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    Nouveau calendrier scolaire - Les commissions scolaires en colère

    12 février 2010 |Robert Dutrisac | Éducation
    Le nouveau calendrier scolaire, proposé par la ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, permettra désormais de dispenser l’enseignement les fins de semaine et les jours fériés.
    Photo: Archives Le Devoir Le nouveau calendrier scolaire, proposé par la ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, permettra désormais de dispenser l’enseignement les fins de semaine et les jours fériés.
    Québec — Les commissions scolaires s'opposent au nouveau calendrier scolaire que veut imposer Michelle Courchesne afin d'accommoder les écoles juives orthodoxes et craignent aussi qu'il soit appliqué de façon générale à l'ensemble des écoles publiques du Québec. Le Congrès juif, de son côté, applaudit l'initiative de la ministre et y voit une avancée de la société laïque québécoise.

    La présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ), Josée Bouchard, a dit craindre, hier, que le nouveau calendrier scolaire, proposé par la ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport, qui permettra désormais de dispenser l'enseignement les fins de semaine et les jours fériés, comme l'ont réclamé six écoles juives orthodoxes, «érige en système quelque chose d'exceptionnel et lance le message que oui, le bar est ouvert».

    Un tel calendrier «souple» comme le souhaite la ministre entraînerait de sérieux problèmes d'organisation pour les commissions scolaires qui doivent gérer le transport scolaire, les services de garde et les activités parascolaires, estime Josée Bouchard. «Ça générerait de la bureaucratie de façon exponentielle», a-t-elle prédit.

    Si l'objectif de la ministre est bel et bien de favoriser la persévérance scolaire, «il y a sûrement de meilleurs moyens que de changer le Régime pédagogique», a fait valoir Mme Bouchard. La FCSQ présentera un avis à la ministre avant l'expiration des 45 jours suivant la publication du projet de règlement qui modifie le Régime pédagogique.

    La FCSQ s'oppose également à l'objectif du nouveau calendrier qui vise à répondre aux exigences des écoles juives orthodoxes. «C'est très inquiétant pour un Québec qui a dit en 1998 que l'école était laïque, a affirmé Mme Bouchard. Ça ouvre la possibilité qu'il y ait encore plus d'heures d'enseignement religieux qui soient données dans les écoles. Quatre heures d'enseignement religieux par jour, le Québec, ce n'est pas ça.»

    Chose certaine, ce nouveau calendrier ne correspond à aucune demande des commissions scolaires ou des écoles, a soutenu Mme Bouchard. «Nous étions réunis en conseil général en fin de semaine. Ce sont 60 élus collés sur leur milieu. Personne n'a levé la main pour dire que c'était une demande du milieu ou des régions», a relaté la présidente de la FCSQ.

    Les commissions scolaires accèdent aux demandes de dérogation liées à des projets spéciaux dans le cours normal de leurs activités administratives, a signalé Mme Bouchard. «Ce n'est pas politique», a-t-elle précisé. Michelle Courchesne soutient, de son côté, qu'elle doit approuver elle-même certaines de ces dérogations relatives aux programmes de sport-études, par exemple.

    Ouverture

    Le vice-président du Congrès juif canadien, section Québec, Joseph Gabay, applaudissait la ministre pour cette «avancée de la société laïque qui permet aux groupes non laïques de continuer à fonctionner en tenant compte d'un minimum commun».

    L'enseignement le dimanche, c'est comme les magasins ouverts les dimanches: une chose impensable il y a 20 ans, a comparé M. Gabay. «Les groupes de pression avant étaient économiques. Maintenant, les groupes de pression ont une motivation religieuse.»

    La décision de la ministre d'accéder aux demandes des écoles juives orthodoxes n'entraînera pas une plus grande ghettoïsation de ces communautés, croit M. Gabay. «Cette forme de ghettoïsation, on ne peut pas la nier, on ne peut pas l'ignorer, a-t-il reconnu. Mais je pense que ces écoles juives sont en train de s'ouvrir d'une certaine manière à la société. Ces gens-là, qui n'ont jamais entendu parler des plaines d'Abraham, sauront qui est Wolfe et qui est Montcalm.»

    Pour sa part, le président de la CSQ, Réjean Parent, s'est dit convaincu que la ministre s'est servie d'un projet de règlement de nature générale comme d'un «écran de fumée pour faire avaler à la population cette entente» avec les écoles juives sans qu'il y ait de débat. «Les négociations [avec les syndicats], la souplesse, la persévérance scolaire, c'est de l'ordre du prétexte», croit le chef syndical.












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