Droits de scolarité - Place au débat!
Le Québec peut-il rêver d'un débat non partisan, éclairé et, surtout, utile sur la question du financement des universités? Le Pacte pour le financement concurrentiel de nos universités, dévoilé cette semaine par des acteurs inquiets de l'avenir économique des établissements d'enseignement supérieur, a le mérite de poser cette question. Il est impératif que le gouvernement y réponde.
Jusqu'à maintenant, les tentatives d'organiser un forum public sur le dégel des droits de scolarité ont été vaines. Le dernier effort sérieux remonte à 2004, alors que l'ex-ministre de l'Éducation Pierre Reid avait vu défiler partisans et détracteurs en deux camps polarisés et rébarbatifs aux concessions. Résultat? La Commission parlementaire sur la qualité, l'accessibilité et le financement des universités n'avait rien donné. Pas plus d'ailleurs que le rapport Gervais sur l'accès à l'éducation, lequel, en 2005, n'a dégagé aucun consensus sur la délicate question des droits de scolarité, finissant par appeler un «débat public».
Au Québec, le débat sur les droits est gangrené. Il gît, intouchable, au sanctuaire des tabous. Sempiternel otage des campagnes électorales, le sujet doit être discuté hors des cercles partisans, c'est-à-dire maintenant. Il doit être abordé avec courage, audace, mais franchise aussi. Ce sont les intérêts d'une collectivité qui sont en jeu, mais les discussions — on l'a vu cette semaine encore avec la publication du pacte — renvoient trop souvent à des tractations particulières.
Ce pacte ne propose somme toute rien de renversant, rien d'inédit à tout le moins. Les protagonistes étaient connus, leurs positions aussi. Quelques anciens représentants de fédérations étudiantes ont provoqué une certaine surprise en osant changer de camp. Passer de la défense absolue du gel des droits au plaidoyer pour une hausse de 2000 $ à 30 000 $ par année, selon le domaine d'études, a de quoi étonner, il faut le dire. Le contexte a toutefois changé, et le maintien d'un gel (non indexé) ne tient plus la route.
Toutefois, entre l'immobilisme sur la question du gel et la démesure contenue dans le pacte, il doit exister un juste milieu. Les auteurs du pacte évoquent un «seuil d'alerte» tant les ressources des universités ont chuté en 15 ans. Mais le front des universités, qui longtemps, et même de concert avec les associations étudiantes, a imploré l'État de refinancer l'enseignement supérieur à un niveau digne de l'importance qu'il y accorde, ce front est-il démantelé? Ou a-t-il simplement changé d'interlocuteur?
L'Ontario, souvent cité en exemple par les adeptes de la hausse des droits tous azimuts, a offert un vibrant plaidoyer en promettant, au milieu des années 2000, huit milliards en cinq ans pour l'enseignement supérieur. Le Québec, rappelle-t-on dans le pacte, a offert 240 millions en trois ans, en 2007, mais le sous-financement est établi maintenant à 500 millions. L'État québécois s'esquiverait-il?
Les étudiants devront sans nul doute contribuer davantage au financement des universités, mais il faut se méfier de l'ouverture démesurée des vannes. L'«utilisateur-payeur» n'a pas à faire les frais d'un désengagement de l'État. Certains des signataires du pacte ont en quelque sorte renoncé à exiger davantage du Québec. En janvier dernier, au terme d'une rencontre économique convoquée à Lévis par le premier ministre Jean Charest, une des conclusions soulignait pourtant l'importance cruciale du savoir pour assurer la prospérité collective.
Que ce pacte, qui contient de bonnes idées mais aussi le germe inquiétant de la démesure et la glorification de la solution unique, serve à tout le moins à amorcer un débat. Le temps est propice. D'ici 2012, aucune fanfare électorale ne devrait couvrir les discussions.
Jusqu'à maintenant, les tentatives d'organiser un forum public sur le dégel des droits de scolarité ont été vaines. Le dernier effort sérieux remonte à 2004, alors que l'ex-ministre de l'Éducation Pierre Reid avait vu défiler partisans et détracteurs en deux camps polarisés et rébarbatifs aux concessions. Résultat? La Commission parlementaire sur la qualité, l'accessibilité et le financement des universités n'avait rien donné. Pas plus d'ailleurs que le rapport Gervais sur l'accès à l'éducation, lequel, en 2005, n'a dégagé aucun consensus sur la délicate question des droits de scolarité, finissant par appeler un «débat public».
Au Québec, le débat sur les droits est gangrené. Il gît, intouchable, au sanctuaire des tabous. Sempiternel otage des campagnes électorales, le sujet doit être discuté hors des cercles partisans, c'est-à-dire maintenant. Il doit être abordé avec courage, audace, mais franchise aussi. Ce sont les intérêts d'une collectivité qui sont en jeu, mais les discussions — on l'a vu cette semaine encore avec la publication du pacte — renvoient trop souvent à des tractations particulières.
Ce pacte ne propose somme toute rien de renversant, rien d'inédit à tout le moins. Les protagonistes étaient connus, leurs positions aussi. Quelques anciens représentants de fédérations étudiantes ont provoqué une certaine surprise en osant changer de camp. Passer de la défense absolue du gel des droits au plaidoyer pour une hausse de 2000 $ à 30 000 $ par année, selon le domaine d'études, a de quoi étonner, il faut le dire. Le contexte a toutefois changé, et le maintien d'un gel (non indexé) ne tient plus la route.
Toutefois, entre l'immobilisme sur la question du gel et la démesure contenue dans le pacte, il doit exister un juste milieu. Les auteurs du pacte évoquent un «seuil d'alerte» tant les ressources des universités ont chuté en 15 ans. Mais le front des universités, qui longtemps, et même de concert avec les associations étudiantes, a imploré l'État de refinancer l'enseignement supérieur à un niveau digne de l'importance qu'il y accorde, ce front est-il démantelé? Ou a-t-il simplement changé d'interlocuteur?
L'Ontario, souvent cité en exemple par les adeptes de la hausse des droits tous azimuts, a offert un vibrant plaidoyer en promettant, au milieu des années 2000, huit milliards en cinq ans pour l'enseignement supérieur. Le Québec, rappelle-t-on dans le pacte, a offert 240 millions en trois ans, en 2007, mais le sous-financement est établi maintenant à 500 millions. L'État québécois s'esquiverait-il?
Les étudiants devront sans nul doute contribuer davantage au financement des universités, mais il faut se méfier de l'ouverture démesurée des vannes. L'«utilisateur-payeur» n'a pas à faire les frais d'un désengagement de l'État. Certains des signataires du pacte ont en quelque sorte renoncé à exiger davantage du Québec. En janvier dernier, au terme d'une rencontre économique convoquée à Lévis par le premier ministre Jean Charest, une des conclusions soulignait pourtant l'importance cruciale du savoir pour assurer la prospérité collective.
Que ce pacte, qui contient de bonnes idées mais aussi le germe inquiétant de la démesure et la glorification de la solution unique, serve à tout le moins à amorcer un débat. Le temps est propice. D'ici 2012, aucune fanfare électorale ne devrait couvrir les discussions.
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