éducation
Nouveau soubresaut dans le débat sur le dégel des droits de scolarité au Québec. Les universités crient famine, le gouvernement Charest est aux prises avec un déficit record et les transferts fédéraux demeurent un mirage. Alors que faire?

D'éminents économistes, entourés d'un petit groupe de convaincus, proposent d'appliquer tout bonnement la politique de l'utilisateur-payeur aux étudiants universitaires sans se soucier de mesurer les capacités financières de ces utilisateurs et les impacts sur leur cursus universitaire.

À notre avis, toute hausse aura comme effet pervers de faire croître le temps dévolu au travail rémunéré au détriment de celui qui doit être consacré aux études: les étudiants travailleront davantage, ils mettront plus de temps à terminer leur scolarité, quand ils n'abandonneront pas carrément leur formation. La résultante souvent occultée pour la société québécoise: des coûts supplémentaires excessifs pour les formations universitaires. Ces économistes ont-ils évalué ces coûts cachés?

Mais une autre question, celle-là complètement évacuée du débat, mérite notre attention. Qu'en pensent les jeunes qui fréquentent actuellement le secondaire et qui seront demain les étudiants inscrits dans les programmes universitaires? Quel impact l'annonce d'une hausse significative des droits de scolarité a-t-elle sur leur projection dans l'avenir? [...]


Une enquête

Nous avons mené très récemment une enquête par voie électronique auprès d'une centaine d'élèves du secondaire (4e secondaire en majorité) qui ont interagi avec les différents volets du projet SEUR (Sensibilisation aux études universitaires et à la recherche; www.seur.umontreal.

qc.ca). Ce projet de l'Université de Montréal vise à favoriser la persévérance scolaire et l'intérêt pour les sciences et les technologies chez ces élèves en les invitant à participer à des stages, des parrainages, des séjours d'immersion sur le campus et des visites en entreprises.

Rappelons au départ que ces jeunes, après avoir participé aux activités offertes par le projet SEUR, indiquent dans une proportion de plus de 95 % qu'ils envisagent de fréquenter l'université et que leur choix de carrière est mieux défini.

Interrogés récemment sur leur intention de fréquenter l'université si des hausses significatives des droits de scolarité étaient mises en application, ils sont nombreux à hésiter: en fait, de plus de 95 % qu'ils étaient au départ, ils ne sont plus que 48 % à considérer l'université comme l'option d'avenir. L'impact négatif d'une hausse des droits de scolarité chez ces jeunes est palpable, il y a là un signal qui nous invite à réfléchir. Un constat s'impose: le financement des universités ne peut trouver sa solution dans l'aggravation d'un problème de taille pour la société québécoise, la persévérance scolaire.


Des idées de financement

Il n'y a pas de solution miracle à l'amélioration de la situation financière de nos institutions universitaires. Plusieurs stratégies pourraient être mises en avant.

D'abord, il est impératif de procéder à un examen critique de l'utilisation des fonds publics par les administrations universitaires. Il suffit de rappeler les récents scandales liés aux rémunérations excessives de certaines directions d'universités, les projets immobiliers irréalistes qui ont toujours cours, notamment à l'Université de Montréal, l'essaimage de campus régionaux qui amène les institutions à se phagocyter les unes les autres.

Deuxièmement, pourquoi ne pas déplacer le problème du financement de l'entrée à l'université vers la sortie, en mettant à contribution les employeurs de diplômés universitaires (remboursement de l'équivalent des droits de scolarité du diplômé avec un allégement fiscal selon les disciplines et les besoins de main-d'oeuvre). Des expériences-pilotes pourraient être menées dans quelques institutions avant d'élargir une telle politique à l'ensemble des universités du Québec.

Troisièmement, le gouvernement du Québec pourrait s'inspirer du «Grand Emprunt» que le gouvernement français veut contracter (35 milliards d'euros dont la moitié sera consacrée aux universités et à la recherche) et appuyer un plan d'emprunts pour les universités québécoises.

