Lettres - De connaissances et de compétences
Il y a quelques jours, faisant écho à un travail de la Commission scolaire de Montréal, de l'Alliance des professeurs de Montréal et aux intentions du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport, un article de La Presse titrait: «Exit les compétences, place aux connaissances». Et les bulletins scolaires projetés, qui seront uniformisés semble-t-il, feront état principalement des connaissances, sans oublier quelques compétences qui seront mentionnées «en complément»! Dans tout ce charabia entretenu pour décrire les orientations de notre système d'éducation, le mot «connaissances» est-il un terme générique pour désigner des choses que l'on ne sait pas nommer ou s'agit-il d'une catégorie d'apprentissage bien identifiée?
Bien sûr, dans la plupart des matières, les enfants acquièrent des connaissances, mais développent aussi des habiletés plus ou moins complexes, des savoir-faire, des stratégies et des attitudes qui ne sont pas à proprement parler des connaissances ni des compétences. Plusieurs ouvrages ont pourtant été publiés sur le sujet. Les connaissances, lorsqu'elles sont évoquées, renvoient à des bribes d'information que l'on doit mémoriser pour être «redites» sur demande. Nombre de jeux télévisés en regorgent.
Le flou ou l'ambiguïté entourant l'utilisation du terme «connaissances» pour corriger certaines dérives du renouveau pédagogique pourrait bien donner aux détracteurs de cette «réforme de la réforme» des arguments de poids pour décrier à tort, faut-il le souhaiter, les apparences d'un retour à l'encyclopédisme, aux apprentissages par coeur poussés à l'excès. Ce n'est sans doute pas ce qui est visé, mais la pauvreté du vocabulaire a de quoi inquiéter et ne peut que déteindre sur les façons d'évaluer. Tout comme l'utilisation abusive du mot «chose» pour nommer des objets ou des événements, faute de mieux!
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Gérard Scallon - Professeur associé, Université Laval, Québec
Bien sûr, dans la plupart des matières, les enfants acquièrent des connaissances, mais développent aussi des habiletés plus ou moins complexes, des savoir-faire, des stratégies et des attitudes qui ne sont pas à proprement parler des connaissances ni des compétences. Plusieurs ouvrages ont pourtant été publiés sur le sujet. Les connaissances, lorsqu'elles sont évoquées, renvoient à des bribes d'information que l'on doit mémoriser pour être «redites» sur demande. Nombre de jeux télévisés en regorgent.
Le flou ou l'ambiguïté entourant l'utilisation du terme «connaissances» pour corriger certaines dérives du renouveau pédagogique pourrait bien donner aux détracteurs de cette «réforme de la réforme» des arguments de poids pour décrier à tort, faut-il le souhaiter, les apparences d'un retour à l'encyclopédisme, aux apprentissages par coeur poussés à l'excès. Ce n'est sans doute pas ce qui est visé, mais la pauvreté du vocabulaire a de quoi inquiéter et ne peut que déteindre sur les façons d'évaluer. Tout comme l'utilisation abusive du mot «chose» pour nommer des objets ou des événements, faute de mieux!
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Gérard Scallon - Professeur associé, Université Laval, Québec
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