Université de Montréal - Affaire de chiffres
L'actualité des derniers jours offre un formidable condensé des défis qui attendent le nouveau recteur de l'Université de Montréal, Guy Breton. Sur fond d'impasse financière et de crise de confiance, l'actuel numéro deux de l'UdeM est investi d'une délicate mission: convaincre qu'il réussira là où l'actuelle équipe, dont il est un élément de poids, s'est enlisée.
Autour du climat ambiant de l'UdeM, qu'on pourrait qualifier de morose, un premier élément d'actualité: aujourd'hui même, les chargés de cours entament une grève générale illimitée. Les professeurs, divisés sur la pertinence d'une grève, leur emboîteront-ils le pas? Dans un contexte où l'université traîne un important déficit, la négociation sera pénible.
Autour du sous-financement chronique des universités, cet autre rappel, signé UdeM: c'est l'ancien recteur Robert Lacroix qui proposait hier un nouveau «pacte» destiné à sauver les universités, de la banqueroute comme de la disparition du radar nord-américain. Portée par le dégel des droits, cette idée pourrait initier un important débat social. Déchirantes tractations politiques en vue.
Autour du parc immobilier de l'UdeM, un autre élément, tiré de l'actualité: l'ancien couvent Mont-Jésus-Marie, qu'un promoteur voudrait transformer en condos, crée des remous au conseil municipal, qui n'a pas — encore! — réussi à faire adopter ce projet controversé. Sitôt sa nomination confirmée, M. Breton a écrit au maire pour réitérer son appui à la vente. Plusieurs lui reprochent d'avoir, depuis longtemps, mené cette liquidation.
Homme pompier, le futur recteur a donc sur sa route quelques ardents brasiers... Ce radiologiste, qui aspirait il y a peu à la direction du CHUM, en a vu d'autres, et notamment comme conseiller spécial dans le dossier du mégacentre hospitalier, une incarnation parfaite de la bisbille. Le conseil de l'UdeM a opté pour un gestionnaire de crises. Certaines, notamment cette crise de confiance qui mine l'UdeM, sont toutefois tributaires du mode de gestion passé. M. Breton incarne à ce chapitre une continuité peu rassurante.
L'assemblée universitaire, qui lui préférait clairement les candidats Marc Renaud et Jacques Frémont, est une fois de plus recalée. Un scénario similaire s'était présenté lors de l'entrée en poste de Luc Vinet, ce qui a très mal lancé son rectorat.
Avec cette nomination, le conseil de l'UdeM espère de toute évidence brasser de gros chiffres: une campagne de financement à piloter, un déficit à résorber, un combat à mener pour le dégel des droits, un parc immobilier à élargir. Gare toutefois à certains oublis: derrière les chiffres reste une solide communauté, qui fait avant toute chose la force d'une université.
***
machouinard@ledevoir.com
Autour du climat ambiant de l'UdeM, qu'on pourrait qualifier de morose, un premier élément d'actualité: aujourd'hui même, les chargés de cours entament une grève générale illimitée. Les professeurs, divisés sur la pertinence d'une grève, leur emboîteront-ils le pas? Dans un contexte où l'université traîne un important déficit, la négociation sera pénible.
Autour du sous-financement chronique des universités, cet autre rappel, signé UdeM: c'est l'ancien recteur Robert Lacroix qui proposait hier un nouveau «pacte» destiné à sauver les universités, de la banqueroute comme de la disparition du radar nord-américain. Portée par le dégel des droits, cette idée pourrait initier un important débat social. Déchirantes tractations politiques en vue.
Autour du parc immobilier de l'UdeM, un autre élément, tiré de l'actualité: l'ancien couvent Mont-Jésus-Marie, qu'un promoteur voudrait transformer en condos, crée des remous au conseil municipal, qui n'a pas — encore! — réussi à faire adopter ce projet controversé. Sitôt sa nomination confirmée, M. Breton a écrit au maire pour réitérer son appui à la vente. Plusieurs lui reprochent d'avoir, depuis longtemps, mené cette liquidation.
Homme pompier, le futur recteur a donc sur sa route quelques ardents brasiers... Ce radiologiste, qui aspirait il y a peu à la direction du CHUM, en a vu d'autres, et notamment comme conseiller spécial dans le dossier du mégacentre hospitalier, une incarnation parfaite de la bisbille. Le conseil de l'UdeM a opté pour un gestionnaire de crises. Certaines, notamment cette crise de confiance qui mine l'UdeM, sont toutefois tributaires du mode de gestion passé. M. Breton incarne à ce chapitre une continuité peu rassurante.
L'assemblée universitaire, qui lui préférait clairement les candidats Marc Renaud et Jacques Frémont, est une fois de plus recalée. Un scénario similaire s'était présenté lors de l'entrée en poste de Luc Vinet, ce qui a très mal lancé son rectorat.
Avec cette nomination, le conseil de l'UdeM espère de toute évidence brasser de gros chiffres: une campagne de financement à piloter, un déficit à résorber, un combat à mener pour le dégel des droits, un parc immobilier à élargir. Gare toutefois à certains oublis: derrière les chiffres reste une solide communauté, qui fait avant toute chose la force d'une université.
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