Enfin, il faut avant toute chose mesurer les impacts de toute hausse des droits de scolarité sur la volonté et l'intérêt des jeunes à fréquenter l'université. C'est là une question que nous ne pouvons nous payer le luxe d'ignorer.

*****

Louis Dumont - Professeur de pharmacologie à l'Université de Montréal, directeur du projet SEUR et président du Syndicat général des professeurs de l'UdeM
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Pierre Guérin
    Abonné
    mardi 9 mars 2010 08h48
    Contributions des employeurs, vous dites?
    Si, pour avoir à leur emploi des travailleurs diplômés, des employeurs étaient disposés à verser au gouvernement l'équivalent des droits de scolarité de ces employés, ne croyez-vous pas que ces employeurs seraient donc aussi disposés, en solution de remplacement, de verser les mêmes sommes en salaire directement à leurs employés diplômés de manière à ce que ces derniers remboursent eux-mêmes leurs frais de scolarité?...

    www.lecrible.blogspot.com

  • Claude Archambault
    Inscrit
    mardi 9 mars 2010 09h02
    qu'a le Québec de si différent?
    Pourquoi ici au Québec on serait différent des autres provinces? Le taux de diplomation est supérieur dans les autres provinces et cela malgré le fait que les fais de scolarité sont plus élevés, que les étudiants (si s'est vrai) doivent travailler plus pour arriver à joindre les deux bouts.
    Pire encore, ce que l'on ne dit pas c'est que le cout de la vie est de loin inférieur au Québec et à Montréal qu'à Toronto, Calgary ou Vancouver. Pourtant les étudiants remplissent les universités. Et avoir une dette à la sortie de l'université est-ce pire que de faire face à une économie détruite par la grosseur de la dette de l'état? Un fardeau de taxe et frais divers exorbitant pour ne payer que la dette sans avoir de service????

    Le Grand Emprunt!!! comme si le Québec n'est pas assez endetté...........

  • Samuel Plante
    Abonné
    mardi 9 mars 2010 20h41
    Réponse à M.Archambault
    Si le gouvernement va de l'avant avec son idée de hausse majeure des frais de scolarités, vous aurez comme le souligne M. Dumont rempirez le problème car ce n'est pas tout les étudiants qui pourront suivre finançièrement la hausse et les jeunes eux, remettent en question le choix d'aller faire des études supérieur...
    Le fait est que le problème est de remboursé la dette contracté par les prèts du gouvernement car le gouvernement exige un remboursement dès la sortie de l'université et ce n'est pas tous les dîplomé qui sont capable de remboursé dans l'immédiat le gouvernement.

  • Paul Racicot
    Inscrit
    mardi 9 mars 2010 21h19
    Investir, socialement, dans la formation...
    ...n'est pas une dépense, mais bien... un investissement ! Car des frais de scolarité raisonnables permettent au plus grand nombre de se consacrer pleinement à leurs études, d'entrer rapidement sur le marché du travail où ils et elles généreront des biens et des services « à valeur ajoutée ». Ainsi que des taxes et impôts... qui, cumulés au fil de leur vie active et de leur retraite, paieront amplement les études des cohortes qui les remplaceront. À la condition, bien entendu, que nos élus ne « flobent » pas tout ce beau pognon en cours de route !

    Notre gouvernement veut-il ne rien « dépenser » ? Alors qu'il cesse aussi de financer les cégeps, les écoles secondaires et primaires, les écoles de métiers et, pourquoi pas, les garderies !

    Mais il devra aller faire des chèques au prestataires de l'aide sociale ainsi « formés ». Mais alors... où prendra-t-il donc l'argent ?

    ;-)

  • Claude Archambault
    Inscrit
    mardi 9 mars 2010 21h47
    M PLante
    Mais c'est comme cela dans les autres provinces, porquoi cela ne peu pas être comme çà ici ? Les étudiants sont ils moins capable? Sommes nous si pauvres? et si c'ets le cas, alors comme société nous sommes aussi trop pauvre pour nous payer le luxe d'une éducation à des prix absurdement bas.

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
5 réactions
2 votes Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Pour en savoir plus
Articles
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012