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    Université de Montréal - Les professeurs refusent la grève

    Le vote interne tenu pour choisir des moyens de pression a été très serré

    10 février 2010 |Lisa-Marie Gervais | Éducation
    La grève n'est pas le meilleur moyen de négocier le renouvellement de la convention collective, du moins pour le moment, ont clamé les professeurs de l'Université de Montréal. C'est le message qu'ils ont transmis à la direction de leur syndicat en battant en brèche la résolution qui devait donner à ce dernier le mandat d'utiliser des moyens de pression pouvant aller jusqu'à la grève générale illimitée.

    Le vote a néanmoins été très serré. À l'issue de l'assemblée générale extraordinaire convoquée par le Syndicat général des professeurs de l'Université de Montréal (SGPUM), 323 professeurs se sont prononcés contre l'utilisation de moyens de pression, 301 ont voté pour et 2 se sont abstenus. «Le message c'est: "Continuez à défendre les intérêts des profs, continuez à défendre les grands enjeux, mais sans moyens de pression"», a résumé Louis Dumont, président du SGPUM.

    Cette décision des professeurs exprime bien les profondes divisions qui existaient au sein du conseil syndical sur la stratégie à adopter dans les négociations. «C'est curieux et paradoxal, parce qu'on a rejeté à 98 % la position patronale la dernière fois», a indiqué M. Dumont. Mais pour lui, il ne s'agit pas d'un désaveu: le syndicat a encore toute la légitimité pour mener sa bataille, a assuré le professeur au Département de pharmacologie.

    «Le syndicat ne perd pas la face», estime la sociologue Claire Durand, qui faisait partie du noyau d'opposants au vote de grève. Pour elle, le vote a placé le syndicat dans le meilleur des mondes. «Le fait que les gens en faveur [de la grève] aient été nombreux, ça envoie quand même à l'administration le message qu'on veut que les problèmes se règlent. [...] C'est l'idéal, car on ne voulait pas non plus que l'exécutif soit battu à plates coutures, car on aurait perdu notre marge de manoeuvre pour négocier», a-t-elle expliqué.


    Les raisons du revers

    Marc-André Deniger, professeur à la Faculté des sciences de l'éducation, a voté contre la résolution, car il jugeait, avec le changement de recteur et d'administration qui s'opère, que ce n'était pas «un bon timing». «Mais même si on vient de passer un message à notre syndicat, c'est maintenant aux patrons à qui on devrait brasser la cage pour qu'on en arrive à des solutions. Je ne voterai pas contre éternellement.»

    Pour Éric Montpetit, professeur au Département de sciences politiques, se doter d'un mandat de grève en pleine crise économique était inapproprié. «Ce n'est pas un rejet des principes, mais étant donné le contexte économique, il faut faire preuve de modération, a-t-il affirmé. On n'a pas les salaires des médecins spécialistes, mais on n'a pas de si mauvais salaires non plus.»

    Un tel revers impliquera-t-il un changement en profondeur? Pas des revendications, a soutenu Louis Dumont. «On va examiner les différentes stratégies applicables», a-t-il dit en rappelant que son exécutif rencontrera demain la partie patronale en présence d'une conciliatrice. «C'est là qu'on va voir quelle direction ça va prendre.»












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